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2 septembre 2025 2 02 /09 /septembre /2025 11:48

Naïve 2025    

                                                                  

Nate Smith (compos, dirc, dms) + au gré des morceaux, feat : Josh Johnson (sax), Jswiss, Marquis Hill (tp), Lala Hathaway (vc), Lionel Loueke (g), Michael League (b), Säje (vc), Kiefer (rhodes), Carrtoons (b), Ben Williams (b), Jermaine Holmes (vc), Charlie Hunter (g, b), DJ Harrisson (rhodes)

 

Gros coup de cœur pour cet album de rentrée, du batteur américain Nate Smith.

Avec « live- action », le batteur de Pat Metheny ou de Norah Jones (entre autres) se promène dans un ambiant jazz hyper léché ( certains diront « hyper produit ») où règne en maître une sorte de groove suave porté par des voix superbes. Tout cela entre mélodies, rap et scansions.

Nate Smith qui signe les compositions s’éloigne certes du jazz pour privilégier une approche nettement plus commerciale, à l’instar de beaucoup de talentueux jazzmen (et women) de l’autre côté de l’Atlantique qui ne cessent de lui tourner le dos.

Mais qu’importe. Finalement cet easy listening, on le savoure sans même éprouver la moindre culpabilité, tout simplement parce que ça passe tout seul. Crème !

Nate Smith s’entoure de ce qui se fait de mieux dans la pop culture américaine à l’image de Lala Hathaway (la fille de son père, Donny, auréolée de 5 grammy’s) qui vient prêter sa voix sublime sur un titre (Automatic). Ou encore Charlie Hunter, le guitariste à huit cordes de la néo-soul. Marquis Hill, le trompettiste de l’Illinois, très en vue aux IS est aussi de l’affaire.

Il y a certes un peu de name dropping dans cet album mais (et c’est tout le talent de Nate Smith), sans jamais perdre en cohérence.

Il le dit lui-même, cet album « était une façon d’activer toutes ces relations que j’ai construites ces cinq dernières années »

Entièrement enregistre en live , il a été réalisé en utilisant chaque fois les mêmes instruments. Ce qui contribue justement à cette homogénéité.

Au final, un album rond, un peu mou mais aussi velouté et sucré. Dans lequel on aime, finalement s’y prélasser.

Jean-Marc Gelin

 

                                                     

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12 août 2025 2 12 /08 /août /2025 16:14

Orchestre National de Jazz & Ensemble Intercontemporain
direction : Frédéric Maurin

Alain Billard
(clarinette, clarinettes basse & contrebasse),
Catherine Delaunay (clarinettes), Julien Soro (saxophone alto), Christiane Bopp (trombone), Fanny Meteier (tuba), Valeria Kafelnikov (harpe), Bruno Ruder (piano), Samuel Favre & Aurélien Gignoux (percussions), Rafaël Koerner (batterie), Jeanne-Marie Conquer (violon), Guillaume Roy (alto), Renaud Déjardin (violoncelle), Sarah Murcia (contrebasse)

Châlons-en-Champagne, 18 octobre 2024

ONJ Records 524444 / l’autre distribution

https://shop.onj.org/produit/jeux/

Sorti en catimini fin juin (et disponible uniquement en téléchargement numérique - suivre le lien ci-dessus), c’est l’enregistrement de la rencontre entre les solistes de deux ensembles engagés dans la création musicale sous deux bannières distinctes, mais qui se retrouvent sur le terreau commun du désir d’horizons neufs. Le disque a été enregistré en public, lors de la création, à La Comète, scène nationale. Le répertoire est signé Sofia Avramidou, Andy Emler & Frédéric Maurin. Ce même programme avait été donné trois mois plus tard au Conservatoire Pina Bausch de Montreuil-sous-Bois. Et c’est l’ultime projet ONJ de Frédéric Maurin qui cède la place, à la tête de l’orchestre, à la flûtiste et compositrice Sylvaine Hélary (premiers concerts en septembre)

La musique consiste en quatre suites à l’intérieur desquelles les compositions s’enchaînent avec fluidité, même si elles sont issues de différents langages. Mais tout commence par une improvisation collective, laquelle débouchera de manière très naturelle sur une ouverture composée par Andy Emler, puis sur une partition de Sofia Avramidou. La perméabilité des langages est manifeste. Et cela se confirme quand surviennent les séquences imaginées par Frédéric Maurin. Un voyage dans le présent de la création musicale, un présent dont les yeux sont fixés sur le devenir. Totale réussite, à l’usage des tous les mélomanes, toutes obédiences confondues !

