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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 21:48
TOUS DEHORS / Laurent Dehors / Marc Ducret / Matthew Bourne « Les Sons de la Vie »

Laurent Dehors (composition, saxophones, clarinettes, harmonica), Catherine Delaunay (clarinettes, accordéon diatonique, cor de basset), Denis Chancerel (guitare électrique sept cordes, banjo), Gabriel Gosse (guitare électrique sept cordes, tres), Jean-Marc Quillet (marimba basse, vibraphone, xylophone, timbales, accordéon chromatique), Bastien Stil (piano, piano électrique, tuba, trombone), Gérald Chevillon (saxophones basse & soprano, flûte à bec), Damien Sabatier (saxophones alto, baryton et sopranino), Franck Vaillant (batterie, batterie électronique, percussions), Marc Ducret (guitares), Matthew Bourne (piano)

Saint Étienne du Rouvray, octobre 2015

Abalone AB 023 / L'Autre distribution

Le point de départ, c'est une commande de l'Opéra de Rouen Normandie : une œuvre pour un orchestre symphonique et le big band Tous Dehors, avec pour projet d'illustrer les différentes étapes de la vie, de la conception jusqu'à l'ultime souffle. Passé le stade de la création, il n'a pas été possible de rejouer la partition sur scène ni de faire un enregistrement avec l'effectif originel (une cinquantaine de musiciens). Laurent Dehors s'est donc remis à la tâche pour une version en effectif réduit : neuf musiciens, plus les deux solistes invités (Marc Ducret et Matthew Bourne) qui dialoguent avec l'orchestre. Le résultat est plus que convaincant de vitalité, de vivacité et de pertinence. Les rythmes nous emportent, que l'on soit dans le groove ou dans des segmentations obsédantes, à la façon de Stravinski (Laurent Dehors en connaît un fameux rayon de ce côté-là, car il avait déjà à sa manière arrangé/dérangé L'histoire du soldat ). Et l'on entend parfois le souvenir du Sacre du printemps dans des accords larges où intervalles majeurs et mineurs se superposent). La forme est virtuose, mais sans affectation : la surprise, l'humour et la fantaisie prévalent. Les alliages de timbres sont parfois saisissants, les embardées des solistes inattendues : on jubile souvent. La rythmique est d'une impeccable solidité, sans lourdeur, avec au contraire souplesse et agilité. Chacun semble jouer et se jouer, en toute espièglerie. Le fait qu'il s'agisse d'une musique « à programme », sensée illustrer les étapes de la vie, devient très vite secondaire : ce qui importe ce n'est pas le programme, mais la vie même. La gestation, le cadre enfantin, les émois adolescents, la vie d'adulte, les deuils et le naufrage de la vieillesse : toutes ces étapes se fondent dans une forme qui a sa logique propre et efface l'éventuelle pesanteur de l'argument. C'est assurément une vraie réussite.

Xavier Prévost

Tous Dehors se produira avec ce programme, et les deux invités du disque, le 1er octobre prochain à la Maison de la Radio dans le cadre des concerts « Jazz sur le vif » programmés et produits par Arnaud Merlin.


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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 19:00
DOMINIQUE PIFARÉLY QUARTET « Tracé Provisoire »

DOMINIQUE PIFARÉLY QUARTET « Tracé Provisoire »

Dominique Pifarély (violon), Antonin Rayon (piano), Bruno Chevillon (contrebasse), François Merville (batterie, percussions)

Pernes -les-Fontaines, 22-24 juillet 2015

ECM 478 1796 / Universal

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Le CD paraîtra le 10 juin 2016

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Autant l'avouer tout net : j'ai pour ce groupe, ces musiciens et cette musique un attachement sentimental. C'est avec eux en effet que s'est achevée, le samedi 26 juillet 2014, ma carrière de radioteur professionnel, après 32 ans de (très) loyaux services à France Musique. J'avais été informé quelques semaines plus tôt que l'on mettait fin (prématurément à mon goût, et à celui d'un grand nombre de mes amis, musiciens notamment) à ma collaboration avec ma radio préférée. J'ai présenté le groupe ce soir-là, sur la scène de l'amphithéâtre du Domaine d'O, dans le cadre du festival de Radio France et Montpellier, où j'œuvrais pour la 29ème année consécutive. Et, franchement, je ne voyais pas de meilleure manière, puisqu'il fallait quitter l'estrade, que de le faire en compagnie de musiciens que j'admire, et dont de surcroît j'apprécie infiniment les qualités humaines. Ma chronique, vous l'aurez compris, sera hyper-subjective !

