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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 07:41

 

Vincent Peirani (acc), Michael Wollny (p), Michel Benita (cb)

 pochette-Peirani.jpg

En le voyant chérir tendrement son piano à bretelle, on voit bien qu’il y a chez lui des airs de grand escogriffe au cœur tendre. Qu'on l'entende ici avec Daniel Humair ou là avec Youn Sun nah, on se rend bien compte qu'entre l'accordéon et lui il y a une sorte d'histoire d'amour fusionnel.

Pas besoin pour lui d'en faire des tonnes, il fait juste. Justement juste. Il fait ce que la tendresse exige. Point de brusqueries, point d'éclat de voix, Vincent Peirani est plutôt du genre à chuchoter, à caresser les notes pour en exhaler tout le parfum, toute la chaleur. Et dans cet album où il s'entoure de deux grands musiciens que sont  le pianiste Michael Wollny ( dans un registre un peu inattendu tant il semble souvent effacé mais dont chaque intervention est en réalité une pépite lumineuse) et Michel Benita (dont la présence est au contraire un pilier indispensable),

Peirani montre que l'étendue de l'éventail de son accordéon embrasse bien des styles différents sans se départir d'une même intention. Peirani joue la valse jazz non comme un exercice obligé mais comme une révérence. Mais Peirani c'et un peu comme Miles et ce qui frappe aussi chez lui c'est parfois  l'économie de moyens qu'il déploie pour trouver des espaces profonds et larges dans lesquels on aime se perdre.  il y a quelque chose de cinématographique comme cet hyponotic qui défile en plan séquence. On pense à quelques-uns comme Marc Perronne parce que comme lui ce qui compte c'est l'espace qu'il donne aux rêves, à la déambulation onirique et poétique. Embrasser largement disions nous. Comme sur ce Goodnight Irene aux accents de folk tiré d'un traditionnel américain qui nous emprte dans de grands espaces mythiques. ou encore comme ce thème du jazz, Throw it away jadis subjugué par Abbey Lincoln dans le dernier album de sa discographie. Embrasser largement le jazz et reprendre un thème de Monk comme I mean you où il démontre que les harmoniques de son accordéon se marient facilement aux atonalités monkiennes et à sa conception de la musique libérée de contraintes formelles.

La rencotre avec Michel Portal ( 3 Temps pour Michel P) est un des grands moment muscial de l'album, ancré dans uen profondeur quasi crepusculaire. Tout comme celle avec Emile Parisien, compagnon de route chez Daniel Humair et qui intervient ici au soprano sur 2 titres.

Et puis il y a la rencontre de Peirani et de Benita qui a quelque chose d'essentiel. Ce dernier a des airs de Charlie Haden dans le son et dans l'attaque qui contribuent à ancrer l'émotion et à la rendre palpable comme ce superbe Shenadonah où la ligne claire de l'accordéoniste magnifie une mélodie simple. Ces deux-là avaient plus que des choses à se dire, un univers à partager.

Jean-Marc Gelin 

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