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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 11:23

Hildegard-Lernt-Fliegen_Cinema_w018.jpgSortie en France jeudi 29 mars 2012-03-07 Unit records /Abeille
En concert Mercredi 28 mars au Centre culturel suisse

 


Andreas Schaerer: voice, human beats, compositions; Mathias Wenger: alto& soprano saxophones
Marco Muller: bass; Benedikt Reising : baritone & alto saxophone, bass clarinet
Andreas Tschopp: trombone, tuba& sousaphone; Christoph Steiner: drums, typewriter, glockenspiel

 

On reçoit tout d’abord un étonnant objet pour qui est sensible à l’emballage : Cinema Hildegard, ce sont deux rondelles de disque (1 CD « Live in Moscow » et 1 DVD «Tales Wander» ) dans un coffret boîte,  à la couverture de BD fantastique, un livret de photographies et un poster. Le DVD couvre une tournée européenne dans divers clubs : Dresden, Berlin, Vienne et enfin Moscou, où le concert sera filmé en live avec une guest singer du cru, Marina Sobyanina. On se retrouve  au sein du  public, dans l’intimité de  petites salles, partageant  les conversations de bar en russe, assez impayables. Les Russes que l’on sait mélomanes semblent apprécier le mélange libre des genres. Totalement ébahi, dès le premier titre de l’album,  on assiste au show de ce groupe au nom totalement improbable et invendable en France du moins, Hildegard lernt fliegen. Hildegard, fait référence à  « Helden Jungfrau », la jeune fille vierge et héroïque... Appellation amusante  d’autant que le groupe est composé de jeunes mâles bien velus... C’est enjoué, suffisamment décalé, délirant. Mais comme le remarque fort justement un spectateur russe, ils sont loin d’être fous, même si leur musique paraît dérangée : évidemment, le disque seul ne saurait rendre justice à cette joyeuse équipée, même s’il est suffisamment plaisant pour  nous embarquer dans le voyage. Le spectacle  tient du cabaret berlinois à la Kurt Weil, de la comédie musicale et des collages hyper précis et mesurés à la baguette (de pain !) comme Zappa. On ne peut s’empêcher de penser au génial moustachu en regardant le chef, totalement incontrôlable, qui compose et conduit en vrai directeur de troupe. Il raconte d’ailleurs l’anecdote célèbre du concert de Montreux où le feu prit, sans toutefois préciser que cela allait inspirer le mythique «Smoke on the water» de Deep purple.
Les commentaires sont en français, en allemand (les musiciens sont Bernois), et même baragouinés en quelques mots de russe. Les  chansons,  en anglais ou en dialecte, racontent la Suisse  par monts et vallées  comme dans « Vom fernem Kern des Sache » en schwitzer dutsch, souvent hermétique aux germanistes. La musique survole une vaste géographie, des sommets alpins à l’immensité désertique de la steppe ou de la toundra, avec rythmes balkaniques, Europe de l’est oblige. Les musiciens sont épatants et font le spectacle : du trombone fou, bien délirant qui growle et grogne, s’énerve ou jubile aux autres soufflants parfaitement en place, tout en ne se prenant jamais au sérieux. Ecoutez les grommeler dans  « Rimze  khala rimze ». On ne comprend pas mais  ça ne fait rien. La section rythmique est au diapason, ils dérapent et changent d’axe constamment, d’autant que le public répond à ce feu d’artifice. « Are you in the mood ? »
 Et puis... il y a  le leader, dont on se dit très vite qu’avec Andreas Scherer, Méderic Collignon a trouvé mieux qu’un émule, un alter ego, voire un maître, un véritable funambule capable de sortir tous les sons, boîte à rythme vivante mais aussi crooner digne de Sinatra. Histrion fou, comédien capable de tenir en haleine en racontant des histoires absurdes, un personnage de cartoons, un Screaming Jay Hawkins, qui ne se prend pas au sérieux. Dès «Suite for murderers and drinkers », on ne s’ennuie pas une seconde à ce théâtre baroque, à cette représentation farfelue mais parfaitement réglée. Et une fois encore, on envie les Parisiens qui auront pu  les voir au Centre Culturel Suisse ces jours ci...
Sophie Chambon 

 

 

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