Après avoir parcouru tous les territoires du jazz, et en partie aussi ceux de la contemporaine (la musique dite telle), le violoniste s'est lancé dans une nouvelle aventure, à la fois formelle et humaine. Beaucoup d'amateurs se rappellent, à l'orée des années 90, l'Acoustic Quartet, qui associait Dominique Pifarély à Louis Sclavis, avec la complicité superlative de Marc Ducret et Bruno Chevillon. Nous revoici un peu dans une configuration comparable : excellence des instrumentistes, considérables talents d'improvisateurs, fermeté de la pensée alliée au goût du risque et du franchissement des frontières esthétiques. L'écriture est très présente, et cependant elle paraît n'être là que pour ouvrir grand les portes de l'improvisation, de l'invention, de l'expression. Les premiers sons semblent surgis du chaos originel, notes éparses et timbres riches (un violon qui offre la rondeur troublante d'une flûte japonaise!). Puis le discours s'organise. Nous sommes embarqués. Rythme et tempo convoquent ensuite le jazz, dans une liberté tonale qui sera de mise tout au long du disque. Le violon se fait tour à tour puissamment lyrique, acide, incisif ou d'une exquise rondeur. Le dialogue avec les autres instruments est permanent, comme si la voie, malgré l'incertitude de l'improvisation, était déjà tracée en connivence. Le tracé provisoire, c'est une composition, qui ouvre l'espace de l'improvisation. Chacun se fait soliste au moment opportun, et pourtant la musique ne cesse jamais d'être une et indivisible. Il y là du mystère, de la pensée et des pulsions, et l'on se dit que la pensée et la pulsion peuvent être indissociables. Venant à la suite du magnifique solo publié en 2015 (lire ici la chronique dans Les DNJ), cette nouvelle œuvre, collective et pourtant marquée du sceau de la création individuelle, est assurément l'une des pièces maîtresses de l'univers du violoniste. Indispensable donc, et à partager sans modération avec les mélomanes de toutes obédiences (et surtout avec ceux qui ne revendiquent aucune chapelle) !

Xavier Prévost

Le groupe jouera le mercredi 1er juin à Berlin dans la cadre de Jazzdor-Berlin programmé par le festival Jazzdor de Strasbourg

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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 06:14
 Sarah Vaughan, Live at Rosy’s


Sarah Vaughan, Live at Rosy’s
2CD- Resonance/Socadisc. Sarah Vaughan (voc), Carl Schroeder (piano), Walter Booker (basse), Jimmy Cobb (batterie). New Orleans, 31 mai 1978.

Elle restera pour les fans « la divine ». C’est d’ailleurs le qualificatif employé par Helen Merrill dans le livret qui accompagne ce concert enregistré en club par Sarah Vaughan en 1978 et désormais disponible grâce à ce dénicheur de trésors nommé Zev Feldman (on lui doit des inédits de Sonny Rollins, Horace Silver, Duke Ellington, Art Blakey, Bill Evans).
A 54 ans, Sarah domine son art. La perfection tout simplement : rien ne lui est impossible. Le répertoire est aussi large que son registre vocal : les grands classiques (les Gershwin, Rodgers & Hart, Burke & Van Heusen, Styne & Cahn) et des contemporains de tous horizons (Legrand- Watch What Happens, adaptation par Gimbel de Récit de Cassard dans les Parapluies de Cherbourg- une bossa nova de Gil & Valle-If You Went Away- Preciso Aprender A Ser So en version originale). « La divine » va même jusqu’à donner, à la requête du public et sans s’en offusquer (qui visiblement fait quelque confusion avec une autre diva) « A ticket a tasket », le premier succès d’Ella Fitzgerald à la fin des années 30.
Le Rosy’s de la Nouvelle Orléans a fermé ses portes en 1979, les frais fixes de cet ancien hangar rénové luxueusement par une jeune héritière fan de jazz, Rosalie « Rosy » Wilson, ayant toujours excédé les recettes d’un club qui accueillit Ray Charles, Bob Dylan, Count Basie ou encore Ella Fitzgerald. Sarah s’en est allée douze ans plus tard, victime d’un cancer du poumon.
Quel meilleur souvenir que ce « direct » en club. On ne se lasse pas de ces 90 minutes de bonheur. Sérénité, facilité, grâce, humour, charme. Tout Sassy était ce soir-là au Rosy’s.
Jean-Louis Lemarchand

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26 mai 2016 4 26 /05 /mai /2016 14:14
AIRELLE BESSON "Radio One"

Airelle Besson (trompette), Isabel Sörling (voix), Benjamin Moussay (piano, piano électrique, synthé basse), Fabrice Moreau (batterie)

