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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 17:42

Sylvain Kassap, Benjamin Duboc, Hamid Drake, le 9 novembre

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Lundi 7 novembre 2016

Le festival a commencé samedi en fantaisie multiforme : Fanfare orléanaise à fort tempérament hispanique, power trio helvète, Brotherhood Heritage (hommage vivant au regretté Chris Mc Gregor, voir le festival Europa du Mans)  http://www.lesdnj.com/2016/05/europa-jazz-une-journee-mancelle.html  et Truffaz pour conclure. Dimanche après-midi c'était recueillement de rigueur, avec John Surman en solo dans la Cathédrale. Les amis présents m'ont raconté ces deux journées, dont ils étaient plutôt contents. Arrivé dimanche soir sur le tard, je ne pourrai tenter de vous faire revivre, en forme de panorama, que les jours suivants.

Lundi, à l'heure de l'Angélus, dans la petite salle de la Maison de la Culture, c'était « Between », duo improvisé de musique et de danse, avec la danseuse-chorégraphe Héla Fattoumi et le violoncelliste Gaspar Claus. Plusieurs tableaux enchaînés dans une grande fluidité, mais en toute urgence, avec des images fortes, une prise de pouvoir du corps dans l'espace, et une poésie d'une belle expressivité.

Puis, à l'heure des Vêpres, à l'Auditorium Jean Jaurès, voici le Quatuor Ixi, formidable lancer de syncopes dans l'univers des cordes, avec un savant tuilage de l'improvisé dans l'écrit, des compositions inscrites dans des formes inventives (signées par le violoniste Régis Huby, l'altiste Guillaume Roy, et le violoncelliste Atsushi Sakaï), et de fulgurantes interventions du violoniste Théo Ceccaldi. Après 20 ans d'expérience commune des deux fondateurs, Régis et Guillaume, une belle confirmation du fait que, sans négliger l'histoire de cette instrumentation, notamment au vingtième siècle, on peut envisager autrement le son d'ensemble et l'interaction des voix.

Et à Complies, dans la grande salle de ma Maison de la Culture, la soirée commence avec le trio de Gary Peacock, annoncé en seconde partie. Il ouvre le spectacle car un probème d'annulations de vols internationaux affecte l'un des membres du trio qui va suivre. Le contrebassiste joue une longue introduction, et l'on se demande un instant où elle va aboutir. Vient le piano de Marc Copland, qui révèle le standard choisi, Estate. Ce début est un peu hésitant, voire laborieux. Tout s'éclaire ensuite, avec Jade Vision, Footprints et Watch What Happens. Le pianiste excelle dans l'art de poser des harmonies très riches, parfois audacieuses, et cela nourrit le cheminement du trio. Le batteur Mark Ferber montre une certaine subtilité, et une richesse de timbres. On est en vitesse de croisière. On aura ensuite des compositions originales, dont Vignette de Peacock, qui figurait sur le disque « Tales of Another » en 1977, sous le nom du contrebassiste avec pour pianiste un certain.... Keith Jarrett. Et après I Loves You Porgy, le rappel conclura pour de bon avec Doxy, de Sonny Rollins. Un beau moment de trio, avec cependant quelques baisses de régime.

Un trio devait suivre, vers 22h : Sclavis / Courtois / Pifarély. Mais Vincent Cortois, retenu à Sarajevo depuis la veille en soirée par plusieurs annulations successives de vol, pour mauvais temps et avec leurs conséquences en terme de saturation des vols suivants, n'a pas pu rallier Nevers dans les délais. C'est donc en duo que Dominique Pifarély au violon, et Louis Sclavis aux clarinettes, vont jouer une partie du répertoire de ce nouveau trio (qui fera l'objet prochainement d'un disque ECM). Pour avoir entendu ce trio à Paris à l'Atelier du Plateau, je peux témoigner que les versions étaient très différentes, mais pas moins vivantes. Les deux musiciens se sont stimulés, entre soubassement et solos, à tour de rôle, donnant à ce concert une densité mémorable. Quelques compositions d'un autre répertoire sont venues compléter ce programme qui a séduit toute l'assistance, et fait oublier le désagrément de cette défection très involontaire.

