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11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 10:05

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Ce qu'il y a de magique à Porquerolles, c'est la simple générosité avec laquelle vous vous sentez accueilli. Ici pas de chichi, pas de grosses stars internationales, pas de service de sécurité aux gros bras, pas d'interdits stupides, simplement le sourire joyeux de la passion partagée : des bénévoles aux organisateurs et artistes, ici présents, la même banane aux lèvres et les mêmes lunettes fumées pour cacher les nuits d'after endiablées.

 

 


 

 

 

C'est en fanfare que chaque soir, nous montons au Fort St Agathe pour les concerts, une fanfare généreuse et joyeuse qui met en écoute...quand on pense qu'un admnistratif obtus avait proposé que cette fanfare traverse Porquerolles, ce bijou d'ile, en silence afin de ne pas troubler la sérénité des 300 ilotiers! Le festival de Porquerolles c'est aussi Simone que l'on croise chaque jour sous l'arbre à palabres et qui parole à partir de nos mots préférés. Paroleuse slammeuse, déclameuse, danseuse, chanteuse, joueuse, fiévreuse, joyeuse ! Hibiscus, Colibri, Terrasse, Solal, Dauphin, Ornythorinque, Piqûre....de tout elle fait son miel pour réjouir tous nos sens. Il y a aussi cet instant magique du matin au Hameau où petits et grands de 3 à 99 ans se retrouvent pour chanter ensemble sous les pins. L'endroit est idyllique avec ses grands pins centenaires créant des ilots d'ombre délicieux, ses petites agoras, ses recoins. De la polyphonie, de la polyrythmie, de la danse traditionnelle de Noirmoutiers, tout y est osé par de talentueux jeunes musiciens. Oui jeunes, car la jeunesse explose à Porquerolles !

 

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D'Archie Shepp aux jeunes d'Uzeste, de Lubat, Drake, Portal à Brad Mehldau...c'est ce qui fascine immédiatement ici, c'est la jeunesse, la fraicheur, la spontanéité de la musique partagée. Le jazz est ici métissé, coloré, bigarré, le jazz ici est vibrant et dansant. C'est ici un art de vivre, un art d'être à l'autre, ici une révolution silencieuse est en cours sous le signe des dieux. C'est un lieu rare.

Regine Coqueran

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8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 00:00

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De plus en plus, j'aime le cafe OTO. D'abord sa simplicité, son accueil simple, ses bières simples, son accès simple. Aussi, c'est un lieu de musiques dites décaléesn en tout cas musiques originales - autres - nouvelles - électro - free - africaines... J'aime sa programmation éclairée et eclectique. Enfin, le cafe OTO sait présenter les artistes qui y sont programmés via sa newsletter et sur son site. Il nous donne envie de venir à leur rencontre - c'est grâce à la neswletter que je suis venu voir MERGIA - probablement parce que le programmateur aime les musiques qu'il propose. J'aime le cafe OTO par sa sincérité, sa dynamique artistique positive et aguerrie.

Du côté des "musiques africaines", c'est au Cafe Oto qu'on peut y voir et écouter le pianiste nigérien Mammane Sani (Mamane Sani en anglais) - venu avec ses cassettes 60 mn à vendre sur place - et son orgue (on aurait envie d'ajouter "bontempi") reprendre avec fierté des chansons de Nicoletta et chanter, chez nos amis anglais, la colonisation française. Puis nous y avons rencontré Louis Moholo Moholo et son groupe incroyable.

Hier soir - vendredi 6 juin 2014, le café OTO accueillait le claviériste et accordéoniste éthiopien Hailu MERGIA et son trio, composé du batteur australien Tony Buck - sacré batteur original qui a joué avec The Ex entre autres - et l'"unbelievable" contrebassiste Mike Majkowski.

 

 

Dans les 80s, MERGIA - accordéoniste et clavieriste (Moog, rhodes) - s'est fait connaitre en Europe gràce à son album cassette Hailu Mergia and his classical instrument où on l'attend jouer son instrument favori qu'est l'accordéon, et avant ça avec son groupe Walias Band avec la participation de Mulatu Astatke. Puis, Walias Band connut un renouveau de célébrité en Europe et à Addis Abeba la révolutionnaire quand sa musique apparait dans la collection française des Ethiopiques.

