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27 avril 2019 6 27 /04 /avril /2019 17:15

Marc Ducret (guitare), Benjamin Moussay (piano électrique), Guillaume Orti (saxophone alto), Bo Van der Werf (saxophone baryton), Sarah Murcia (contrebasse), Christophe Lavergne (batterie), Sylvain Cathala (saxophone ténor)

Les Lilas, 30 juin 2016

Connexe Records CR-006 / Muséa & https://sylvaincathala.bandcamp.com/

 

Le septette de Sylvain Cathala poursuit une aventure commencée voici près de 5 ans, avec à nouveau un enregistrement 'sur le vif' réalisé au Triton, en fait apparemment le complément de la soirée du 30 juin 2016 dont une première partie avait été publiée en 2017 sous le titre «Hope» (Connexe CR-005). Même énergie, même liberté, même complexité rendue lisible par la clarté rythmique, harmonique et mélodique de l'ensemble. Les titres tournent autour des noms de diamants célèbres, et les musiques sont autant de pépites recueillies dans le flux généreux du concert. Après un dialogue entre la guitare, puis le piano Fender, et la rythmique, c'est le sax baryton qui prend son envol, rejoint par l'alto et le ténor. C'est une effervescence de chaque instant, mais peuplée de nuances, d'esquives, et servie en permanence par l'extrême qualité de chacun (et chacune), improvisateurs/trice de haut vol qui se meuvent avec délices dans cet univers sinueux où s'ouvrent à chaque instant des portes de liberté. Bref c'est une réussite, un présent intense qui désigne aussi l'horizon de ce que cette musique (ce jazz, obstinons nous à l'appeler encore ainsi) peut nous offrir de meilleur.

Xavier Prévost

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Le groupe jouera le 2 mai au Triton, près de la Mairie des Lilas, avec Gilles Coronado à la guitare

 

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24 avril 2019 3 24 /04 /avril /2019 19:10

Andy Emler (orgue), Dave Liebman (saxophones ténor & soprano, flûte traditionnelle)

Paris, Auditorium de Radio France, 19 & 20 février 2018

Signature Radio France SIG 11116 / Outhere

 

Une rencontre musicale qui vient à point nommé, dans une sorte de logique propre aux parcours des deux musiciens. Andy Emler a travaillé très jeune le piano, et la musique, avec Marie-Louise Böellman-Gigout, digne héritière d'une famille de compositeurs et d'organistes, avant de s'orienter vers le rock, puis le jazz, tout en étudiant l'écriture musicale au Conservatoire National Supérieur. Après plusieurs décennies de fécondes créations de jazz, il a pris contact avec l'orgue à la faveur d'une invitation de l'Abbaye de Royaumont, en 2011, et a découvert ainsi le goût des duos d'orgue avec les jazzmen. En conviant Dave Liebman, il prolonge ses rencontres antérieures avec le saxophoniste, rencontres qui se sont déroulées depuis près d'une trentaine d'années. L'organiste-pianiste a multiplié les expériences du côté du monde classique et contemporain : un concerto créé avec l'Orchestre National de Lille, une œuvre mémorable écrite pour la confrontation amicale du MegaOctet et des Percussions de Strasbourg.... Quant à Dave Liebman, il a parfois trouvé sa place aux côtés d'un quatuor à cordes (notamment pour une version étonnante de l'Adagio pour cordes de Samuel Barber) ou de l'Ensemble intercontemporain ; et on trouvera en juin dans les bacs des disquaires un duo («Eternal Voices», enregistré en 2016-2107 en Allemagne) où Liebman et le pianiste Richie Beirach donnent des versions inattendues d'œuvres de Bach, Mozart, Beethoven, Fauré, Bartók, Scriabine, Schönberg.... Bref ces deux musiciens franchissent allègrement, et en tous sens, les cloisons souvent trop étanches du monde musical.