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Mardi 8 novembre 2016

Départ en impro totale, dès midi et quart, avec le duo Joëlle Léandre / Serge Teyssot-Gay. Ils jouent régulièrement ensemble, et ont aussi enregistré, mais le concert garde la fraîcheur d'un commencement. Le guitariste enfouit d'abord son énergie rock dans de longues tenues, sans attaque, auxquelles la contrebassiste répond à l'archet, en circonvolutions soyeuses. Puis le débat s'anime. Le pizzicato s'installe, l'expression se fait plus vive, les modes de jeu plus hétérodoxes : on entre dans le vif du sujet. Joëlle élabore un groove puissant, sur lequel elle pose, de sa belle voix, des profondeurs venues du gospel et des révoltes afro-américaines. Plus loin elle inventera une langue de fantaisie. Et toujours la force d'expression passe la rampe, soutenue en écho par le guitariste. Et la boucle de l'improvisation se refermera en douceur, quand la connivence des improvisateurs indiquera le terme, naturel et cohérent, d'une nouvelle page d'improvisation.

À 18h30, au Café Charbon, concert de Voodoo, rassemblé par le guitariste lyonnais Philippe Gordiani. Une très belle idée : réveiller l'imaginaire d'une rencontre musicale manquée entre Miles Davis et Jimi Hendrix. Le groupe a enregistré durant plusieurs jours dans le lieu en vue d'un prochain disque, qui sera complété par l'enregistrement du concert. Le trompettiste Antoine Berjeaut ne se réfère pas directement à Miles Davis, et cela participe à la force du projet. Le but est de composer, à partir des thèmes de Miles, période électrique, et de Hendrix, un ensemble qui restitue l'énergie de groupe, le groove, l'engagement des musiciens dans l'unité d'ensemble. Alice Perret aux claviers, Joachim Florent à la guitare basse, et Emmanuel Scarpa à la batterie, ont exactement le profil de la situation. C'est d'une grande effervescence collective, les solos se fondent dans la texture du groupe : belle réussite. On attend le disque avec une certaine impatience.

À 20h30, dans la grande salle de la Maison de la Culture, la soirée commence avec Equal Crossings, le groupe de Régis Huby. Grande suite en trois mouvements (publiée sur le disque éponyme chez Abalone / L'Autre distribution), c'est une œuvre qui traverse les territoires du jazz, de la musique improvisée, et de la musique contemporaine, voire du rock progressif. On glisse en permanence de l'écrit à l'improvisé, avec des interprètes-improvisateurs de haut vol : Marc Ducret, Bruno Angelini, et Michele Rabbia. Les échanges improvisés sont vifs et impressionnants, les parties écrites affichent une densité indéniable, avec des successions de tensions et de détentes qui donnent à la grande forme son armature. Une fois encore (après le quatuor Ixi), Régis Huby impose la qualité de son travail comme une évidence.

Vers 22h15, au même endroit, c'est la conclusion de la journée, avec le duo trompette-piano Paolo FresuUri Caine. C'est un duo régulier, qui s'est produit dans beaucoup de pays, depuis une dizaine d'années. Son matériau musical ? Les standards (de Broadway, et ceux du jazz), et sur l'autre versant la musique classique, et plutôt la période baroque. On va de Bach à Monteverdi et Barbara Strozzi, en passant par Gershwin, Miles Davis, Charlie Haden, Dizzy Gillespie, Sonny Rollins.... Le trompettiste impose son extraordinaire sens mélodique, en douceur, et devient véhément dans l'improvisation, glissant en permanence de la trompette au bugle. Uri Caine affiche un jeu nourri, fébrile mais d'une grande précision, et fait sonner le piano (ou le piano électrique) comme un orchestre. Parfois ils improvisent simultanément, croisant leurs lignes dans un dialogue vertigineux. Parfois un peu chargé côté piano, mais quand même, quelle joute !