Hailu MERGIA, presque 70 ans en bonne forme, arrive sur scène en costume: écharpe et cravate aux couleurs de l'Ethiopie. Le ton est donné. Le trio jouera deux sets des thèmes traditionnels éthiopiens et compositions de Mergia: rythmiques toujours très enlevés, funk orientales et gammes pentatoniques au rendez-vous. Juste on aura droit à un moderato aux rappels du dernier set en guise de calmant placebo donnant la fin de concer.

J'ai adoré la folie du contrebassiste Mike Majkowski qui me rappelle à plus d'un égard notre contrebassiste fou Géraud Portal. Il est connu pour ses soli imaginatifs, ses collaborations avec Han Bennink et Peter Brötzmann et ses travaux novateurs. J'ai aussi beaucoup aimé l'australien Tony Buck, basé à Berlin, et son groove qui vous emporte. Très rafraichissant, musique élaborée et simple en apparence. Surtout on y voit  avec  plaisir un trio qui aime se retrouver pour jouer. Le public l'a bien compris: les uns dansent, les autres dodelinent en rythme; tous rêvent un peu d'Addis.

Un conseil: jetez un oeil et une oreille à la vidéo ci-dessous. Elle en vaut la peine.

JG

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7 juin 2014 6 07 /06 /juin /2014 12:22

Logo VortexPremière infidélité au Café Oto. Mais pas la première visite au Vortex non plus. J'y avais vu et écouté Evan Parker qui y réside une fois par moi depuis plus de sept ans.

Le Vortex est un club de jazz londonien, situé lui aussi à Dalston à deux pas du Café Oto. La programmation est jazz sans aucun doute avec spectre large mais toujours mesuré.

Ce lundi 26 mai, terrible envie d'écouter de la musique.Après un coup d'oeil sur youtube, va pour Laura Jurd quartet au Vortex.

Agréable surprise que ce concert en deux parties. La première partie est Tandem à trois musiciens que sont le leader David Malkin (chant et guitar acoustique), Henry Webster au violon et Ben Corrigan à l'électronique et claviers. Tandem c'est un mélange d'électro et de musiques celtiques, irlandaises et écossaises. Le charismatique leader a une voix sûre, projette des sons trafiqués de sa guitare tout en concervant une sonorité acoustique et traditionnelle sincère. J'ai beaucoup aimé Tandem pour son originalité et le charisme du groupe.

Arrive Laura Jurd quartet. Cette très jeune trompettiste a fait parler d'elle du haut de ses 23 ans. Elle affiche une belle maturité musicale et joue avec aise et puissance de sa tropette avec qui est elle fait corps véritable. Sans souffrance. Elle "leade" son groupe simplement et naturellement, l'envie de jouer se fait sentir, le respect des musiciens entre eux se lit sur les visages. Laura Jurd bénéficie déjà d'aide privée pour son développement artistique et répond à de nombreuses commandes musicales.

Encore plus que Tandem, le groupe est jeune, très jeune. Tellement jeune que le bassiste électrique Conor Chaplin semble avoir 16 ans. Voilà un groupe poupon qui propose sans complexe une musique très aboutie, originale par sa fraicheur et ses arrangements ouverts sur le reggae, le trip hop, le rock. Particulièrement impressionnant est le claviériste Elliot Galvin qui propose des sonorités et des atmosphères judicieuses aux sonorités massives. Probablement inspiré par EST sur certains aspects et avec beaucoup d'apport personnel.

JG

 

 

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 23:33

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Vraiment un chouette moment ce soir à l’Ermitage en compagnie de Denis Colin dans une salle, malheureusement pas très remplie.

Nous vous avions dit dans ces colonnes tout le bonheur que nous avions eu à écouter cet hommage à Nino. ( voir DENIS COLIN : " Univers Nino")

Et bien figurez vous que c’est encore mieux en vrai ! Denis Colin ne boude pas son plaisir à pousser la chanson ( fort bien ma foi) et son association avec la chanteuse Ornette fait merveille. Les musiciens jouent terrible et s’amusent visiblement d’être là.

