L’âge d’or du Jazz
Coffret de 5 CD. Jazz Magazine-Jazzman- Wagram Music. Réalisation, Lionel Eskenazi
Tout comme la langue d’Esope, la compilation peut être soit la meilleure soit la pire des choses. Dans cette dernière catégorie (que nos lecteurs naturellement fuient) figurent les reprises d’enregistrements-pirate, de qualité sonore déplorable, sans indications discographiques. Le coffret signé par un ex-collaborateur des DNJ, Lionel Eskenazi appartient (on s’en serait douté vus les états de service d’icelui auteur des deux précédents coffrets annuels pour Jazz Magazine ) à la première.
Nous avons ici affaire à une sélection ciblée dans le temps, 1954-1962, intitulée sobrement « L’âge d’or du jazz ». Le choix de la date initiale a été opéré spécialement pour correspondre au lancement de Jazz Magazine par Frank Tenot et Daniel Filipacchi et accompagner les 60 ans du magazine-référence. Pour ceux qui aimaient le jazz à l’époque –parmi lesquels l’auteur de ces lignes- ces 100 titres rappellent une période foisonnante, où le hard bop voisinait avec le third stream et, au tout début des années 60, le free jazz. En cinq heures d’écoute, on retrouve les titres-phare de l’émission-culte quotidienne de Daniel et Frank.
Pour les jeunes générations, le réalisateur justifie son appartenance à l’Académie du Jazz par l’œcuménisme de ses choix. De Benny Goodman à Cecil Taylor, de Charlie Parker au MJQ, de Jimmy Giuffre à John Coltrane, de Nat King Cole à Nina Simone, de Lester Young à Ornette Coleman, d’Oscar Peterson à René Urtreger, d’Erroll Garner à Martial Solal… on pourrait allonger à l’envi l’exercice. Présentés de manière chronologique- ce qui permet de voir que Duke Ellington a gravé en dix jours en septembre 1962 un album en trio avec Max Roach et Charles Mingus – Money Jungle dont est extrait ici Fleurette Africaine, et une rencontre avec John Coltrane, présentée avec In a Sentimental Mood- ces 100 morceaux offrent un panorama aussi varié que surprenant. Et l’écoute en continu permet ainsi de passer pour l’année 59 d’Anita O’Day à Bud Powell, Tina Brooks, Bobby Timmons et Sun Ra. Sacré grand écart !
Evidemment, toute sélection présente ses limites, ne serait-ce que par les contraintes techniques imposées (difficile d’aller au-delà de 70 minutes par album). Pourquoi avoir écarté untel ? On peut deviser à l’infini. Laissons ce débat aux ayatollahs aigris ! Et plongeons dans ce bain de jouvence des années 50-60 sans nostalgie ni regret.
Jean-Louis Lemarchand
Jazz Magazine Jazzman présente : "L'âge D'or Du Jazz"
Il y a 60 ans, le 1er décembre 1954, paraissait dans les kiosques le premier magazine français dédié au jazz : Jazz Magazine. Pour célébrer cet anniversaire, le mensuel propose un coffret de ...
http://www.fipradio.fr/decouvrir/album-jazz/jazz-magazine-jazzman-presente-l-age-d-or-du-jazz-15741