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Mercredi 9 novembre 2016

Tout commence autour de midi, dans la salle Lauberty de la Maison de la Culture, avec le duo Busking, qui associe la guitariste Hasse Poulsen à la contrebassiste Hélène Labarrière. Comme ils l'ont fait sur leur disque éponyme (Innacor / L'Autre distribution), ils vont improviser à partir de chansons pop anglaises, danoises... ou francophones. La matière musicale est traitée avec la plus grande liberté d'improvisation, mais en passant souvent par un exposé fidèle, en appuyant si nécessaire sur le côté folky. De Phantom of the Paradise à Starmania en passant par Formidable, tous ces thèmes populaires sont visités avec une liberté confondante. Et sur Lucy In The Sky With Diamonds, le guitariste part dans un délire psychédélique sous acide, lequel atterrira en douceur sur une réexposition sereine par la contrebassiste. Belle pirouette qui révèle l'essence du projet.

Vers18h30, à l'Auditorium Jean-Jaurès, le groupe « Ethics » du contrebassiste Michel Benita fait entendre sa musique de mélanges sans frontières. On part souvent d'une base apaisée, d'un matériau musical d'une simplicité apparente, plutôt folky, et les éléments s'agrègent autour de la contrebasse, qui délivre la pulsation matricielle, et de la batterie de Philippe « Pipon » Garcia, doublée d'effets électro-acoustique qui balisent le terrain. Le bugle de Matthieu Michel trace des lignes claires, avec ce timbre inimitable, souvent en unisson ou en dialogue avec le koto de Mieko Miyazaki. Et la guitare de N'Guyên Lê joue tous les rôles, atmosphérique autant que soliste. On se laisse porter par une sorte d'envoûtement, jusqu'à une tension dans les improvisations qui parfois atteint un paroxysme rock, version fusion, ou encore progressif, attisé par la voix de Mieko Miyazaki. Le tout sur un répertoire où le disque récent, « River Silver » (ECM) ; prend une belle place, mais dans une approche attisée par le contexte de musique vivante.

 

D'JAZZ NEVERS : trois journées panoramiques

©Maxim François

À 20h30 la salle Philippe-Genty de la Maison de la Culture accueille en première partie un concert spectacle, J'ai horreur du printemps, inspiré par la bande dessinée Le Petit Cirque, de Fred. Mélange d'images de la BD, de musique originale (Stéphan Oliva, avec Christophe Monniot, Claude Tchamitchian et Ramon Lopez) et de poésie acrobatique. Conceptrice avec Stéphan Oliva de ce beau projet, Mélissa Von Vépy se présente comme artiste aérienne. Elle surgit de dessus l'écran, sur lequel elle évolue de son agilité acrobate (qui lui vient de sa pratique du trapèze) et le spectacle s'intègre aux images de la BD, mises en mouvement. C'est d'une infinie poésie, comme une parfaite réussite d'un spectacle pluri-disciplinaire qui aurait vraiment trouvé son accomplissement.

Vers 22h30 ce sera un trio d'improvisation, qui rassemble le clarinettiste Sylvain Kassap, le batteur Hamid Drake, et le contrebassiste Benjamin Duboc. Une phrase de clarinette basse installe un espace où la contrebasse, furtive, et la batterie, bruissante, vont s'insérer. Puis le dialogue s'installe, l'échange s'intensifie, et l'effervescence bat son plein. Une autre clarinette, petite, et démontée en deux segments joués simultanément, va introduire un autre climat, et de nouveaux emportements. Et ainsi de suite, dans un concert où le fil de l'improvisation défie le fil du temps, de surprise en égarement, d'incertitude en affirmation fougueuse. Tout le charme de la musique improvisée tient dans ce cheminement, magnifiquement erratique. Son charme, et sa beauté.

