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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 18:17
Jazz Ballads

Label Cristal Records/ Distribution Harmonia Mundi

Sortie le 13 novembre 2015

www.cristalrecords.com

Cette nouvelle collection du label cristal records présente après Jazzin’The Blues et Africa Jazz un troisième numéro consacré aux ballades, forme musicale où le jazz a toujours excellé.

Sur le premier CD, quatorze pièces tout à fait uniques, choisies par Claude Carrière, célèbrent cette thématique dans des versions chantées qui ont immortalisé le composition que ce soit « The man I love » ( Ella Fitzgerald), « My Funny Valentine » ( Chet Baker) , « Solitude » ( Billie Holiday ), « April in Paris » ( Sarah Vaughan )....Un régal qui éveillera la nostalgie. La séduction est immédiate.

Le second CD, choisi par Fred Migeon s’attache à des compositions qui, sur le même thème, proviennent du catalogue Cristal. Cette fois point de chansons mais des ballades somptueuses, lentes et mélodieuses comme le « Love Theme » de Spartacus par le trio de David Reinhardt, « The Seagulls of Christiansund » de Mal Waldron dans la version du duo Sophia Domancich et Simon Goubert, le « Psaume 22 » de Gilles Naturel où s’illustre le ténor Lenny Popkin ; mention particulière pour l’album Ligne Sud trio du pianiste Christian Gaubert sorti en 2013 et bien sûr le délicieux Zooloup qui réunissait en 2003 les trop rares Denis Leloup (tb) et Zool Fleischer (p) dans un programme tendre et fort, très câlin aussi, comme sur ce « Brazil Hero » le fender double le piano.

Une excellente idée que cette compil originale, à prix doux, pour découvrir ou redécouvrir le tout sous une forme simple et chic. Une collection qui devrait vite s’avérer indispensable. Pensez-y pour Noël, partager avec vos proches l’amour de la musique...belle résistance.

Sophie Chambon

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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 11:36
KORNAZOV/ CODJIA / TAMISIER : » Le gris du vent »

Gueorgui Kornazov (tb), Manu Codjia (g), Geoffroy Tamisier (tp)

www.kornazov.com

kornazov@free.fr

Voilà une absolue splendeur, une merveille qui a atterrit un peu par hasard dans ma boîte aux lettres. Une pochette pas très glamour où posent trois copains de longue date qui jouent depuis fort longtemps ensemble. Gueorgi faisait avec Geoffroy ses classes au CNSM en 1998. Puis Gueorgui et Manu ont longtemps côtoyé les pupitres d’Henri Texier.

Tous les trois fêtent ici deux décennies de musique ensemble. C’est dire s’ils se connaissent au plus proche de l’intime , au plus serré de ce lien que la musique crée indéfectiblement entre eux trois.

Deux vents ( trombone et trompette) et six cordes pour une musique à l’intense subtilité.

Musique faite d’espaces harmoniques épurés. Musique d’une légèreté qui n’a d’égal que le vent doux. Chacun y joue un rôle d’une extrême délicatesse, tout en réponse, tout en partage.

Chacun apporte les multiples nuances de son instrument pour en faire un tableau aux milles couleurs pastel. Les rôles s’échangent, l’un passant devant l’autre quand l’autre s’efface progressivement. Kornazox semble constamment réinventer son instrument pour en livrer 10.000 facettes du growl au glissndos, en parfaite cohérence.

On pourrait y entendre l’amour de Kornazoz à Kenny Wheeler ou y repérer des harmonies Raveliennes ou Debussiennes. On pourrait aussi entendre le vent et son murmure.

Véritable enchantement d’un bout à l’autre, « Le gris du vent » nous souffle à l’oreille une histoire riche et magnifiquement agencée.
Comme un conte poétique qui nous emporte et nous enchante.

Une merveille.

