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4 janvier 2026 7 04 /01 /janvier /2026 16:26

CHRISTOPHE MONNIOT «Hypersensitivity»

Christophe Monniot (saxophones sopranino, alto & baryton), Sophia Domancich (piano), Felipe Cabrera (contrebasse), Denis Charolles (batterie)

invités :

Sonia Monniot (sifflage) , Xavier Desandre Navarre (percussions), Sofia Tobar Quintero (voix), Adriano DD Tenorio (percussions), Médéric Collignon (voix)

Les Lilas, 2022-2024 & avril-mai 2025

le triton TRI-25583 : distribution physique Le Triton

https://christophemonniot-letriton.bandcamp.com/album/hypersensitivity

distribution numérique : Believe / l’autre distribution


 

Enregistrée en public en 2022-2024, la musique a été augmentée de prises complémentaires en 2025. Et la dernière plage se joue aussi au baryton, sur un paysage sonore de la forêt tropicale capté par Sylvie Gasteau au Pérou. Convié par Denis Charolles à une carte blanche pour les 25 ans des ‘Musiques à Ouïr’, Christophe Monniot s’est plongé avec délices dans ce qu’il désigne comme ‘la magie du quartette acoustique’. L’hypersensibilité et la réactivité de ses partenaires dans l’interactivité de l’improvisation (cet interplay que l’on peut ici nommer jouage) est le fil conducteur de cette musique, où les compositions originales croisent des réminiscences, très allusives, à de standards du jazz. Les compositions s’épanouissent sur des intervalles très larges et très libres, et les improvisations s’échappent tout aussi librement. On croise une bribe de So What de Miles Davis, et la vigueur entêtante de ses deux accords ; déjà la liberté s’en mêle pour un exode vers l’ailleurs. Au fil des plages les membres du groupe sont très inspirés, et les invités se glissent pertinemment dans cette entreprise très singulière. En somme, d’un bout à l’autre, un très beau moment de musique !

Xavier Prévost

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un avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=0R-FfD3gyNM

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21 décembre 2025 7 21 /12 /décembre /2025 17:19

Amaury Faye (piano), Herlin Riley (batterie), Julian Lee (saxophone ténor), Amina Scott (contrebasse)

La Nouvellle Orléans, mars 2025

Hypnote Records HR 42

 

Le pianiste toulousain de Bruxelles a quitté provisoirement l’Outre-Quiévrain pour s’en aller quérir, dans le Sud des États-Unis, la magie du groove de La Nouvelle Orléans. NOLA, c’est le petit nom de New Orleans LouisianA. Épaulé à la batterie par Herlin Riley, l’un des dépositaires contemporains d’un idiome qui fait référence dans le monde entier, et en compagnie de la jeune génération néo-orléanaise, le pianiste se fait le plaisir d’un retour aux sources qui n’oublie pas les développements ultérieurs du jazz. La musique danse, vibre, et remue les pieds qui nous trottent dans la tête. C’est vivant, brillant, avec aussi quelques respirations mélancoliques. Et le solo de piano de l’ultime plage résonne comme une passerelle entre les musiques d’Europe et celles du Sud états-unien. Un jazz d’aujourd’hui nourri de l’hier et de ses pépites : on se précipite sur ce très beau disque !

Xavier Prévost

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Un avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=Y3lykJMZWnU 

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7 décembre 2025 7 07 /12 /décembre /2025 16:45

Jean Bardy (contrebasse), Éric Löhrer (guitare), Emil Spanyi (piano), Guillaume Naud (orgue & piano), Andrea Michelutti (batterie)

invité : Marc Berthoumieux (accordéon)

Meudon, 17 mai 2025

Parallel Records- Absilone / Socadisc

https://jeanbardy-parallel.bandcamp.com/album/au-caf-des-anges


 

Nouvel album d’un contrebassiste qui a peu enregistré en leader mais a participé à une foule de groupes et de disques (voir sur son site https://jeanbardy.fr/francais/ ).

