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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 10:01

" Voronej"

renza-bo1.jpg

 

“In Vivo”

 renza-bo2.jpg

Le Petit Label 2011

Pierre Millet (Trompette), Yann Letort (saxophone ténor), François Chesnel (Piano), Antoine Simoni (Contrebasse) et Franck Enouf (Batterie)

http://www.renza-bo.com/

 

 

 

Il y a parfois des petites surprises qui sont des vraies découvertes. le "Petit Label", label normand un peu confidentiel dont nous parlions à l'occasion de notre chronique de l'album de Gaël Horellou (cf.), ne faillit pas dans son art de dénicher et de nous proposer de vraies pépites. Signe assurément d'une vraie qualité éditoriale.

L'occasion ici d'aller à la découverte d'un formidable quintet jusqu'ici fort peu connu et mené sous la houlette du trompettiste Pierre Millet. Découverte d'un groupe  ( au travers un enregistrement studio et un live réalisé en plusieurs lieux) mais aussi et surtout d'une musique foisonnante, fourmillante d'idées et d'une liberté absolue dans ses choix d'écriture. Avec Renza Bô c'est un univers d'une réelle densité musicale qui s'ouvre sur des espaces à multiples facettes, espaces serrés et condensés ou au contraire très ouverts. Naviguant entre un esprit très mutin ou bien empreint de gravité, ce quintet refuse, avec beaucoup d'intelligence et un réel sens de la direction artistique de se laisser enfermer dans un schéma formaté. Signe d'une liberté revendiquée et assumée sans qu'il ne soit un seul instant rogné sur la qualité musicale du propos. Les pièces se succèdent alors en suscitant chaque fois un vrai effet de surprise pour l'auditeur maintenu toujours en éveil. Sur 4D c'est un espace très lent qui se déroule avec une attention particulière à la résonance du son qui circule entre sax, trompette et piano. Idem sur Amour M où les soufflants dessinent l'aire du jeu avec un sens aiguisé de la mise en scène, de la construction et de l'épure. Il y a dans les espaces dessinés par Pierre Millet quelque chose du modal à la Miles Davis. Mais l'on change d'univers sur Gold Victory par exemple où le cri devient Aylerien. De là à passer à un univers circus d'une rue de la Cité du Croissant, il n'y a qu'un pas.

La poésie de Pierre Millet, formidable trompettiste aux pétillances d'une rare intelligence est toujours à l'affût, terriblement exalté et "soulful". Il y a un peu chez lui un grand bazar dans sa tête et dans l'embouchure de sa trompette qu'il a volé à Dave Douglas, à Don Cherry ou a quelques autres pistons géniaux. Le sax de Yann Letort quant à lui surgit dans des raucités qui font penser à celles d'un Daniel Erdman.

Mais au-delà des seuls soufflants, c'est surtout le vrai son de ce quintet qui émerge comme la vraie révélation de cet album. Un groupe écoutant, réactif et interactif.

 

Ce jazz là, si peu classable (ou alors il faudrait le ranger dans bien trop de cases à la fois) est un jazz de passage, un jazz magnifiquement ouvert entre tradition et modernité. Une offrande en quelque sorte.

Jean-marc Gelin

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 07:17

Le petit Label 2010,

Gaël Horellou (as), Geraud Portal (cb), Philippe Soirat (dm)

http://www.petitlabel.com/

 horellou.jpg

Il  n'y  avait  qu'à  voir le changement sur le visage d'Abraham Burton, le gars qui tient le ténor dans le Mingus Big Band. Lorsque je lui ai dit que je connaissais Gael Horellou, d'un coup l'armoire à glace qui au jazz Standard de New-York partage l'affiche avec un all-stars du jazz de Big Apple, me serre dans ses énormes bras du genre " hey guy, tu fais donc partie de la famille, t'aurais pu le dire avant ".

Il  faut dire que lorsque Jérôme Gransac, notre confrère émérite teneur de plume aux DNJ m'a parlé de Gael Horellou, j'avoue avoir eu un peu honte de n'avoir jamais entendu le moindre son d'alto de la part de celui dont j'avais si souvent vu le  nom.  Et  c'est  le  soir où ce même Jérôme m'emmena dans un petit rade du 20ème où le gars faisait le gig que j'ai pris une sorte de claque énorme en pleine poire. Ca existe donc chez nous aussi, des gars qui jouent comme ça ? avec ce son-là ? il est donc possible que l'esprit et les doigts de Parker et de Coltrane se soient ainsi réincarnés !?

