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4 juin 2019 2 04 /06 /juin /2019 09:33

Mario Stantchev (piano, composition)

Pernes-les-Fontaines, 27 octobre 2017

Cristal Records (digital) /Believe Digital

Ouch! Records (vinyle) / https://www.ouchrecords-vinyls.com/

 

Premier disque en solo, après plus d'une dizaine de références dans des configurations diverses, pour le pianiste venu de Bulgarie en 1980, et dont la carrière de jazzman avait débuté à l'Est dans les années 70. Parallèlement à ses activités d'enseignant au Conservatoire de Lyon, il n'a jamais cessé de se produire, du duo au sextette en passant par des phalanges de musique contemporaine (Ensemble 2E2M, Groupe Intervalles), croisant au fil des ans Ron Carter, John Scofield, Toots Thielemans, Louis Sclavis, mais aussi Michel Perez, Michel Barrot, Francesco Castellani, Lionel Martin, pour n'en citer que quelques-uns, sans oublier le contrebassiste Hervé Czak, qui l'accompagnait déjà en 1981 et l'accompagne encore à chaque occasion.

En solo, Mario Stantchev donne libre court à son imagination et à sa fantaisie autant qu'à ses passions musicales. S'il choisit de commencer par un thème très sombre, espièglement intitulé Épilogue , c'est probablement pour dresser un décor mouvant où nous allons nous perdre avec délices. Ambiance de préludes et de nocturnes debusséens, avant une plaisanterie musicale qui se joue des gammes par tons et s'évanouit du côté de Frère Jacques. Escapade vers Messiaen ensuite, avant un envol digne de Chick Corea. Et l'on continue ainsi, de plage en plage, naviguant sur les crêtes de vagues qui nous portent de tango en rhapsodie, de complainte en impromptu,

sans que jamais la question du style ne se pose : c'est du beau, du grand piano qui nous porte, nous emporte et nous transporte dans un flux de plaisirs et d'émois musicaux jamais démentis, jusqu'à une sorte de mouvement perpétuel conclusif qui donne à l'album son titre. Belle réussite ; pour la goûter, il suffit de s'y abandonner....

Xavier Prévost

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Mario Stantchev jouera en solo à Paris, au Sunside, le 6 juin 2019

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Un avant-ouïr sur Vimeo

https://vimeo.com/330033459

et sur le site de Cristal Records

https://www.cristalrecords.com/albums/musica-sin-fin/

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3 juin 2019 1 03 /06 /juin /2019 22:19

SEBASTIEN PAINDESTRE - ATLANTICO : «  New eastern island »
La Fabrica’son 2019
Sébastien Paindestre (p, compos); Dave Schroeder: (chromatic harmonica, Mongolia ever buree, piccolo, bass flute, soprano saxophone, compos); Martin Wind (cb); Billy Drummond (dms); Janis Siegel (voc (2)); Billy Drewes (ss(1)).

Sebastien Paindestre n’a pas définitivement tourné la page Radiohead. Il y reviendra pour un 3eme opus mais pas tout de suite. Dans l’immédiat Sébastien Paindestre affirme surtout ici qu’il est avant tout un jazzman avec ses traditions et ses influences.
« New Eastern Island », le nouvel album d’Atlantico son groupe transatlantique est avant tout celui d’une rencontre, avec le saxophoniste Dave Shroeder, véritable référence du jazz New-Yorkais, impliqué dans toutes les grandes institutions du jazz de big apple. Shroeder s’est en effet pris d’affection pour Sebastien Paindestre depuis le premier album réalisé ensemble ( « En rouge ») et publié en 2016. Au point aussi de lui ouvrir en grand les portes d’un studio New-yorkais et d’aller jusqu’à produire lui-même l’album. Une histoire d’affinité musicale et d’amitié.
Sebastien Paindestre est arrivé de l’autre côté de l’atlantique avec ses compositions en poche ( auxquelles le saxophoniste a aussi contribué) et accompagné d’une formation de haut vol en associant au projet une rythmique de très très haute facture avec Martin Wind à la contrebasse et l’immense Bill Drummond à la batterie.
Et le résultat est à la hauteur de l’affiche. «  New Eastern island » se moque des sentiers battus et des clichés du jazz pour offrir une musique ouverte porteuse d’une réelle identité.
Par le talent de ses acteurs et par le choix de l’instrument qui évolue au fil des thèmes en associant parfois le sax soprano superlatif de Shroeder, parfois l’harmonica du même Shroeder ( sur les traces de l’harmoniciste belge Toots Thielmenans) ou encore la flute de Janis Siegel, Sebastien Paindestre parvient à créée un univers protéiforme porté aussi par des compositions dans lesquelles la nostalgie n’a pas de place.
Car il s’agit bien d’un album porté par un vent frais qui regarde le monde avec une formidable envie de jouer juste pour le plaisir. Il y affirme qu’il y  a une autre voie dans le jazz . Ni américain, ni européen mais quelque part au milieu de l'océan. Au delà aussi des postures post-coltraniennes ou Neo-colemaniennes. Car c'est effectivement une musique inspirée qu'il propose ici.
Pas un moment d’ennui tout au long de cet album ou l’on s’épate tant des compositions que du jeu des solistes qui contrent à créer cet univers « open mind »avec un souci du détail et du jouer ensemble. Il n’est que d’entendre cette formidable rythmique qui assoit la musique sur des bases aussi solides que vibrantes.
New Eastern Island montre peut être la voie. Celle d’un jazz épuré et riche à la fois.
Une réussite.
Jean-Marc Gelin

