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14 février 2018 3 14 /02 /février /2018 19:16

Malik Mezzadri, Fanny Ménégoz (flûtes, voix), Maciek Lasserre (saxophone soprano), Pascal Mabit & Denis Guivarc'h (saxophones altos), Olivier Laisney (trompette, voix), Johan Blanc (trombone), Maïlys Maronne (mélodica), Alexandre Herer (piano électrique), Daniel Moreau (synthétiseur), Jonathan Joubert & Kevin Lam (guitares), Nicolas Bauer (guitare basse), Vincent Sauve (batterie)

Villetaneuse, avril 2017

Onze Heures Onze ONZ 028 / Absilone

 

Une fois encore, Magic Malik étonne (et enchante) par l'originalité féconde de son univers. Avec ce groupe issu de sa rencontre, à la Fondation Royaumont dans le cadre d'une résidence, avec Olivier Laisney et Pascal Mabit, le flûtiste-compositeur-improvisateur développe un travail qui, selon ses propres termes «est un rassemblement de musiciens autour d'une expression musicale à forte identité formelle et pédagogique». Il propose à ses partenaires une charte, laquelle sert de cadre à un travail qui associe composition et improvisation. Sur des pulsations rythmiques dont la combinaison engendre un support d'une riche complexité, arrangements établis et improvisation dessinent un développement d'une liberté saisissante. Les compositions sont signées par plusieurs membres de la Fanfare, dans le respect de la charte. La musique chemine par mouvements successifs ou simultanés, empreints d'un grand naturel, comme le serait une respiration. La sensualité sonore et le plaisir du jeu exsudent dans un cadre qui aurait pu être corsetant s'il avait basculé dans la rigidité formaliste. Et c'est la grande force de Magic Malik, dans tous ses travaux au fil des années, d'avoir toujours concilié l'exigence formelle et le caractère profondément vivant des musiques qu'il pratique. Et loin de se tailler la part du lion comme soliste, il laisse à ses partenaires un véritable espace d'expression, qui confirme le côté éminemment collectif de ce beau projet. À écouter avec l'intensité qui convient, pour en savourer, écoute après écoute, la richesse.

Xavier Prévost

 

Concert de sortie du disque le jeudi 15 février à Paris, au Studio de l'Ermitage. Un autre concert est prévu le 26 mai aux Cuizines de Chelles (Seine-et-Marne).

 

Pour un avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=LvMWkWZzkWo

https://www.youtube.com/watch?v=YL0XF9e15L0

https://www.youtube.com/watch?v=5v2dfe-hwQI

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13 février 2018 2 13 /02 /février /2018 17:21

Steve Argüelles (batterie), Benoît Delbecq (piano), Christophe 'Disco' Minck (guitare basse, synthétiseur, n'goni, harpe) , invité sur une plage : Antoni-Tri Hoang (saxophone)

Paris, juin 2015

dStream 104 / l'autre distribution


 

Le retour phonographique des 'Recyclers', entité à forme et effectif variables qui s'épanouit à la marge des musiques inclassables depuis plus de 25 ans, autour du batteur Steve Argüelles et du pianiste Benoît Delbecq, cette fois associés à Christophe Minck, lequel a souvent croisé la route du jazz, au sens large et décalé, depuis la 'Trash Corporation' (avec Julien Lourau, Bojan Z, Noël Akchoté....) voici près de 30 ans jusqu'au groupe de Hugh Coltman ces dernières années. C'est un disque en trio, que l'on pourrait croire fidèle aux règles canoniques du jazz : piano, basse, batterie. C'est évidemment plus que cela, même si les premières plages, avec leurs intervalles distendus, leurs harmonies plus que tendues, rappellent au vieil amateur que je suis les trios de Paul Bley au tout début des années 60. La pulsation se révèle rapidement différente, faussement binaire, car des mondes rythmiques souterrains s'y déploient, entraînant la propos musical ailleurs ; d'ailleurs cet ailleurs est le Maître-mot, qui pourrait tenter de résumer (mais je doute que cela soit possible) le parcours musical/esthétique d'un tel projet. Et l'on revient pourtant parfois à l'entour de Paul Bley, mais aussi de Ligeti, et d'autres horizons qui s'estompent à mesure que l'on tente de les identifier.... C'est encore plus flagrant quand surgit, au fil de la dernière plage, et comme enfoui dans le mixage tel un passager clandestin, le saxophone d'Antonin-Tri Hoang. Le disque est intitulé ''Davout'' car il a été conçu dans ce mythique studio (aujourd'hui fermé après cinq décennies d'activité), et il revendique à sa manière les fantômes des musiques qui se sont croisées dans ce lieu (Stockhausen, Gainsbourg, Jarrett, Miles, Dexter, Shepp, Nico, Abbey Lincoln, The Talking Heads.... liste évidemment loin d'être exhaustive). Le disque, produit par le Bureau de Son (Steve Argüelles, Nicolas Becker, Benoît Delbecq) sous son label dStream, est à l'exacte mesure du cadre qui l'a vu naître : une aventure sonore, à vivre, à explorer, à partager, en reléguant pour un instant étiquettes, références et autres balises.