Quant au public il est en terrain connu, familier avec ces airs de Nino en tête ou avec de belles découvertes comme ce Métronomy morceau purement orchestral écrit par Nino.

 

Pour ce concert le clarinettiste a aussi choisi d’élargir à d’autres chansons qui ne figuraient pas dans l’album mais qui contribuent à la légende de Nino Ferrer ( comme l’incontournable Gaston ou le Sud).

Et au final c’est la guitare de Julien Lomé qui s’enflamme, c’est Ornette qui ensorcelle le public, c’est Denis qui lui donne des frissons ( Le Sud ou la Rua Madureira en duo avec la chanteuse) ou qui déclenche la foudre.

Et au final surtout c’est le public qui rappelle et qui chante.

 

 

A voir le bonheur communicatif de toute cette salle, on aurait du mal à comprendre que les programmateurs de festival puissent encore bouder ce jazz si populaire qu’il en est un vrai régal .

 

Merci Denis !

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 denis colin

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29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 11:32

 

 

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Sortie le 20 mai 2014  / Concert le 24 juin 2014 au Café de la Danse - Paris

Concert à Jazz sous les Pommiers le 29 mai

Outnote records / Outhere distribution

 

La Nouvelle Vague en France fut une période d’effervescence culturelle pendant laquelle le cinéma français, a exploré brillamment de nombreux styles musicaux : be bop, swing, jazz, classique, musique symphonique, et chansons. « C’est un peu le reflet d’une époque, celui d‘une industrie qui reformate la musique écrite pour le cinéma en fonction du marché » écrit  le musicologue Stéphane Lerouge dans le catalogue de la formidable exposition de la Cité de la Musique Musique et cinéma, le mariage du siècle ?  A l’époque des yéyés, sortirent en 45 tours sur le label Philips, beaucoup de musiques des films de la Nouvelle Vague.

Cette période fascine nos musiciens de jazz actuels et c’est au tour de Stéphane Kerecki de se pencher sur ces thèmes, après le travail abouti de Stephan Oliva dans Vaguement Godard. Le contrebassiste explique fort bien que la démarche des cinéastes de la Nouvelle Vague rejoint celle des musiciens de jazz dans une recherche éperdue de liberté. Voilà qui permet d’associer dans une ronde ophülsienne,  cinéastes et musiciens aussi originaux que Jean Luc Godard, François Truffaut, Louis Malle, Jacques Demy, Michel Legrand, Georges Delerue, Miles Davis, Antoine Duhamel. Car ces musiques, toutes singulières, témoignent de ce désir de liberté accordé à chaque compositeur. De plus, la fonction de la musique au sein des films prend de l’importance, dans une nouvelle perspective, structurante, et peu illustrative.

 Dans le Nouvelle Vague du quartet de Stéphane Kerecki,  les thèmes ont été peu arrangés, dans une volonté délibérée de les saisir à vif, comme des matériaux bruts que chacun des complices du contrebassiste s’approprie à son gré. Le pianiste John Taylor qui a enregistré en 2011, Patience (chroniqué aux DNJ)  en duo avec Stéphane  Kerecki, est à nouveau de la partie avec un piano impressionniste et doux, le batteur Fabrice Moreau, élégant et précis, le saxophoniste Emile Parisien au soprano, particulièrement sobre sur tout le disque, entourent  le contrebassiste leader. 