Pernes-les-Fontaines, 2015

Naïve Jazz NJ 625971 / Naïve

Insaisissable et polymorphe, Airelle Besson surprend constamment par la pluralité et la diversité de ses interventions artistiques. Musicienne complète et avérée, elle ne se satisfait d'aucune position, et part toujours à la conquête de nouveaux horizons, comme autant d'aventures. Après le très beau duo en compagnie de Nelson Veras (« Prélude », chez Naïve) la voici qui convoque à ses côtés une chanteuse saute-frontières qui conduit son parcours artistique dans des contextes très différents ; et deux jazzmen connus à la fois pour leur subtilité, leur connaissance de l'idiome du jazz, mais aussi leur goût des transgressions stylistiques. On est ici dans un univers qui se déploie entre pop sophistiquées et développement modal, mais avec de fortes inflexions idiomatiques vers le jazz. La musique est rêveuse, souvent, mais aussi engagée et vibrante. On pense parfois à ce qui se passait dans le trio Azimuth entre Kenny Wheeler, Norma Winstone et John Taylor, avec ce mélange de fine élaboration musicale et d'expressivité intense. Et beaucoup de liberté aussi. Radio One, le thème-titre, a la simplicité dansante que l'on aimait naguère chez Don Cherry, avec un soubassement rythmique et harmonique plein de rebonds pertinents et parfois aventureux, et une voix diaphane qui invite à l'évasion. Par-delà son caractère fédérateur, cette plage définit le projet : élitaire pour tous ; il y en a pour tous les organes : les pieds pour danser, le cœur pour s'émouvoir, le cerveau pour lire entre les lignes de ce qui serait plus qu'un aimable divertissement. Les plages suivantes révèlent d'autres ambitions : porter au rêve par la sensation, à l'évasion par le trouble. Pour cela encore parfois des rythmes de danses exotiques, mais aussi un jeu sur l'écho, la réverbération, la texture intime de la trompette et de la voix. Le piano, et les autres claviers, ne sont pas en reste : ils participent du mystère, des tensions subtiles, et de cet onirisme ambiant qui constitue l'un des charmes du disque. Le batteur, comme toujours d'une impeccable finesse, donne un supplément de vie à cet univers déjà tendu d'émotions raffinées. Chaudement recommandable donc, aux jazzophiles comme au mélomanes multipolaires.

Xavier Prévost

Le groupe jouera trois soirs de suite, du 26 au 28 mai, au Jazz Club de Dunkerque. Puis le 8 juin à Paris, au Café de la danse. Et après une tournée en Chine, on le retrouvera dans les festivals : le 26 juin à Oloron Sainte-Marie, le 29 juillet à Vannes et le 30 juillet en Avignon

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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 19:59
SYLVAIN BEUF / MICHEL PEREZ / DIEGO IMBERT « Triple Entente »

Sylvain Beuf (saxophones ténor & soprano), Michel Perez (guitare), Diego Imbert (contrebasse)

Vannes, avril 2015

Trebim Music TREBMUS 052 / L'autre distribution

Tout commence dans la décontraction d'une ambiance West Coast, mais avec un soupçon de sérénité crispée, façon Lennie Tristano ; cette impression dans l'exposé du thème s'efface dès que Michel Perez part en chorus : il libère la musique, car il est hors de pair pour, sur des harmonies complexes, faire chanter la phrase, et l'instrument. Le titre de l'album ne doit rien à l'alliance franco-britannico-russe de la première guerre mondiale.... C'est ici le prolongement d'un duo, qui associait pour le CD « Double Entente », publié voici trois ans, le guitariste et le contrebassiste Diego Imbert. L'arrivée de Sylvain Beuf nous place d'emblée dans une configuration qui ravit l'amateur : le souvenir une triplette Tristano-Konitz-Billy Bauer, ou encore Tristano-Konitz-Warne Marsh. C'est plus qu'un hasard si, après un démarquage d'un thème bop, on voit surgir Lennie's Pennies, superbe extrapolation de Tristano sur Pennies From Heaven (et l'amie Lennie, et Lee Konitz aussi, en commirent quelques autres sur la même grille....). Tout y passe, dans le domaine des standards de Broadway, voire du Brésil, de All The Things You Are à Tico -Tico en passant par On Green Dolphin Street, chaque fois détournés avec science, raffinement et entrain. Il y a même un transparent Corps et Âmes (sur Body and Soul....) qui nous rappelle que Siegfried Kessler avait aussi intitulé de la sorte en 1982 un très beau thème, et le 33 tours qui l'accueillait. Les saxophones de Sylvain Beuf épousent avec panache les méandres de ces relectures, et Diego Imbert déploie de très belles lignes de basse en toute sérénité, slalomant entre les écueils harmoniques comme un pilote qui guide le vaisseau à bon port. De ces compositions signées par les trois musiciens, il vous reste encore à découvrir celles dont je n'ai pas dévoilés les sources : sublime plaisir de l'amateur, qui ne pourra que vous ravir, tant l'énigme est de haut vol. Cet art du démarcage -ou démarquage- (que je préfère à démarcation qui dit plus la limite-de sinistre mémoire- à franchir que l'action de contrefaire pour sublimer par le talent musical), reste l'un des bonheurs du jazzfan : c'est ce bonheur que je vous souhaite !

