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17 octobre 2025 5 17 /10 /octobre /2025 07:48
Painless  Airwaves    Trio CBD

Painless Airwaves               Trio CBD

 

 

Music - SWP Records

Painless Airwaves (SWP073) - SWP Records

▶︎ Painless Airwaves | Trio CBD | Michael Baird

 

Rémi Charmasson, Philippe Deschepper guitares, Michael Baird drums, percussion.

 

« Les ondes indolores » de l’éphémère trio CBD vont vous faire voyager loin et remonter le temps. Bienvenue à bord de leur appareil dont le commandant de bord précise qu’évidemment c’est le voyage qui compte plus que la destination.

Un trio dont l’histoire est courte même si les deux guitaristes Rémi Charmasson et Philippe Deschepper se connaissaient depuis longtemps. Quant au batteur Michael Baird, Anglais né en Zambie, qui a vécu longtemps aux Pays Bas avant de s’installer dans le sud de la France, sa rencontre avec Rémy l’Avignonnais, le local hero dit-il ,  remonte à près de quarante ans dans le quintet d’André Jaume/ Rémi Charmasson. Hélas, quatre semaines et trois jours après l’enregistrement au studio de la Buissonne de Gérard de Haro, le 2 mai dernier précisément, disparaissait Rémi Charmasson.

Ainsi le trio CBD (Charmasson, Baird, Deschepper) né en février 2025 sous l’impulsion du batteur Michael Baird qui gère son propre label SWP ne se produira jamais en public. Mais leur musique demeure par la grâce de cet enregistrement impeccable ( live sans casque, overdubs, fade outs ) qui fait ressortir les nuances des guitares et de la batterie dans un bien beau parcours peu balisé. Ce qui suppose l’engagement d’une écoute attentive et complice, l’aventure collective dans sept compositions méditatives ou plus ludiques teintées de recherche sur les couleurs mélodiques et harmoniques. Sept titres qui prennent le temps de se déplier, de déployer leur textures fines traversées de lumière douce, ouatée qu’une batterie insistante souligne.  Des compositions qui traversent les frontières des genres sans que les musiciens aient besoin de pousser leurs instruments dans des retranchements inédits. Leurs références se fondent-on finit très vite par ne plus se polariser sur qui joue quoi, d’autant qu’ils pratiquent l’alternance des rôles. Avec des styles différents, ils relancent une expression libre et savoureuse que soulignent les envolées d’ improvisation continue, sous tension : aucun des deux ne s’imagine guitar hero, mais ils jouent à des variations de leurs guitares caressées, célébrées et jamais torturées dans des délires électrifiés que tous deux connaissent pourtant. Ils brossent un arrière pays dans une tonalité plus sourde, frémissante, sans distorsions, avec des échappées free, oniriques, incorporant rock, musique psychédélique sans délaisser la liberté du jazz. Quant au batteur, nourri à cette culture africaine (couleurs et polyphonies) dans laquelle il a baigné, sa relation au rythme est naturelle, organique, jamais  démonstrative. Un trio de personnalités fortes mues comme un seul homme qui nous emporte de climats percussifs (« Tree-ohhh ») en moments hypnotiques, de rêve éveillé jusqu’au final très court, étrange, tout en frottements et grattements où le rythme s’amenuise sensiblement « Distant Namalwa » comme des distant drums.

Cet album spontané et fraternel qui exalte le plaisir de la rencontre dans le jeu collectif, on s’ y abreuve à la fraîcheur d’une musique inspirante d’une grande fluidité. Et avec un humour tout british, Michael Baird me donne la conclusion :

This music is a mix of the hippie era as well as the free-jazz era, times which the musicians remember well, but it is not a pathetic trip by three old men down memory lane - this is contemporary music, fluid, and without any respiratory problems!

 

Sophie Chambon

 

NB  : Un concert est prévu à l'AJMI le mercredi 7 janvier en hommage à Rémi Charmasson. 