Jean-Marc Gelin

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 18:14
FRANCO D'ANDREA « Three Concerts. Live at The Auditorium Parco della Musica »

CD 1 : Franco D'Andrea (piano), Dave Douglas (trompette), Han Bennink (caisse claire)

CD 2 : Franco D'Andrea Sextet avec F. D'Andrea (piano), Andrea Ayassot (saxophones alto & soprano), Daniele D'Agaro (clarinette), Mauro Ottolini (trombone), Aldo Mella (contrebasse), Zeno De Rossi (batterie)

CD 3 : Franco D'Andrea (piano solo)

Trois CD enregistrés en concert à Rome, Auditorium Parco della Musica : CD 1, 24 mars 2014 ; CD 2, 28janvier 2014 ; CD 3, 23 mai 2014

Parco della Musica Records MPR 071 CD / Egea ( www.egeamusic.com )

Plaisir renouvelé que de découvrir une nouvelle parution de ce musicien italien, pianiste majeur (ce n'est pas un hasard si Martial Solal, qui avait d'ailleurs donné un concert à trois pianos en sa compagnie, l'a convié à trois reprises au jury de son Concours international de piano jazz). Franco D'Andrea n'est peut-être par reconnu dans notre pays à sa juste valeur, mais chaque disque constitue l'occasion de rappeler son importance pianistique et musicale.

Le premier volume est un trio hors norme : piano, trompette et batterie (réduite à une simple caisse claire) . Le répertoire est des plus éclectiques : Lennie Tristano (Turkish Mambo) ; des standards (Goodbye, Undecided, Tiger Rag, Caravan) revus et corrigés -parfois sévèrement ; et des compositions du pianiste, et du batteur, le tout émaillé d'improvisations ouvertes des trois compères. Tout cela respire une absolue liberté, toujours à l'horizon d'une intelligence musicale aiguë, que l'on soit dans la conscience de l'instant, ou dans l'inconscient qui s'exprimerait par des incartades et des emportements.

Le deuxième CD, en sextette, fait la part belle à la musique de Thelonious Monk, dont les thèmes (Coming on the Hudson, Bright Mississippi, Monk's Mood, Epistrophy, Blue Monk) sont reliés par des intermèdes improvisés ou composés qui les magnifient. En écoutant Coming the Hudson, je ne peux m'empêcher de penser à la version conçue par André Hodeir, après plusieurs moutures antérieures, pour Martial Solal (« Solal et son orchestre jouent Hodeir », Carlyne, 1984). André Hodeir et Franco D'Andrea ont en commun l'exigence musicale, laquelle s'exprime chez le premier par un sérieux mâtiné d'un subtil humour ; et chez le second par un esprit libertaire des plus décapants. Et pourtant la musique de Monk est bien là. Tout au long de ce volume en sextette, Franco D'Andrea demeure constamment dans l'esprit du compositeur-pianiste, par l'arrangement comme dans les parties de piano, où il ne cède nullement au syndrome d'imitation, tout en respectant la pulsation claudicante qui fait le prix de cette musique ; et les solistes du sextette ne dérogent pas à cette libre fidélité. Surgissent ici ou là des citations furtives d'autres thèmes (Well You Needn't....), et Monk n'est jamais loin !

Le troisième disque, en solo, persévère un peu dans l'amour de Monk, musicien de chevet de Franco D'Andrea (son précédent disque « Monk and the Time Machine », paru en 2014, lui était déjà consacré, ainsi que quelques plages plus anciennes). Ici, rien qu'un Round Midnight d'anthologie, chaloupé tango, et tuilé avec Turkish Mambo de Tristano. Et toujours ce mélange de standards du jazz moderne (Naïma, Like Sonny) et de standards du passé (Gershwin, Jelly Roll Morton....), enchâssés dans des compositions de Franco D'Andrea. Un (très) grand Musicien, du (très) grand piano : on se précipite !