Xavier Prévost

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27 juillet 2025 7 27 /07 /juillet /2025 20:54

Olga Amelchenko (saxophone alto), Matthew Stevens (guitare), Enzo Carniel (piano), Étienne Renard (contrebasse), Jesus Vega (batterie)

Edition Records EDN 1274

https://editionrecords.com/releases/olga-amelchenko-howling-silence/

 

Pour la musicenne russe devenue parisienne, choisir cet oxymore comme titre (silence hurlant, silence assourdissant….), c’est déjà dire que le projet est celui d’une très forte expressivité, retenue, mais d’une intensité rare. Chacune des compositions de la saxophoniste dresse un possible paysage de cette force d’expression. Mélodies sinueuses, densité harmonique, liberté des lignes qui nous entraînent là où ne savions pas être attendus. Musique mélancolique ? D’une certaine manière oui, mais pas d’une forme de mélancolie dépressive ; ici la réflexion produit de l’action, une action musicale et collective, partagée avec le groupe : un batteur mexicain de Californie, côtoyé par la saxophoniste durant sa période berlinoise ; un pianiste et un bassiste qui sont assurément des orfèvres, insuffisamment reconnus selon moi, de la scène hexagonale ; et un très renomme guitariste canadien de New York, en invité. De cet alliage naît une forme de synergie qui magnifie le propos et l’ambition esthétique. Dès lors on évolue vers les sommets : de musicalité, d’expression, d’interaction et d’invention. Une incontestable réussite musicale, artistique, comme une parole singulière, et collective tout à la fois, qui nous dit : écoutez, le silence parle à haute voix.

Xavier Prévost

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Un avant-ouïr en quartette sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=9wucpGQtOtA

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Le groupe jouera à Paris, au Studio de l’Ermitage, le16 septembre 2025, avec en invité Pierre Perchaud à la guitare

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29 juin 2025 7 29 /06 /juin /2025 11:20

     Raynald Colom (trompette), Diego Amador (piano et voix), Joe Sanders (contrebasse), Greg Hutchinson (batterie), Kike Terron (percussions),
    Quatuor à cordes : Oriol Catala (violoncelle), Uixi Amargos (alto), Roc Alemany et Edu Torné (violons).

 

Enregistré à l’automne 2024 à Royat (Puy de Dôme) et Sitges (Catalogne).
Space Time Records – BG2556 / Socadisc.
Paru le 10 juin.

     Voilà un album à glisser dans sa valise pour les vacances : un concentré de rythmes et de lyrisme qui prend son inspiration au-delà des Pyrénées !

 

     Rien de superflu dans ces 27 minutes -faire court n’est pas seulement une qualité dans le journalisme- concoctées par le trompettiste franco-catalan Raynald Colom et le pianiste-chanteur andalou Diego Amador. Un duo auteur des six titres ici proposés qui peut compter sur une rythmique américaine, un percussionniste madrilène et un jeune quatuor à cordes hors pair.

     Envolées et incantations du plus pur style flamenco donnent une couleur sonore séduisante à ces « Constellations ».  Actif sur la scène européenne depuis deux décennies, Raynald Colom illumine de sa classe et de son originalité ce septième album sous son nom.

 

Jean-Louis Lemarchand.

 

PS/On peut aussi retrouver Raynald Colom dans quatre titres du premier album de la chanteuse suisse Lea Maria Fries, Cleo (Heavenly Sweetness) paru au printemps.
 