 

Rémi CHARMASSON quintet : "The Wind cries Jimi" - les dernières nouvelles du jazz

REMI CHARMASSON/ALAIN SOLER “Mr. A.J.” - les dernières nouvelles du jazz

 

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16 octobre 2025 4 16 /10 /octobre /2025 13:18

Studio SEXTAN, Malakoff (92240), mars 2025, avec :
Leïla Olivesi (piano, composition, direction), Baptiste Herbin (saxophone alto), Jean-Charles Richard (saxophones baryton et soprano), Adrien Sanchez (saxophones ténor et alto), Olga Amelchenko (saxophone alto), Quentin Ghomari (trompette et bugle), Manu Codjia (guitare), Yoni Zelnik (contrebasse), Donald Kontomanou (batterie), Camille Bertault (voix), Poetic Birds (ensemble vocal).

 

Attention Fragile/L’autre distribution.
À paraître le 17 octobre.
Concert prévu le 23 octobre au BAL BLOMET (75015). au titre des Concerts du Jeudi Jazz Magazine.

 


     Les talents de Leïla Olivesi n’ont pas échappé à l’Académie du Jazz qui lui a décerné en 2022 sa récompense suprême, le Prix Django REINHARDT, destiné à l’artiste de l’année. Une pianiste qui a pris sa place parmi les compositrices de l’histoire du jazz, aux côtés de Mary Lou Williams ou encore Carla Bley. Son modèle demeure Duke Ellington qui « écrivait ses partitions spécialement pour ses musiciens qu’il connaissait parfaitement », une démarche qu’elle a adoptée (Jazz Magazine Octobre 2025). Un hommage lui est rendu dans son dernier album « African Rhapsody » avec l’une de ses œuvres les plus délicates, « Little African Flower ».


     Pour le reste de ce disque, c’est bien Leïla Olivesi qui tient la plume et insuffle son esprit créateur à une formation d’artistes fidèles auxquels se sont joints les voix de Camille Bertault (qui n’est plus à présenter) et d’un groupe de douze interprètes, les Poetic Birds.


      Nous sommes conviés à un périple planétaire, de l’Afrique à la Corse (un rappel de ses racines familiales en Mauritanie, Algérie, Maroc, Corse) à New-York,  en passant par une évocation de Wayne Shorter et un hommage à sa mère, poétesse.
   Pertinence des solistes, richesse des ensembles, nous voici face à une œuvre marquante, pleine de lyrisme et de swing. Un vrai régal.

 

Jean-Louis Lemarchand.

 

PS : Leïla Olivesi a choisi de ne diffuser qu’une partie de chacun de ses albums sur les plateformes numériques : 5/11 titres de la Suite Andamane, 5/12 titres d’Astral, 5/11 pour African Rhapsody.  Ainsi, souligne-t-elle dans un éditorial de la revue Grands Formats (www.grandsformats.com) « les auditeurs réellement intéressés ou curieux de cette musique trouvent intérêt à télécharger l’album numérique complet sur le site de l’artiste ou acheter le disque. Et pour ceux qui ne font que passer, 5 titres sont largement suffisants pour goûter à un univers musical. »

 

 

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8 octobre 2025 3 08 /10 /octobre /2025 11:55
WAKAN       BEING DANTES

WAKAN       BEING DANTES

Francesca Han : piano
Fred Pasqua : batterie
Pierre Fenichel : contrebasse

 

HANJI/Inouïe Distribution

Sortie le 3 octobre (concert le 2 octobre à 19h30 au Sunside).

