
Stan Getz (saxophone ténor), Jimmy Rowles (piano, vocal), Buster Williams (basse), Elvin Jones(batterie) et en invités (pour un titre), Jon, Judy et Michele Hendricks et Beverly Getz (vocal).
New York, octobre 1975. Columbia-Sony. Collection Jazzconnoisseur
Voici un grand moment de fraîcheur, symbole de l’atmosphère californienne, même si l’album a été enregistré sur la Côte Est. Sorti initialement en 1977, le disque retrouve les bacs sous un autre format (le cd) mais sous sa présentation originale (design de pochette et texte), ainsi que le veut le principe de cette collection destinée à redonner vie à des chefs d’œuvre des temps passés (une deuxième vague de 25 références vient de paraître). La vraie vedette en est Jimmy Rowles (1918-1996), connu pour ses qualités d’accompagnateur (Billie Holiday, Sarah Vaughan, Carmen McRae…), et auteur d’une pièce maîtresse, The Peacocks, ici présentée avec quelques pépites (Body and Soul, Skylark, Lester Left Town). Stan Getz se montre toujours aérien et Elvin Jones témoigne d’une délicatesse aux balais qui en dit long sur l’étendue de sa palette sonore. Une autre surprise vient de cette version de The Chess Players, composition de Wayne Shorter, distillée par un quatuor vocal formé de la famille Hendricks (on retrouve Jon au sein du trio LHR dans un autre album de la dite collection, enregistré en 1959 à New York avec le trio d’Ike Isaacs et Harry Edison) et d’une fille de Stan Getz, Beverly. Dernier argument, le prix, moins de 5 euros, le tarif d’un demi et là, dans le cas de cet album, on peut dire que ce n’est pas de la petite bière !
Jean-Louis Lemarchand









09 Joëlle Léandre. Une constante chez la contrebassiste aujourd’hui encore au moment où ses maisons de disques célèbrent ses 40 ans d’un parcours jamais rectiligne. Inclassable, entre jazz et musique contemporaine, improvisatrice permanente. « Quand tu improvises, tu ne penses à rien. Plus tu as la tête vide, plus l’improvisation est réussie », disait-elle aussi à l’époque. Un dernier exemple en est donné avec cet enregistrement réalisé dans un de ses lieux préférés, le théâtre Dunois, à proximité de la gare d’Austerlitz, voici trois ans. Sur scène, Joëlle Léandre retrouvait un autre as de l’impro, le pianiste Benoît Delbecque, spécialiste du piano préparé, et le beat-boxer etatsunien Carnage « The Executioner », partenaire de la rappeuse Desdamona dans le groupe hip-hop de Minneapolis Ill Chemistry. Une rencontre inédite entre plusieurs mondes où chacun, relève dans le livret de présentation Stéphane Ollivier, « en consentant à se déplacer sur le territoire de l’autre, fit ce trajet hors de soi, sans quoi aucune vie commune n’est possible ». Là est l’esprit, la conviction profonde de Joëlle Léandre qui se manifeste à son zénith sur scène où, comme le remarquait Xavier Prévost, témoin de son concert en duo au récent festival de Nevers le 8 novembre, « la force d'expression passe la rampe ». Vous l’avez compris, il ne faut pas manquer ce corps à corps de Joëlle Léandre avec sa contrebasse.