Ce disque lui ressemble : goût de la mélodie mélancolique, qui s’exprime dans ses compositions (la majorité du programme), mais aussi par exemple dans Le Bar du Jeudi, thème par signé son ami regretté, le pianiste Henri Florens (1952-2025), mort deux mois avant l’enregistrement du disque et amateur, comme le contrebassiste, de contrepèterie. Goût profond aussi de la belle facture instrumentale, avec des partenaires de haut vol, et de l’espace chacun peut s’exprimer. Les deux autres extras sont un thème brésilien qu’aimait jouer Chet Baker (avec qui a joué Jean Bardy), et aussi une chanson de Steve Goodman. L’ensemble est un terrain de jeu idéal pour ce groupe totalement en phase avec la musique proposée. Grand plaisir d’écoute, à retrouver aussi sur scène, quand l‘occasion se présente.

Xavier Prévost

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Le groupe jouera le 12 décembre à Paris au Sunside

https://www.sunset-sunside.com/concert/jean-bardy-quintet/

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Des avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=asd8LFEgAhQ

https://www.youtube.com/watch?v=mdvfEALG8jI

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20 novembre 2025 4 20 /11 /novembre /2025 11:56

 

Russ Lossing (piano), Mark Helias (contrebasse), Eric McPherson (batterie)

South Orange (New Jersey), 3 avril 2024

Songs 003CD / l’autre distribution

C’est la deuxième rencontre phonographique entre ces trois musiciens (après ‘Mood Suite’, Steeple Chase, publié en 2020) . Le pianiste propose une sorte de manifeste de la liberté interactive, où sa proposition pianistique entraîne une sorte de réaction en chaîne dont surgit, pas à pas, et de plus en plus lisible, une forme. C’est notamment très flagrant dès la première plage, Incommunicado . C’est un perpétuel jouage, si l’on peut proposer, comme le font bien des artistes de jazz francophones, cet équivalent à l’interprlay . La qualité et la créativité de la musique reposent à la fois sur les ressources musicales et instrumentales de chacun des protagonistes (et ici l’on est au plus haut niveau) et sur l’adhésion à un principe d’aventure commune où l’on s’engage sans réserve. Il en résulte une prestation de très haut vol, où les surprises fusent, et nous paraissent pourtant obéir à une parfaite logique : Conception ? Réactivité ? Réflexe ou imagination en perpétuel éveil ? En tout cas le résultat est un pur régal des sens et de l’esprit. Grand disque de trio, libre et conduit vers une exigence de beauté singulière : exigence assumée, et même sublimée. Bravo !

Xavier Prévost

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Un avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=ddS0YKwjpFQ

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13 novembre 2025 4 13 /11 /novembre /2025 11:09

Stéphane Kerecki (contrebasse), avec Enzo Carniel (piano), Federico Casagrande(guitare), Fabrice Moreau (batterie), Thomas Savy (clarinette basse). Invités : Arielle Besson (trompette) et Emile Parisien (saxophone soprano).


Enregistrement Studio Woodoo Child, décembre 2024.
Self Two Music/Hello Outhere Distribution.
À paraitre le 14 novembre.
Concert prévu le 15 janvier 2026 au BAL BLOMET (75015).


     Un rappel historique s’impose. En 1969, le contrebassiste Charlie Haden (1937-2014) enregistre son premier disque en tant que leader : Liberation Music Orchestra.  Suivront avec ce groupe vite devenu mythique, des albums (en 1982, 1985, 1990, 1999, 2005) réalisés avec des effectifs différents mais toujours dans le même esprit : proposer des chants militants inspirés des grands combats pour la liberté sur la planète (la guerre civile espagnole, le Vietnam, le Chili, Cuba, le mouvement des droits civiques aux Etats-Unis).


     Haden, relèvent Philippe Carles et Jean-Louis Comolli (Free Jazz-Black Power. Editions Champ Libre) « est par là l’un des seuls musiciens blancs de free jazz soucieux de donner une signification politique directe à sa musique, subversion et réécriture critique des codes musicaux jazzistiques et occidentaux ». Dans cette démarche, Charlie Haden bénéficiait des arrangements de Carla Bley faisant coexister improvisation et écriture, mouvements d’ensemble et solos avec un regard vers les fanfares populaires.