Xavier Prévost

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 17:04
ENRICO PIERANUNZI « Tales From The Unexpected »

Enrico Pieranunzi (piano), Jasper Somsen (contrebasse), André Ceccarelli (batterie)

Gütersloh, 29 août 2015

Intuition INTCHR 71315 / Socadisc

Enregistré tout récemment en Westphalie, le disque est sous-titré « Live at Theater Gütersloh ». C'est un théâtre où la WDR, la radio publique de Cologne, capte des concerts et organise aussi un festival. En collaboration avec la revue allemande Jazz thing, la WDR et la ville de Gütersloh ont conçu la série « European Jazz Legends » ; ces concerts radiodiffusés sont aussi publiés sur CD (celui-ci est le troisème de la série, après des volumes consacrés à Dieter Glawischnig et Jasper Van't Hof). C'est ce qui nous vaut le plaisir d'écouter à nouveau le pianiste en trio, après un précédent disque enregistré en 2011, et publié en 2014 (« Stories », Cam Jazz, avec Scott Colley & Antonio Sanchez). Cette fois Pieranunzi est en compagnie d'un rytmique européenne, en l'occurrence le bassiste néerlandais Jasper Somsen et le batteur niçois André Ceccarelli (batteur niçois car le pianiste, dans l'entretien radiophonique qui constitue la dernière plage du CD, insiste avec humour sur le fait que Nice fut italienne -ou plutôt piémontaise). Pour profiter sans doute de la magie du concert enregistré sur le vif, le trio s'offre en cours de route 4 improvisations (baptisées Improtale, et indexées de 1 à 4). Ces contes improvisés sont plutôt idiomatiques (je veux dire près de l'idiome du jazz moderne et contemporain), ce qui ne les prive nullement de leur liberté, ni de la richesse interactive des échanges. Des compositions anciennes (Fellini's Waltz, The Surprise Answer) ou plus récentes (Anne Blomster Sang, qui figurait sur le disque « Double Circle », avec Federico Casagrande, publié cette année), mais aussi des nouveaux thèmes, comme celui qui donne son titre à l'album. Quel que soit le matériau musical requis, on est à la fois dans le chant, dans l'interaction puissante entre les deux mains du pianiste.... et entre les trois partenaires. Le son du piano est clair, articulé, tout en participant de la sonorité collective du trio. Dans l'entretien conclusif, Pieranunzi insiste sur l'exigence formelle, et narrative, de l'improvisation et du jazz. Et ce disque paraît obéir à ce beau souci : cheminer librement, dans un espace qui se construirait entre son et sens.

Xavier Prévost

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22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 18:24
Theo Ceccaldi Petite Moutarde

