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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 23:16
journal-itime.jpgJOURNAL INTIME JOUE JIMI HENDRIX
 LIPS ON FIRE

Enregistré du 15 au 20 février 2010

1 Cd Label Ouïe/ Anticraft - Partenairewww.musicaouir.fr

 Album produit et réalisé par Journal intime & Guillaume Dulac

 

La nostalgie est prête à remonter à la surface des émotions quand il s’agit de Jimi Hendrix.

Pourtant, avec le trio du Journal Intime, à l‘instrumentation cuivrée à souhait, se retrouve le délire d’une musique bien comprise, qu’il ne cherche jamais à reproduire : les compositions du génial gaucher sont détournées avec brio, décomposées, recomposées à la sauce de ce groupe explosif . Ainsi Foxy people, Little blowing, Viens ! Odysseus Praeludium, les illustrations de la pochette et du mini-poster*que contient l’album, respectent, si ce n’est la lettre, du moins l’esprit de ces années psychédéliques que domina le guitar hero cherokee. Et c’est bien !

Car si Jimi Hendrix est insurpassable, lui qui a réinventé le rock en quatre petites années seulement, l’intelligence, le talent et une folle énergie soufflent sur ces musiciens actuels qui parviennent à transposer autrement cette musique électrique et électrisante, toujours en trio, avec humour, plaçant en arrière-plan, l’univers allumé des fanfares ou des « cartoons » sur Lover Man  par exemple.

 

Sur quelques titres, Denis Charolles que l’on ne présente plus, inventif percussif, à part dans le monde du rebond, intervient, comme dans  If 6 was 9  et Rodolphe Burger chante ou déchante à sa façon et à son rythme. Ainsi, voix, guitares et percussions se mêlent avec pertinence au trio de souffleurs. Ils allient mise en place, rythme, et phrasé adéquats, avec un trombone qui growle et feule, hoquète et coulisse en glissandi, un saxophoniste basse qui envoie grave, et un trompettiste qui en a dans les lèvres.

Lips on fire donne son titre justement à l’album du Journal intime, composé de Sylvain Bardiau (tp) et Frédéric Gastard (bass sax), tous deux découverts dans Les dentelles à Mamie**. Depuis, ils ont fait leur chemin et rencontré Matthias Mahler(ex Spicebones). Ces trois là, on l’aura compris, ne font pas que monter et descendre les gammes, savent rentrer dans la musique sans en mettre plein la vue pour autant !

Tous les morceaux retiennent l’attention : All along the Watchtower, le titre-phare, déjà repris de Dylan par Hendrix, drivé par Denis Charolles, fait penser à Zappa par ces enchaînements et collages brusques ! On appréciera aussi la très belle et longue intervention sur ce long morceau collectif  A merman I should turn to be, qui lorgne du côté du jazz de chambre ou d’un petit orchestre symphonique avec des unissons splendides doublés d’ostinatos lancinants.

Enfin, nous attendions le dernier titre pour réserver notre appréciation, ce Villanova junction, un des blues les plus sobres et déchirants d’Hendrix, à la fin de son concert étrangement décalé de Woodstock, au petit matin. Dans une version plus longue, il conserve l’essence de la musique et c’est avec cette belle page que se termine l’hommage du Journal intime.

L’examen de passage est plus que réussi. Bravo les garçons !

Votre musique est vivement recommandée en album, à déguuster chez soi en montant le volume, et évidemment en live, gonflée à bloc !

 

*Poster de Jérôme Galvin  

**Ces mamies-làavaient plutôt du poil aux pattes, aimant à jouer de consonances viriles et graves. Mais pour autant, les recherches sur les timbres et couleurs étaient déjà raffinées, l’électronique intervenant ici intelligemment pour ajouter sa pâte sonore .« La mise en oreille » de Guillaume Dulac servait les compositions contrastées et habilement déjantées des petits camarades Sylvain Bardiauet Frédéric Gastard .

 Sophie Chambon
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