 

 

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22 juin 2025 7 22 /06 /juin /2025 18:16

 

Julian Shore (piano), Martin Nevin (contrebasse), Allan Mednard (batterie)

Waterford (Connecticut), 27-28 août 2024

Chill Tone Records CT0004

https://chilltonerecords.bandcamp.com/album/sub-rosa


 

Pour le Times de Londres, le meilleur album de l’année (pour l’instant, à la fin du premier semestre). En tout cas un disque cohérent, séduisant, mais aussi profond, plein de surprises, et de choix singuliers, presque à contre courant. Le titre de l’album fait référence à une symbolique du secret. Commencer par une tournerie où le collectif s’exprime dans les échanges, là où d’autres arboreraient dès les premières mesures le thème comme un emblème : c’est déjà un parti pris esthétique, et presque une éthique, une manière d’imposer d’entrée de jeu un choix, une approche, un point de vue, qui nous avertissent qu’une écoute intense s’annonce et s’impose. Suivent des thèmes assez différents : harmonies chantournées, jaillissement vif de lignes des deux mains, ondulations sinueuses, un blues (signé Ellington) déconstruit, All The Things You Are renouvelé (ce qui n’est pas si courant….), un thème de Wayne Shorter, un autre des Beach Boys, et aussi effraction douce des codes…. le tout dans une belle interaction avec la basse et la batterie. Bref un très très bon disque de jazz en trio….

Xavier Prévost

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Sur Youtube un récent concert à Séoul

https://www.youtube.com/watch?v=VIM0rHgp1Dw

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19 juin 2025 4 19 /06 /juin /2025 17:08

Tony Malaby (saxophones ténor & soprano), Jozef Dumoulin (piano & autres claviers), Samuel Ber (batterie)

Challenge Records CR 73611

https://www.challengerecords.com/products/17428304664294/trees-on-wheels

 

Le disque conjugue plusieurs sources : un concert au festival Jazzdor de Strasbourg, et deux séances à Paris. Jouée et improvisée autour des éléments préétablis, une copieuse matière musicale fut ensuite fragmentée, agencée, pour composer ce nouvel objet sonore et phonographique. Et c’est comme un voyage qui commence, vers des contrées inconnues, dont parfois on imagine qu’elles sont découvertes par les musiciens dans l’instant de l’improvisation, ou du rebond sur le matériau thématique. C’est comme un paysage recomposé par la magie de la mise en forme des éléments musicaux, recueillis pour créer un nouvelle œuvre : ce disque.

Introduction majestueuse et tendue de claviers électriques, puis entrée en scène du piano acoustique, en dialogue avec la batterie, pour le surgissement du saxophone qui s’enflamme jusqu’à un paroxysme, là où un fondu enchaîné passe le relais aux claviers. Et la dramaturgie se poursuit, pleine de surprises, de dérives, d’esquives…. Le résultat est un disque fascinant, par la volupté qui naît de ces glissements successifs : pas une construction intellectuelle ou un programme abstrait ; plutôt une escapade sensuelle dans le plaisir du son et les circonvolutions des motifs, phrases et fragments qui nous entraînent dans une sorte de mystère. Foncièrement original dans la conception comme dans la réalisation : réussite totale !

Xavier Prévost

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13 juin 2025 5 13 /06 /juin /2025 11:04

Sylvain Darrifourcq (batterie), Manuel Hermia (saxophone ténor), Valentin Ceccaldi (violoncelle)

Hector 06 / l’autre distribution

 

Troisième disque d’un trio né voici pus de dix ans, et qui avait publié quelque temps plus tard son premier phonogramme. Et l’affirmation de la forte singularité de chacun des membres du groupe. Sur des trames élaborées collectivement, des envols, saillies, débordements ou échappées lyriques, dans un univers où expressivité, violence et retenue sont les ingrédients d’un même geste musical. Des mises en suspens mystérieuses, et des coups d’éclat, font écho à des surgissements mélodiques, bientôt récusés par l’urgence de l’instant. Le trio se revendique comme ‘brutal jazz’. Ne pas se méprendre : ce n’est pas une musique de brutes, mais une musique engagée, physiquement, le prolongement de corps qui bougent, et pas seulement pour exploser. Pour explorer aussi peut-être : une sorte de mélodie en contrepoint partagé va se mouvoir vers une course du saxophone, parti à la recherche de la mémoire improvisée du jazz, free, mais pas que. Bref il y a beaucoup à écouter, en demeurant réceptif à chaque nouvel événement sonore, tout à la fois rupture et prolongement d’une forme mobile qui se joue d’instant en instant. Un totale expérience musicale, à vivre sans réserve, en éveil permanent.

