Overblog Tous les blogs Top blogs Musique & Divertissements Tous les blogs Musique & Divertissements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 07:36

 

JUST LOOKIN PRODUCTION 2013

David Linx (vc), Diederick Wissels (p), Donald Kontomanou (dms), Christophe Wallemme (cb) + Manu Codjia (g), Jacques Schwarz-Bart (ts), Ibrahim Maalouf (tp)

 windsofchangecover-web-mini.jpg

Entre David Linx et Diederick Wissels, c'est une vieille histoire. Une histoire de plus de 20 ans ! Plus exactement 25 ans de scène et 20 ans d'enregistrements.  Avec, à leur actif quelques plages qui marquent assurément l'histoire du jazz vocal avec des enregistrements déjà devenus mythiques comme « Up Close » en 1996 définitivement inscrit dans la catégorie des plus grands albums de jazz vocal. Autant dire que ce qui réunit ces deux musiciens est de l'ordre de l'intime et de l'indéfectible. Et si ces deux-là semblaient s'être ( discographiquement au moins) un peu perdu de vue au gré de leurs enregistrements respectifs, ces retrouvailles sont ici marquées par la grande tendresse qui semble les réunir. David Linx que l'on connaît souvent plus volubile y affiche un tout autre regard pour son compagnon. Un regard plus poétique où la musique importe autant que le texte de ce qu'ils se ( ou nous) racontent. Ayant composé ensemble l'intégralité du matériau, ils font ici œuvre littéraire autant que musicale, une œuvre de ce que l'on nomme communément des story tellers.  Quelle chose qui relève de bien plus que du simple plaisir de faire de la musique ensemble. Car c’est plus un ouvrage d'artisan d'art comme ceux qui fabriqueraient un livre contes aux  enluminures superbes. Et ils ont cette poésie de la langue anglaise qu'ils partagent avec quelques uns, rares, comme Norma Winston, cette poésie qui nous embarque dans des récits à la langue et à la musiques belles. Il y a même parfois une certaine mélancolie, comme sur ce « wind of change ». Quelque chose d'apaisé dans ces retrouvailles. Linx chante comme rarement. Comme une sorte de retour aux sources. Avec une liberté vocale extraordinaire où il semble avoir oublié toute démonstration pour porter le texte avec un supplément d'âme très émouvant. Loin de lui le souci du groove sacro-saint. Son groove à lui est porté par l’intelligence du texte. Ses crescendos sont des ponctuations, ses respirations des espaces textuels.

Quelques invités de prestige font leur apparition au gré de l'album: Ibrahim Maalouf, Jacques Scwharz-Bart ou encore Manu Codjia. Interventions aussi subtiles que délicates.

Quand à Diederick Wissels, il serait temps que l’on prenne le temps de le (re)découvrir sous nos contrées hexagonales. Et pour ceux qui en douterait il leur faut prêter l’oreille à la présence du pianiste et à son intervention sur  « On a slow train », profonde, juste et empreinte elle même d'une poésie rare. Car Diederick Wissels a ce talent non seulement de mettre en valeur son partenaire mais aussi d’exprimer beaucoup de choses en très peu d’espaces. Le sens de l’essentiel.

C’est rare et juste beau.

Jean-Marc Gelin

 

 

 

Partager cet article
Repost0

commentaires