Xavier Prévost

Le trio se produira le vendredi 20 mai 2016 à Paris au Sunset

Une avant-goût sur Youtube avec une vidéo du trio réalisée en 2012 au festival de Porquerolles par Frank Cassenti

https://www.youtube.com/watch?v=eEakSNVaMms

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17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 18:08
BILL EVANS « Some Other Time , The Lost Session From The Black Forest »

Bill Evans (piano), Eddie Gomez (contrebasse), Jack DeJohnette (batterie)

Villingen (Allemagne), 20 juin 1968

Resonance Records HCD-2019 / Socadisc

Une exhumation de taille : un double CD avec une séance inédite en Forêt Noire, chez Hans Georg Brunner-Schwer, avec le concours de Joachim-Ernst Berendt. Le premier, industriel de l'électronique (SABA), créateur du label MPS et grand amateur de piano, a enregistré Oscar Peterson, Martial Solal, George Shearing, Friedrich Gulda, Monty Alexander, Joachim Kühn, Hank Jones, Tommy Flanagan.... dans sa villa aménagée en studio. Le second, critique et homme de radio, a produit bien des séances pour ce label. Bill Evans, avec le même trio, s'était produit cinq jours plus tôt en Suisse (concert publié par Verve sous le titre « Bill Evans At The Montreux Jazz Festival »). On le retrouve ici avec un répertoire différent (un seul thème, Walkin' Up, figurait déjà sur l'album de Montreux). Le ton est vif, presque tendu : la plupart des thèmes, même ceux qui sont originellement sur tempo lent, sont joués de manière anguleuse, avec rythme plutôt rapide, et accentuation marquée. Dans cette approche très percussive, certains ont cru déceler une « nouveau » Bill Evans : c'est oublier qu'il fut dans les années 50 un disciple de Lennie Tristano, dont l'influence transparaît dans le phrasé percutant du fameux All About Rosie de George Russell (1957). Il faut dire aussi que MPS avait pour spécialité de capter le piano avec de nombreux micros placés très près des cordes, et que cela accentue le côté percussif de l'instrument. De surcroît, le double parti-pris de laisser la batterie un peu en retrait (ce qui se confirmera avec le batteur qui suivra dans la carrière de Bill Evans, Marty Morrell), et de privilégier délibérément dans le mixage le piano et la contrebasse, rend plus évidente la percussivité du piano. Le premier CD restitue les titres sélectionnés par H.G Brunner-Schwer et J.E. Berendt pour un 33 tours qui ne fut jamais publié, probablement parce qu'à l'époque Bill Evans était sous contrat avec Verve. Le second offre tout ce qui n'avait pas été retenu, mais méritait manifestement de l'être. Un copieux livret relate en partie l'histoire du label MPS, et celle de cet enregistrement, avec également un survol analytique des styles du pianiste. On y trouve aussi les précieux témoignages du contrebassiste et du batteur. L'ensemble offre des plages en solo, en duo et en trio, qui toutes reflètent le considérable talent de Bill Evans. Et si l'on regrette que la batterie soit très sous-entendue on peut, pour se consoler, se reporter au disque « Bill Evans At The Montreux Jazz Festival » qui rend pleinement justice à Jack DeJohnette. Bill flamboie, Eddie lui tient la dragée haute, et malgré la discrétion de Jack ce double CD (qui existe également en double vinyle) est hautement recommandable aux amateurs de Bill Evans.... et à tous ceux qui aiment le jazz !

Xavier Prévost

Pour comparer : « Bill Evans At The Montreux Jazz Festival »sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=DfDYlyQAntk

Présentation du CD sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=I8Di1Y_znmY

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14 mai 2016 6 14 /05 /mai /2016 23:10
JEAN-MARC FOLTZ - STEPHAN OLIVA « Gershwin »

Jean-Marc Foltz (clarinette, clarinette basse), Stephan Oliva (piano)

Pernes-les-Fontaines, décembre 2015

Vision Fugitive VF 313012 / Harmonia Mundi

On est souvent avec eux du côté d'une musique qui privilégie l'extrême nuance, la mise en suspens, le silence ou le bruissement imperceptible d'un monde en (re)naissance : une sorte de jazz de chambre si l'on veut. Ce qui n'écarte nul éclat, nulle intensité expressive. Le choix est fait ici de s'en remettre pour le répertoire aux frères Gershwin : George bien sûr, mais aussi Ira qui était, seul, signataire d'un texte pour un thème ( I Can't Get Started ) dont la musique est signée Vernon Duke. Mais c'est bien plus qu'une thématique, un concept ou un fil conducteur. C'est une plongée dans l'âme d'une époque, soulignée par un livret iconographique qui fait revivre Gershwin en son temps. Dans l'âme assurément : pas question de mimer les contours de thèmes familier, mais au contraire d'interroger leurs tréfonds et leurs mystères. Car nous sommes bien ici en présence de jazzmen, et le propre du jazz est de transfigurer, de dévoyer, de gauchir ou de sublimer (et parfois tout cela d'un seul geste).