ONJAZZ records

www.onjazz.org www.tricollectif.fr

https://www.youtube.com/watch?v=jSW0mjScJ-I

Théo Ceccaldi (ONJ Benoît) a sorti avec un petit orchestre de chambre, un quartet inspiré, ce délicieux album dont les titres répondent tous à un nom de condiment : Petite moutarde sans vous monter au nez, échauffera vos sens et ravira votre esprit. Né d’une résidence à l’Atelier du Plateau, ce projet du violoniste-compositeur bénéficie du soutien ardent du batteur Florian Satche (Tri Collectif, Marcel et Solange), d’Alexandra Grimal aux divers saxophones et à la voix, et d’Ivan Gélugne (quartet d’Emile Parisien) à la contrebasse. Sans aucun doute cette musique apparaît en concert comme l’exacte BO d’un vrai film projeté sur l’écran, mais chez vous, avec le seul Cd, le mérite de cette musique est de vous rendre compositeur d’un film imaginaire à partir des scènes les plus folles, les plus délirantes, toujours oniriques en diable. Et l’on comprend mieux en apprenant que l’inspiration vient d’un film de René Clair sorti en 1924, Entracte, muet et dadaïste, hommage aux arts du cirque, aux films burlesques, dont la partition fut écrite par Eric Satie. Le scénario part d’un rêve d’enfant, incluant des scènes surréalistes comme la folle poursuite d’un corbillard, une danseuse barbue en contreplongée, un œuf soulevé par un jet d’eau, des ballons à tête de personnage, des allumettes animées. Initialement prévu pour être projeté pendant l’entracte d’un ballet de Francis Picabia et Jean Börlin, c’est la première intervention du cinéma dans une représentation de danse et donc une fusion d’un art total. Transposée aujourd’hui, c’est l’imagination au pouvoir servie par la puissance et l’énergie d’un quartet de choc, plus encore que de charme, qui vous bouscule un peu, beaucoup, tout au long de ces 8 petites pièces. Pas si petites quant à la durée mais petites par le titre qui commence toujours par ce qualificatif qui finalement sied à notre pays : « un p’tit ciné, un p’tit restau, un p’tit weekend », sans l’acrimonie du romancier Nicolas Fargues dont le livre Au pays du P’tit (qu’il faut peut être lire entre les lignes) dresse un portrait de nous, les petits Français. Fantaisie des lignes mélodiques, timbres et couleurs indissociablement mêlés, ruptures de rythmes, du rock à la King Crimson, un groove réel, des improvisations échevelées, la musique est servie dans l’écrin de cette formation épatante : ils sont tous formidables de Satche qui bat comme il respire (écoutez « Petit poivre de Sichuan »), roule, claque, cavalcade, de l’impeccable Grimal aux sons doux et filés ou stridents et emportés –c’est comme vous voulez (« Petit raifort », « petit wasabi »), de Ceccaldi qui vous fait vibrer tout le temps au son de son archet extravagant. Sans oublier le clopin-clopant de Gelugne, le rythme qu’il implique aux élucubrations et autres vociférations sur « Petit chipotl »...

Qualité de l’écriture indéniable, intelligence musicale qui combine styles, formes et sens, brûlante interprétation, humour avec un rien de provocation, voilà des épices qui servent à améliorer drôlement notre ragoût quotidien.

A écouter et surtout à voir sur scène... impérativement. Un spectacle vivant et emporté, fébrile et dynamisant, d’autant plus recommandé en ce moment !

Sophie Chambon

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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 18:03
BENOÎT DELBECQ 3 « Ink »

Benoît Delbecq (piano), Miles Perkin (contrebasse), Emile Biayenda (batterie, percussion)

Meudon, 2-3 juillet 2014

Clean Feed CF 340 CD / Orkhêstra

Le précédent CD en trio de Benoît Delbecq (« The Sixth Jump », Songlines, publié en 2010), était en compagnie de Jean-Jacques Avenel. Jean-Jacques nous a quittés en août 2014 et, au moment où ce disque s'enregistrait au studio de Meudon, il était au plus mal, et depuis quelque temps déjà, malgré les rémissions, le courage de rejouer qu'il avait manifesté au fil des ans. Le premier titre de l'album, Le Ruisseau, lui est dédié. Et d'une certaine manière il lui ressemble : Jean-Jacques se serait senti à l'aise dans les « boucles étranges » qui conduisent cette composition. Le contrebassiste Miles Perkin, Canadien de Berlin, est à sa place dans ce trio renaissant : force de la pulsation, sonorité ample, liberté d'accent et de commentaire.... Quand au batteur Emile Biayenda, à la polyrythmie profuse et inattendue, il coïncide exactement avec l'univers de Benoît Delbecq, qui ambitionne, légitimement, de réinventer chaque fois la musique. Comme toujours Benoît mêle sur son piano des sons inouïs (issus d'une préparation méticuleuse, avec toute sorte de petits objets glissés dans les cordes pour faire naître des sonorités venues de l'étrange) et le son clair de l'instrument (quels pianos que ceux de Meudon !), travaillé avec la vraie virtuosité, celle du timbre. Dans les lignes de pochette, Fred Hersch écrit ceci : « Sa musique est en apparence un recueil de contradictions : structure / liberté d'improvisation ; jazz / non jazz ; composition à structure mathématique / musique avec un profond feeling ». Plus que de contradictions je serais tenté de parler de tension permanente. La phrase, dans sa progression par intervalles distendus et inattendus ; le rythme, dans son cheminement de labeur et d'évidence tout à la fois ; la structure, qui se dévoile pour mieux se dissimuler l'instant d'après : tout ici paraît suivre les voies du désir qui se déplace à mesure qu'il naît, de la tension sans résolution : la résolution viendra peut-être, mais elle sera différée, comme le mouvement perpétuel d'une « machine désirante », d'une progression organique qui serait indissociable d'une sorte de pensée incarnée. Si l'on était dans l'univers des arts plastiques, où le discours d'escorte prend souvent le pas sur la réalité de l'objet, on parlerait d'une forme de matérialisme abstrait. Mais ici, pas besoin de discours d'accompagnement, le musique parle d'elle-même, la pensée est dans la vibration même du son....