Xavier Prévost

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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 13:38

« Dans le prolongement »

Régis Huby (violon, composition), Théo Ceccaldi (violon), Guillaume Roy (alto), Atsushi Sakaï (violoncelle), François Couturier (piano)

Théâtre 71, Malakoff, 3 novembre 2016, 20h30

Le violoniste-compositeur-improvisateur Régis Huby est en résidence artistique pour deux saisons au Théâtre 71 de Malakoff, lequel a eu la bonne idée d'accueillir cette production du Centre culturel de rencontre de l'Abbaye de Noirac. Le Quatuor ixi, piloté depuis 20 ans par le binôme Régis Huby – Guillaume Roy, navigue avec audace entre le jazz, la musique improvisée et l'histoire récente du quatuor à cordes. Et pour l'occasion le quatuor convie un pianiste qui partage avec lui le goût des chemins de traverse, entre les idiomes et les styles.

En guise de bienvenue à l'invité, le quatuor choisit de commencer avec une composition du pianiste, tirée du répertoire de son « Tarkovsky Quartet » : recueillement, ascèse et lyrisme. Puis viennent les compositions de Régis Huby, objet de cette création. Le langage du quatuor porte toutes les traces de son histoire : tropisme jazz, goût de l'improvisation, écriture exigeante, marquée par l'histoire musicale du vingtième siècle. Le mélomane moyen mais attentif que je suis pense parfois à Alban Berg pour l'expressivité, à Bartók pour les intervalles tendus et les réminiscences traditionnelles (ici, un court instant, la musique celtique), pour les rythmes aussi ; et à Stravinski pour les séquences rythmiques lancinantes, les syncopes et l'incantation ; et quelques instants, dans un solo, furtivement, le souvenir de Tzigane de Ravel.. Les compositions sont construites pour accueillir, par tuilage discret, des cadences improvisées de chacun. Les deux violonistes font un instant cadence commune, où leur musicalité et leur énergie font merveille. Régis Huby me confie, à la fin du concert, qu'il ressent chez Théo Ceccaldi la fougue du violoniste qu'il était lui-même voici vingt ans, et me dit que Guillaume Roy éprouve en les écoutant la même sensation. La musique est bâtie sur des contrastes parfois violents, mais les nuances sont palpables, et ce quintette avec piano respire l'harmonie jusque dans les dissonances : au-delà de l'harmonie purement musicale, une adéquation humaine, reflet du rythme qui régit le vivant. Les improvisations de chacun insèrent dans le déroulement cette tension, et cette mise en suspens, nécessaires à toute expression artistique. Vient une composition de Guillaume Roy, qui prolonge la pièce centrale qui donne son titre à cette création : Dans le prolongement. Communauté de langage, même liberté, même densité. Conclusion du concert avec à nouveau une pièce signée Régis Huby, et en rappel un thème du répertoire du Quatuor Ixi, réarrangé pour accueillir l'invité de la soirée, qui a magnifiquement tenu sa place dans ce Quintette à cordes pas tout à fait éphémère puisqu'il revivra, notamment en janvier à la Maison de la Culture de Grenoble, et en mars à Sceaux, aux Gémeaux.

Xavier Prévost

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Le quatuor IXI dans l'émission À l'Improviste d'Anne Montaron sur France Musique le 21 février 2015

http://www.francemusique.fr/player/resource/74633-85783

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 11:07
MARTIAL SOLAL et DAVE LIEBMAN en duo à la Maison de la Radio

    En arrivant vers 18h, pour la fin de la balance, je croise près des coulisses Jean-Jacques Quesada, saxophoniste élève et ami de Dave Liebman. Il m'invite à me faire discret en traversant le plateau, car Martial et Dave sont en train d'enregistrer quelques pièces pour compléter un disque qui pourrait paraître, avec des extraits du concert à venir, et de la seconde soirée de décembre 2015, au Sunside, captée par France Musique pour le Jazz Club. Les deux musiciens sont très concentrés, et leur plaisir de jouer est palpable. Après la balance, retour dans les loges pour un tête-à-tête studieux : les deux compères veulent choisir quelques standards, en privilégiant ceux qu'ils n'ont joués ni en décembre dernier, ni cet été au festival Jazz and Wine, à Sauternes.