Francesca Han

 

Spinning Top (excerpt) from WAKAN 'Being Dantès'

 

Inspiré du livre culte d’Alexandre Dumas le Comte de Monte Cristo, cet album nous immerge dans une expérience musicale en miroir du parcours initiatique du malheureux Edmond Dantès. Dans ses liner notes toujours explicites, Vincent Bessières souligne à quel point les mots et les références orientent nos oreilles...quand la musique se fait récit. Aurions-nous pensé autrement à cette mise en musique particulière d’après un livre romanesque s’il en est ? Mais il n’est pas question pour autant de surligner l’intrigue comme dans certaines musiques de film...plutôt maladroites. C’est une autre adaptation qui développe l’imagination mélodique. La musique du trio sudiste composé de Francesca Han (piano), Pierre Fenichel (contrebasse) et de Fred Pasqua (batterie) suit volontiers la dramaturgie de la première partie de ce roman fleuve dans une tension continue sans tomber pour autant dans une emphase mélodramatique. Enfermé au Château d’If à Marseille, Edmond Dantès après quatorze années à l’isolement s’évade de façon rocambolesque pour revenir métamorphosé, sous une autre identité, sous le masque du Comte de Monte-Cristo.

Le trio invite à suivre un cheminement mystérieux tout au long des compositions, onze au total, co-écrites à deux essentiellement, six par le contrebassiste, quatre par la pianiste et une seule par le batteur. Ce programme original se déploie autour d’un concept élaboré en plusieurs temps de résidence, au Moulin à Jazz de Vitrolles notamment. Convergence avec le nom du groupe Wakan ? On pourrait penser à un mot coréen en référence à la pianiste mais ce serait une fausse piste : dans certaines cultures amérindiennes (les Achuars d’Amazonie), Wakan est une force spirituelle commune aux humains, aux plantes et aux objets à la fois leur âme et leur énergie.

Quant au titre Being Dantès à la forme progressive, s’il explore l’un des moments décisifs de l’histoire, il se concentre sur la transformation du personnage, la remontée de l’ombre vers la lumière. On se laisse dériver au fil de la mélodie ( y aurait -il quelque chose à voir avec Création et Rédemption le dernier roman de Dumas?)

C’est la phase statique d’enfermement qui est revitalisée en somme par la musique du trio influencé par la triste et étrange période de la covid, métaphore d’un enfermement involontaire. Un scénario habile qui se développe en plusieurs tableaux fluides, d’une structure complexe pourtant. Après l’ onirisme inquiétant du morceau inaugural « l’Aile d’un rêve », trois compositions d’une grande vivacité rythmique de la pianiste percussive dont ce « Marée », significatif d’ intensité dramatique. Suivent avec une douce transition « Dantès 1 » et « Dantès 2 » moins fiévreux et impulsifs (solos du contrebassiste entre mélancolie et élan). Une musique de nuances, poétique et lumineuse mais d'une luminosité encore ténue jusqu’à ce que l’horizon s’éclaire. Les énergies libérées se déploient alors dans une musique généreusement expansionniste qui donne à chacun espace et liberté. La rythmique forme un tandem des plus complices ( tous deux se connaissent fort bien, ils ont souvent joué ensemble dans divers groupes y compris les leurs) le drive rebondissant, toujours soutenu dans des figures diverses de Fred Pasqua sait ajouter des couleurs à l’assise indiscutablement solide et pourtant flottante de Pierre Fenichel. Pianiste à la sensibilité rare, Francesca Han fait entendre sa voix de plus en plus affirmée. Son toucher tout en finesse n’est pas dépourvu d’un lyrisme à la douce violence surgie parfois de ses solos, remontant du plus profond. Mais elle sait aussi s’accorder à la volonté commune du trio d'adopter un tempo souple, avec des passages accrocheurs, à suspense, sur la durée de l’album que l’on écoute à la manière d'une suite, d’une traite.

L’entente parfaitement équilatérale, en un sens égalitaire car complémentaire sert ce projet commun, aventure collective d’un trio convaincant à qui l’on souhaite un bel avenir.

 

Sophie Chambon

WAKAN       BEING DANTES
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8 octobre 2025 3 08 /10 /octobre /2025 09:13

 

Matthieu Donarier (saxophone soprano, compositions), Sophia Domancich (piano), Stéphane Kerecki (contrebasse), Simon Goubert (batterie)

Malakoff, 11-12 octobre 2021

Yolk Records J2101 / l’autre distribution / Believe


 

Un hommage à Steve Lacy, avec des compositions originales de Matthieu Donarier, lequel décrit ainsi la genèse de ce répertoire : «C'est sous l'imperturbable ciel bleu d'un premier confinement que j'ai fini d'écrire le répertoire de COASTLINE, conçu comme un hommage à Steve Lacy – artiste majeur dont la musique et la pensée m’accompagnent depuis mes débuts».