Car  Gael  Horellou  est  juste  un saxophoniste énorme. Maître du lyrisme torrentiel, du phrasé, expert dans l'incroyable placement rythmique tout en puissance et énergie qui déboule là, vague de tsunami qui vous emporterait tel un fétu de paille si vous ne vous accrochiez pas solidement aux bastingages.

Il  faut  dire  qu'il  y a chez Horellou l'esprit bien vivant des jam session, du genre de tout ce qui s'apprend dans les clubs comme dans le célèbre "Crescent" dont il fut l'un des fondateurs. Ou bien alors dans les soirées underground qui maintiennent en vie jusqu'au bout de la nuit dans les vapeurs electro auxquelles Laurent de Wilde ne fut pas insensible.

Il y a des guitares héros et des sax héros. Gael Horellou en fait partie.

Mais  n'allez  pas  avoir  de  lui  cette  vision  de  forcené du saxophone. Car il y a dans le jeu de Gael Horellou cette art de la ré-invention. Lorsque Stefano Di Battista joue Parker c'est avec le phrasé de Parker et le son de Parker. En revanche,  lorsque  Gael  Horellou s'empare  de quelques montagnes comme Segment par exemple c'est pour en faire son truc à lui, au point de nous lancer sur une fausse piste agaçante, de retenir son geste dans une mise en scène totalement jouissive lorsque, après avoir tourné autour il explose littéralement.

Sur Berchida’s song, le thème composé par le saxophoniste, Horelou sur un tempo lent conserve l'énergie intacte, très « soulful », dans une version totalement habitée et toujours avec ce même souci de dompter le son. Et puis il y a  cet art du bebop et cette science du rebondissement. Rebondir sur les harmonies et sur l'espace rythmique qu’il occupe en ses quatres coins. Sur Minor Rueffel, aure thème qu’il a composé, on sent les good vibrations qui se propagent et font rugir de plaisir le public et la scène. Il faut dire que pour jouer avec Horellou il faut une rythmique qui «  assure ». celle-ci est de très haute volée avec un Philippe Soirat au plus priche d’une incandescence maîtrisée mais toujours à l’aise dans l’exacte relance du discours du leader, et Geraud Portal, autre découverte, contrebassiste de luxe, idéal dans ce role de pilier-pivot du jeu dont il délimite l’espace avec une sacrée autorité.

Le swing balance et il est irrésistible. Soirat et Portal s'élèvent haut, chacun porté par l'énergie des deux autres. Gael Horelou sur cette scène de Girona est chaud comme la braise, enchaîne les gammes. Passe du grave à l'aigu avec une totale liberté débridée. Irrésisitible vous dis t-on ! Notre confrère de Citizen Jazz évoquait cette façon de Gael Horellou de se transformer en chercheur de son, c’est exactement de cela qu’il s’agit. Gael Horellou est un saxophoniste « universel » qui joue sa vie sur scène dans une forme d’urgence à être.  Il est de la trempe des Rudresh Mahantappa, des Miguel Zenon et autres saxophonistes « syncrétiques » qui lorsqu’ils jouent expriment l’assimilation parfaite de toute cette histoire du saxophone alto.

A découvrir absolument.

Jean-Marc Gelin

 

 

Il convient ici de rendre hommage au courage obstiné du petit Label qui édite cet album. Label normand et néanmoins alternatif qui a pris le pati d’éditer ses productions en un tout nombre d’exemplaires. (http://www.petitlabel.com/) avec une fabrication artisanale de grande qualité (*)

 

Gael Horellou sera a Sunside en compagnie de Daid Sauzay le 28 fevrier 2011 à Paris. Courez-y ....

 


(* nous vous parlerons très prochainement de leur nouvelle et très interessante production, avec le groupe Renza Bô)

 

 

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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 18:01

cjpgarnival-skin-jpgKugel / Eisenbeil / Robinson / Evans /  Greene - Carnival Skin

Nemu Records – 2006

 

Bruce Eisenbeil: guitar; Klaus Kugel: drums; Perry Robinson: clarinet; Peter Evans: trumpet, piccolo trumpet; Hillard Greene: double bass.