Les musiciens conçoivent aussi quelques courtes séquences de leur cru, pour introduire un thème, installer un climat.... Ainsi fait Stephan Oliva, dès la première plage, en esquissant quelques secondes durant une voie d'accès à l'inoxydable The Man I Love : comme un prélude au renouveau dans l'inconnu. La clarinette étire le thème dans un absolu recueillement, le piano détaille les harmonies en y mettant ce qu'il faut d'altérations pour créer une tension. Ensuite Fascinating Rhythm révèle sa vitalité syncopée, entre clarinette basse et piano, mais les deux musiciens se jouent des accents attendus, et nous emportent vers l'ailleurs : c'est bon signe. It's Wonderful, usuellement donné en version joyeusement dansante, est ici étiré, version plus que lente, comme une introduction idéale au sublime My Man's Gone Now , quintessence de toutes les nostalgies. Une première évocation du thème de la Rhapsody in Blue suit un prélude qui, une fois encore, nous à montré la voie des harmonies célestes.... Et tout se poursuit dans l'intense beauté d'un déroulement cohérent, où pourtant chaque transition garde sa part de mystère. Le ressassé Summertime est donné dans une apparente littéralité par la Jean-Marc Foltz, mais les harmonies distillées par Stephan Oliva le parent de charmes inédits, et la clarinette s'évade à son tour. Et ainsi de suite jusqu'au conclusif I Love(s) You Porgy, qui nous fait aimer ce disque, magnifique, de bout en bout.

Xavier Prévost

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Le CD paraîtra le 27 mai. Cependant le duo jouera pour sa sortie à Paris le mardi 17 mai 2016 à Paris, au Sunside. Et le lendemain, 18 mai, il est à l'affiche de « Jazz in Arles »

Le festival arlésien a commencé dès le 11 mai, à la Médiathèque, avec le duo Schwab-Soro. Il se poursuit à partir du 17 mai avec un nouveau trio qui associe Louis Sclavis, Dominique Pifarély et Vincent Courtois. Le lieu, la Chapelle du Méjan, est toujours l'endroit idéal pour goûter ces musiques intenses choisies avec talent par Jean-Paul Ricard. Le piano y est toujours d'une qualité exceptionnelle : confirmation dès le 18 mai avec Kris Davis, en solo, et en prélude de Jean-Marc Foltz/Stephan Oliva le même soir. Puis ce sera « Instant Sharings », quartette de Bruno Angelini le 19, et le quartette de Géraldine Laurent le 20 : programme de haut vol, comme l'on voit, qui privilégie les artistes les plus engagés dans l'exigence musicale, mais aussi dans le partage. Conclusion le 21 mai en apothéose avec un trio qui rassemble Vincent Peirani, Émile Parisien et Michel Portal. Des comptes rendus de quelques-unes de ces soirées provençales sont à venir dans ces colonnes.

JEAN-MARC FOLTZ - STEPHAN OLIVA « Gershwin »
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14 mai 2016 6 14 /05 /mai /2016 17:17
JEAN DOUSTEYSSIER : «  Post K »

ONJ Records 2016
JEAN DOUSTEYSSIER (cl, clb), BENJAMIN DOUSTEYSSIER (as,ts) MATTHIEU NAULLEAU (p), ELIE DURIS (dms)