Xavier Prévost

Présentation du CD par Benoît Delbecq

https://vimeo.com/139599481

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 07:54
Kevin Norwood Quartet : " Reborn"

Ajmiseries / Les allumés du jazz

https://www.youtube.com/watch?v=-3FFEtrqZX8

www.jazzalajmi.com

www.discogs.com

Adoubé par David Linx, ce qui n’est pas une mince référence, Kevin Norwood est un nouveau venu dans le jazz vocal masculin, moins encombré heureusement que le féminin par des révélations toujours plus sensationnelles qui ne durent pas longtemps... On écoute toujours avec intérêt une nouvelle voix. Dans son texte d’introduction sur le label jazz Ajmiseries, le vocaliste belge décrit «une voix chaudement haut perchée»; on ne saurait mieux dire... et je l’avoue c’est peut-être ce qui « résistait» à mon oreille, au point que j’ai écouté très souvent cet album pour sonder les mystères de cette voix étrange, un peu irréelle, qui rappelle par moment certaines consoeurs, comme Betty Carter, pour le titre éponyme, cette ballade mélancolique, «Reborn». Mais seulement par touches allusives, car le chanteur sait installer dans ses musiques et ses textes originaux -il ne se protège pas derrière le répertoire jazz et se confronte à l’écriture, une atmosphère originale. Influencé peut être par d’autres qui l’ont forcément précédé, comme Joni Mitchell ou Jeff Buckley, il parvient à un syncrétisme de bon goût, nous surprenant agrablement, quand il n’hésite pas à scater avec talent sur «Past dreamers».

Une musique sans aspérité apparente, très cohérente, écrin à cette voix gravement troublante, qui swingue et respire le blues : elle laisse derrière elle un sillage de mélancolie, ravivée par le talent de musiciens aujourd’hui confirmés, sudistes comme Kevin Norwood (originaire d’Avignon malgré un nom très anglo-saxon), Vincent Strazzieri au piano, Cedric Bec à la batterie et Sam Favreau à la contrebasse.

Sophie Chambon

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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 20:35
PANORAMA CIRCUS : « PAINTER OF SOUL »

LIFE STYLE SOUNDS 2015

Mathieu Jérôme (p, wurlitzer, clavinet, synth), Jean-François Blanco (sample, scratch, prog, percus, synth), Jean-Philippe Morel (cb), Philippe Gleizes (dms), David Aknin (dms), Vincent Courtois (cello), Elise Caron (vc, fl), David Neerman (vb), Mederic Collignon (cnt), Thea Hjelmeland (vc), Maxime Delpierre (g)

On hésite à vous parler de musique aujourd’hui. Poster une dérisoire chronique d’album semble totalement incongru, presque déplacé.