 La musique référence du mouvement de la Nouvelle Vague est celle d’Ascenseur pour l’Echafaud de Louis Malle, expérience innovante d’improvisation enregistrée sur les images mêmes du film par le quintet « historique » de Miles, en 1957. Le quartet de  Stéphane Kerecki  joue gros en s’attaquant à « ces » thèmes de film noir mais le résultat est probant, et puis c’est la loi du jazz de se frotter à des relectures, aussi périlleuses soient-elles. On aimerait leur demander quelle a été leur approche. Le jazz comme performance est sans doute la manifestation d’une musique générationnelle, en accord avec cette modernité cinématographique. Pour Godard [1], trois  thèmes sont repris, parmi les plus célèbres, comme des passages obligés : ainsi en est-il de « Ferdinand » (Pierrot le Fou), ce thème d’Antoine Duhamel qui, une fois entré dans la tête n’en finit pas d’y tourner, retourner. On se régale avec la suite de Martial Solal pour  A bout de souffle  (l’émouvante Jean Seberg vendant  sur les Champs Elysées, le New York Herald Tribune).  Martial Solal raconte dans Ma vie sur un tabouret  (Actes Sud) qu’il a utilisé «un ensemble de jazz modulable du sextet au big band et un orchestre avec cordes et bois » pour « deux thèmes très courts, presque identiques dans la forme, mais l’un allant du grave à l’aigu et l’autre inversé ». Enfin, comment oublier le générique, l’ouverture et «Camille»dans Le Mépris de Georges Delerue, thèmes emblématiques, devenus génériques d’émissions?

A chaque fois, le thème est rappelé, pour mémoire, repris avec des variations sur lesquelles les musiciens se détachent avec fluidité, d’autant que les musiques originales s’y prêtent, mélodiques sans être mièvres, lyriques, troublantes. Le jazz y trouve sa place par l’époque, le style, le rythme et se coule admirablement dans cette matrice : on peut réinterpréter, broder des variations, s’éloigner, créer du neuf à partir d’un petit motif de rien du tout, trituré, désossé, amplifié. Comme des funambules, les musiciens se lancent avec une audace contrôlée, effectuent des figures fragiles mais libres, tournent, virevoltent avant de se « récupérer » sur le thème. On peut être particulièrement sensible à l’effort du quartet de jouer avec la patine, le grain, le tempo de l’époque. Les yeux fermés, les images d’un film imaginé défilent, d’autant que les échanges et la complicité intenses donnent  vie et sens à ce qui constitue la véritable B.O d’un film imaginaire recréé par et pour l’auditeur. Le quartet a réussi l’impossible avec la création d’une suite continue, harmonisée et organique. Il aura fallu  cinquante ans pour  que naisse une musique cohérente qui rassemble, rattache, enveloppe ce mouvement cinématographique fondateur. 

NB : Certaines chansons de Serge Rezvani ou de Michel Legrand sont dans la mémoire collective, la ritournelle  « Le tourbillon » de Jules et Jim, portée par la voix de Jeanne Moreau, ou  les « tubes » éternels du film  Les Demoiselles de Rochefort ? 

Jeanne Added a choisi de reprendre avec un accompagnement délicat « La chanson de Maxence» (rappelez-vous de Jacques Perrin en marin peroxydé, doublé par Jacques Revaux), qui inspira à Bill Evans une version sublime en 1977, « You must believe in spring ». C’est peut-être sur ces thèmes chantés- elle reprend aussi la chanson d’Anna Karina [2] dans Pierrot le fou « Jamais je ne t’ai dit que je t’aimerai toujours »- que nous émettrions quelque réserve, tant la marge de manœuvre de la chanteuse Jeanne Added est mince. 

Sophie Chambon

 

[1] Nous nous sommes amusés à réécouter en parallèle le piano d’Oliva qui reprend ces 3 mêmes thèmes dans son album Vaguement Godard chez Illusions

[2] Jeanne Moreau a également repris cette chanson ...

 

 

 

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 15:53

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Me revoilà lundi 12 mai 2014 au cafe OTO pour le concert du batteur sud-africain Louis Moholo Moholo avec son quartet de longue date.

Quartet de longue date certes, et collaboration avec ses musiciens hors des murs du quartet. Jason YARDE est le saxophoniste also, ténor et soprano aux accents parfois coltranien pour le côté dramatique, le contrebassiste anglais John Edwards, et le pianiste anglais Alexander Hawkins.

Entouré d'une communauté sud-africaine de Londres, joyeuse et respectueuse de la musique du quartet, et de nombreux aficionados de la musique de Johnny Dyani et Chris Mc Gregor à la grande époque de son big band au son nouveau: le Brotherhood of Breath - duquel Louis Moholo Moholo faisait partie intégrante, le grand batteur nous a tous régalé.