L’intitulé de l’album est aussi le titre d’une composition de Lacy de la fin des années 70 et du début des années 80 (albums ‘Clinkers’, ‘Ballets’) que le groupe joue en concert. Mais les thèmes de Matthieu Donarier respirent l’air de liberté qui prévalait chez Lacy : intervalles distendus et périlleux qui sont comme un défi aux langages formatés. Les phrases jaillissent d‘un monde mystérieux où les convenances mélodiques sont récusées avec élégance. Et les partenaires (Sophia Domancich, Stéphane Kerecki & Simon Goubert) évoluent dans cet univers où le jazz est de mise, mais débarrassé de ses tics de langage et de ses langues de bois. Le soprano de Donarier fait revivre la fraîcheur qui s'est exprimée  tout au long de la carrière de Lacy : surgissement de l’inattendu, de l’esquive, de l’écart et du jaillissement. Le tout avec une sonorité tranchante, mais le scalpel sert à mettre en lumière des fragments de beauté. Les très belles compositions de Matthieu Donarier placent la barre très haut, confiant qu’il est (à juste raison) dans le talent de ses partenaires. Et leur envol collectif nous conduit au-delà du septième ciel, en terre insoupçonnée, quelque part du côté de l’ailleurs. Un très grand disque d’un musicien trop rare, soutenu par une équipe d’orfèvres pour qui l’esthétique est aussi une éthique.

Xavier Prévost

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Des avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=y8MeRemnEfc

https://www.youtube.com/watch?v=WcSfUl5bX1Y

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Le groupe sera en concert le 18 novembre au Pannonica de Nantes, et le 9 décembre à Paris au Sunside

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2 octobre 2025 4 02 /10 /octobre /2025 11:40
NEW VIAGGIO   Richard Galliano

 

 

 

New Viaggio      Richard Galliano

 

Richard Galliano (accordéon, piano, accordina) Biréli Lagrène ( guitares acoustique et électrique) Pierre Michelot (contrebasse) Charles Bellonzi (batterie)

Sortie de l'album le 3 octobre

 

L’accordéoniste Richard Galliano est une légende vivante, à 75 ans bientôt, un innovateur à la voix singulière. Si l’accordéon est reconnu aujourd’hui avec la nouvelle génération et Vincent Peirani, il n’en a pas toujours été ainsi et c’est Richard Galliano qui a ouvert une voie dans les années 90, d’où l’intérêt de cette réédition New Viaggio d’un album initialement paru en 1993, Viaggio, chez Dreyfus, un tournant dans la carrière de ce musicien hors norme.

« Pour la première fois dans l’histoire, cet accordéoniste  vient d’enregistrer un grand disque de jazz. » pouvait on lire sur Télérama à l’époque.

Remastérisé, enrichi d’un bonus inédit « For Lolo » et de quatre « alternate takes » « Coloriage », « Java Indigo », « Little Muse », «Waltz for Nicky » toujours intéressantes pour des comparaisons possibles, cet album rejoint une discographie impressionnante sur les plus grands labels de jazz , Galliano étant le seul à enregistrer du classique sur Deutsche Grammophone ce qui prouve l’étendue de son registre. Il a fait des rencontres décisives, en premier celle de Claude Nougaro-et l’on retrouve ce poignant « Tango pour Claude » ( sa chanson « Vie Violence »), devenant très vite accompagnateur et chef d’orchestre du chanteur. Il a toujours su s’entourer des formations les plus diverses, inoubliable en duo avec Michel Portal, sans oublier l’aventure enivrante du solo possible puisque l’accordéon est un véritable orchestre à lui seul.