Xavier Prévost


 

Le CD paraîtra le 4 mars, mais un concert de sortie est prévu le mercredi 14 février à 21h, à Paris, au Studio de l'Ermitage 

 

Un avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=c68UqXovMho

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11 février 2018 7 11 /02 /février /2018 14:38

SOPHIE ALOUR  : « A time for love »
Music from the source  2018 - L’autre distribution
Sophie Alour (ts, ss), Sandro Zerafa (g), Sylvain Romano (cb), André Ceccarelli (dms) +
Stéphane Belmondo (fchn), Glenn Ferris (tb),Rhoda Scott (orhue), David El Malek (ts), Alain Jean-Marie (p), Laurent Coq (p), + quintet à vent , Arrgts pour le quintet François Théberge, Direc. artistique (David El Malek)

 

Voilà l'album que l'on attendait de Sophie Alour ! Parce qu'il s'agit de jouer, de dire, de vivre une histoire d’amour, qui d’autre qu’elle ? Il y est question d'amour du jazz et de ces magnifiques standards, d’amour fou pour ces superbes mélodies aussi intemporelles que l’amour lui-même, et enfin dire son amour pour cette histoire du jazz marquée par l’empreinte des grands saxophonistes doux qui lorsque des notes sortaient de leur hanches disaient là aussi des mots d’amour. Dans cette lignée Lester Young, Coleman Hawkins, Ben Webster, Guy Laffitte mais aussi sur un autre registre, sur un autre ton Art Pepper, Warne Marshe ou Lee Konitz.
Parce que c’est sur ces terres fertiles que Sophie Alour a grandi.
Porgy and Bess, Skylark, Everytime we sau goodbye, Star fell on Alabama sont des hommages, beaux à tirer des larmes. Beaux comme le frôlement d’un souffle amoureux, indicible et sensuel.
Tout respire l’amour ici. La finesse des arrangements dont François Théberge signe les moments où Sophie Alour joue avec un quitte à vent, est une sorte de modèle. Tout ici est calme et volupté. La saxophoniste n’est pas vraiment le genre à rentrer de dedans à l’arrache ou à se lancer dans de longs solos fumeux. Tout est ici affaire de souffle et de son. Avec grâce et avec ce son de ténor ou de soprano qui est comme un tapis de velours. Un tapis volant.
Sophie Alour est bien entourée, par des musiciens qui font depuis longtemps partie de sa propre histoire.
Puisqu’il y est question d’amour il était normal que le saxophoniste David El Malek soit à la direction artistique. Et ce n’est pas de mots vains que de dire qu’ils sont parvenus ensemble à signer un moment extatique et de de réunion des âmes. C’est ça le contre-chant. Une réunion des âmes.
Sophie Alour est une passeuse d’amour. Et sa déclaration est une des plus belles qui soit.
Une grande saxophoniste !
Jean-Marc Gelin

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9 février 2018 5 09 /02 /février /2018 09:13

Remi Masanuga (piano), David Patrois (vibraphone, marimba)

Paris, 1-3 décembre 2016

Arts et Spectacles ASCD 161204 / Socadisc


 

