Le Cirque Electrique a élu résidence sur la grande Place du Maquis du Vercors à Paris. Et ce, jusqu'en septembre. Puis il repartira vers un autre horizon parisien pour poser son chapiteau, sa paillote de banlieue et ces circassiens.
Place du Maquis du Vercors? C'est où? C'est à la porte des Lilas juste au dessus du périphérique, dans le 20ième arrondissement. Et le trio de la flutiste Sylvaine Hélary ne l'a pas manqué: il y jouait le 17 juin dernier.
Sylvaine Hélary est, entre autres, la flutiste du Surnatural Orchestra et l'une des Arpenteurs de Denis Colin. C'est aussi une leadeuse à forte personnalité d'un trio aux références bien marquées avec un univers propre à lui:
"Je compose toute la musique de cet orchestre aux sonorités inattendues; des mots aussi, de la voix et de l'improvisation! Des influences jazz servies sur un tapis pop aux envolées rock, parfois punk et minimales… Alors donnez-lui le nom que vous voudrez, cette musique est pour vous!".
Voilà bien une vision réaliste de son propre travail!
Accompagnée de deux autres fortes personnalités que sont Antonin Rayon et Emmanuel Scarpa, duo habitué ét habité des scènes vivantes aux tendances extrêmes (Grimal, Gleizes), Sylvaine chante, souffle, scande et joue de la flûte dans une ambiance délurée et minimaliste. La prestation laisse une grande part à l'expression théatrale de Sylvaine Hélary, personnage doucetement excentrique et pétri d'humour. Emmanuel Scarpa et en particulier Antonin Rayon livrent une musique souvent testostéroneuse, qui rappellent le poids des claviers de Magma au niveau ambiance sonore. Plus légère, plus extravertie, Sylvaine Hélary exprime sa liberté intérieure à travers son humour tendre, sa douceur naturelle et des moments de musique débridés.
Un peu Nina Hagen, en distinguée souriante, un peu Iva Bittova, par sa présence scénique et son talent évident à l'instrument. Un peu des deux, parcimonieusement. Ou alors surnommons-la la "Nina Bittova" de la flûte traversière et la "Iva Bittova" de la scène décalée française. Allumée et inspirée.
Jérôme Gransac


Pour cette deuxième soirée du Festival Esprit Jazz, les programmateurs avaient choisi de recevoir au sein du théâtre de l’Alliance Française, deux trios piano-basse-batterie, formation quintessencielle au jazz s’il en est. En première partie le jeune pianiste Murat Ozturk, jeune recrue du label Laborie Jazz présentait pour l’essentiel le répertoire de son dernier album «Crossing My Bridge ». Pianiste d’une extrême finesse, Murat joue tout en retenue, effleurant le medium de son clavier avec tact et légèreté. Il faut presque tendre l’oreille parfois pour l’entendre. Les compositions s’enchaînent à fleuré moucheté mais révèlent néanmoins un équilibre fragile entre les membres du trio. Bill Evans évoquait souvent le rôle difficile du batteur au sein de cette formule. L’illustration en était ici donnée avec un jeu de batterie un peu envahissant et qui s’accommodait difficilement avec l’intention subtile du pianiste.