L'occasion d'une telle rencontre, c'est d'abord un instrument d'exception : l'orgue Gerhard Grenzing du nouvel auditorium de la Maison de la Radio. Andy Emler, familier du Cavaillé-Coll de Royaumont, a passé de nombreuses soirées à explorer les possibilités de ce nouveau joujou, et dans les compositions qu'il a élaborées pour la circonstance il prend un malin plaisir à solliciter les innombrables palettes de l'instrument. Le dernier des 4 jours de répétitions / enregistrements, et aussi le concert lui-même (le 20 février 2018), fourniront la matière de ce disque. J'ai eu le plaisir (et le privilège!) d'assister la veille du concert à une séance de pré-montage et de pré-mixage des titres enregistrés en studio, et j'ai été impressionné par la densité de l'écoute des duettistes, et par l'esprit symbiotique qui présidait à leurs choix communs.

Séance d'écoute la veille du concert : à la console l'Ami Pierre Bornard 

Le disque commence par A Step in the Field, une exploration des jeux, des modes de jeu, des ressources propres à l'orgue. On sent la jubilation d'Andy Emler à scruter l'univers sonore, jusqu'à ce que des trilles insistants, vers deux minutes et trente secondes, n'appellent le saxophone soprano, qui s'engouffre d'emblée en plein lyrisme. Et c'est parti pour une aventure humaine et musicale qui ne nous lâchera pas avant 57 minutes, soit le terme du disque. Au fil des plages on entendra le souvenir des conversations des deux musiciens autour de Wayne Shorter, qu'ils aiment passionnément, et l'influence de Maurice Duruflé, décelée lors des répétitions par le saxophoniste Jean-Charles Richard, ami de l'un et de l'autre, et qui prendra part en trio au rappel du concert, rappel qui ne figure pas sur le disque. Sans détailler les plages successives, on peut dire que l'intensité du dialogue, humain autant que musical, est confondante, de bout en bout. Que le choix de l'instant soit hyper sophistiqué (chromatismes, vertiges du contrepoint improvisé, unissons acrobatiques) ou simple comme une mélodie venue du fond des temps (la plage 5, où Dave Liebman s'est saisi d'une petite flûte traditionnelle), l'urgence artistique ne désarme pas. Et cela se poursuit jusqu'à la plage conclusive, où c'est un festval : ça groove, c'est un dialogue tantôt vif, tantôt recueilli, les unissons sont d'autant plus incroyables que l'inertie propre à l'orgue rend l'exercice funambulesque.... À découvrir donc, dans le plus vif du sujet, comme un cadeau !

Xavier Prévost

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Le duo jouera à la Cathédrale de Coutances le 1er juin pour le festival 'Jazz sous les Pommiers'

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Un avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=LHan-eOld4g

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Andy Emler parle de ce disque dans l'émission 'Open Jazz' sur France Musique, en réécoute par le lien ci-dessous

https://www.francemusique.fr/emissions/open-jazz/andy-emler-david-liebman-chercheurs-d-orgue-70988

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16 avril 2019 2 16 /04 /avril /2019 21:16

GALACTIC : " Already ready"
Tchoup-Zillia records 2019
Ben Ellman (ts), Robert Mercurio (b), Stanton Moore (g), Jeff Raines (g) et Rich Vogel (claviers)


Les puristes du jazz vont être bien désappointés en découvrant le nouvel album de ce groupe qui depuis plus de 10 ans fait le bonheur de la Nouvelle Orleans.
Car ceux qui s’attendent à entendre des clichés de la cité du Croissant n’y retrouverons pas leur compte tant il s'agit bien d'un album totalement iconoclaste et inclassable. Prolixe et jouissif, Galactic est en effet un groupe touche-à-tout capable de faire exploser les frontières.
Pas une minute de monotonie dans cet album qui saute du coq à l’âne : on passe allègrement du rock à la pop ( joyeux Going straight crazy feat Princess Shaw), au funk (Everlasting light) en passant par le R'nB ( avec ce vivifiant Claps your hands feat Miss Charm Taylor ou encore Touch get cut avec Erica falls), la bounce music ( épileptique Dance at my funerals) voire, tenez vous bien, par un jazz un peu trash et noisy (Ready already).
Et c'est la fête chez les Galactic ! Leur album c'est un peu la maison du bonheur avec plusieurs célébrités de la scène neo orleanaise invitées à partager le festin en guest stars. Il fat dire qu’os s’agit plutôt de membre de la grande famille Noe-Orléanaise où tout le monde est régulièment invité à monter sur scène façon jam session. 20 que les Galactic côtéoient les Princess Shaw, Cham Taylor et autres. Forcément, ça crée des liens.