Vous savez ce que l’on dit : c’est dans les vieux pots etc… Et bien figurez vous qu’en jazz , c’est tout pareil !
C’est cet adage qu’ont fait leur la jeune pousse talentueuse du jazz toute fraîchement sortie du collège de Marciac ou de la classe jazz du CNSM. Ces jeunes garçons que j’aime à côtoyer l’été, dans mon petit village où ils font danser jusqu’à plus d’heures villageois et villageoises au son de John Kirby et de Benny Carter, ces jeunes-là disais-je sont amoureux de la tradition autant que de la modernité et sont capables avec un enthousiasme débordant et un talent immense, de marier le vieux jazz de la Nouvelle-Orléans au vertiges du free jazz. Le tout emballé avec un sens du plaisir de jouer, de faire danser, de s’éclater en jazz.
Jean Dousteyssier est assurément l’une des futures grandes stars de la clarinette ( quand il ne s’ébroue pas sur son baryton ou au ténor au sein du magnifique big band Umalut ( on vous en parlera très bientôt) ou de l’ONJ d’Olivier Benoit où il y joue une musique plus contemporaine. Xa technique et sa sensibilité sont proprement hallucinants. Son frère, Benjamin Dousteyssier, la première fois que je l’ai entendu c’est simple j’ai cru que l’on passait un disque de Lester Young tant il avait au bout des lèvres les sonorité suave et le velours du maître du ténor. Mathieu Naulleau, on vous en parlé très récemment à l‘occasion de la sortie du disque (http://www.lesdnj.com/2016/05/nox-3-nox-tape.html). Là encore un petit génie qui sait à peu près tout jouer et dont je me rappelle très bien le concert sorti de nulle part qu’il avait donné un jour en première partie de je ne sais plus qui au Festival Jazz à la Villette. Et derrière tout ce petit monde, pour les pousser un peu au derrière (comme s’ils en avaient besoin !), Elie Duris avec son feeling et son drive irrésistible.
Et voilà un combo du feu de dieu. De ceux qui ont compris ce que le jazz recelait de merveilles à faire sauter la baraque. De ceux qui prennent un plaisir communicatif à jongler avec du Fats Waller, du Stachmo, du Willie the Lion Smith voire à entamer un Charleston rag d’subie Blake. Et au milieu de tout cela leur propres compositions qui ne font pas parjure. Leur relecture est farouchement sauvage et iconoclaste. Ils sont virtuoses mais toujours drôles. Ils sont géniaux mais avec facétie. Ils brisent les structures mais gardent le groove. Ils maîtrisent et font revivre un répertoire fantastique des années 20. Ils font chanter la clarinette et l’alto à la manière d’un Buddy de Franco, d’un Sydney ou d’un Benny Carter ou d’un Franckie Trumbauer ou le clavier d’un Willie the lion Smith.
Il fallait un toupet énorme, une audace et la liberté de leur 20 ans à peine pour se lancer dans une telle aventure. Le pari est totalement gagné.
Jean-Marc Gelin

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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 06:32
« A Moon Shaped Pool, » Radiohead, une chronique de Sebastien Paindestre

Le pianiste Sebastien Paindestre, grand amoureux du groupe d'Abingdon et dont le travail tourne autour de l'exploration des thèmes du groupe anglais s'est prêté à l'exercice de la chronique de leur dernier album " A moon shaped pool".

Voilà ce qu'il nous en dit.

« A Moon Shaped Pool, » Radiohead.


Cela faisait maintenant cinq ans que la communauté des fans attendait le nouvel album de Radiohead.
Pourquoi cet engouement qui ne faillit pas depuis tant d’années ? Pour preuve : ces places du concert du 1er juin aux Nuits de Fourvière parties en quelques minutes à peine ?
Radiohead, depuis « OK Computer », nous a habitués à être surpris, nous emmenant à chaque fois là où on ne les attendait pas : la rupture s'est faite en 2000 avec « Kid A » qui a définitivement posé le son Radiohead, avec Nigel Godrich comme producteur, le 6ème membre de Radiohead à l’instar d’un George Martin (mort en mars dernier) qui fut “le cinquième Beatle".
Le groupe s'amuse ainsi à faire des allers-retours entre des albums pop (« In Rainbows") ou plus expérimentaux (« The King of limbs »). D’où le paradoxe : tout le monde connait Radiohead, son nom et un ou deux titres, mais beaucoup ne connaissent pas vraiment leur œuvre…
Qui pourtant est immense.
Marc Ribot confiait à un des membres de Radiohead que leur musique lui avait permis de retrouver des émotions musicales perdues, je me retrouve pour ma part totalement dans ce témoignage.

« A moon shaped pool », la lune en forme de piscine ?

Est-ce encore une fois de la part de Thom Yorke et sa bande une phrase énigmatique pour nous faire réfléchir sur la marche du monde ? Sans doute, car si chaque morceau de cet album nous amène à y réfléchir comme dans toute la démarche poétique ouverte à l'interprétation de chacun, le neuvième album de Radiohead est sans doute l'un des plus poignants et profonds du groupe.
Les morceaux s'enchaînent avec une fluidité étonnante par ordre alphabétique, c'est presque cabalistique et cela n'aurait pas déplu à un Jean-Sébastien Bach, adepte du "hasard calculé".


B comme Burn the witch. Le décor est planté, la sorcière vit dans la forêt de bois et de cordes, préfigurant sans doute l'accompagnement d'un mini-orchestre de chambre dans les prochaines dates de leur tournée d’été. L'influence de Jonny Greenwood, qui depuis des années compose et travaille notamment avec le BBC Concert Orchestra, est bien présente. Le titre ferait référence à la stigmatisation récentes des réfugiés. Le morceau à la première écoute est très dense, et sa mélodie construite comme un message en morse finit par marquer les esprits après plusieurs passages.