Il faut une bonne dose d'audace, et de talent, pour affronter de manière diagonale l'illustrissime partition de Bach, et ses 30 variations sur une aria composée, dit-on, par le tout jeune Johann Gottlieb Goldberg, élève du grand Jean-Sébastien, puis de ses fils. Le pianiste Dan Tepfer s'y était risqué («Goldberg Variations, Variations», Sunnyside), et brillamment, en faisant alterner chaque variation jouée à la lettre avec une improvisation qu'elle suscitait. Le parti pris de la pianiste Remi Masanuga est différent : pianiste classique, et qui avait enregistré ces Variations Goldberg voici quelques années, elle a désiré en 2012 rencontrer un musicien de jazz qui lui donnerait sur cette matière musicale une réplique improvisée. David Patrois a fait plus qu'improviser : il a conçu quelques arrangements qui entraînent certaines de ces variations vers d'autres univers musicaux, ici un boléro, là une rencontre fantasmée entre Bach et Steve Reich, ailleurs un tropisme africain, où le marimba sonne comme un balafon en liberté, tandis que le piano, imperturbable, trace sa route au plus près de la partition originelle, ou de l'arrangement élaboré pour l'occasion. Sans parler d'autres facéties qui bouleversent le rythme, révisent l'harmonie ou entraînent le vibraphone, seul, vers le hors piste. L'instant d'après la pianiste, seule, va donner une séquence telle qu'elle fut écrite. On trouve aussi plusieurs variations originales sur l'aria originelle. Tout se joue entre rigueur et fantaisie, mais manifestement dans un amour exclusif pour cette musique. Pas un disque de jazz au sens strict bien sûr, mais un disque empreint des libertés du jazz : un disque qui mérite vraiment le détour.

Xavier Prévost

Le duo jouera au Triton (Les Lilas, Seine-Saint-Denis) le 9 février à 20h


 

Un avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=qJEoY3km8KE

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8 février 2018 4 08 /02 /février /2018 10:12

Yoann Loustalot (trompette, bugle), François Chesnel (piano), Frédéric Chiffoleau (contrebasse), Christophe Marguet (batterie)

Bruit Chic BC010 / http://www.bruitchic.com/

Amiens, Avril 2017


 

L'entreprise est hardie : concevoir tout un programme autour de mélodies, traditionnelles ou célèbres, issues du vaste monde. L'entreprise est intéressante, car elle convoque le désir qu'a le jazz, structurellement, de s'emparer des mélodies pour les parer d'autres atours. L'entreprise est féconde, car elle est entre les mains de musiciens pour qui la mélodie garde un sens profond, jusque dans ses métamorphoses les plus insolites. Chansons de Russie, du Brésil, du Portugal, du Japon, d'Italie, de Suède, mais aussi de France (du XVIème au XXème siècle), tout est prétexte à exalter la mélodie, en l'exposant, mais aussi (et surtout) en l'ornant, en la contournant, avec toujours l'amour et le respect qui s'imposent. Le trompette et le bugle sont évidemment aux avant-postes de ce festin mélodique, mais le piano, la batterie et la contrebasse ne sont pas en reste : ils plantent le décor, et ouvrent la voie vers d'autres chemins, comme ce solo de Christophe Marguet, au milieu du CD, qui rappelle la place de la caisse claire dans beaucoup de musiques d'antan, tout en faisant de ce disque un manifeste : faire du neuf avec des traces du passé, proche ou lointain. Plaine, ma plaine est esquissé avant de partir à l'exquise dérive ; File la laine nous entraîne loin de Jacques Douai, dont le souvenir pourtant demeure entre les lignes. La cinquième des Bachianas Brasileiras nous éloigne de Villa-Lobos, et pourtant l'esprit demeure. Et tout à l'avenant : quels que soient les continents ou les époques, le jazz s'approprie ces mélodies comme il sut toujours le faire, quand il est entre de bonnes mains. Et là c'est le cas : ces gars-là sont des orfèvres

Xavier Prévost


 

Le groupe sera en concert à Paris, au Sunside, le 8 février, puis à la MJC Claude Nougaro de Montmorillon (Vienne) le 30 mars

Un extrait du disque sur cette page

http://www.bruitchic.com/disques

Et un extrait d'un concert au Petit Faucheux en 2016 sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=qrb-KyUO_Z0


 

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7 février 2018 3 07 /02 /février /2018 16:27