Xavier Prévost

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Un avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=4pdYcLTbV4M

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https://www.sylvaindarrifourcq.com/Sylvain_Darrifourcq/Darrifourcq_Hermia_Ceccaldi.html

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11 juin 2025 3 11 /06 /juin /2025 21:37

Gilles Coronado (guitare, électronique)

label Onze Heures Onze

https://gillescoronado.bandcamp.com/album/solotone
 

Un projet singulier, et un disque qui ne l’est pas moins. Le guitariste décrit ainsi le processus : «J’accorde mon instrument avec un outil électronique qui me donne une note fixe (….) Je laisse traîner cette note fixe, ce simple drone, et joue librement… C’est comme ça que démarre ‘Solotone’. Une guitare solo avec diapason continu. Douze tons, douze pièces»

Sur chaque degré de la gamme chromatique une séquence de 45 secondes à 4 minutes 22, pour nous faire découvrir les possibilités offertes à l’improvisation à partir d’une simple note tenue qui sert de bourdon. Plage après plage, le processus se révèle très fécond, car il est servi par un vrai talent d’improvisateur. On va d’une sorte de chant mélodique à de soudains fracas, d’un timbre limpide à des sons saturés, du grave à l’aigu, de la sérénité à l’urgence absolue : bref c’est une expérience d’écoute qu’il faut découvrir. Le si bémol conclusif sera un prélude au silence. La joie musicale est au bout du sillon (même si le numérique ne creuse plus de sillons, à l’inverse du microsillon de naguère…)

Xavier Prévost

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Solotone en concert le vendredi 13 juin, 19h30, au Théâtre Aleph d’ Ivry sur Seine

https://www.theatrealeph.com/fr/latin-spectator/223_les-bra-ches-d-aleph

 


 

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9 juin 2025 1 09 /06 /juin /2025 13:36

 

Hervé Sellin (piano, piano électrique), Christelle Raquillet (flûte), Cyril Drapé (contrebasse), Rémi Fox (saxophones alto & soprano), Romain Lay (vibraphone)

 

Meudon, sans date

Indésens Calliope Records IC 075 / Socadisc

 

Poursuivant sa série de ‘Jazz Impressions’, Hervé Sellin fait escale du côté de Satie, au moment où l’on s’apprête, en juillet, à commémorer le centenaire de la disparition de ce compositeur qui étonna le monde musical entre les années 1880 & 1920. Ce n’est pas un hasard si Hervé Sellin se tourne cette fois vers Satie : pour la génération à laquelle j’appartiens (ceux qui étaient adolescents…. et mélomanes, au début des années 60), la (re)découverte d’Erik Satie passait par les enregistrements qu’en donna Aldo Ciccolini ; et c’est de Ciccolini que le jeune Hervé Sellin fut l’élève au Conservatoire de Paris, jusqu’à l’obtention d’un double prix de piano et de musique de chambre (à la même époque Sophia Domancich obtint elle aussi un double prix de piano et de musique de chambre). Signaler le fait n’est pas anecdotique : les pianistes de jazz venaient peu de ce cursus auparavant, si l’on excepte Bernard Peiffer (1922-1976), qui partit vivre sa vie de jazzman au U.S.A. dès les années 50.

Hervé Sellin se garde bien de jazzifier sommairement Satie, pas plus que de se ruer sur les pièces les plus connues. Il construit un répertoire raffiné, façon ‘jazz de chambre’, avec arrangements, digressions, improvisations. La qualité de ses partenaires (issu.e.s du département de jazz du Conservatoire National Supérieur, où Hervé a enseigné durant plusieurs décennies) permet une approche de la musique aussi libre que subtile. On y trouve bien sûr une des Gnossiennes (pas la plus connue, et ici métamorphosée) et deux Gymnopédies (revisitées évidemment) ; mais également beaucoup de pièces délectables, moins ressassées. Tout le répertoire donne lieu à une aventure musicale partagée, avec de beaux espaces improvisés. Et il se complète d’une composition signée Hervé Sellin, en hommage au Maître Aldo Ciccolini, intitulée Gymnopedia. On est, d’une plage à l’autre, dans une musique de haut vol, libre, inspirée. Bref un grand disque, et à sa manière un disque de Grande Musique.