 Site du groupe


A l'initiative du batteur allemand Klaus Kugel et du guitariste Bruce Eisenbeil, le quintet Carnival Skin réunit ici des pointures d'un free-jazz polymorphe. Avec Carnival Skin, Nemu Records regoupe essentiellement des musiciens américains, dont certains pourraient être les grand-pères des autres, et le batteur allemand Klaus Kugel. Avec des horizons musicaux aux écoles différentes mais afférentes à l'improvisation américaine, chacun des membres du quintet Carnival Skin a son histoire propre, une carrière à part entière dans le free jazz: ainsi Perry Robinson a officié auprès d'Henry Grimes, Lou Grassi ou William Parker; le trompettiste Peter Evans a collaboré avec Fred Frith, Moppa Elliot (Mostly Other people do the Killing) ou Evan Parker; le contrebassiste Hilliard Greene avec Leroy Jenkins et Charles Gayle. Quant à Klaus Kugel, il vient du monde du free européen et des musiques improvisées au sens large, il collabore avec de très nombreux musiciens de la scène européennes de l'est et du nord du continent.

Ce quintet gagne ne originalité dans le choix des instruments et leur tessiture. Habituellement omniprésent dans le free, le saxophone laisse avantageusement sa place à la clarinette de Perry Robinson et Peter Evans double sa trompette d'une trompette piccolo, instrument plutôt rare.

Ce quintet est un collectif sans leader et chaque musicien a composé un morceau dans l'album qui en compte six avec une improvisation collective en guise de conclusion. « Journey to Strange » de Perry Robinson, avec la trompette de Peter Evans sur le thème à l'unisson, fait irrésistiblement penser à Dolphy, « Monster », écrit par le trompettiste, a des accents lacy-iens, Ornette et Don font leurs apparitions sur le plaintif et incantatoire « Iono » de Greene, et « Bobosong » de Kugel suit un schéma taylorien... Toutes ces pièces ne sont pas jouées avec une recette à l'ancienne car les saveurs d'un free moderne (Parker, Drake, Mateen...) constituent le langage de Carnival Skin.

La qualité essentiel de cet album réside aussi bien dans le collectif que dans la qualité exceptionnel des musiciens qui semblent tous s'être transcendés pour l'occasion. Le guitariste américain Bruce Eisenbeil adopte un discours et des sonorités qui vont de Bill Frisell à Sonny Sharrock; Peter Evans, dont la trompette est éclatante, puissante et vigoureuse, a le discours frais et créatif, offre des textures sonores stupéfiantes et brille par son placement. Avec Kugel, ces trois « jeunes » musiciens font éclater leur créativité quand ils se combinent avec les vieux de la vieille que sont Robinson et Greene au jeu plus « classique » mais très expérimenté. Pas question de fléchir avec Carnival Skin! Ce n'est pas autorisé à l'auditeur attentif tant la musique se crée au fil du rasoir avec l'intention de casser les règles et les dissonances d'un jazz que l'on veut croire (dé)passé. Une petite pépite que ce quintet!

C'est par Klaus Kugel que ce cd est  arrivé aux DNJ; d'autres cds l’impliquant suivront bientôt. Ce batteur technique et très solide développe un jeu tout en stimuli au bénéfice des musiciens du quintet. Notons que Klaus Kugel est cofondateur du label allemand Nemu records, qui produit ce cd, avec Albrecht Maurer.

 