C'est la deuxième apparition de Moholo au cafe OTO; la première avait fait le bonheur du lieu et la presse s'était empressée d'en dire du bien : "an evening of dramatic and emotional jazz of the highest quality" (London Jazz News). 

C'est aussi le retour que je veux en faire. Le premier set s'accorde un premier morceau construit en suite décalée/free qui emprunte largement des passages de la musique traditionnelle sud-africaine, puis un deuxième morceau plus court qui nous a montré un groupe solide et vibrant. Une musique profonde et sincère. L'humanité des quatres hommes rejaillit.

Le deuxième set est dédié aux reprises. Classiques, comme "What a Wonderful World" à la sud-africaine et investie (Jason Warde au tenor). Sud-africaines, comme "Ithi Gui" de Johhny Dyani (aussi appelée "Appear" sur son album Afrika) ou "You ain't gonna know me cos' you think you know me"; morceaux jouées par le Brotherhood of breath de Chris Mc Gregor. Sans être certain, je crois avoir reconnu aussi "Ass Jive Boer" de Dyani. Quel plaisir, quelle joie d'entendre la salle entière entonnée les mélodies, d'abord chantées/vocalisées/onomatopées par le quartet !

Avant la fin, le chanteur anglais, fou un peu, Phil Minton fait une apparition dans le public pour l'accompagner dans ses vocalises. Puis moins de deux minutes après être arrivé, il part. On lisait dans ses yeux de l'émotion et de la joie qui disaient quelque chose comme: "That's what I needed tonight".

 

JG

 

 

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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 15:04

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Je me doute que plus d'un d'entre vous se demande: "hmmm cafe OTO, qu'est ce donc?"

Qui plus est, où se situe ce café qui accueille Drake et Parker - aka la paire télépathique de la musique improvisée - en son antre !!

Pour lever le doute, ce n'est pas un nouveau lieu parisien ni le dernier club en vogue à Poulben en Morbihan. Le Cafe OTO se situe à Dalston dans le greater London à l'est de Camden (station Dalson Kingland de l'overground londonien). Tenu par un couple de japonais, il ressemble à plus d'un titre aux Instants Chavirés de Montreuil dans le 93 (dites "neuf-trois"). Déjà la programmation est "similaire": musiques libres et improvisées, free, en tout cas décalées (Eugène Chadbourne s'y est présenté il y a 15 jours avant son passage aux Instants fin avril).

Comme aux Instants, l'endroit a la particularité d'accueillir son public avec des tarifs bas (10£). Enfin, il semble profiter de l'aide de bénévoles ou apparentés et afficionados pour fonctionner dans l'interactif et convivial. Ce qui différencie le cafe OTO est que la salle est plus grande que celle des Instants et la bière au bar bien moins variée!

Ceci étant dit, le concert que je suis allé voir ce 7 mai a attiré beaucoup de monde. En France, on ne s'en étonnerait pas. En revanche, à Londres ville de choix pour la musique progressive, Drake et Parker sont assez mal connus - disons, moins bien qu'à Paris - mais suffisemment pour faire salle comble.

La paire Drake/Parker était accompagnée par le jeune saxophoniste américain John DIKEMAN qui réside à Amsterdam. Autant le dire tout de suite, j'ai trouvé ce soufflant au style rudimentaire et brut assez peu convaincant: fort criard, dans la veine du vénéré Ayler mais sans étincelle à mon goût mis à part un tremolo émouvant sur le dernier morceau du deuxième set. Mais il est assez compréhensible que le jeune homme est peiné à trouver les clés pour entrer dans la tête de la paire rythmique tellement Drake et Parker se côtoient msur scène depuis des décennies. Rendons grâce.

En revanche, la paire Drake/Parker a une fois de plus fait vibrer la salle déjà bien achalandée en fans ou amateurs avertis. Dikeman est plus accompagnateur que leader dans le trio. Pris dans son mouvement d'énergie, il passe à côté du dialogue de Drake et Parker. 