 

Sur Viaggio, il était entouré d’une rythmique formidable Charles Bellonzi (c’est lui Lolo) et Pierre Michelot disparus depuis peu ainsi qu’un tout jeune guitariste manouche qui a fait ses preuves depuis, Biréli LagrèneOn retrouve la qualité inaltérable et plastique de la musique de l’accordéoniste vite familière, simple, en apparence seulement. Entre tango et valse, Galliano a su allier jazz et musette dans une ligne claire, éblouissante, bataillant pour redonner une juste place à son instrument. Reprenant le flambeau de l’école française de la valse et du swing musette, des Marcel Azzola et André Astier, du Belge Gus Viseur, des Tony Murena et Joe Privat, il a créé le New Musette sur les conseils de son ami et mentor Astor Piazzola qui avait de son côté initié un New Tango vingt ans plus tôt! Une façon enthousiaste et passionnée de sauver le musette de son image poussiéreuse, une façon non-passéiste d' arracher l'accordéon à ses clichés bon marché.  « Quand le jazz est là, la java s'en va » annonçait l’ami Claude avant de de nous détromper en concluant la java ne se fait pas la malle, il lui laissait en effett les mains pour le bas de son dos. Preuve en est que Jazz et Java, ça doit pouvoir se faire dans ce « Java Indigo ». Ainsi, sous ses doigts, cet instrument si longtemps méprisé des "jazzeux" se métamorphose en une formidable boite à swing, un orgue somptueux aux harmonies chatoyantes et moelleuses.

Les dix pièces de cette nouvelle aventure se divisent en fragments avec suspens, rebonds, intercalant néanmoins des respirations avant des échappées fulgurantes ou des arrêts plus brutaux. L’accordéoniste peut installer la toile de fond sur laquelle, incomparable auteur de « coloriage », il déploie des mélodies enjouées « Waltz for Nicky », virevolte avec une ardeur toute rythmique sur un tempo de plus en plus vif, le bras droit tel un archet, dépliant les soufflets pour leur donner le maximum d’amplitude donc d’intensité. Dans un dérèglement contrôlé, le quartet nous balade sans jamais nous perdre car au tourbillon fou peut répondre l’infinie tendresse d’une berceuse, de mélodies souvent mélancoliques aux textures et tournures subtiles quand il s’agit d’hommages dont il est désormais un spécialiste « For Billie ». Il n’y a donc pas de mal à regarder dans le rétro de temps à autre et il est même conseillé de revenir aux fondamentaux  temps à autre.

 

Concerts au New Morning le 12 Décembre 2025 ( 2 concerts le même soir à 20h et 22h  ) Richard Galliano (Accordéon, Melowtone), Adrien Moignard ( guitare) et Philippe Aerts ( contrebasse) 

 

Sophie Chambon

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29 septembre 2025 1 29 /09 /septembre /2025 00:23

Enregistré au Studio La Menuiserie (93130) les 6 et 7 janvier 2025, sous la direction artistique de Daniel Yvinec.
Trebim Music - TREBMUS069 / L’autre distribution.
Paru le 19 septembre.
Concert prévule 13 novembre au SUNSIDE (75001).

 

 

     Bis repetita placent. Cinq ans après « Interplay, The Music of Bill Evans » (Trebim Music-TREBMUS060), les duettistes Alain Jean-Marie et Diégo Imbert se retrouvent en tête à tête, sous le regard de Daniel Yvinec, directeur artistique très recherché.


     Le pianiste et le contrebassiste passent en revue, sans effet gratuit, quelques-uns de ces standards inoxydables, nous rappelant toute leur grâce éternelle (‘Stardust’, ‘Skylark’, ‘Laura’, ‘If You Could See Me Now’, ‘A Flower is a Lovesome thing’, ‘The Nearness of You’…).