Jérôme Gransac

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 19:06


VrakTrio.jpg 

Label Manivelle

  Enregistrement les 20 et 21 avril 2010

Un drôle de titre, un nom improbable de groupe Vrak ‘ Trio, voilà l’ association  insolite d’un tuba, d’une flûte et d’une batterie, sans instrument harmonique ! Ce trio  sort de la formule classique, la fameuse triangulaire piano-basse-batterie peinant ces derniers temps à trouver un nouvel élan. C’est donc une découverte, celle d’un trio franco-espagnol de musiciens « régionaux » au sens d’ une « Eurorégion » entre  Catalogne et Languedoc Roussillon , le siège du label Manivelle étant situé à Narbonne (Aude). Le trio a d’ailleurs remporté le concours de jazz de Barcelone en 2007. Cet ensemble parfaitement équilibré joue sur l’équilatéral, du plain-chant au contrechant, et crée une texture sonore riche et très personnelle, la flûte s’adossant au tuba, cette union reposant efficacement sur le doux et incessant rebond de la batterie, subtile. Un travail sur le son qui nous a plu, original et poétique, aux frontières incertaines et souvent repoussées du jazz et de la musique contemporaine. Un climat insolite, onirique, « rage » de l’expression improvisée, complexe, constamment sous tension avec  une fascination du chant et de l’expression libre. La musique ne recherche pas ces vibrantes démonstrations de free, elle joue plutôt d’accords en demi-teinte, intimistes et pourtant rebelles : intemporelle, ne manquant ni de délicatesse ni de force, elle forme la bande-son d’un film imaginaire. Qui sont ces musiciens que nous avons eu plaisir à écouter ? 
ETIENNE LECOMTE à la flûte, responsable du mixage et du mastering,  LAURENT GUITTON au tuba, ORIOL ROCA à la batterie. Ils brossent tout un arrière-pays dans une tonalité sourde (instrumentarium oblige), à l’ émotion souvent contenue : babil, souffle, distorsions, notes tenues  dans un élan continu « Question 3 ». Les titres sont bien un peu bizarres mais il y a longtemps que l’on ne s’interroge plus sur le sens des intitulés et diverses dénominations. Les quinze compositions assez courtes mais nerveuses s’enchaînent en une suite continue, sans brutale transition. On écoute donc l’album dans sa cohérence, d’une traite jusqu’au dernier titre «Hypnotique » : l’enroulement du tuba autour de la flûte à moins que ce ne soit l’inverse, plonge dans une transe qui n’a rien d’oriental. Un festival-récital de modulations de la flûte, instrument  rare en jazz et pourtant si mélodique, que le tuba soutient et exalte. L’apport des cuivres, rond et souple, comme dans ce  « Brass »qui évoque fugitivement Ralph Vaughan Williams,  nous fait replonger au fond des graves et dans des « ailleurs » instrumentaux, au temps des musiques premières.Pour nous, voilà un album qui révèle un groupe des plus prometteurs qu’il faudrait suivre et même proposer …ailleurs qu’en région. Avis aux pros du spectacle !

 

Sophie Chambon

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 01:07

remi_panossian_trio-add_fiction-copie-1.jpg

Plus Loin Music

/harmonia mundi

Site de l'artiste

Rémi Panossian (p), Maxime Delporte(cb), Frédéric Petitprez (dr)

 

 

Sortie 20 JANVIER 2011

 

Nous voilà à nouveau confrontés à un ensemble piano-batterie-contrebasse, formule des plus classiques et sans doute des plus exigeantes : ainsi l’art du trio est remis sur le métier avec conviction, fougue et savoir-faire dans cet album du Rémi Panossion trio.

Un album prend parfois son temps pour séduire, la révélation peut aussi survenir en voyant

les musiciens en scène mais là, en dépit de la concurrence des trios jazz, dès les premières mesures d’Onda’s mood, d’évidence, la musique captive. Cette immédiateté se confirme avec le deuxième titre, Life is a movie, une ballade obsédante, romantique et nerveuse sans virtuosité démonstrative mais une sincérité jusque dans ces phrases simples et répétitives . Add Fiction- c’est aussi le nom de l’album- finit d’emporter l’adhésion : un peu inquiétant, intrigant même par une brutale rupture, un motif qui s’annonce, se cherche bien plus qu’il ne s’installe et une fin rapide, « névrotique », entêtante et chaotique. Ce serait bien notre « tube » du moment, si dans cette musique aimée, cela existait encore…Disons alors qu’il est emblématique d’un jazz teinté fortement de rock, dans un désir évident de mélodie.

Vite happés par la suite énergique des neuf compositions, narration cinématographique rythmée par un piano ardent et énervé, que soutiennent à merveille la contrebasse lyrique- très bien enregistrée- et la batterie toujours précise, cliquetante,qui impulse avec fougue et emportement un groove intense ! Un sens de l’interaction rare en trio sans pianiste leader même si Rémi Panossian a composé beaucoup de morceaux !

Présentons donc ce jeune trio sudiste (sans aucune complaisance de notre part) : un Marseillais, un Niçois et un Montpelliérain, basés à …Toulouse, qui enregistrent leur premier album chez PLUS LOIN, label rennais !

Emballant ! Cette formation plus que prometteuse n’a pas fini de nous faire voyager , même dans la curieuse petite voiture rouge de la pochette aux couleurs

qui claquent …

 

Sophie Chambon

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 19:16

ECM 2011

Trygve SEIM – (ts, Ss), Andreas UTNEM – (p)

Trygve Seim andreas utnem
 

 Le saxophoniste Trygve Seim sort ici son deuxième album en duo en tant que leader et compositeur.