 

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14 mai 2019 2 14 /05 /mai /2019 21:15

Stéphan Oliva (piano), Sébastien Boisseau (contrebasse), Tom Rainey (batterie)

Pernes-les-Fontaines, 2018

Yolk RecordsJ2075 / l'autre distribution

 

Les quelques chroniques déjà parues font largement état de l'acronyme qui désigne le groupe et le disque tout à la fois : initiale des musiciens, O, R, B, et I.T. pour international trio. Bon, c'est fait. Le discours d'escorte qui accompagne le disque file la métaphore du circulaire et de l'ellipsoïdal, même si moins de la moitié des titres y fait référence. La musique, dira-t-on, peut en attester plus largement. Certes. Mais écoutons-la sans cette grille communicationnelle. La première plage, Split screen (référence aux écrans fragmentés, divisés, du multimédia ubiquitaire?) me fait penser à Lennie Tristano. Stéphan Oliva est un fan, et un grand connaisseur, de ce Maître du lyrisme tranchant, souvent abusivement taxé de froideur, quand il s'agit plutôt de poésie fracassée, déconstruite (et, comme la mer de Paul Valéry, «toujours recommencée»). J'entends cela ici, et beaucoup d'autres choses : l'escapade sérielle, la segmentation thématique, l'interaction subtile des voix (et la batterie n'est pas de reste). Parlons du batteur. Tom Rainey est un monument de précision pertinente, et pourtant son drumming respire la liberté, comme celui de Paul Motian, avec qui le pianiste avait enregistré («Fantasm», 1999, BMG ; «Intérieur nuit», night bird music, 2001) : technique supérieure chez Rainey, mais même sens poétique. Ne me demandez pas ce qu'est la poésie d'un batteur : je la sens, je la ressens, mais je renonce à tenter de la formaliser, et même de la formuler ; je crois bien que j'en suis incapable, peut-être devrais-je m'abstenir d'écrire.... Le dialogue, ou plutôt le trilogue, se joue tout au long du disque, plage après plage, selon cette indicible clarté. Suit une composition de Sébastien Boisseau : mouvements libres, convergence des pensées et des choix musicaux, magie et mystère, liberté, poésie encore.... Voici Gene Tierney, que le pianiste avait déjà évoquée dans son disque «After Noir (piano gone)» (sansbruits sbr013, 2011), poésie, mystère, encore (je m'enlise!) profonde musicalité, interaction fine (très fine!). Bref, quand je ne m'enlise pas, je m'égare.... Et cela se poursuit au fil des plages, compositions du pianiste et du batteur, plus le formidable Inflammable de Marc Ducret : c'est parfait, parfaitement captivant, alors si vous voulez me suivre dans mon égarement, plutôt que de vous infliger un commentaire de chaque titre (un petit mot quand même de Around Ornette, avec citations furtives -et jouissives parce que furtives- de Turnaround ), je vous propose de vous plonger dans le disque : pré-ci-pi-tez-vous pour l'acquérir ! Je vous conseille l'administration par voies auditives (ne le mangez pas!). Et puisque le groupe est en tournée (dates ci-dessous) ajoutez une bonne dose saisie sur le vif du concert.