Côté amusant dans ce contexte, la paire Drake/Parker a usé de "trucs" pour accrocher et "plaire" à un public anglais qui ne les connait pas forcément: petite discussion rythmique à deux, groove lancé par Parker largement bonnifié par Drake... histoirede faire danser la tête plutôt que les jambes. Deux sets et trois morceaux: le premier dans la veine free improvisé sur le premier set d'une durée de 50 mn. Le deuxième set commence par un duo Drake (frame drum) / Parker (flute exotique) accompagné par Dikeman qui a su ranger son énergie et délicatement accompagné le duo. Pour le coup, ses interventions étaient de bonne augure. Le dernier morceau est, semble-t-il, "Ghosts" d'Ayler: Dikeman a pris son pied, nous aussi.

Le prochain concert au cafe OTO est Louis Moholo Moholo, le batteur sud-africain qui réside en Angleterre. Maybe, we wil catch him there.

See you

JG

 

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 21:38

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Connaissez-vous l’Espace Congrès des Esselières à Villejuif ? Si non, c’est bien dommage… Ce lieu sympathique propose chaque mois un concert de Jazz sous l’efficace patronage de l’association « Jazz aux Esselières »[2] et le jeudi 17 avril cette heureuse scène accueillait l’Anachronic Jazz Band. Belle brochette de virtuoses en l’occurrence qui frôlent une moyenne d’âge proche de celle des Rolling Stones. Ici s’arrête la comparaison même si pour certains amateurs on pouvait trouver un côté mythique à l’Anachronic. Le mythe renaît pour une série de concerts pas piqués des mites et ce grâce à Patrick Artero (Trompette) qui a eu la bonne idée de réunir de malicieux complices pour renouer avec la transposition du Be Bop vers le style musical des années 20 et 30.

On retrouve quelques uns des fondateurs de 1976 : Philippe Baudoin (Piano), Daniel Huck (Sax Alto, chant), Marc Richard (Clarinette, Sax Alto), André Villeger (Clarinette, Sax Ténor, Sax Soprano), Gérard Gervois (Tuba), auxquels se regroupent avec bonheur Jean-François Bonnet (Clarinette, C-Melody Sax), Pierre Guicquéro (Trombone), François Fournet (Banjo), Sylvain Clégarec (Batterie).

Comment dire… Les caves de Jazz ont-elles le même effet que celles des crus de Bourgogne ? Il faut croire que oui. Les trente huit ans qui séparent la formation du début de celle d’aujourd’hui n’ont en rien altéré l’enthousiasme des musiciens, la qualité des arrangements, l’originalité des chorus et le plaisir des auditeurs. Les trios de clarinettes, les quatre quatre au cordeau, les envolées des solistes nous plongent dans la joie au-delà même des thèmes originaux totalement réarrangés pour mériter une admission dans ce répertoire anachronique. A l’occasion vous revisiterez : Yarbird Suite, Armando’s Rumba, Blue Monk, Salt Peanuts et le passage savoureux du Take Five de Dave Brubeck au Take Four de Philippe Baudoin dont les accents arabisants sont néanmoins New Orléanesques en diable.

Si vous avez le bonheur de les voir en direct vous retiendrez quelques vannes à deux balles dignes de collégiens (on ne se refait pas…), quelques sourires des uns et des autres à l’audition de leurs chorus respectifs. Vous apprécierez également leur grande culture musicale inspiratrice du choix des thèmes. Vous profiterez enfin d’un énorme moment de complicité non coupable entre musiciens qui se connaissent bien et sont tout au plaisir de s’être retrouvés pour faire un bout de chemin sur une portée commune. Vous vous devez également d’acheter leur dernier disque « Anachronic Jazz Band : Back in Town » et celui réédité en 2009 « Anthropology ». 

Le deuxième, je l’ai déjà… En vinyle…

Bonne écoute.