Alors que sur son précédent album il était accompagné par l’accordéoniste Frode Haltli, il enregistre ici en duo avec le pianiste Andreas Utnem avec lequel il collabore depuis plus d’une décennie sur des projets menés par Utnem qui parallèlement au jazz compose de la musique d’église.

Des différents projets menés ensemble, résulte cet album introspectif qui propose 14 morceaux plutôt courts regroupant des musiques religieuses, (Pater Noster, Agnus Dei, Kyrie …) des chansons folks (Solrenning, 312…) et des morceaux improvisés sur des compositions des deux musiciens. On remarquera la reprise de Praeludium, Improvisation, morceaux que l’on trouve déjà sur son album Yeraz.

L’ambiance générale du disque est assez homogène. Les morceaux se succèdent parfaitement donnant comme lignes directrices à cet album la simplicité et l’épure. Les sons respectifs du saxophone et du piano sont purs probablement dû au fait que l’enregistrement a eu lieu dans une église d’Oslo.

Aux compositions de Andreas Utnem, vient se mêler l’improvisation de Trygve Seim qui varie entre le ténor (parfois juste son souffle) et le soprano avec lequel on ne peut s’empêcher de faire le rapprochement avec Jan Gabarek (son inspirateur). Le piano d’Andreas Utnem accompagne très, voire trop discrètement, Trygve Seim.

Les deux musiciens naviguent aisément entre la musique religieuse et la musique folk et ce mélange des genres s’étend vers des sonorités plus orientales comme sur le morceau Postludium, Improvisation qui vient nous surprendre vers la fin du disque.

Et pourtant, même si l’union de ces deux musiciens rend l’ensemble mélodieux, cela devient répétitif et un peu ennuyeux.

Julie-Anna Dallay Schwartzenberg

 

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 19:00

ECM/UNIVERSAL  2011

Roscoe Mitchell (sax, fl), Corey Wilkes (tp, fchn), Craig Taborn (p), Vijay Iyer (p), Jaribu Shahid (cb),Harrison Bankhead (cb, cello),  Tani Tabbal (dm), Vincent Davis (dm)

roscoe-mitchell-far-side

Membre fondateur et saxophoniste de l’Arts Ensemble de Chicago, Roscoe Mitchell s’entoure ici de ses fidèles compagnons de route Jaribu Shahid, Tani Tabbal, Craig Taborn, Corey Wilkes.

Ce disque est l’enregistrement d’un concert donné à Stadtsaal lors du Burghausener Jazzstage en 2007. Les instruments y sont doublés, deux pianos, deux batteries, deux contrebasses, et deux soufflants.

Le premier morceau qui donne son titre à l’album Far Side/Cards/Far Side se compose en trois parties et dure 30 minutes. La première partie est plus proche de la musique contemporaine, avec une rythmique plutôt lente, dans des tonalités graves, des bruissements de trompette et autre souffle continu de saxophone ou de violoncelle : le réveil des instruments. Après 15 minutes de réveil, l’ensemble s’emballe, déferlante de notes pour le piano - on est saisi par la virtuosité de Craig Taborn qui claque du piano avec fluidité et cette rapidité - sur lequel arrive sans prévenir le chorus de Roscoe Mitchell qui fait sonner son saxophone sans aucun temps de pause jusqu’au chorus de trompette, plus aérien, de Corey Wilkes, étoile montante élu « New Star 2007 » par le Musica Jazz d’Italie. Curieuse fin de morceau puisque la troisième partie s’achève en à peine trente secondes.

Suivent ensuite deux morceaux Quintet 2007 A For Eightet Trio Four For Eight qui paraissent appartenir à un répertoire de musique contemporaine laissant plus d’espace au violoncelle, à la contrebasse et la flûte. On sent là toutes les expérimentations de Mitchell et son attachement à la composition dans l’improvisation.

Le disque s’achève sur Ex Lover Five, morceau résolument jazz, avec un chorus de Mitchell à couper le souffle.

On ne peut s’empêcher d’applaudir la puissance et l’aisance des musiciens qui naviguent entre les compositions et les espaces improvisés et pour saisir ces moments, il nous manquerait presque l’image. Ce qui résulte de cet album c’est cette frontière parfois imperceptible entre l’improvisation et la composition, cette frontière entre le jazz et la musique contemporaine.