Xavier Prévost

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Le trio est en tournée, le 16 mai au festival 'Jazz in Arles', le 17 au Pannonica de Nantes, le 18 à Paris, Maison de la Radio (concert 'Jazz sur le vif'), le 22 au Périscope de Lyon, le 23 au Cri du Port de Marseille, et le 24 au Petit Faucheux de Tours

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Un avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?1&v=p_m6GMWen7A

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9 mai 2019 4 09 /05 /mai /2019 07:53

Denis Colin (clarinettes basse & contralto), Pablo Cueco (zarb), Simon Drappier (arpeggione), Julien Omé (guitare)

Bois-Colombes, 10-12 décembre 2018

Faubourg du Monde TAC 026 / Socadisc

 

Atypique assurément : ce gang de francs-tireurs associe deux presque vétérans des musiques aventureuses, et deux quadragénaires l'un et l'autre portés sur les musiques hétérodoxes. Joyeux mélange, plein de surprises, qui en dépit du nom de groupe suggérant des pères tranquilles n'exclut pas vigueur et incartades détonantes. Le discours d'escorte de cette musique suggère discrètement l'appellation Psychedelic Folk Jazz. C'est plutôt bien vu, car on y trouve les textures du folk, entre douceur de soie et rudesse du lin ; et puis les dérives (extra) sensorielles de la musique psychédélique, et bien sûr cette liberté frondeuse du jazz. Entre la mélancolie de Chevaliers, le caractère véhément de La Chasse, et le lancinement chromatique de Hommage au désert, un point commun (valable d'ailleurs pour toutes le plages) : authenticité du son, sans fioritures, mais d'une grande finesse ; subtilité du cheminement mélodique ; expressivité virtuose et trompeuse simplicité du propos. Bref une forme d'exemplarité artistique : évidence et mystère, indissociablement liés. Superbe.

Xavier Prévost

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En concert le 9 mai 2019 à Paris au Studio de l'Ermitage

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Un avant-ouïr en suivant le lien ci-dessous

https://www.faubourgdumonde.com/portfolio/quiet-men/

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9 mai 2019 4 09 /05 /mai /2019 01:16

Patrick Artero (trompette), David Blenkhorn (guitare), Sébastien Girardot (contrebasse), Guillaume Nouaux (batterie), Don Vappie (vocal). Studio Music Unit (Montreuil) 29-31 janvier 2019. Camille Productions/ Socadisc.

Un trompettiste se retourne sur son passé. Tel pourrait s’intituler le dernier album de Patrick Artero. Après un demi-siècle à arpenter scènes et studios, le jazzman salue onze confrères qui ont « balisé son parcours ». Des trompettistes qui « me font rêver, transpirer, enfiévrer, douter mais qui m’invitent à ne jamais renoncer ».

Ils appartiennent tous à l’époque classique, antérieure au be-bop : King Oliver, Bunk Johnson, Louis Armstrong, Bix Beiderbecke, Roy Eldridge, Rex Stewart, Cootie Williams, Red Allen, Buck Clayton, Joe Newman, Tommy Ladnier. Cet hommage proposé par le producteur indépendant Michel Stochitch (auquel on doit des albums de Pierre Christophe, Philippe Milanta, et le tout récent Bean Soup, coup de chapeau à Coleman Hawkins par Michel Bescont et Michel Bonnet),  prend un aspect particulier : Patrick Artero a eu l’idée d’insérer entre chaque titre des courts extraits de poèmes de Langston Hughes, une des figures de proue du mouvement Harlem Renaissance des années 20.

L’auditeur effectue ainsi un retour aux sources de la musique afro-américaine. De la Nouvelle Orléans avec ses influences caribéennes et même irlandaises à New York et l’atmosphère du Cotton Club. 

La sobriété qui ne cache pas l’émotion caractérise le jeu de Patrick Artero, qualités qui habitaient déjà son hommage à Bix Beiderbecke (2 Bix or Not Too Bix. Nocturne. 2005). Le guitariste David Blenkhorn lui donne la réplique, deuxième voix alerte du quartet avec basse et batterie. Panorama de la trompette jazz classique, 'Family Portrait' fait souffler un vent de fraîcheur printanier salutaire.


