ISABELLE OLIVIER : « In between »
Enja 2017
Isabelle Olivier (hp), Julie Koidin (fl), Hugo Proy (cl), Raphaël Olivier (g), Fraser Campbell (sx), Thomas Olivier (p), Devin Gray, Ernie Adams, Dré Pallmaerts (dms)

Album après album, la harpiste Isabelle Olivier ne cesse d’écrire des pages d’une incroyable beauté. Serait- ce la complicité familiale ( elle est ici entourée pour la première fois de ses deux fils) qui fait que cet album exhale l’amour et les émotions belles ? Allez savoir, mais il y a quelque chose ici qui est de l’ordre du bonheur à l’état pur, à l’état brut et qui pour peu vous tirerait des larmes de bien-être.
Il est ici question de paysages et de communion avec la nature. Avec les gens aussi. Quelque chose de presque chamanique règne sur cette belle berceuse péruvienne (Péruvian Lullaby) ou sur cette référence aux peuples indiens (Potawatomi) ou encore sur cette magnifique ouverture sur un paysage majestueux et simplement beau ( Lisière)? Ecoutez comme l’on se sent bien en entendant cette Fête de la musique qui danse une danse africaine. L’ allégresse est aussi communicative sur Comment ça va ou la harpe dialogue avec la clarinette. Discrètement la pluie et les bruits des enfants peuplent aussi cet album pour ceux qui sauront les entendre comme autant d’hommages à la vie.
Les lignes mélodiques souples d’Isabelle Olivier dansent sur le tapis de velours que lui fait la clarinette d’Hugo Proy ou sur les harmoniques de Raphaël Olivier qui semblent tout droit venues du pays de Ralph Towner. Et puis voilà, il y a de la musique jouée par tous avec osmose et écoute mutuelle et surtout avec des sentiments d’une grande douceur.
Et tout au long de cet album, ce qui impressionne ce sont les immenses talents de compositrice de la harpiste. On imagine ce que donnerait entre ses mains un large big band avec lequel on entrevoit un travail qui la rapprocherait immanquablement d’une Maria Schneider, elle aussi compositrice des grands espaces !
Isabelle Olivier est elle « in beetween » ? Entre la vallée de Chevreuse et Chicago entre lesquels elle partage son domicile ? Entre nature verte et paysages urbains ? Entre jazz et classique ? Entre continents ? Entre des deux fils ?
La seule chose que nous savons vraiment c’est que son amour de la beauté occupe la place centrale de sa musique.
Elle est ici omniprésente.
Jean-Marc Gelin











