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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 06:10



Justin Time Records 2009


David Murray est un personnage complexe. Ce musicien, qui a reçu de nombreuses récompenses semble être en quête perpétuelle de reconnaissance tout en souhaitant jouir de la plus grande liberté artistique. Après avoir rendu moult hommages à la musique afro-américaine sous tous ses angles, le saxophoniste s'est exilé en France il y a vingt ans, au risque d'être oublié par sa mère-patrie, pour raisons personnelles, se rapprocher du continent africain et poursuivre ainsi ses expérimentations dans le sanctuaire musical africain. Arrivé en France, commencent alors des rencontres avec des musiciens du crû africain (Positive Black Soul, Dieuf Dieul) et des musiciens guadeloupéens comme le formidable chanteur Guy Konket. Puis, il écrit un opéra en hommage à Pouchkine, dont le grand père était africain et compose un répertoire cubain pour un big band. En parallèle, ce boulimique maintient à flot le World Saxophone Quartet et développe différents quartets, d'abord avec D.D. Jackson puis Lafayette Gilchrist. David Murray est donc en quête d'identité: le jazz ou la musique de ses ancêtres? Les deux?

The Devil Tried to Kill Me est le troisième opus avec les Gwo Ka Masters, le quatrième projet créole avec Creole Project en 1998. Comme sur Yonn Dé et Gwotet , il s'est entouré d'un noyau dur de fidèles entouré de jeunes musiciens très talentueux et on y retrouve le même feu dévorant mais avec des compositions moins enthousiasmantes. Avec l'espoir de susciter une association aussi magique qu'inattendue, il fait de nouveau appel à une tête d'affiche (Pharoah Sanders pour Gwotet) en la personne de Taj Mahal – qui a du mal à se fondre dans l'univers Gwo Ka tellement Murray et ses monstres de groove occupent l'espace. Les musiciens se donnent avec sincérité et les envolées de Murray et de ses coéquipiers sont jubilatoires. D'ailleurs, une oreille non-avertie hurlera son exaltation et ses fesses du siège décolleront. Avec ces ingrédients, la musique aurait dû être – pardonnez l'expression – carrément bandante. Pourtant les arrangements flous de Murray, la grande confiance accordée à ses musiciens, les compositions expédiées font tourner l'affaire, généralement vibrante en concert, dans une certaine routine.

Jérôme Gransac

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