Jean-Louis Lemarchand


Patrick Artero sera au Caveau de la Huchette (75005) du 14 au 16 mai avec son Swing band.

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5 mai 2019 7 05 /05 /mai /2019 11:03

JOSHUA REDMAN Quartet  : «  Come what may »
Nonesuch records 2019
Joshua Redman (ts), Aaron Goldberg (p), Reuben Rogers (cb), Gregory Hutchinson (dms), Aaron Goldberg (p)


Joshua Redman est une sorte de magicien du son. Un maître ciseleur.
Joshua Redman est de retour. Au coeur du son qui porte sa marque. Celle qui, dans un autre format avait fait les grands heures de l’Elastic Band et que l’on avait un peu perdu ces derniers temps.
Qu’on se le dise.
En revenant à un quartet  qui se connait depuis quelques décennies, le saxophoniste qui a entre temps multiplié des expériences multiples et variées atteint ici le nirvana de la plénitude dans la maîtrise de son art. Au sommet. Et cela en revenant à ses fondamentaux. Cette forme d'agilité et de plasticité qui, sur des compositions magnifiques s'attache à la légèreté et à l’élégance.
Ces quatre-là font dans le ciselage fin du son dont ils dessinent ensemble les contours. Tels des funambules en suspension au dessus du sol. Magic is in the air.
Il faut dire que si cette formation n’avait plus enregistré depuis ensemble depuis près de 20 ans ( sans toutefois ne s’être jamais perdus de vue), leur retrouvailles sonne comme une royale évidence. Comme la continuité d’un fil d’Ariane jamais rompu.
Et dans ces retrouvailles placées sous le signe d’une forme de zenitude, ils s’y montrent les maîtres du cool. « The shape of cool to com", pourrait on dire.
Le saxophoniste y signe l’intégralité des compositions entre blues, médium funk et ballades renversantes.
Avec Joshua Redman tout y est question de flow. Comme coulant de source. Maître du son, le saxophoniste semble plus relax que jamais, plus détendu et agile dans les sinuosités, avec une façon de dompter l’expression de la musique qui n’appartient qu’à lui.
Il n’y a plus qu’à se laisser porter par le courant.
Et tout va bien.
Jean-Marc Gelin

 

 

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3 mai 2019 5 03 /05 /mai /2019 15:06

Julien Favreuille (saxophone ténor), Christophe Motury (bugle), Stefan Orins (piano)

Attiches (Nord), 31 mai-1er juin 2018

Circum-Disc DIDI 1901 / www.circum-disc.com & Les Allumés du Jazz

 

Des nouvelles du Nord, avec ce groupe qui rassemble trois musiciens très actifs dans le haut des Hauts-de-France. Plaisir de retrouver Julien Favreuille, un peu perdu de vue par votre serviteur depuis les groupes Happy House (Olivier Benoit, Nicolas Mahieux, Jean-Luc Landsweerdt), Circum Grand Orchestra et autres aventures septentrionales. Plaisir aussi de réentendre le pianiste Stefan Orins, écouté plus récemment en trio ( http://lesdnj.over-blog.com/2017/10/stefan-orins-the-middle-way.html ), et Christophe Motury, repéré dans le Quartet Base.

La musique, composée par le pianiste, est d'une tonalité générale plutôt mélancolique, mélancolie chaleureuse et habitée. Le titre de l'album signifie en suédois (la langue familiale de Stefan Orins) 'À mes amis', et c'est bien de cela qu'il s'agit, la célébration d'une longue amitié musicale. Harmoniquement les lignes sont tendues, complexes, et donc jouissives. Chaque instrument donne la sonorité la plus 'vraie' ou 'naturelle', même si aucun des deux adjectifs ne rend justice au sens profond de ce qui émane de cette musique : la musique est un artefact et une production culturelle, donc 'vérité' et 'naturel' sont impropres. Ce que j'essaie de dire, ou plutôt ce que j'entends par là, c'est que nous sommes loin du souci d'ostentation, de performance (et pourtant cette musique est très élaborée) ; seulement semble-t-il le souci d'être là et de fairedelamusiqueensemble : quoi de plus beau ?