 

     Un bon demi-siècle après, Stéphane Kerecki juge opportun de célébrer l’œuvre de son confrère contrebassiste. La petite formation constituée à son initiative nous offre une ode à la liberté d’une grande beauté, incitant à la résistance vis-à-vis de tous les extrémismes. Porté par un contrebassiste au sommet de son art, le groupe passe en revue quelques-uns de ces thèmes engagés signés Charlie Haden (‘Song for Che’, ‘Spiritual’, ‘La Pasionaria, ‘Sandino’, ‘Silence’) ou encore Ornette Coleman (‘War Orphans’, composition écrite lors de la guerre du Vietnam). On y retrouve également l’hymne des militants étatsuniens pour les droits civiques (‘We shall Overcome’) donné en introduction (en version courte) et en conclusion (près de six minutes). Une heure de musique engagée, libre, méditative qui fait de « Liberation Songs » un des albums majeurs de cette année 2025.

 

Jean-Louis Lemarchand.

 

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7 novembre 2025 5 07 /11 /novembre /2025 09:32

Jérémie Ternoy (piano, compositions), Nicolas Mahieux (contrebasse), Charles Duytschaever (batterie)

Ronchin (Nord), mai 2025

Circum-Disc microcidi 048

https://www.circum-disc.com/jeremie-ternoy-trio-survol-a-basse-altitude/

 

Trois musiciens du Nord de la France qui jouent ensemble depuis une vingtaine d’années, et qui ont construit, pour leur troisième disque et autour des compositions du pianiste, un univers commun, dans une relation équilatérale qui nous rappelle opportunément que le jazz est ce jeu collectif où le but n’est pas à marquer mais à atteindre, ensemble, et pourtant sans abdication des individualités. Le titre dit assez la liberté qui tend à prévaloir dans ce vol libre. Sur un ostinato entêtant, sur une boucle portée par la basse, sur un accord obstiné introduit par le piano et la basse, sur une cavalcade de notes ou sur une mélodie, le trio chaque fois prend son envol vers cet ailleurs qui nous tend la main autant qu’’il se dérobe. Pas de pyrotechnie instrumentale ou d’effets séducteurs : de la musique vraie, intègre, à hauteur d’humain, et qui se laisse doucement emporter par le lyrisme et l’expressivité. Le tout porté par une belle prise de son qui nous rappelle que, dans la musique enregistrée, la maîtrise des outils est l’auxiliaire incontournable de l’art. Et tout cet Artisanat d’Art fait œuvre. Œuvre d’Art naturellement.

Xavier Prévost

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Le trio est en concert le vendredi 7 novembre 2025 au Vivat d’Armentières

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4 novembre 2025 2 04 /11 /novembre /2025 13:51

 

Delphine Deau (piano), Julien Soro (saxophones alto & soprano)

Saint Uniac (Ile & Vilaine), 26-27 novembre 2024

Pégazz & L’Hélicon / Inouïe Distribution

 

Un duo singulier (même si le fait de jouer à deux implique un pluriel….). Blague à part, c’est une complicité particulière qui semble avoir présidé à la genèse de ce duo. La pianiste, voici plus de 15 ans, a participé à un stage animé par le saxophoniste. Son cursus classique l’a conduite à naviguer du baroque au contemporain, tandis que son talent de jazzwoman s’épanouissait, notamment dans le quartette Nefertiti. Et son parcours trouve sa logique interne dans ce duo fondé sur l’ancienne relation, à la fois didactique et amicale.

La pianiste joue les cartes de multiples registres : celui du souvenir d’Olivier Messsiaen dans The Other Side of M ; celui des Caraïbes, avec une pulsation presque stravinskienne dans Mambo Jambo ; et des couleurs mystérieuses, comme suspendues, dans Svetlo , bientôt rejointes par le sax, lui aussi en suspens. La pianiste nous offre aussi des lignes sinueuses dans Bad Dwarf .