Linda Oláh (voix, textes, effets), Rémi Fox (saxophones alto & soprano, effets), Matthieu Naulleau (piano augmenté, textes), Nicolas Fox (batterie & effets), et la participation de Clément Bertrand (voix, textes)

Chamonix, 2017

Ilona Records LIR 8397156 / l'autre distribution


 

Après deux disque en trio, nOx.3 s'est adjoint la participation de la vocaliste suédoise Linda Oláh, comme eux très férue de traitements électroniques, de musiques aventureuses, de climats entrecroisés, avec aussi un indiscutable goût des collages et de la fantaisie. Mais tout cela n'exclut nullement le sens d'un lyrisme recueilli, lequel s'exprime, notamment mais pas exclusivement, par la voix de la chanteuse, d'une riche expressivité. Voici donc un quartette, voire un quintette, car l'ingénieur du son, Valérian Langlais, prend une part importante dans l'élaboration sonore et musicale, comme une sorte de scénographe , metteur en scène et en espace.... sonore. Chaque son (piano, voix, sax, batterie) est travaillé, traité, pour obtenir une couleur inusitée, surprenante, mais toujours avec une pertinence esthétique qui permet la composition d'un objet sonore original, inattendu, et souvent porteur d'horizons neufs. Inclassable, évidemment, mais le jazz fut de tout temps, et demeure, un territoire d'hospitalité pour ce qui échappe aux étiquettes. Textes en plusieurs langues, écrits de plusieurs mains, dans une identité collective très intense qui nous rend admiratifs, devant un tel projet de groupe. Dans la langue natale de la chanteuse, le titre de l'album signifie «rien de nouveau», par antiphrase évidemment, car il y là quelque chose de neuf, où fraîcheur et profondeur se mêlent. Le groupe fait partie des quatre projets qui bénéficieront cette année d'une large diffusion sur scène grâce à 'Jazz Migration', et c'est une très bonne nouvelle !

Xavier Prévost

 

En concert pour la sortie du disque à Paris, le 8 février, au FGO Barbara (1 rue de Fleury, 75018) et en tournées 'Jazz Migration' le 23 mars à Pau-Billère (Hautes Pyrénées), le 29 mars à Romans (Drôme) puis à Orléans, au Mans, à Tours, Thionville.....

Des extraits sur le site de Jazz Migration

https://jazzmigration.com/laureat/remi-fox-nox-3-linda-olah/

et sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=7uBIYpvu5U0

https://www.youtube.com/watch?v=8Xugyoi_pQM


 

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5 février 2018 1 05 /02 /février /2018 22:56

Sinne Eeg (voix), Jacob Christoffersen (piano), Larry Koonse (guitare), Scott Colley (contrebasse), Joey Baron (batterie) + Warny Wandrup, Lasse Nilsson, Jenny Nilsson (voix additionnelles)

Brooklyn, 12-13 janvier 2017

Stunt Records STUCD 1712 / Una Volta Music

 

Décidément la chanteuse danoise s'impose par ses très grandes qualités : voix, expressivité, interprétation, composition, improvisation, textes, tout respire le talent de haut vol, et se confirme dans l'extrême faculté d'affronter les standards (4 plages sur 10) en renouvelant l'approche et en apposant sa griffe. What Is This Thing Called Love est rajeuni dans un dialogue avec les balais de Joey Baron, et avec un scat d'une fraîcheur agile, sans esbroufe, rejoint par le piano (un peu 'à la Tristano') et la basse. Falling In Love With Love, avec le renfort de la guitare, magnifie le rythme souple de la valse tout en suivant le tempo cursif du jazz. I'll Remember April et Anything Goes offrent aussi des traitements inédits et confirment la formidable faculté de rénover un patrimoine. Quant aux thèmes originaux, d'un très grande diversité (ici un peu soul, là d'un lyrisme poignant chargé des douleurs du monde, ailleurs évoquant un climat de comédie musicale qui serait 'pur jazz', ou encore une ballade sinueuse qui ne déparerait pas dans le répertoire de Joni Mitchell....), ils sont d'un niveau remarquable. La chanteuse a emmené avec elle à New York son fidèle pianiste, pour le confronter à trois jazzmen de là-bas : rencontre ô combien féconde. Tout est bon dans ce disque : on se précipite !