 


     Cette déambulation au pays des ballades s’effectue sans peine, laissant le temps à l’amateur d’apprécier la sobriété –qui ne veut pas dire sécheresse- de jazzmen d’excellence n’ayant plus rien à prouver et se plaisant à deviser avec comme seul objectif de servir la musique. L’espace d’une petite heure, Alain Jean-Marie et Diego Imbert nous offrent là une belle révision de ces classiques du jazz, réussissant à surprendre et séduire.


      Un album qui révèle des secrets à chaque écoute et est fortement conseillé en cette période de fracas en tous genres.

 

Jean-Louis Lemarchand.

 

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27 septembre 2025 6 27 /09 /septembre /2025 22:01

John Taylor (piano), Marc Johnson (contrebasse), Joe Baron (batterie)

Birmingham , janvier 2002, ECM / Universal

Enregistré à Birmingham (la ville anglaise des West Midlands, pas celle d’Alabama aux USA), un concert inédit qui méritait de devenir mémorable pour nous qui n’y étions pas, grâce à cet inédit. Sans revenir sur le considérable talent (pianistique et musical) de John Taylor, l’occasion de rappeler l’importance de ce musicien pour la scène européenne (et au-delà….) depuis les années 70, et jusqu’à sa mort en 2015 où, pris d’un malaise au cours d’un concert à Angers, il mourut dans cette même ville le lendemain. Des compositions antérieures du pianiste, mais aussi un thème de Ralph Towner (qui donne à l’album son titre), et Up Too Late de Steve Swallow (Steve l’avait enregistré en 1988 avec Henri Texier, et en 1995 avec John Taylor, entre autres….). Un admirable toucher, qui peut exploser dans des foucades virulentes, un sens de l’interaction qui fait merveille, avec ses deux partenaires (des orfèvres de l’interperlay , et qui graveront avec lui un autre disque, en studio, en avril de la même année). Et la grâce absolue des improvisations aussi libres qu’inspirées. De la première à la dernière plage, un triomphe permanent de la musicalité subtile, sans ostentation ni emphase. On se précipite sur ce très très beau disque !

Xavier Prévost

Un avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=wNy7e--NRq4

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27 septembre 2025 6 27 /09 /septembre /2025 09:36
DJANGO CELEBRATION # 01  Stochelo Rosenberg, Rocky Gresset, William Brunard

DJANGO CELEBRATION # 01

Stochelo Rosenberg (Guitare), Rocky Gresset (Guitare),William Brunard (Contrebasse) 

Sortie du CD le 26 septembre 2025

Co-production entre LABEL OUEST (un label Bayard Musique ) et FRAMBOISE PRODUCTION( pour Sunset Records) / DISTRIBUTION : BACO MUSIC

 

 

Ce Django Celebration continue l’héritage de Django Reinhardt en organisant des rencontres entre un musicien reconnu de cette musique et une figure émergente de la nouvelle génération. Label Ouest et le Sunset-Sunside ont mutualisé leurs efforts pour produire ces formations manouche, toutes générations confondues en concerts et sur Cd jusqu’en 2028 (75e anniversaire de la disparition de Django) . Pour commencer cette collection, c’est le contrebassiste William Brunard qui a eu l'initiative de ce projet et en assume la direction artistique avec l’aide du guitariste producteur Max Robin, depuis longtemps engagé à faire vivre le jazz de et d'après Django.  Dans le trio, deux pointures de cette musique, Rocky Gresset qui tourne avec Thomas Dutronc sur scène et en studio, mais que l’on a pu aussi entendre avec Louis Winsberg, Eric Legnini… et Stochelo Rosenberg, son aîné, formé aux rendez-vous du festival de Samois-sur-Seine, adop par Stéphane Grappelli, frère d'armes de Biréli Lagrène ( Gypsy Project ). D’origine néerlandaise, Stochelo Rosenberg est d’abord leader du trio Rosenberg (ses cousins). Le jazz manouche est souvent une affaire de fratrie, de cousinage, voire de dynastie, l’exemple venant des Reinhardt eux-mêmes.