Xavier Prévost

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En concert à La Malterie de Lille le 8 mai 2019

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Infos et extrait

https://www.circum-disc.com/favreuille-motury-orins-till-mina-vanner/

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30 avril 2019 2 30 /04 /avril /2019 13:06

Marc Ducret (guitares, composition), Léa Trommenschlager (soprane), Rodrigo Ferreira (contreténor), Sylvain Bardiau (trompette, bugle), Catherine Delaunay (clarinette, cor de basset), Régis Huby (violon, violon ténor), Liudas Mockunas (saxophones, clarinette contrebasse), Samuel Blaser (trombone), Bruno Ducret (violoncelle), Joachim Florent (contrebasse, guitare basse), Sylvain Darrifourcq (batterie, percussions)

Villetaneuse, octobre 2018

[Illusions] ILL 313010 / l'autre distribution

 

Produit par Marc Ducret et l'Association Seven Songs, avec le concours de Stéphane Berland et Philippe Ghielmetti, ce disque est l'aboutissement d'une aventure musicale qui avait commencé en janvier 2017 par une résidence de création au Sax d'Achères, puis des concerts à la Dynamo de Pantin, au Petit Faucheux de Tours et à l'Opéra de Lille. La version phonographique s'est étoffée puisque la nomenclature est passée de 8 à 11 interprètes. Le disque était prévu pour parution sous le label de Stéphane Berland qui a publié, de Marc Ducret, les cinq volumes de «Tower», ainsi que «Métatonal». Mais Stéphane a renoncé à toute nouvelle parution sous son label Ayler Records (dont il continue cependant de diffuser les références existantes), et c'est son ami Philippe Ghielmetti qui prend le relais sous étiquette [Illusions], où il avait accueilli naguère «Le Sens de la Marche» du même Marc Ducret. Bref la parution de ce disque doit beaucoup à l'engagement esthétique, artistique et donc, d'une certaine manière, politique, de tous ces acteurs.

Lady M de Marc Ducret est une œuvre magnifiquement hybride et inclassable, surgie de l'imagination d'un poète du son et du texte, qui a montré au fil des ans son goût de l'évocation (pas l'illustration !) de l'objet littéraire (je devrais peut-être écrire du fait littéraire) : Robbe-Grillet et Michaux naguère, puis Nabokov pour «Le Sens de la Marche», et surtout le monumental pentaptyque (ou la monumentale pentalogie) «Tower». Le guitariste-compositeur-improvisateur (je ne sais lequel de ces trois mots mettre en tête de liste, et quel est l'ordre pertinent) nous convie à scruter «le nom des mots» comme on dit chez Molière (Les Femmes savantes, II, 6). Et la meilleure manière, c'est peut-être la musique. Dans une grande forme parfaitement maîtrisée, mais qui cependant laisse libre cours à chacun(e) des solistes pour dire sa part d'autonomie, Marc Ducret révèle des moments du texte de Lady Macbeth dans le Macbeth de Shakespeare. Voix de contreténor, puis voix de soprane, et dans la troisième partie les deux mêlées, inscrites dans un déroulement de moments instrumentaux écrits ou improvisés, c'est un jeu permanent entre texte et musique, souvent (mais pas toujours) dans un rapport de tension entre prosodie du texte et phrasé musical. Tous les langages musicaux paraissent avoir ici droit de cité, d'une bribe de musique écossaise (Macbeth fut un roi d'Écosse moins éphémère dans la réalité historique que chez Shakespeare) à tous les éclats de la musique d'aujourd'hui en passant par le jazz et le rock. L'expressivité des voix fait écho à celle des instruments, dans une sorte de ballet virtuose qui tutoie le sublime, expressivité servie par une prise de son (Céline Grangey) qui magnifie le propos. Les mots me manquent, et le goût de détailler chaque séquence en géomètre me fait défaut. Alors précipitez-vous vers cette œuvre majeure, et comme moi (à l'écoute d'un concert en 2017, et aujourd'hui à l'audition de ce disque) succombez à sa puissance esthétique !