Xavier Prévost

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En concert le mercredi 11 juin 2025 à Paris au Bal Blomet

https://www.balblomet.fr/evenement/herve-sellin-2/edate/2025-06-11/

 

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2 juin 2025 1 02 /06 /juin /2025 08:32

 

La contrebassiste surgit dans l’actualité de cette fin de saison de deux manières, avec deux disques qui parlent éloquemment de son parcours artistique et musical : avec ‘Puzzle’, musique advenue sur scène voici à peine plus de trois ans avant de venir au disque ; et avec le quartette du violoniste Jackie Molard, qui célèbre vingt années d’aventures

 

 

HÉLÈNE LABARRIÈRE «Puzzle»

Hélène Labarrière (contrebasse), Catherine Delaunay (clarinette), Robin Fincker (saxophone ténor), Stéphane Bartelt (guitare), Simon Goubert (batterie)

Bringolo, Côtes-d’Armor, mars 2024

Jazzdor Series 23 / l’autre distribution

 

Un disque singulier, à tous égards. Riche de son répertoire, des figures féminines qui l’ont inspiré, et de la folle énergie qui préside à son avènement. Hélène Labarrière, au travers de cinq compositions, évoque cinq femmes qui, à des époques différentes, ont incarné des combats, des luttes, des aventures individuelles au service du bien commun, et des rêves collectifs qui s’inscrivent dans la réalité. Cinq compositions signées par la contrebassiste, et confiées, pour leur arrangement, leur mise en émoi(s), à des compagnons de route et d’aventure musicale. Les femmes qui ont inspiré ces musiques sont Thérèse Clerc, à la pointe des combats féministes des années 60-70 ; Angela Davis et Emma Goldman qui à, des époques différentes, ont incarné la résistance à l’oppression raciale et sociale aux États-Unis ; Jane Avril, danseuse de French Cancan et aussi un emblème d’émancipation féminine ; et Louise Michel, qui fut la militante que l’on sait, avant, pendant et après la Commune de Paris, au prix souvent de sa liberté. Les artisans qui ont œuvré artistement sur ces compositions sont François Corneloup, Sylvain Kassap, Dominique Pifarély, Jacky Molard et Marc Ducret. La musique traverse les codes, les contourne ou les subvertit, dans un lyrisme retenu comme dans des débordements paroxystiques. Et l’ultime composition de ce puzzle, l’énigmatique Souvenir, échappe à l’intention programmatique et aux arrangements-relecture des amis. C’est tout un monde lointain qui se dessine, «absent, presque défunt», et Baudelaire n’est pas loin. Ce n’est pas une musique neutre, c’est un art esthétiquement engagé, servi par des solistes et des improvisations qui nous emportent loin de nos certitudes, peut-être du côté de nos rêves. Formidable aboutissement d’un travail aussi collectif qu’inspiré.

Le groupe fêtera la parution de ce disque à Berlin le 6 juin, dans le cadre du festival Jazzdor Strasbourg-Berlin

Un avant-ouïr sur Youtube

 https://www.youtube.com/watch?v=emtW5PMxS7g 

 

 

JACKY MOLARD «4»

Jacky Molard (violon), Yannick Jory (saxophones), Janick Martin (accordéon), Hélène Labarrière (contrebasse)

Bringolo, Côtes-d’Armor, décembre 2024

Mojola 0525

https://mojola.bandcamp.com/album/jacky-molard-4

 

Ce disque vient célébrer les 20 ans du groupe, avec une musique mûrie au fil des concerts, ou advenue plus récemment. La tradition musicale bretonne, et plus largement de toutes les cultures celtiques, s’y mêle à des compositions (et des improvisations) qui fleurent bon le jazz contemporain, et plus largement la musique de tous les mondes qui nous entourent, y compris le monde des rêves. J’y entend parfois (phantasme d’auditeur ?) l’écho des musiques répétitives états-uniennes, magnifiées par l’obstination de la différence dans l’apparente répétition. Et je me dis que cette musique répétitive d’Outre – Atlantique, comme beaucoup de musique de là-bas, doit beaucoup aux racines celtes, à l’Irlande, à l’Écosse. Mais ce qui compte vraiment, c’est ce qui se joue, dans ce disque et maintenant, de la mémoire qui se réinvente en musique.

Xavier Prévost

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