Xavier Prévost

Concert en duo avec Jacob Christoffersen le 8 février à l'Échiquier de Pouzauges (Vendée) et le 9 à Paris au Sunside

Une plage sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=SIM6mYcRi_k

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5 février 2018 1 05 /02 /février /2018 16:58
Henri TEXIER Sand Quintet   SAND WOMAN
 
 

HENRI TEXIER
SAND WOMAN
Label Bleu / L'autre Distribution
Sortie 2 février 2018
 
Notre contrebassiste breton au calot rond a profité du double anniversaire de l'Europa Jazz Festival  qui fêtait ses trente ans et de son premier label JMS sur lequel il avait enregistré en solo il ya quarante ans, pour mettre au point un de ses projets malins dont il a le secret. Ecrire un nouveau chapitre d'une histoire musicale qui a débuté en 1967 et créer un autre de ses "orchestres" utilisant l'alchimie entre les acteurs de cette nouvelle dramaturgie. 
Le thème est venu du constat simplement accablant que 80% des plages du monde ont déjà disparu pour récupérer le sable, ressource naturelle des plus précieuses. La femme est un fil conducteur toujours passionnant à suivre, un sujet incontournable dans une narration. Le titre était alors tout trouvé: c'est "Sand Woman" que rend magnifiquement l'illustration de la pochette, un collage de Prévert, le mouvement des marées, des plus étonnants, tout à fait raccord avec le projet du contrebassiste. Où l'on voit que le poète n'avait pas que le talent d'agencer les mots.
Texier explique parfaitement dans ses notes de pochette pourquoi il a eu l'idée de reprendre des thèmes joués autrefois en solo, inédits en orchestre donc, pour laisser le jazz advenir avec un  nouvel équipage, un quintet de charme et surtout de choc.
"Remettre ses pas dans de lointaines traces... aller plus loin , toujours plus loin mais pas forcément au delà." 
Reprendre les thèmes, autrement, continuer à creuser le sillon inlassablement avec d'autres idées, n'est-ce pas une des constantes du jazz? Ainsi du thème "Amir",  premier thème joué il ya 43 ans pour le label JMS, qui est repris aujourdhui en variant avec des passages à l'unisson où guitare et contrebasse sonnent comme un oud.
Sa réputation de mélodiste n'étant plus à faire, ni à remettre en question, on reconnaît immédiate ment la "signature"Texier, quoi de plus passionnant que de tenter l'exploration sonore avec la guitare de Manu Codjia, l'un de ses fidèles compagnons de route, d'associer les timbres de Vincent Lê Quang au soprano et ténor à ceux des clarinettes et sax alto de son fils Sébastien, qu'il qualifie joliment de compagnon "de bientôt toujours". Quant à Gauthier Garrigue, le batteur, rien que le nom évoque des sonorités intéressantes.
On entend donc  six compositions anciennes amplement développées par la grâce du jouage et de l'improvisation collectives, un blues lancinant et un "Indians" qui va chercher du côté d'un de ses grands succès sur Label Bleu, le formidable An Indian's week, à moins que ce ne soit le contraire, chronologiquement. Mais l'inspiration de Texier fait retour éternellement, défrichant en profondeur, sans jamais se lasser. Pour notre plus grand plaisir.   
 
sophie chambon       
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3 février 2018 6 03 /02 /février /2018 08:03
Mark Wade Trio  Moving Day
Mark Wade trio
Moving Day
Label  edition 46 
www.markwademusicny.com
Mark Wade (contrebasse), Tim Harrison (piano), Scott Neumann (drums)
Il est peut être l'un des contrebassistes actifs et remarqués de la scène jazz New Yorkaise, il n'en reste pas moins que Mark Wade demeurait jusqu'à ce second album Moving Day quasi inconnu chez nous. Et pourtant il a commencé il y a près de vingt ans. Il n'est devenu leader cependant qu'en 2015 avec Event Horizon.
Voilà une musique délicate qui pourrait passer pour fade si on ne  se pose pas pour l'écouter: aucune aspérité apparente, aucune violence rentrée ou explosive, une façon de rendre des sensations, voire des émois  perceptibles, par un jeu de couleurs et d'atmosphères bien dessinées, de se laisser aller à une rêverie qui remonte le temps comme dans ce "Midnight in the Cathedral".
Un trio équilibré où chacun joue sa partie, sans prédominance aucune, même si le fait que Mark Wade soit contrebassiste nous permette de l'entendre, un son clair et léger, une façon de faire chanter son instrument. Le piano est cristallin sans excès et impressionniste : une citation de Debussy dans "La Mer" confirme cette idée dans "The Bells"; quant au drive du batteur, constant et énergique, il restitue l'atmosphère des "marching bands" de la Nouvelle Orleans dans "The Quarter".
 