Dans la première plage, le saxophone respire l’expressivité, comme une voix humaine. Ailleurs il hante les cordes du piano, qu’il fait chanter doucement en projetant vers elles le souffle de son instrument. Et dans Wood Pigeons , ils visitent ensemble les terres du jazz, dans la pulsation de l’idiome, avec une liberté qui révèle, une fois de plus, une sorte de connivence secrète qui fait de ce disque un très beau moment de musique.

Xavier Prévost

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Un avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=B97QYljj6nE

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Le duo sera en concert le 6 novembre à Paris, au Sunside

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1 novembre 2025 6 01 /11 /novembre /2025 14:08

 

Mark Turner (saxophone ténor, voix), Jason Palmer (trompette), David Virelles (piano, orgue, synthétiseur), Matt Brewer (contrebasse & guitare basse), Nasheet Waits (batterie)
Giant Step Arts GSA 17

https://markturnerjazz.bandcamp.com/album/reflections-on-the-autobiography-of-an-ex-colored-man

 

Autour du texte publié en 1912 par James Weldon Johnson, écrivain, diplomate et militant des droits civiques, Mark Turner compose une œuvre musicale qui est à la fois un manifeste de la musique afro-américaine à son meilleur, et une évocation du statut des noirs dans la société états-unienne, au travers de la fiction imaginée par le poète, d’un être bi-racial qui franchit la limite qui le conduit (fût-ce symboliquement) au même statut que les blancs. Et la musique franchit ce mur de verre : cela se révèle dans l’importance de la musique afro-américaine que l’on peut définir, même sommairement, comme une culture ‘universelle’, qui touche beaucoup de personnes issues d’autres univers culturels. Il suffit d’écouter cette suite, sa densité musicale, artistique, et la charge émotionnelle que produit son expressivité, pour se convaincre que Mark Turner touche au but. La cible peut-être restreinte (les mélomanes jazzophiles de tous les pays), elle n’en conserve pas moins sa force, son intensité. Ce qui n’est pas rien au moment où le pouvoir en place aux USA tend à mépriser, voire à nier et combattre, purement et simplement, une partie de sa population. Oui le jazz (surtout à ce niveau d’excellence) demeure un sport de combat !

Xavier Prévost

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Ce groupe sera en concert le lundi 10 novembre à Paris au Sunside (19h30 & 21h30)

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31 octobre 2025 5 31 /10 /octobre /2025 09:15
Tom Bourgeois Quartet              LILI

Tom Bourgeois Quartet Lili

 

 

Label Igloo/L’Autre Distribution

 

Tom Bourgeois

 

Hymne au soleil (avec Veronika Harcsa, Vincent Courtois, Théo Lanau et Lennart Heyndels) - YouTube Music

 

 

Une chronique enthousiaste après la découverte du Lili du saxophoniste Tom Bourgeois, authentiquement « inspiré » par cette compositrice « classique » de l’époque de Ravel et Debussy, disparue il y a plus d’un siècle . Une musique révélée miraculeusement si on appelle ainsi le hasard ou la chance, en résonance avec la personnalité singulière du découvreur. Il avoue s’être senti lié à quelqu’un dont il ignorait l’existence, dont il ignorait la musique.

On se souvient de l’hymne au soleil (2003) des frères Belmondo dédié à la petite sœur de Nadia Boulanger, Lili, née en 1893 et disparue trop jeune à vingt quatre ans. Cette compositrice française surdouée obtint le prix de Rome de composition musicale en 1913, eut pour mentor Gabriel Fauré qui reconnut très vite son talent.

Lili est assurément un hommage du saxophoniste et clarinettiste franco-belge mais bien plus que cela. C’est un travail en miroir qui demandait audace, imagination et une certaine faculté d’adaptation, mieux de « connection » pour réunir deux univers a priori différents. Travaillant sur les titres originaux d’après les partition (choeurs, prières et autres pièces sacrées), Tom Bourgeois a organisé de petites sessions pour voir ce que rendaient ses arrangements de ces thèmes et variations. Et il a su créer pour la circonstance un quartet de rêve composé de compatriotes (Alex Koo au piano, Lennart Heyndels à la contrebasse, Théo Lanau à la batterie ) pour mener à bien sa tâche, augmenté de deux invités de marque. La chanteuse hongroise Veronika Harsca qu’il connaît bien puisqu’elle vit entre Belgique et Londres, a réécrit à sa façon spontanée les textes de deux « chansons » que le violoncelliste Vincent Courtois ( découvert sur l’album West ) pare des plus beaux atours, s’en donnant à coeur joie sur « Apostrophe » et sur le fameux «Hymne au soleil».