Et ces liens se sont d’autant plus renforcés depuis que ce groupe de Nola vient de mettre la main sur une des scènes mythiques du Croissant , le Tipitina's, scène mythique du Croissant où l’illustre Professor Longhair avait son rond de serviette et sur laquelle les Galactic avaient l’habitude de jouer durant des deux dernières décennies ( les péripéties de ce rachat sont bien racontées dans le dernier numéro du célèbre magazine américain Downbeat).

Galactique est groupe festif, open (jazz) et fédérateur d’énergies. Le résultat est à la fois décoiffant et bourré d'optimisme appuyé par un groupe au taquet à l'image de l'orgue superlatif de Rich Voguel ou du sax nerveux et survitaminé de Ben Ellman.
De ce véritable travail collectif où chacun des membres du groupe a apporté sa pierre à l’édifice et malgré une production particulièrement soignée (parfois avec de grosses ficelles dont la démagogie n’a d’égal que le sens aigu du commerce) ressort une absolue évidence : cet album est avant tout fait pour la scène. Pour le live.

« Already ready" n'est pas une devise scout mais avant tout une injonction. Celle de prendre du plaisir. ET c’est carrément jouissif.
Jean-Marc Gelin

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9 avril 2019 2 09 /04 /avril /2019 08:45

Alexandra Grimal (composition, texte, saxophones ténor, soprano & sopranino, voix), Lynn Cassiers (textes, voix, électronique), Marc Ducret (guitares, voix), Nelson Veras (guitare), Jozef Dumoulin (piano électrique & effets, piano), Benoît Delbecq (piano), Stéphane Galland (batterie)

Lieu non précisé, 2018

Ovni OVN 0002 / Orkhêstra

 

La concrétisation phonographique, en un double CD, d'une œuvre (le terme n'est pas usurpé !) créée en 2014 dans le cadre de Jazzdor à Strasbourg, puis reprise aux Rendez-vous de l'Erdre, et dans les festivals Banlieues Bleues, Europa Jazz, et à Musiques au Comptoir de Fontenay-sous-Bois. Œuvre ambitieuse (ambition assumée jusquà l'excellence) qui mêle écriture serrée et improvisation ouverte, voix et instruments, textes et musiques. Pour situer la source, il faut dire que le Nāga est un serpent-dragon khmer à sept têtes (d'où le choix de jouer.... en septette !), sorte de pont entre les hommes et les dieux, et protecteur du Bouddha (découvrir le Nāga en suivant ce lien vers le site du musée Guimet)

http://www.guimet.fr/anglais/collections-anglais/southeast-asia/ornamented-buddha-protected-by-the-naga/?lang=en

 

Dès la première plage la densité du projet est révélée : la voix chantée déroge à la prosodie 'naturelle' d'un texte qui est en tension permanente avec la musique ; puis dans cette même plage la voix parlée de Marc Ducret, sur un texte de Bruno Schultz, se double du phrasé du guitariste épousant les inflexions du texte. Jeu formel qui dévoile d'entrée l'horizon des possibles, sans nous en livrer les clés : c'est tout le charme d'une démarche qu'il nous faut suivre, avec l'attention et la passion qui s'imposent, pour en goûter les méandres comme autant de mystères. Le vieux jazzophile rêveur que je suis pense simultanément à Joyce selon André Hodeir et aux phrasés des œuvres vocales du rock progressif. Chaque plage apporte son lot de surprises, où se mêlent l'inouï et les souvenirs. La complémentarité entre l'ambition formelle et la liberté des instrumentistes est un bonheur permanent. De plage en plage, et d'un disque à l'autre, on avance dans un territoire mouvant dont la découverte fascine. Quatre textes en anglais de Lynn Cassiers, et un en français d'Alexandra Grimal. Ici les lignes se mêlent sans s'emmêler. Je n'en dirai pas plus : le bonheur est au bout du chemin !