   Exceptionnellement, ce Jazz sur le Vif est à 20h, et au grand studio 104. Après Invitation, au ténor, Liebman passe au soprano pour Stella by Starlight. Solal, dans ses intros comme dans ses exposés, batifole au large du thème (il effleure à nouveau Invitation, et il y reviendra plus tard dans le concert....), quand son partenaire choisit souvent un énoncé presque littéral, avant de s'aventurer loin des bases. Retour au ténor pour une composition du pianiste, In and Out. Un peu de mélancolie, des intervalles distendus, l'esquisse d'un autre monde. Puis standard à nouveau, avec Just Friends, que Martial aime beaucoup jouer en duo. Envolée du pianiste, arrêt surprise, et enchaînement de Liebman pour un stop chorus qui tutoie l'horizon. Dave passe au soprano pour Small One, une de ses compositions, qu'il avait jouée avec Elvin Jones. Petite valse sentimentale (et assez noble) qui explose très vite en saillies pyrotechniques. Et pour conclure la première partie, un inoxydable standard du jazz, A Night in Tunisia, que Martial décortique avec science et humour dans l'intro, avant de laisser Dave jouer le thème en toute liberté.

   La reprise, pour le second set, se joue sur une version très cubiste de Night and Day. Les deux complices s'en donnent à cœur joie dans cet espace de liberté que constitue un standard tellement ressassé qu'il est une injonction majeure de liberté. Et ils ne s'en privent pas. Comme sur Satin Doll qui suivra, pour un chassé-croisé du meilleur aloi. Vient le moment où la saxophoniste, délaissant les saxophones, opte pour cette toute petite flûte indienne qu'il adore, et dont il extrait un thème de son cru, Cosmos. Martial Solal procure les accords et les arpèges requis, en ouvrant çà et là des portes secrètes. Retour au soprano pour Summertime : Martial dynamite l'intro, et Dave expose fidèlement, avec une belle expressivité, avant de s'aventurer vers le grand large. Martial posera une coda abrupte, comme pour dire que l'on s'est assez amusé avec cette vieille scie. Car le moment est venu d'une autre composition du pianiste, Coming Yesterday, inaugurée en 1978 pour le disque « Suite for Trio » : thème sinueux, suspendu, qui débouchera sur de torrides envolées de Liebman au soprano. Un standard encore, et quel, avec Body and Soul, traité avec toutes les libertés qu'autorise le talent : un monument si souvent visité vaut bien quelques détours dans les méandres de la mémoire, et les duettistes ne se privent d'aucune audace. Pour le rappel, un bon vieil anatole (mais semble-t-il pas en Si bémol), et What Is This Thing Called Love pour vraiment conclure, par une pirouette qui s'impose sur Hot House. Quel voyage, une fois de plus ! Un voyage organisé par Arnaud Merlin pour la série « Jazz sur le vif », qui donne rendez-vous le samedi 19 novembre à l'horaire coutumier, 17h30, et dans le lieu habituel, le studio 105, pour écouter le quartet du saxophoniste néerlandais Barend Middelhoff, et celui du tromboniste suisse Samuel Blaser. Encore une très belle affiche.

Xavier Prévost

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France Musique n'a pour le moment pas indiqué de date de diffusion pour le très beau concert Solal-Liebman

 

 

 

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 21:26

C'est un événement : un concert de Martial Solal en trio ! Cela fait pas mal de temps que ce n'était pas arrivé. Après avoir cessé de se produire pendant toute une année, Martial avait fait son retour en club, au Sunside, en décembre 2015, pour un duo inédit avec Dave Liebman. Et le voici, pour un trio tout aussi neuf, dans la grande salle de l'Opéra de Lyon. Fidèle auditeur de Martial, au disque comme au concert, et depuis des décennies, je ne voulais pour rien au monde manquer cet événement. Direction Lyon, donc, où je gagnerai l'Opéra par la ligne « A » du métro ; Martial jouera ce soir quelques mesures de Take the « A » Train : clin d'œil.... ou hasard objectif ?