D comme Day dreaming, le morceau selon moi le plus mélancolique de l'album avec cette voix étrange inversée qui voudrait dire "half of my life" (cinq quadragénaires dans le groupe).(voir la vidéo)


D comme Decks dark où l'apport de chœurs confère une ambiance grandiose au début du morceau. De facture plutôt classique “radioheadienne", seule l'entrée de la basse du tôlier Colin Greenwood nous donne l'enthousiasme pour rester connectés à cette douceur noire..."sweet dark" est répété à la fin du titre, comme pour rappeler que l'on doit malgré tout faire la fête et danser sur les cendres du monde.

D comme Desert island disk, chanson à la Mc Cartney dans son introduction très Blackbird qui évolue dans des tensions harmoniques toujours très présentes chez Radiohead sans perdre ce paradoxe de l'ombre à la lumière qui semble être une marque de fabrique.

F comme Ful stop : toute une histoire sur ce « L » manquant à cause d'une setlist retrouvée par un employé d'une salle de concert en concert en 2012 et qui était destiné sans doute au LP8. Un morceau très “ambiant", qui laisse la part belle aux guitares jouées comme des boucles de musique répétitive.

G comme Glass eyes : le génie de Radiohead se trouve dans ce titre de 2 mn 52, la voix si tendre de Thom Yorke, les cordes si sensibles et fragiles comme le fil de la vie, le piano transformé en matière des objets sonores à la Pierre Schaeffer, une mélodie qui rend la musique si évidente et vitale que le besoin de respirer… Un chef-d'œuvre, à écouter jusqu'aux larmes.

I comme Identikit, chanson jouée en Live en 2012 et qui laisse un peu s'exprimer le discret Ed O’brien. Une chanson construite en deux parties ponctuées par un synthétiseur qui rappelle l'aventure Atom for Peace de Thom Yorke et les racines du Rock de Radiohead.

T comme The numbers : les quatre accords qui forment cette chanson sont proches dans l'enchaînement et la tonalité du Mother's nature son de l'album blanc des Beatles, un groove obsédant et pointilliste qui semble devenir la première chanson contestataire assumée du groupe. Thom Yorke le premier a toujours dit que s'il écrivait une chanson sur le réchauffement climatique cela serait "de la merde", il a bien fait de changer d'avis ! La basse de Colin semble elle tout droit sortie de l'album d'Abbey road.
Deuxième chef-d'œuvre de l'album !

P comme Present tense : comme jamais deux sans trois, voici selon moi, le troisième chef-d'œuvre de l'album. Bojan Z ne m'en voudra pas je pense de raconter cette petite anecdote : alors qu'il faisait le son sur la scène du Festiva'son et qu'on échangeait sur Radiohead, il se mit à fredonner et jouer The present tense que Thom Yorke jouait en solo à la guitare avec Atom for peace. Radiohead nous amène là vers une bossa pleine de spleen et le groove de la batterie apporté par Phil Selway me fait saliver d'avance à la future version Live.

T comme Tinker Tailor Soldier Sailor Rich Man Poor Beggars Man thief, titre d’une comptine anglaise, mais aussi d'une nouvelle d'espionnage de John Le Carré, qui apporte progressivement un éclaircissement sur cet album envoûtant et discrètement paranoïaque. Le début du morceau pourrait faire penser à un morceau de « The Eraser », le premier album solo de Thom Yorke, mais Jonny Greenwood le rejoignant, c’est comme un dialogue des deux leaders naturels du groupe qui se termine avec l'omniprésence des cordes éthérées.

T comme True love waits. Titre que connaissent bien les fans de Radiohead, enregistré sur l'album Live du groupe "I might be wrong". Cette version studio est pour moi le quatrième chef-d'œuvre de l'album. Il conclut « A moon shaped pool » tout comme il concluait le Live. La guitare remplace le piano, la voix de Thom Yorke semble encore plus belle et son "don't leave", sorte de "ne me quitte pas” oxfordien, ferait pleurer le plus insensible garde du Palais de Buckingham. Encore une fois le piano traité comme musique pointilliste est une réussite. L'album s'achève sur un long fade out de vingt secondes laissant place au silence, le silence que l'on ne retrouve qu'en pleine nature, cette nature qui à l'évidence rend tellement soucieux Radiohead.

Au final ce neuvième album est à ranger tout en haut de la pile de l'œuvre de Radiohead.
Il représente comme un tour d'horizon des derniers albums avec une pointe de mélancolie encore plus présente.
La fin des années 80 et des années bling bling à la U2 est très loin.

Radiohead est bien le groupe de musique (pourquoi que rock ?) qui marquera ce début de 21ème siècle.