Xavier Prévost

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En réécoute une version de cette musique, en concert, le 6 janvier 2017 au Théâtre d'Orléans dans l'émission 'Jazz Club' de France Musique, précédé d'un entretien d'Yvan Amar avec Alexandra Grimal

https://www.francemusique.fr/emissions/jazz-club/alexandra-grimal-naga-au-theatre-d-orleans-31062

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7 avril 2019 7 07 /04 /avril /2019 23:58

Plume (saxophone alto), Leonardo Montana (piano), Géraud Portal (basse), Antoine Paganotti (batterie), et en invite sur deux titres, Ambrose Akinmusire (trompette). Studio Sextan, Paris. (pas de date mentionnée).

Un air de mystère flotte autour de ce saxophoniste. Il se présente sous le seul pseudonyme de Plume, un sobriquet attribué par des copains de collège et aucune autre information d’état-civil ne nous est fournie si ce n’est son année de naissance (1981) et sa nationalité (française).

Son parcours l’a mené au prestigieux Berklee College de Boston et dans les clubs de New-York. Revenu en France, il sort aujourd’hui son premier album sous un label réputé pour ses choix artistiques. Le casting témoigne du sérieux de l’affaire, une rythmique connue sur la place de Paris (mention à Géraud Portal à la basse) et en invité spécial, un trompettiste de classe planétaire (Ambrose Akinmusire). Et le leader alors ? Saxophoniste alto, on entend pourtant l’influence de John Coltrane et par certains accents nous évoque un altiste italien débarqué en France à la fin du siècle passé, Rosario Giulani.

Toutes les qualités requises pour assurer (rythme, mise en place, lyrisme) sont bien là et le test se révèle probant sur un standard de la plus belle eau, ‘Nature Boy’. Compositeur de la majorité des titres figurant sur l’album, Plume fait avec un album bien enregistré, (Vincent Mahey aux manettes), une entrée remarquée dans le milieu (très concurrentiel) des saxophonistes. On ne peut que lui souhaiter de persévérer, pour reprendre le titre clôturant le disque (Perseverance).

PLUME, ‘Escaping the dark side’. Sortie le 5 avril 2019. jazz&people JPCD819003 / PIAS.

En concert le 15 mai au Duc des Lombards, 42 rue des Lombards, 75001-Paris - 01 42 33 22 88 - (http://ducdeslombards.com/).

Jean-Louis Lemarchand.

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3 avril 2019 3 03 /04 /avril /2019 18:25

Éric Plandé (saxophones ténor & soprano), Bruno Angelini (piano, piano électrique, effets)

Guyancourt, octobre 2016

Cristal Records CR 281 / Sony Music

 

Au fil des disques et des concerts, Éric Plandé a croisé les pianistes Joachim Kuhn, Benoît Delbecq, Bob Degen, Francis Lockwood, et quelques autres. Pour ce disque il a choisi de dialoguer avec Bruno Angelini. Ils se sont rencontrés en 1990 au Cim, école de jazz parisienne pionnière depuis 1976, et ont régulièrement joué ensemble avant de mener leurs projets personnels. En 2016, 10 ans après leur dernier concert commun, ils se sont retrouvés à l'auditorium 'La Batterie' de Guyancourt pour une résidence dont ce disque est le fruit.

C'est bien de dialogue qu'il s'agit, ou plutôt de dialogues différents, dont le sujet varie de la mélancolie extrême à la volubilité rayonnante. Au ténor comme au soprano, chez Éric Plandé, le lyrisme est intense, dans un jeu sur le fil où la maîtrise jamais ne brime l'expression. Entre piano acoustique rêveur, limpide ou explosif, et piano électrique enrichi d'effets mystérieux qui nous entraînent loin de nos bases sensorielles, Bruno Angelini surprend autant qu'il séduit. Un dialogue profondément musical, aussi libre qu'élaboré, nous est offert : sachons l'écouter et le goûter.