Enfin, on regrette un peu de ne pas entendre plus Corey Wilkes qui apporte de belles envolées sur des moments parfois plombés par la double rythmique.

 

Julie-Anna Dallay Schwartzenberg

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 21:08

 

Manuel Adnot ( sax, compos), Élie Dalibert (sax), Arthur Narcy (dm)

YOLK 2010

 sidony.jpg

Nouvelle production des studios du label Yolk avec ce nouveau et jeune groupe jusque là relativement inconnu. Dans un format assez classique sax/guitare/contrebasse / batterie, ce trio-là puise son inspiration dans le jazz moderne. Celui là même qui va des récentes productions de Paul Motian à Rosenwinkell, ce qui est, je le conçois et m'en excuse dans le même geste, un peu " tarte à la crème". Mais pour dire le vrai, et c'est finalement ce qui importe, chacun y entendra les références qu'il veut.

On est surtout frappé, dés l'entame, par leur très grande maîtrise dont ils font preuve et  par le très grand soin apporté à la réalisation de cet album, notamment dans sa réalisation artistique. Sur ce coup-là les garçons se sont foulés, chiadant la part compositionnelle autant que les arrangements d'un album qui navigue toujours entre de tendres climats doucereux portés par un saxophone chantant et par la douceur des harmonies distillées par une guitare particulièrement inspirée.  Pas de révolution en marche certes ( ce qui est en soi appréciable tant commencent à nous gaver sérieusement les prétentions à révolutionner le jazz tous les 4 matins) mais une attention  toute simple a faire sonner la musique et à nous emporter dans leur univers. Et là, ça interagit avec force d'écoute entre les 3 musiciens très concentrés sur leur affaire. La rythmique notamment parvient à naviguer entre effacement discret mais efficace et pulse portée à discrète ébullition . C'est que l'on sent malgré tout une pointe de réserve chez ces p'tits gars dont on sent que leur musique pourrait servir de trame à des improvisations plus échevelées dans une version live. Où l'on se dit aussi que l'ouverture un peu tonitruante sur Irrésistibles finlandais avec un Elie Dalibert déchaîné aurait pu se renouveler un peu durant l'album histoire que la mayonnaise ne tombe pas trop tôt ni trop vite. Pareil pour ce titre bien mystérieux Wemistikoshiwqui laisse présager un crescendo débridé qui malheureusement semble ne pas aller au bout de l'idée. On se console l'instant d'après avec les évanescentes bleutés de out of the Queen qui laisse les harmonies planer en suspension. Et de l'album on retiendra un morceau " chouchou" (Rigole ) dont l'espace étiré crée une atmosphère en suspension du temps dans une sorte de long travelling avant que le sax n'entre dans le champ de la camera imaginaire. Et puis il ya enfin ce dernier morceau qui clôture l'album sur près de 15 mn dans un mélange de jazz et de rock alternés, remarquable espace d'improvisation, morceau à tiroirs remarquablement agencé. Ce morceau de clôture ouvre sur une autre histoire, prometteuse.

Le sens esthétique qu'ils développent s'inscrit a la fois dans un élégant raffinement que dans une parfaite maîtrise de l'expression. Un disque mature avec les inconvénients de ses avantages. Une réussite en tout cas qui confirme le choix de Jazz Migration qui s'était arrêté l'an dernier sur ce groupe a qui il fut proposé de jouer au festival de Vienne. L'écoute de ce premier album nous confirme que cela était très largement mérité.

A suivre absolument.

Jean-Marc Gelin

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 00:03


Pierre-Diaz-jours-de-vent.jpgStudio la Buissonne/Harmonia mundi

 

Sortie le 2 Décembre 2010

 

Jours de vent est une perle rare, création de Pierre Diaz et du Trio Zéphyr, coup de foudre musical entre 3 musiciennes et un saxophoniste. Le thème en est la guerre d’Espagne mais on est assez loin des chants révolutionnaires de Giovanni Mirabassi dans son album romantique, paru chez Sketch en 2001, Avanti ou du disque militant des chants de la guerre d’Espagne, du bouillant andalou Ramon LOPEZ.

On pense par ailleurs à Ken Loach et à son vibrant « Land of freedom » et peut-être aussi –à cause du titre- à son terrible « Le vent se lève » sur une autre guerre fratricide, dans la lande irlandaise, en 1920, un film poignant qui demeure en mémoire, faisant frissonner à sa seule évocation !