Où se situe t-on en écoutant d’une traite et plutôt religieusement ces quatorze pièces ? A la confluence du classique, d’un jazz assurément chambré et secoué avec vigueur, exalté avec le contemporain dans les arrangements et expérimentations vocales qui défrisent quelque peu. La chanteuse attaque très fort sur « l’Hymne à l’amour », nous surprend plus agréablement dans les «Thème d’amour en canon » et nous charme sur un « Cortège » délicat. Du chant qui sait être lyrique mais que détournent la pratique du jazz et du contemporain, voire de la pop dans sa plus belle tradition.

On passe par des montagnes russes émotionnelles, le climat est plus heurté sur les « thèmes et variations », grave et hypnotique sur "Attente" . Vincent Courtois, à l’aise dans ce répertoire donne toute sa mesure dans « Pie Jesu » pièce poignante dictée sur son lit de mort à sa sœur Nadia. Celle-ci à la longévité presque choquante en comparaison-elle mourut en 1979 à 92 ans, demeure très connue pour avoir donné des cours de composition à tout ce qui compta dans la musique du XXème de Gershwin, Copland, Schifrin, Piazzola à Quincy Jones, Philip Glass et tant d'autres.

Démêler la part entre la partition très écrite et les passages d'improvisation  dévolus à chaque musicien n’est vraiment pas important. On l’aura compris, le travail de Tom Bourgeois est loin d’être fidèle comme celui des Belmondo en grand orchestre. Une démarche différente singulière et réussie au-delà de toute espérance dans un travail de ce genre. D’ailleurs la plus grande qualité que l’on peut reconnaître à cet album est de donner une furieuse envie de revenir à Lili Boulanger et de plonger dans ses musiques. Et cela est bien.

 

Sophie Chambon

 

 

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30 octobre 2025 4 30 /10 /octobre /2025 11:46

Ramona Horvath (piano), Nicolas Rageau (contrebasse), Antoine Paganotti (batterie), André Villeger (saxophone ténor).

Fresh Sound Records – Swing Alley SA 053 / Socadisc .
Paru le 24 octobre.
Concert prévu le 29 janvier 2026 au BAL BLOMET (75015).


     En choisissant cette composition de Billy Strayhorn pour titre de son dernier album et en la dotant d’un arrangement personnel, Ramona Horvath y revendique son héritage ellingtonien. Telle est son originalité : revisiter le patrimoine du jazz sans renoncer pour autant à ces classiques d’aujourd’hui de la musique populaire américaine, signés ici Michael Jackson (‘’Heal the world’’) ou Stevie Wonder (‘’You are the sunshine of my life’’).

     Sous ses doigts, on retrouve un sens du swing bien trempé allié à une expression romantique d’Europe centrale, façonnée lors de sa période formative au Conservatoire de Bucarest. Elle ne manque d’ailleurs pas de saluer au passage la mémoire de son maître Jancy Francis KOROSSY par une œuvre de son cru, ‘’JFK’’.
 


     Absinthe met en valeur l’homogénéité d’une formation composée de fidèles (Nicolas Rageau, Antoine Paganotti, André Villéger) ... Des complices, comme ces invités qui savent tout de suite chez vous où ranger les couverts !


     La « pétillante » (dixit Le Canard Enchaîné) Ramona Horvath nous livre ici son album le plus épanoui.

     Dans ses notes de livret, Jean-Marc Gélin -que l’on ne fera pas l’injure de présenter à nos lecteurs- relève : « Comme l’absinthe, Ramona Horvath se transforme en fée verte pour nous enivrer légèrement à sentir des parfums précieux » ... On ne saurait mieux dire.

 

Jean-Louis Lemarchand.

 

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