Xavier Prévost

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Le concert de sortie de disque aura lieu le samedi 4 mai 2019 à Paris au Pan Piper. L'œuvre sera également donnée le 21 septembre à Marseille au festival 'Les Émouvantes', et le 7 décembre à Paris, Maison de Radio France, dans la série 'Jazz sur le Vif'

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Sur Youtube, extraits des séances d'enregistrement

https://www.youtube.com/watch?v=QaEDZurPrt4&feature=youtu.be

https://www.youtube.com/watch?v=2UL98M3T2cQ&list=RDQaEDZurPrt4&index=2

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29 avril 2019 1 29 /04 /avril /2019 10:11

Jean-Christophe Cholet (piano), Matthieu Michel (trompette, bugle)

Invités : Didier Ithursarry (accordéon), Heiri Känzig (contrebasse), Ramon Lopez (batterie)

Ludwigsburg, 22-23 août 2018

Neuklang NCD 4209/ Pias

 

Après «Benji» (1998) et «Whispers» (2016), encore en duo avec extension : duo exceptionnel, qui associe le pianiste Jean-Christophe Cholet et le trompettiste-bugliste Matthieu Michel, deux fortes personnalités musicales qui ont en commun, entre autres choses, d'avoir collaboré avec Mathias Rüegg, le magicien du Vienna Art Orchestra. Et pour les extensions ce sont, sur une grande partie des plages, les apports inspirés de trois personnalités musicalement denses : Didier Ithurssary, Heiri Känzig et Ramon Lopez. Le pianiste et le trompettiste signent une bonne part du répertoire, empreint d'une certaine mélancolie, mélancolie profonde, exempte des clichés dont la musique nous gratifie parfois dans ce choix d'atmosphère. C'est sensible dès la première plage, où sur un ostinato de piano, tabla et basse (puis accordéon), le bugle nous saisit pour nous entraîner loin, du côté de l'imaginaire et de l'émoi, avec un thème aux accents balkaniques signé Matthieu Michel. Le thème suivant va chercher ailleurs sa source, du côté des rêveries de la gemmologie. Au fil des plages c'est un voyage tout en nuances, où le temps prend son temps, même sur tempo medium fast, comme pour nous dire que la musique requiert cet étirement bienveillant de la durée, pour permettre à la beauté de s'installer. Il suffit de se laisser porter, et même de s'abandonner. Après un échange en duo entre piano et batterie, un thème véhément du trompettiste fait émerger des obsessions rythmiques qui, au delà du jazz, convoquent le souvenir de Bartók ou Stravinski. Et le voyage revient en douceur avec une composition du bassiste (encore une connexion commune avec le Vienna Art Orchestra....), en duo. Je vous laisse poursuivre la découverte, car ce disque mérite vraiment le détour, et mes vaines tentatives pour en révéler la substance ne valent pas une écoute personnelle, alors précipitez-vous !

Xavier Prévost

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Le duo se produira le 2 mai à Lyon au Jazz Club Bémol 5, et le 22 juin à l'Abbaye de Noirlac (Cher)

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27 avril 2019 6 27 /04 /avril /2019 17:15

Marc Ducret (guitare), Benjamin Moussay (piano électrique), Guillaume Orti (saxophone alto), Bo Van der Werf (saxophone baryton), Sarah Murcia (contrebasse), Christophe Lavergne (batterie), Sylvain Cathala (saxophone ténor)

Les Lilas, 30 juin 2016

Connexe Records CR-006 / Muséa & https://sylvaincathala.bandcamp.com/

 

Le septette de Sylvain Cathala poursuit une aventure commencée voici près de 5 ans, avec à nouveau un enregistrement 'sur le vif' réalisé au Triton, en fait apparemment le complément de la soirée du 30 juin 2016 dont une première partie avait été publiée en 2017 sous le titre «Hope» (Connexe CR-005). Même énergie, même liberté, même complexité rendue lisible par la clarté rythmique, harmonique et mélodique de l'ensemble. Les titres tournent autour des noms de diamants célèbres, et les musiques sont autant de pépites recueillies dans le flux généreux du concert. Après un dialogue entre la guitare, puis le piano Fender, et la rythmique, c'est le sax baryton qui prend son envol, rejoint par l'alto et le ténor. C'est une effervescence de chaque instant, mais peuplée de nuances, d'esquives, et servie en permanence par l'extrême qualité de chacun (et chacune), improvisateurs/trice de haut vol qui se meuvent avec délices dans cet univers sinueux où s'ouvrent à chaque instant des portes de liberté. Bref c'est une réussite, un présent intense qui désigne aussi l'horizon de ce que cette musique (ce jazz, obstinons nous à l'appeler encore ainsi) peut nous offrir de meilleur.

Xavier Prévost

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Le groupe jouera le 2 mai au Triton, près de la Mairie des Lilas, avec Gilles Coronado à la guitare

 

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