 

 

 

 

 

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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 12:04

 

Francis Le Bras (piano), Daniel Erdmann (saxophone), Claude Tchamitchian (contrebasse)

Sortie du disque en mars 2014 sur  Vents d’EST, label et collectif artistique

iwww.ventsdest.com

Distribution  Allumés du Jazz www.allumesdujazz.com

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Ça commence comme un chant d’amour, d’abandon au désir ou à la plainte, c’est tout comme. Avec ses formidables complices, le contrebassiste Claude Tchamitchian, particulièrement en forme, le saxophoniste imperturbable et néanmoins follement réactif Daniel Erdmann, Francis Le Bras engage une conversation subtile, drôle et mélodique. Voilà tout un art du trio qui se réinvente sous nos yeux, une façon de réarranger, et de faire virevolter la musique autour d’une contrebasse  très active, d’un «allumé» du saxophone et d’un pianiste qui harmonise ses propres déséquilibres, à la recherche  non pas d’un enfermement protecteur mais d’élans lumineux, d’horizons éclatés. On assiste à une mise en jeu du corps  avec ce concert réjouissant qui préfigure la sortie d’un album enregistré cet été à la Buissonne ...

Aucun des trois n’est marseillais mais cette ville a su  devenir incontournable dans  leur parcours personnel et artistique. Ceci dit, malgré le titre, le concert  de ce samedi 8 février n’a pas donné lieu à une série de pièces folkloriques, une galéjade arrosée au  pastis, avec vue dégagée sur la Grande Bleue. C’est autrement plus original et intimiste. Le pianiste Francis Le Bras, à l’origine de ce projet, est parvenu à transposer sa vision de la cité phocéenne avec humour et sensibilité,  jusqu’à nous régaler d’un gospel, réécrit en l’honneur de la Bonne Mère (!) « Holy Mother ». Et  ça colle, peuchère.

Cette musique a une profondeur émerveillée, une qualité de sérieux immédiatement palpable, avec des pièces plus atmosphériques comme cette «Corniche JFK» qui ne sera  peut-être pas le nom définitif  de la composition. De toute façon, le pianiste a su recréer un itinéraire particulier, une géographie décomplexée qui emprunte le chemin des écoliers, jamais les transports en commun (marseillais). Une vision  qui se matérialise dès le premier titre, la déambulation de  «Saturday night au Panier» en évoquant une nouvelle narration, une enquête sur un rythme dense et syncopé, tel un polar d’Izzo, Chourmo ou Total Chéops, et qui va voir également du côté du cinéma : le ciel et l’obscurité sont réconciliés dans ces échappées nocturnes,  ces travelling avant sur l’asphalte luisante... Bande-son d’un film noir imaginaire, un extérieur nuitdont la mise en scène joue du décor urbain aux images contrastées en noir et blanc.

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Le saxophoniste Daniel Erdmann a laissé aussi quelques traces de sa réflexion et l’on retiendra ce « Igor on the Autobahn », une pièce au titre décalé, qui lui sied comme un gant. On aime la diversité des couleurs proposées, ces valeurs douces où viennent se couler les sonorités du saxophone. On vous le disait, une création libre à plus d’un titre mais pas free, avec même, le plaisir d’une ballade au cœur de la mélancolie. C’est que Francis Le Bras paraît fasciné par une certaine qualité de sombre qu’il déjoue en vitesse, comme s’il se défendait d’une pente naturelle méditative et recueillie. Le trio se livre avec bonheur au jeu d’un texte ouvert : toutes les pièces prennent un relief particulier qui les rend actuelles sans autre référence que le seul désir qui s’y trouve engagé. Un parcours initiatique qui renouvelle notre vision de la cité phocéenne. Vivement recommandé.

 

©sophie chambon

 

NB : Précisons pour les Marseillais que ce concert se déroulait dans un nouveau lieu branché, L’U.percut,  127 rue Sainte, bar à tapas à deux pas de la puissante abbaye fortifiée de St Victor (Vème siècle avant J.C ),  là où l’on bénit les navettes pour la Chandeleur ....

 

Sophie Chambon

 

 

 


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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 19:25

 

Samedi 18 novembre

www.djaz51.com 

 

KUBIK’s MONK: Pierrick Pedron  (saxophone alto), Thomas Bramerie (contrebasse),  Frank Agulhon (batterie)

Arborant un tee-shirt à l’image de leur pochette, les musiciens entrent en scène pour un récital  Monk joué avec brio par un trio décomplexé.