Sébastien Paindestre

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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 09:08
PING MACHINE « easY listen_ing... » & « U-bi___K »

PING MACHINE : Bastien Ballaz (trombone), Stéphan Caracci (vibraphone, marimba, glockenspiel & autres percussions), Guillaume Christophel (saxophone baryton & clarinette basse), Andrew Crocker (trompette & bugle), Jean Michel Couchet (saxophone alto), Fabien Debellefontaine (saxophone alto, flûte, clarinette), Florent Dupuis (saxophone ténor, flûte, flûte alto, piccolo), Quentin Ghomari (trompette & bugle), Didier Havet (tuba & trombone basse), Paul Lay (piano), Rafaël Koerner (batterie), Frédéric Maurin (guitare, guitare baryton, synthétiseurs, programmation, direction, composition), Fabien Norbert (trompette & bugle), Rapahël Schwab (contrebasse), Julien Soro (saxophone ténor & clarinette)

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« easY listen_ing... »

Luwigsburg, 19 septembre 2015

& Tours, 23 mars 2013

Neuklang Future NCD 4130 / Harmonia Mundi

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« U-bi___K »

Ludwigsburg, 20 & 21 septembre 2015

Neuklang Future NCD 4140 / Harmonia Mundi

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Deux CD d'un seul coup d'un seul, pour afficher l'ambition artistique (la seule qui vaille !) ; deux disques qui ont vu le jour grâce au financement participatif (la nouvelle forme de création collective qui associe le public à l'émergence de la beauté....). Et un résultat exemplaire !

Le premier CD, baptisé « easY listen_ing... » pour le démarquer du second, avec lequel il est pourtant en totale cohérence, offre trois plages enregistrées en Allemagne au célèbre Bauer Studio (également pilote du label Neuklang), et une plage captée sur le vif deux ans plus tôt à l'indispensable Petit Faucheux de Tours, refuge dynamique de bien des créations, où avait été enregistré, lors des mêmes concerts, le CD « Encore » publié cette année-là.

Le second CD, « U-bi___K », relèverait selon certains d'une adhésion plus explicite à l'univers de la musique dite contemporaine. En fait, les choses ne sont pas aussi tranchées : « easY listen_ing... » offre bien une structure plus en rapport avec un CD de jazz, avec plusieurs pièces distinctes, et une relation écriture/solistes lisibles dans son déroulement même. Et cependant c'est bien là une musique totalement d'aujourd'hui (et pourquoi pas de demain....), par la liberté de son langage et le goût marqué des franchissements de frontières désignées, faute de mieux, comme stylistiques .

« U-bi___K » procède d'une conception formellement plus en phase avec la musique dite-savante-occidentale : longue pièce à écouter dans sa continuité, utilisation d'un langage qui fait écho à tout le vingtième siècle, depuis la seconde école de Vienne jusqu'au temps présent (le seul qui nous soit vraiment contemporain.... du moins le temps de l'affirmer :Tempus Fugit, comme le rappelait Bud Powell, en écho aux Géorgiques de Virgile).

Ce qui frappe dans « U-bi___K » c'est une sorte de transversalité des langages, qui fait que l'on glisse en permanence de l'écrit à l'improvisé, d'un univers sans tonalité à des figures qui avouent à demi-son un centre tonal, et surtout d'une expression musicalement codée à cette expressivité libre et intense (au moment des solos d'instruments notamment) qui dit avec insistance que l'on est bien dans l'univers du jazz. Et cela en toute lisibilité car, pour peu que l'on réécoute l'œuvre, tout semble couler de source, d'un mouvement simple et presque naturel, s'il n'était si profondément imprégné de culture.

Il faut ajouter que, même si le guitariste Fred Maurin est à la fois le compositeur, l'arrangeur et le chef d'orchestre, la musique respire un esprit démocratique, comme c'était le cas chez Gil Evans dans les années 70 ; mais ici la composition garde toujours ses droits face à l'improvisation. Et les improvisateurs sont inspirés et impliqués. Cela fait une dizaine d'années que j'écoute cet orchestre, je l'ai entendu évoluer, avec dans ses rangs des fidèles rejoints par de nouveaux arrivants toujours plus talentueux : mon intérêt est allé croissant pour cette musique toujours fraîche, neuve et audacieuse.

Dans mon refus de distinguer un CD plus que l'autre dans cette nouvelle livraison, je m'en tiendrai à une adhésion sans réserve aux deux !

Xavier Prévost

Ping Machine donnera un concert « Jazz sur le vif », programmé par Arnaud Merlin, le samedi 14 mai 2016 à 17h30 à Paris, Maison de la Radio.

http://www.maisondelaradio.fr/evenement/jazz/jazz-sur-le-vif-14

Diffusion sur France Musique le mercredi 18 mai 2016 à 20h dans « Les mercredis du jazz » de Jérôme Badini

http://www.francemusique.fr/emission/les-mercredis-du-jazz

PING MACHINE « easY listen_ing... » & « U-bi___K »
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