Mais voilà nous aimons la musique autant que la vie. Autant qu’elle est honnie par ces fous sanguinaires qui haïssent notre amour du rire, notre désir de joie et du beau et nous pensons qu’il ne faut renoncer en rien. Jamais. Ne pas s’arrêter de vivre heureux, ne pas cesser de vous raconter ce qui nous rend heureux et quoiqu’il arrive partager nos rêves avec vous. Malgré l’horreur.

Alors oui aujourd’hui j’avais envie de vous parler d’un album remarquable et je ne vais surtout pas me gêner.

Avec ce Panorama Circus voilà bien un album conçu avec une énergie décapante par Mathieu Jérôme et Jean-François Blanco. Des moments de groove d'une superbe modernité comme sur ce très electro-hip Retour de Chewbacca avec un Philippe Gleizes totalement décoiffant s’acoquinent avec un gros travail sur les sons venus de nulle part. Ce sont les laptops et les turntables qui virevoltent. C’est parfois rock et c’est parfois free. Parfois sauvage et toujours animé. Dessin animé, presque.

Elise Caron nous emporte de sa voix libre et farouche à moins qu'elle ne se transforme en vestale très pop. Les furies free de Thomas de Pourquery ( Crazy latin suff) à l’alto et les envolées très milesiennes de Collignon ( Free metal morfing) , les salissures rock de Maxime Delpierre (painter of soul) qui laisse traîner ses sons un peu garage et qui s'accouple avec l'acoustique du pianiste et enfin la passion à fleur de mailloche d’un David Nerman juste sublime ( Beyond the blue floyd magnifiquement ecrit ) émaillent cet albul toujours inventif et surprenant.

En l’écoutant j’avais un peu l’impression d’être pris par la main et emmené dans une sorte de Palais des glaces aux miroirs déformants. Un peu halluciné.

Il y a une vraie dynamique dans cet album remarquablement conçu, puissant,

énergique.Vivant. Maginifiquement vivant.

Jean-Marc Gelin

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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 20:20
Didier Ithursarry quartet : " Kantuz"

Label LagunArte/L’autre distribution

www.lagunearte.org

www.didierithursarry.com

Encore chaud dans les bacs, après le concert du 28 octobre à l’Ermitage parisien, Kantuz, le nouveau CD du quartet de Didier Ithursarry, nous fait voyager dans des territoires aimés. Difficile de renier ses origines, Kantuz, traditionnel basque, exprime dans cette langue difficile et mystérieuse, « l’instant présent où l’on chante». Du chant, il y en a encore avec «Habanera pour François Béranger», hommage au chanteur militant des années soixante dix, trop tôt disparu, titre qui prolonge délicatement l’une de ses chansons «Grand-mère», en écho. De la danse encore, car si « Kantuz » invite à la danse avec son rythme éblouissant, il y a encore plus virtuose avec «L’antichambre», positivement à couper le souffle. Tourbillon d’une valse qui n’est pas ravélienne, qui rappelle aussi qu’elle n’est pas synonyme des seuls plaisirs bourgeois. Eh oui, cet accordéoniste vient aussi du bal et de cette tradition populaire, qui n’est pas un folklore imaginaire. Encore que, partant de ce socle qui le constitue et de ses racines, l’accordéoniste nous emmène fort loin avec le concours de ses camarades de jeu, parfaitement en osmose. Une rythmique de rêve, Joe Quitzke et Matyas Szandai et un soufflant toujours émouvant Jean Charles Richard, tant il sait nous emporter dans les volutes de son soprano dont il nous fait aimer la sonorité caractéristique, toujours un peu aigre. L’association avec le saxophone, en particulier le soprano est un des éléments les plus convaincants de cette musique, vite incandescente. Une affaire de matières, de textures qui souligne le caractère original de cet instrument, loin des clichés qui lui sont associés. Ithursarry n’a-t-il pas tenté avec succès un autre alliage inusité dans cet Oboréades absolument unique, porté par le hautbois de Jean-Luc Fillon ? Si Didier Ithursarry est un taiseux, ses projets parlent pour lui. Il est l’un des accordéonistes qui comptent aujourd’hui, engagé dans les projets les plus divers, depuis son passage à l’ONJ de Claude Barthélémy, l’Orphicube d’Alban Darche, le Danzas de Jean Marie Machado... Il faut le suivre, les yeux fermés. Comme dans cet album magnifique, construit avec délicatesse et intelligence qui s’ouvre sur tempo vif et se conclut sur un «Sonne» plus introspectif, tout aussi intense. A découvrir vite.