 

 

 

QUELQUES HEURES avec MARTIAL SOLAL à l'Opéra de Lyon

À 17h, je suis dans les coulisses, derrière le grand plateau. Martial arrive, très entouré. Il marche lentement, un peu voûté par la fatigue du voyage : « Je me sentirai mieux quand je serai assis, me dit-il ». Effectivement, une fois installé devant le piano, Martial oublie sa fatigue et pilote les préparatifs. Les régisseurs installent la batterie, que Bernard Lubat va disposer à sa guise. Bernard et Martial sont de vieilles connaissances. Dans sa première vie professionnelle de jazzman presque de stricte obédience, le batteur a parfois apporté son concours au pianiste. Mais leur plus récente rencontre s'est faite à deux pianos, au festival Sons d'hiver en janvier 2104 : un DVD intitulé « In and Out », et signé Thierry Augé, en témoigne. Pendant que Bernard s'affaire sur le réglage de ses toms, Martial dialogue avec le contrebassiste Mads Vinding. Le pianiste l'a rencontré en 1999 à Copenhague lorsque, récipiendaire du prestigieux Jazzpar Prize, il devait donner un concert de création avec des musiciens danois. Martial apprécie ce grand contrebassiste, pilier du célèbre Montmartre Jazzclub de la capitale danoise, où il a accompagné tout le gotha du jazz international durant des lustres. François Postaire, qui programme le jazz à l'Opéra, veille sur le plateau à ce que tout soit fait pour le mieux. Les équipes de son et de lumière s'affairent avec une fluide efficacité. La balance peut commencer. Un tour de chauffe sur un standard, Here's That Rainy Day, avant de passer aux compositions originales de Martial : Coming Yesterday , Aigue Marine... ; Certaines nécessitent une très précise mise en place, ce qui n'est pas un problème pour ces partenaires de haut-vol. On affine le son avec quelques standards, dont On Green Dolphin Street, que Martial affectionne, mais qui ne sera pas joué le soir. Le son du trio est au point : c'est le moment d'accueillir l'invitée : Claudia Solal. Martial a prévu de jouer deux standards, puis une improvisation totale, avec sa fille. Pour les standards (Lush Life et In Walked Bud), ils font un petit galop d'essai, histoire de vérifier que tout fonctionne. On rectifie ici un accord de passage, là une inflexion, et le tour est joué. Mais pour le duo improvisé, pas question de répéter : ces deux intrépides improviseront à vue... et il en ont vues d'autres ! Tout est paré. Sophie Jarjat, l'attachée de presse, s'enquiert de l'accueil des invités des artistes. La peintre Anna Solal, la femme de Martial, s'assure que personne n'a été oublié parmi les amis attendus à concert-événement. En attendant l'ascenseur qui va le conduire aux loges Martial, très détendu, admet qu'une pause lui fera le plus grand bien. Mais, pour me rassurer, ou plutôt pour me taquiner, il me dit « La tête et les doigts fonctionnent parfaitement ! ». Qui pourrait en douter ?

 

QUELQUES HEURES avec MARTIAL SOLAL à l'Opéra de Lyon

Et le concert à 20h30 en administre, s'il en était besoin, la preuve éclatante. En trio d'abord, avec Swing Spring pour se mettre en jambe sur un classique du bop, suivi par deux très belles compositions de Martial : Aigue Marine et Coming Yesterday. Puis, prétextant avec humour que ses partenaires ont besoin de repos, il nous offre en solo un éclatant medley du répertoire de Duke Ellington. Il connaît cette musique, il l'aime, et prend avec elle toutes les libertés qu'autorise l'amour. Puis il accueille Claudia « ma chanteuse préférée, dit-il, et pas seulement parce qu'elle est ma fille ». Ils jouent les deux standards prévus : Claudia fait merveille d'expression dans Lush Life, et introduit In Walked Bud en chantant a cappella, avant d'être rejointe par Martial, en pleine effervescence bebop. Le troisième duo, totalement improvisé, est fascinant : dialogue télépathique, où les audaces de la chanteuse stimulent les réponses inouïes du pianiste. C'est un enchantement, jusqu'à l'instant final où, dans le suspens d'un élan que l'on croirait indécis, Martial pose les notes conclusives. Le public est conquis, et continuera de l'être au retour du trio : standards encore, avec un fabuleux solo de Bernard Lubat, aux balais, sur Here's That Rainy Day. Dans le suivant Mads Vinding aura largement loisir de s'exprimer, avant que le trio ne se lance dans le labyrinthe de Zag-Zig, une composition de Martial pleine de chausse-trapes et de rebondissements. Un Tea For Two d'apparence récréative permettra à chacun de jouer le jeu du jazz : surprises, acuité musicale, liberté d'improviser.... Le public est aux anges, et rappelle à tout-va. Bons princes, les musiciens reviennent pour un Lover Man porteur de mémoire et d'émois ; rappelés encore ils nous offriront What Is This Thing Called Love, et au troisième rappel, après que Claudia, mandée en coulisse par Bernard Lubat, s'est jointe au trio pour recevoir les vivats, c'est en solo que Martial va conclure. D'abord en donnant mille fantaisies, très musicales, et plutôt hardies, sur l'air de Happy Birthday To You. (au prétexte suivant « Il y a bien ce soir dans la salle, dit-il, quelqu'un dont c'est l'anniversaire.... »). Puis, faisant mine de partir encore, il nous donne une version inédite, façon puzzle, de sa partition pour le film À Bout de souffle. Ovation d'un public heureux, bonheur partagé avec un artiste manifestement comblé par cette soirée où chacun a donné le meilleur : un rêve en somme !

