BROUSSEAU / METZGER
SOURCE
Sortie 3 novembre 2017
Emouvance/Absilone Socadisc
Concert de sortie d’album le 3 novembre au studio de l’Ermitage Paris 20ème
Si ces deux-là se connaissent depuis vingt ans, leurs années de conservatoire, s’ils ont participé à certains des projets importants des musiques actuelles, ceux de Marc Ducret (Le sens de la Marche en 2003) et de Louis Sclavis pour aller vite et donner une idée de la mouvance dans laquelle ils aiment à apparaître ( ils ont près de dix albums en commun en tant que sidemen), ils n’avaient jamais eu le temps, l’occasion de se retrouver à deux sur un projet commun, plus personnel et donc intime. C’est chose faite à présent avec Source qui sort sur le label EMOUVANCE, écrin tout indiqué pour ce duo de charme. Elégant est sans doute le qualificatif le plus adéquat pour traduire la délicatesse de cette musique à l’image des photographies de la pochette dues à Samuel Choisy. Légèreté de ces plumes nuageuses dans l’atmosphère, en suspension : des formes vaporeuses qui surgissent et disparaissent, choses fugaces qui restent en mémoire comme les improvisations lancinantes, sinueuses, troublantes du duo, donnant du sfumato à ce « jazz » chambriste célébrant l’association des saxophones de Mathieu Metzger ( souverain au soprano) et du piano de Paul Brousseau. On est assez loin cette fois des claviers électroniques et du rock expérimental, plongé dans une musique élégiaque, onirique où les deux musiciens révèlent leur sensibilité en usant finement des atouts d’une belle pratique instrumentale. Matthieu Metzger est assurément un saxophoniste avec lequel il faudra compter, aussi fougueux que délicatement impressionniste et Paul Brousseau révèle une profondeur de son, un toucher qui sait se faire tendre, voire caressant, qui peut tomber en gouttes et quand il le faut est musclé comme dans ce vibrant « Thollot’s Rhapsody ». Un sens indéniable de la mélodie se révèle sur ces ballades lentes qui filent rapidement : au total quinze petites pièces vives, libres, subtiles entre deux et trois minutes qui égrènent en une sorte de récital, tout un art, renouvelé du duo piano sax. Et l’on ne souhaite qu’une chose, c’est les entendre encore.
Sophie Chambon