L’album commence d’ailleurs avec « For Sephora » composé par Stochelo Rosenberg pour sa jeune sœur, devenu un classique,  rafraîchi dans cette nouvelle interprétation sur un rythme de bossa nova et se finit sur son non moins célèbre « Double Jeu ». Pirouette inventive du titre sur l’interaction généreuse et brillante des jazzmen. Huit titres que le trio prend le temps de développer (deux compositions de Django moins reprises (« Douce ambiance » et « Webster »), l’immortel « Over The Rainbow » rendu avec finesse sur un tempo lent qui sied à cette chanson et des compositions originales de Stochelo Rosenberg. Voilà donc un trio que l’on écoute avec plaisir que l’on soit ou non connaisseur de ce style de musique tout de même particulier. Les guitaristes mènent le jeu à part égale ( chacun assumant la position de soliste et/ou de guitare rythmique selon la loi du genre)Ces deux là n’ayant plus rien à prouver, ils jonglent dans leurs solos respectifs avec des accords parfois étonnants et leur swing est tout simplement irrésistible. Le contrebassiste tire son épingle du jeu en brossant sa toile de propositions harmoniques. Dans ces compositions l’improvisation ouverte rejoint une structure rigoureuse. Ce qui donne une impression de création continue sans le moindre temps mort. Le public apprécie !

Une formation à la virtuosité élégante qui ne se voudrait pas seulement démonstrative, un phrasé souvent véloce, souple, subtil d’une grande précision pour une musique ancrée dans la tradition et qui coule néanmoins avec une grande liberté. 

 

Sophie Chambon




Prochains Concerts :

22 et 23 octobre 2025 : Release Party Django Celebration #01 au Sunset (Dans le cadre du festival Jazz sur Seine)
Du 20 au 24 janvier 2026 : Semaine Django Celebration au Sunset

Prochainement disponible : #02 avec Tchavolo Schmitt / Fanou Torracinta / William Brunard à paraître le 21 novembre 2025.

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23 septembre 2025 2 23 /09 /septembre /2025 17:38

Ellinoa (voix, glockenspiel,compositions, arrangements),

Christelle Raquillet (flûtes, ocarina, chœurs), Arthur Henn (mandoline, chœurs), Héloïse Lefebvre (violon, chœurs), Mathilde Vrech (alto, chœurs), Juliette Serrad (violoncelle, chœurs)

Arrangement sur Le gibet : Philippe Maniez

Meudon, février 2025

Les P’tits Cailloux du Chemin / Inouïe Distribution

http://www.ellinoa.net 

 

Inclassable, assurément, et c’est en partie ce qui en fait la valeur. La compositrice et chanteuse signe aussi les arrangements (sauf pour Le Gibet de Maurice Ravel). Et une fois de plus s’impose à nous la singularité de son écriture. Une nomenclature chambriste d’une certaine façon, mais nourrie d’une foule d’univers musicaux, et aussi d’un recours à l’improvisation. Une sorte de manifeste des désirs musicaux d’une génération imprégnée des musiques dites savantes (de tous les horizons) et des musiques populaires de tous les mondes. Le Japon est l’une des sources de ce programme, sans qu’il soit le moins du monde asservi à cette influence. Une source d’inspiration, mais comme un tremplin vers la liberté. Source, mais qui n’emprisonne pas dans un piège narratif. Libre comme l’air, comme l’oiseau qui est là, et dont l’importance nous échappe : ainsi chemine la musique d’Ellinoa, et tout l’univers qu’il transporte, comme un rêve. Des textes en anglais qui disent le rythme, une prosodie complice de la musique. Des intervalles tendus dans les phrases musicales, pour nous rappeler que le confort n’est pas forcément l’auxiliaire de la beauté, et des instrumentistes, également choristes, qui font vivre magnifiquement la partition et le texte. Et sur l’admirable Le Gibet de Ravel, orchestré par un complice d’Ellinoa, un texte en français, mais qui n’est pas emprunté au recueil d’Aloysius Bertrand (Gaspard de la nuit ) qui inspira Ravel pour sa fameuse pièce de piano. La chanteuse (sa voix, son expressivité, son aisance dans l’écrit comme dans l’impro) est comme la conception de la musique : au plus haut niveau. Bref un grand disque, tout simplement