Je me souviens d’avoir écrit sur ce même site, alors que le CD sortait chez ACT : Voilà que Pierrick Pedron revient à Monk et cela pouvait faire peur : comment osait-il s’attaquer au roc aride et tranchant, à ce géant bancal et inimitable, ce pianiste fou et génial ? Aux côtés de Monk, a défilé la fine fleur du jazz moderne de l’époque, les batteurs Kenny Clark, Art Blakey, Max Roach, le contrebassiste Oscar Pettiford,  le trompettiste Clark Terry...

Avec ses fidèles complices, Franck Agulhon, Thomas Bramerie, l’une des plus belles rythmiques jazz actuelles, Pierrick Pedron fait entendre la formidable musicalité de la musique de Monk dans des compositions peu jouées, comme ce « Who knows » qu’affectionnait Steve Lacy, « Ugly beauty », « We see », « Trinkle, tinkle », l’étonnant « Skippy ».  Rejouer sans piano ces petites pièces, aux titres improbables, n’est vraiment pas facile, car il faut entrer dans la logique de Monk, s’adapter à sa vision des choses, reproduire en l’adaptant une architecture complexe, une «  toile en trois dimensions » à la  façon des cubistes. « L’ermite » Monk va  loin dans son souverain mépris des règles, ne suivant que son « tempo intérieur». Laurent de Wilde a écrit que dans Monk, « rien n’est carré, tout est de guingois...La tyrannie de sa mélodie singulière est totale, et l’improvisation, plus que jamais est totalement asservie ».

 Le résultat  est une musique précisément ciselée : avec l’expérience de nombreux concerts,  elle a acquis une lumineuse « évidence », elle respire et s’épanouit  comme dans ce titre justement, qui débute le set. On retrouve les envolées, toujours très lyriques de Pierrick Pedron  et sa généreuse sonorité. Un sacré défi qu’il s’était lancé ... et qui a réussi ( il rêve à présent d’un Kubik’s CURE, toujours avec ses potes). Car le chant monkien resurgit dans la musique du trio, sans que cela ne ressemble à un hommage ou un « tribute » de plus. Quel talent pour se risquer en solo à jouer le célébrissime « Round Midnight » sans tomber dans une reproduction trop serrée.

Après le concert, la conversation s’engage entre le saxophoniste et le président de l’association du festival ( bénévole , pharmacien de son état, pianiste et fin connaisseur de  Monk) autour de l’œuvre du « maître » (75 titres au moins)  et de ces jazzmen, véritables « chevaliers de l’éphémère » (Pascal Quignard) qui fondèrent le be bop.

 

Le Diaporama Pedron par Alain Julien

 

Eric Seva ( saxophones baryton, soprano, sopranino), William Leconte (piano), Didier Irthusarry (accordéon), Pierre François “Titi” Dufour ( batterie)

Décidément, Francis Le Bras, le directeur du festival a concocté une soirée réussie au style musical plus limpide et familier, illustrant la formidable plasticité du jazz actuel.

Changement de set  pour le dernier groupe, les Espaces croisés d’Eric Seva, saxophoniste vivant à Marmande dont le premier album en leader en 2005, Folklores imaginaires obtint un succès vraiment mérité. Il manie le baryton avec aisance, mais ne dédaigne pas le soprano et sopranino. Il continue son voyage au long cours avec une formation originale, où contrebasse et guitare sont remplacées par piano et accordéon, fort élégamment... C’est un tout autre style que l’on entend, des premières notes de « Résonances » ou « Crossroads » jusqu’au final. On embarque pour un itinéraire sans fausse note, au carrefour d’influences assimilées finement, de musiques traditionnelles («Les roots d’Alicante») : un jazz à « l’identité vagabonde», sensible, fraternel, qui exalte les  rencontres. La musique se risque et s’épanouit dans le souffle du leader et le son inoubliable de l’accordéoniste Didier Ithursarry.

 

Le diaporama Seva par Alain Julien

 

 

Sophie Chambon

 

 

 

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