Les compositions sont de Mark Wade à l'exception de deux reprises bien connues, "A night in Tunisia" agréablement chahuté et surtout une revisitation de ce qu'il faut bien nommer une "scie", "Autumn Leaves" de notre cher Kosma. Le contrebassiste en fait quelque chose d'assez original, en laissant libre cours à son inspiration et à des références qu'il tisse, revivifiant le standard par des emprunts identifiables au bridge de "Maiden Voyage" de Herbie Hancock.
Du jazz "mainstream" qui ne manque pas de goût, dans une volonté  affirmée d'illustrer, dans de belles correspondances, sons et couleurs, textures et images. Ce qui s'opposerait presqu'au graphisme de la pochette, très "op art", signant la géométrie verticale de la "Grosse Pomme".
 
Sophie Chambon        
 
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28 janvier 2018 7 28 /01 /janvier /2018 15:22

Jean-Marie Machado (piano, piano préparé, tom basse, voix, composition), Keyvan Chemirani (zarb, udu, set de percussions, voix), Christian Hamouy (vibraphone, glockenspiel, tom contrebasse, cymbales, temple blocks, tam-tam, binsasara, voix), Marion Frétigny (marimba, bols japonais, tom basse, woodblocks, tam, cymbales, voix), Gisèle David (xylophone, chimes, grosse caisse, tom basse, tam, cymbales, glockenspiel, voix)

Aix-en-Provence, 30 août-1er septembre 2017

Hortus 151/ www.editionshortus.com

disponible également en téléchargement sur les plateformes : Quobuz, Amazon, Deezer, Spotify

 

Encore une proposition hors normes du pianiste compositeur Jean-Marie Machado, avec ce quintette pour piano et quatre percussionnistes, projet inspiré par la mémoire du regretté Nana Vasconcelos, avec lequel Jean-Marie a collaboré à plusieurs reprises. Autour de lui, qui est un musicien inclassable connu dans le jazz, et bien ailleurs, des percussionnistes tout aussi férus d'ailleurs, venus des musique traditionnelle, contemporaine ou symphonique. Et cet esprit d'ouverture va prévaloir dans cet ensemble de pièces créées en 2015 au Centre des Bords de Marne du Perreux, où le pianiste-compositeur est en résidence de compositeur associé, et conseiller à la programmation pour le jazz. Chaque pièce est porteuse d'un univers, et s'y mêlent les souvenirs des audaces rythmiques du début du vingtième siècle (Stravinski, Bartók, mais peut-être aussi le compositeur américain George Antheil, et son Ballet mécanique créé en 1926 au Théâtre des Champs-Élysées), les rebonds rythmiques des musiques vocales de l'Inde, le dépaysement sonore des percussions telles que la musique occidentale du vingtième siècle les a fantasmées, et surtout le goût des timbres, tel que l'instrumentarium choisi le laisse s'épanouir.

Il n'est que de se laisser porter, de plage en plage, par cette exploration musicale et sonore. Parfois le piano est absent. Et une autre plage est purement vocale, et un solo de piano conclut le CD. Les titres sont là comme des pistes, restituant peut-être la source d'inspiration, avec parfois ce sentiment que l'on nous égare, délibérément et avec un humour taquin, sur une fausse piste.... La prise de son est exemplaire, réalisée par l'équipe du studio de La Buissonne, justement renommé. Un disque à découvrir, puis à savourer dans le détail de ses multiples détours : Jean-Marie Machado n'a pas fini de nous surprendre.

Xavier Prévost


 

Le groupe sera en concert le 30 janvier à Paris au studio de l'Ermitage.


 

Un avant-ouïr sur YouTube et sur le site de l'artiste

https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=7OnGwLNt4YI 

www.jeanmariemachado.com


 

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