Xavier Prévost

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Le groupe sera en concert à Tours (au Petit Faucheux) le 9 octobre, et à Paris (au Lavoir Moderne) le 14 octobre

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Un avant-ouïr sur Youtube

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18 septembre 2025 4 18 /09 /septembre /2025 08:53
Théo Girard &  MOBKE   La rivière coulera sans effort

 

THÉO GIRARD & MOBKE  LA RIVIÈRE COULERA SANS EFFORT 

Sortie 19 Septembre 2025 

Concert Jeudi 6 Novembre au Studio de l'Ermitage.

Sophia Domancich (piano) Nick Lyons (sax alto) Lesley Mok (batterie) Théo Girard (contrebassse)

THEO GIRARD MOBKE | DISCOBOLE

Quatrième album du contrebassiste mais premier avec ce quartet franco-américain MOBKE (MOntreuil / BrooKlyn / Ensemble) tel nous arrive  la Rivière coulera sans effort» que l’on découvre avec un vif intérêt dès le lancinant et hypnotique premier titre « La chose ». Intrigant et terriblement attachant. Un univers poétique que le titre de l’album ne dément pas. Une musique fluide qui coule sans effort mais non sans effet car elle est loin d’être lisse. Une alchimie qui s’installe très vite avant que la machine ne s’emballe, que le son prenne peu à peu son envol et tout l’espace, porté par des improvisations furieuses et fiévreuses. Dans certains moments privilégiés, c'est ce qui advient quand la musique écrite se confond avec l’improvisation. Le quartet s’épanouit dans le jeu collectif que la dynamique d’un jeu ouvert à tous les « accidents » autorise... faisant jaillir des climats aussi captivants qu’énigmatiques.

Quatre voix singulières, chacune que l’on pense identifier dans son univers propre-alors que l’on n’est pas au bout de ses surprises, dont aucune ne semble prédominante dans un échange que seule décèle une écoute  attentive. À la contrebasse et à la direction artistique, Théo Girard - fondateur de Discobole I Compagnie & Label a collaboré à des projets aussi éclectiques que Bratsch, accompagné la pianiste Macha Gharibian, Le Bruit du [sign], ou Sibiel. Après la sortie de son premier album 30YearsFrom en 2019, il a écrit pour grand ensemble avec Pensées Rotatives.

Théo Girard est sans nul doute revenu de New York avec chevillé au corps la pulsation américaine, possédé par cette énergie brute, sourde, intense. Avec lui, la batteuse américaine d’origine chinoise Lesley Mok et le saxophoniste new-yorkais Nick Lyons. Sans oublier de ce côté-ci de l’Atlantique la pianiste française Sophia Domancich que l’on ne présente plus, exploratrice aux multiples projets qui se déchaîne sur « On se lève, on se casse » (Référence aux paroles de la comédienne Adèle Haenel aux Césars?).

Emballements brusques, moments de suspens frémissants, équilibre parfait des voix. Piaillement du sax au son autant crissant que prenant sur des fragments rèches et répétitifs, piano percussif obstinément, charnel quand il le faut, aux notes perlées égrénées presque tendrement. La contrebasse très active dont le chant puissant à l’archet peut soudain engager une course poursuite avec le temps… devenir basse obstinée fournissant une assise stable aux autres voix, intelligence d’une batteuse coloriste aux percussions libres, aussi subtile qu’effrénée dans les rythmes les plus accidentés. Plutôt inclassable dans la catégorie post quelque chose après l’incontournable « post moderne » de la fin du XXème… cette musique est néanmoins forte d’une cohérence qui lui donne son ossature. Un enregistrement qui sonne comme un live, c’est dire! Une rencontre franco-américaine qui fera date, n’en doutons pas, tant cette alliance plutôt inattendue fait des étincelles.

Sophie Chambon

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