L’union des cordes du trio féminin formé en 2000 à Montpellier et des vents (saxophones) de Pierre Diaz, l’adjonction de voix et d’extraits sonores, archives de la révolution espagnole, bribes de discours de Franco, forment un ensemble étrange, mystérieux, sensible. Nous sommes à la lisière du classique occidental et des musiques du monde : les rythmes envoûtants des Balkans, autre territoire stratégique, douloureusement convoité, les transes orientales, le flamenco convulsif, le tango lascif d’Amérique du sud complètent et enrichissent ce portrait coloré, sensuel et mélancolique.

On est subjugué dès la première composition, et cette chronique fut écrite, contrairement à la norme, sans regarder l’enchaînement des titres : point besoin de ces béquilles pour suivre d’un trait continu, sans reprendre souffle, la suite offerte par ces musiciens enthousiastes et sincères, engagés sur une voie étroite, celle du cœur. Ils ont le mérite de combiner le général - l’histoire et le politique - au particulier de la musique, abstraite, ouverte à l’imaginaire. Ainsi leur musique sonne et résonne avec l’éclat et la fluidité du chant, la vérité et la vitalité du cri !

Un vent orageux se lève ici mais il n’a plus le goût de cendres, il nous réveillerait plutôt, suscitant quelques phases d’exaltation, puisque les peuples de l’ombre l’accompagnent. Pour vous en convaincre, écoutez Jours de vent, projet singulier, cohérent et réussi !

Ah! N’oublions pas de citer les membres de ce collectif créé en 2007 que l’on a pas fini d’entendre : Jours de vent ce sont Delphine CHOMEL (violon et voix), Marion DIAQUES (alto et voix), Claire MENGUY formé en 2000 à Montpellier (violoncelle), Pierre DIAZ (saxophones et voix)

 

 

SOPHIE CHAMBON

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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 08:57

Yolk 2011

Daniel Casimir (tb alto), Alban Darche (as, bs), Sebastien Boisseau (cb), Mathieu Donarier (ts,cl, clb), Jean-Louis Pommier (tb ténor )

 

 daniel casimir-copie-1

 

Cette nouvelle production de Yolk repose avant  tout sur un gros travail de composition qui fait parfois sonner la petite formation des  comme un orchestre d'harmonie. Ceci tient en grande partie au fait qu'il n'y a pas, à l'exception de la contrebasse de Boisseau, aucune corde ni batterie. C'est donc dans un format original que l'on retrouve les habitués de l'écurie Yolk avec deux saxs, deux trombones et une contrebasse.

Un peu "inclassifiable" l'album construit comme une suite, navigue entre plusieurs climats. Où l'on y entend une musique de chambre dont les racine sont plus axées sur le classique et la musique contemporaine que sur le jazz proprement dit. Le swing y est d'ailleurs réduit à la portion congrue étant pour le coup purement anecdotique et l'absence de batterie contribue à le desancrer du jazz. Entre unissons, frottement des harmonies, discussions et échanges contrapuntiques et passages de témoins, entre hyper-écriture et libre improvisation, Daniel Casimir fait preuve d'une très grande exigence musicale. Sa musique relève de dédales, de fenêtres ouvertes qui se comprennent souvent au second degré et qui recèlent derrière l'apparence d'une musique sérieuse, à la limite de l'austère, une légère pointe d'humour décalé (il suffit de jeter un œil aux liners en forme de roman-photo hyper kitsh). Mais l'exigence du jeu est là et c'est un vrai travail de musicien conçu pour un public de musicien. Émergent alors des moments et des sons. Où l'on notera l'apport énorme de Sebastien Boisseau pilier indispensable de l'ensemble, ancrant le son dans une forme de profondeur.

Et, bien sûr il y a Daniel Casimir que l'on aime si souvent suivre dans ses autres périples et qui marque les esprits par l'intelligence de son écriture. Dans cette écriture le tromboniste sait donner corps à un ensemble orchestral à partir d'un rien. Il peut s'agir d'un rift, d'un motif entrepris par le baryton de Donarier ou le tenir de Darche ou d'une pulse imprimée par le growl de Pommier, tout est prétexte à donner consistance à la masse orchestrale.

Un regret toutefois : on aurait cependant aimé l'entendre dans un registre plus exposé, plus égocentrique tant on apprécie toujours ses qualités de soliste qui, en l'occurrence se diluent quelque peu dans le collectif.

Jean-marc Gelin 

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