Xavier Prévost

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Le duo est en concert le jeudi 4 avril 2019 à Paris au Sunside

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Un avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?2&v=36E4V9aACMQ

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31 mars 2019 7 31 /03 /mars /2019 18:06

Shauli Einav (saxophones ténor & soprano), Tim Collins (vibraphone), Andy Hunter (trombone), Yoni Zelnik (contrebasse) Guilhem Flouzat (batterie) ; invité Fayçal Salhi (oud)

Meudon, 25-26 août 2018

Berthold Records 4250647319027 / Differ-Ant

 

À propos de ce disque le texte du livret, signé Evan Haga (ancien rédacteur en chef du magazine états-unien JazzTimes) évoque judicieusement sa parenté avec un courant de la seconde moitié des années 60 au sein du label Blue Note : Eric Dolphy, Andrew Hill, Grachan Moncur III, Bobby Hutcherson.... On pourrait tout aussi légitimement y ajouter Sam Rivers, Tony Williams, certains des Wayne Shorter de la période, et pourquoi pas le tandem Don Cherry-Gato Barbieri, c'est à dire tout un courant qui fait faire un pas de côté (ou un bond en avant ?) au jazz moderne (déjà post-moderne) de l'époque, en un temps où le catalogue accueillait aussi Cecil Taylor et Ornette Coleman. Façon pour nous qui écoutons ce disque de reconnaître une démarche qui, tout en s'inscrivant dans le jazz de stricte obédience, va chercher dans les marges des émotions et des sensations qui rafraîchissaient nos oreilles de l'époque. Et le disque assurément procède de cette esthétique qui, entre consonances et tensions, fluidité mélodique et escarpements inattendus, réjouit l'écoute de ceux pour qui le jazz n'est pas qu'un long fleuve tranquille. Pas révolutionnaire, loin s'en faut, mais habité par une sorte d'urgence plus que sympathique, l'album nous entraîne, consentants, vers une subtile mélancolie où l'intelligence a son mot à dire. Les solistes du groupe ne sont pas pour peu dans la réussite du CD, et la présence sur une plage du joueur de oud algéro-franc-comtois Fayçal Salhi étend encore le champ des possibles. Le saxophoniste israélien de Paris, bien entouré, signe assurément une réussite artistique.

Xavier Prévost

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Un avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=f5b5ymmu_UU

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Shauli Einav jouera le 2 avril 2019 à Paris, au Duc des Lombards, avec Bastien Ballaz, Alexis Valet, Yoni Zelnik & Guilhem Flouzat.

 

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25 mars 2019 1 25 /03 /mars /2019 15:37

Sylvain Daniel (guitare basse, effets), Grégoire Galichet (batterie), Matthieu Metzger (saxophone alto, électronique)

Kyoto, avril 2018

Ayler Records AYLCD-160 / http://www.ayler.com/killing-spree-boko-boko-tour.html

 

Enregistré en concert au Club Soto de Kyoto lors d'une tournée japonaise qui passait aussi par Osaka, Hamamatsu et Kishiwada, ce sera l'ultime référence d'Ayler Records qui ne produira plus de nouveautés après une valeureuse contribution aux musiques créatives (mais continuera à commercialiser son catalogue). Le formidable «Lady M» de Marc Ducret sera publié par un autre artisan de la musique vraiment indépendante : le non moins valeureux Philippe Ghielmetti d' [Illusions] (http://www.illusionsmusic.fr). Ce disque-ci est volontairement brut de décoffrage : ambiance soundcheck en courte première plage, et brouhaha d'après concert en plage conclusive. La musique est sans fard : énergique jusqu'à l'extrême, mais non exempte de subtilité, car ses artisans sont des orfèvres. Le site désigne le genre comme 'avant-jazz-metal', ce qui est plutôt bien vu. C'est le second opus du groupe et c'est une tuerie, comme son nom l'indique. Violent, turbulent, doux parfois, raffiné aussi. C'est une plongée dans une musique qui ne s'interdit rien pourvu que l'art musical soit au rendez-vous. Les idées fusent, n'évitent ni collision ni collusion, et c'est tant mieux ! Plongez tête première dans cette expérience de musique vraiment vivante, vous en ressortirez comme d'un bain de jouvence….