Sophie Chambon

Didier Ithursarry quartet : " Kantuz"
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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 22:07
STÉPHANE PAYEN :  The Workshop

STÉPHANE PAYEN

The Workshop : Stéphane Payen (saxophone alto), Olivier Laisney (trompette), Guillaume Ruelland (guitare basse), Vincent Sauve (batterie)

Villetaneuse, juin 2014

« Conversations with the drum » Onze Heures Onze ONZ 010

« Music by Doug Hammond » Onze Heures Onze ONZ 015

www.onzeheuresonze.com

Deux CD presque coup sur coup pour ce groupe rassemblé par Stéphane Payen : le premier avec ses compositions, avant l'été ; et le second, consacré à la musique du batteur Doug Hammond, qui vient de paraître. Ce groupe est né comme une sorte d'atelier, du désir qu'avait Stéphane Payen de jouer avec Guillaume Ruelland et Vincent Sauve, sans autre but que le plaisir de jouer, sans projet particulier d'esthétique ou de système. Au bout de quelque temps, se sentant un peu seul comme souffleur, il a suivi le conseil de ses partenaires qui lui recommandent le trompettiste Olivier Laisney. Ainsi naît un groupe, qui élabore sa musique à partir des compositions du saxophoniste, enrichies par la pratique, l'interaction, l'émulation. Le rythme, la combinaison infinie de ses figures et de ses accents, y tient une place prépondérante. Groupe de dialogues plus que de solistes, ce Workshop repose sur l'engagement de chacun dans l'action commune, dans l'optique de cette maxime que l'on prête à Max Roach, selon laquelle le jazz serait la seule démocratie réalisée. Cela fonctionne à merveille, et la progression de la musique vers son accomplissement, dans chaque plage, semble confirmer le bien fondé de ce choix, et constituer en soi une esthétique. Une partie du travail du Workshop est issu des conceptions de Doug Hammond, batteur, percussionniste, compositeur et pédagogue afro-américain qui partage désormais son temps entre Detroit et Linz en Autriche. Doug Hammond a influencé les conceptions du mouvement M'Base , et notamment de Steve Coleman (lequel a joué à ses côtés) ; il se trouve donc sur la branche maîtresse de bien des courants du jazz contemporain. Stéphane Payen avait donné en février 2009 pour « Jazz sur le vif » à Radio France un concert en duo avec Doug Hammond, et enregistré ensuite avec lui en duo, et en trio avec le bassiste Reggie Washington (Doug Hammond, « New Beginning », Blue Marge 1012). C'est tout naturellement que le Workshop reprend les compositions de ce musicien, qui sont dans la proximité immédiate des préoccupations et des pratiques du groupe. Dans l'un et l'autre disque le résultat tutoie l'excellence : il y a donc urgence à découvrir ces deux CD !

Xavier Prévost

France Musique diffusera le mercredi 11 novembre 2015 à 20h le concert « Jazz sur le vif » du 9 novembre, où le Workshop a mêlé le répertoire de ces deux disques (en première partie, le duo Airelle Besson – Nelson Veras)

Le Workshop jouera le 12 novembre au Café Colette's à Tours, puis le 26 novembre à Paris au Disquaire, le 27 à l'Ajmi d'Avignon, et le 28 au Moulin à Jazz de Vitrolles. Pour ces trois derniers concerts, Doug Hammond assurera la première partie, en solo.

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