Xavier Prévost

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24 mars 2019 7 24 /03 /mars /2019 17:30

Branford Marsalis (saxophones ténor & soprano), Joe Calderazzo (piano), Eric Revis (contrebasse), Justin Faulkner (batterie)

Clayton, Australie, 28-30 mai 2018

Marsalis Music 19075914032 / Okeh Sony Music

 

Enregistré dans le théâtre de Monash University, dans la banlieue sud de Melbourne, lors d'une pause après une longue tournée, le disque révèle les deux facettes de ce Janus Bifrons qu'est, de longtemps, le saxophoniste. Côté véhément l'introductif Dance of the Evil Toys, sur une ligne aventureuse qui nous fait goûter d'entrée la cohésion de ce groupe dont le dernier arrivant, la batteur, est quand même là depuis 10 ans, quand le pianiste et le bassiste sont dans le groupe depuis une décennie supplémentaire! Bref ça circule beaucoup entre ces quatre-là, pour nous rappeler qu'un groupe régulier constitue quand même une sorte d'idéal dans cette musique.... comme dans d'autres. Vient ensuite le plus détendu, mais subtil et tout aussi sinueux, Conversation Among the Ruins, qui laisse une longue respiration au piano avant de libérer un soprano rêveur. Il y aura aussi une valse qui va bientôt s'enflammer en escapade presque free, une ballade, Nilaste, qui va suivre le même sentier torride avant un épisode plus méditatif (au moins au début), et la conclusion de l'album se fera sur The Windup de Keith Jarrett, immortalisé avec Garbarek, et qui revêt ici un caractère primesautier. Belle brochette de titres qui confirment, s'il en était besoin, l'excellence de l'aîné des fils Marsalis. Le groupe était en tournée européenne en mars 2019, mais pas de date française. On annonce une tournée pour bientôt.

Xavier Prévost

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24 mars 2019 7 24 /03 /mars /2019 08:46

Christian Escoudé (guitare, arrangements), Jean-Baptiste Laya (guitare), Antoine Hervier (orgue, piano), Guillaume Souriau (contrebasse) ; invitée sur 4 plages, Stephy Haik (voix, textes)

Rochefort, juin 2018

Cristal Records CR 277 / Sony Music

 

Des inédits, de Django, et aussi de Christian Escoudé, qui ouvre le disque avec l'une de ses compositions, Minor Phrasing, un blues (en sol, une des tonalités favorites de Jimmy Smith) que n'auraient pas désavoué les grandes heures des groupes avec orgue sous label Blue Note. On commence dans cet esprit là, mais la guitare chante, comme toujours avec Christian Escoudé, champion du phrasé souple et et du lyrisme, que ce soit dans un contexte de jazz fusion, comme naguère, ou vers la même époque dans l'orchestre de Martial Solal (signataire d'un commentaire élogieux sur le livret-se rappeler que la dernière séance de Django en 1953 fut la première de Martial) ; ou encore en trio de guitares avec les monstres sacrés de l'instrument. Le fidèle partenaire à la seconde guitare, Jean-Baptiste Laya, prolonge et dialogue dans le plus pur esprit de chaque morceau. Sitôt dit, sitôt fait dans la deuxième plage, Nisch, déjà enregistrée dans les années 60 par Schnuckenack Reinhardt, on est en plein esprit de Django, mais comme toujours singularisé par Escoudé qui sait en chaque thème apporter sa touche personnelle. L'orgue s'en mêle, et la basse aussi, sur la souple pulsation de la seconde guitare. Et la fête continue, avec la voix et le texte de Stephy Haik, chanteuse franco-américaine qui pose ses mots (Django Lullaby) en forme de berceuse sur l'Improvisation N° 2 de Django. La guitare chante dans le chorus, et l'aventure continue, avec un autre thème de Django, Improvisation Swing, inspiré par Bach, mais qui fait penser à John Lewis (avec lequel Christian a joué et enregistré). Puis c'est la Messe de Django, reconstituée à partir de fragments, avec un extrait arrangé pour la voix dans l'esprit d'une bande originale signée Michel Magne dans les années 60. Vient ensuite un thème de Christian Escoudé, Anagramme, autre style, mais toujours Grand Style. Retour de la voix de Stephy Haik, puis à nouveau Django, avec voix et un tuilage de deux thèmes, avant une dernière composition d'Escoudé, et un petit clin d'œil à Michel Legrand, car c'est enregistré dans le Rochefort des célèbres Demoiselles.... Un disque hautement recommandable : on se précipite !

Xavier Prévost

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Le groupe jouera à Paris, au Studio de l'Ermitage, le 25 mars 2019

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