Xavier Prévost

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Martial Solal jouera en duo avec Dave Liebman le samedi 29 octobre à 20h, dans le grand studio 104 de la Maison de la Radio, pour un concert « Jazz sur le vif » exceptionnel.

http://www.maisondelaradio.fr/evenement/jazz/jazz-sur-le-vif-20

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6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 15:29
@Claude Dinhut & Marianne Mayen  (TJA)

@Claude Dinhut & Marianne Mayen (TJA)

Mercredi 3 Août : Cloître des Carmes

A la fin de leur concert, le quintet de Kyle Eastwood entonne, après un rappel musclé du « Boogie Stop Shuffle » tiré de Mingus Ah Hum, un « Joyeux anniversaire » et, à la plus grande surprise des deux présidents du Tremplin, Robert Quaglierini et Jean Michel Ambrosino, les nombreux bénévoles, tout de bleu vêtus, entrent en scène avec un énorme roulé de crêpes Suzette ( absolument délicieux, je confirme) soulignant ainsi le final de cette vaillante édition 2016. Il fallait bien ça en ce passage de la nuit symbolique du 4 Août, de l’abolition des privilèges, pour nous faire oublier une année sinistre.

Sinne EEG Quartet : la sirène de Copenhague sinnemusic.com

Sinne EEG (vocal), Jacob Christoffersen (piano), Lennart Ginnman( bass) Zoltan Csörz( drums)

La soirée avait commencé avec le concert de la chanteuse danoise Sinne EEG (prononcez « ig ») une révélation du jazz vocal suédois, bien qu’elle en soit à son septième album, intitulé sobrement Eeg- Fonnesbaek du nom de son contrebassiste virtuose. Elle a remporté en France le prix de jazz vocal de l’Académie du Jazz en 2014. Elle choisit d’interpréter en quartet un panaché de chansons de ses différents albums, dont Face the Music. Très enjouée, vive et gracieuse, la blonde et grande Scandinave présente de bon cœur ses compositions comme « The Best I Ever Had » qui se partagent son programme à égalité avec les standards du Song book qu’elle maîtrise parfaitement. C’est vrai que les Scandinaves ont la tradition chevillée au corps : elle a choisi de reprendre un « It might as well be spring » assez mélancolique (mais « April is the cruellest month » selon T.S ELIOT ) ainsi qu’un débridé « What a little moonlight can do » tout à fait indiqué en ce début août où le ciel se pare d’étoiles. Elle scate et improvise avec aisance d’une voix claire et chaude, se glissant dans le sillon creusé par Sarah Vaughan qui me semble être sa principale influence.

Kyle Eastwood Quintet :

Andrew McCormack (piano), Quentin Collins (trompette), Brandon Allen (saxophones), Chris Higginbottom (batterie)

Entouré de la fine fleur des jazzmen anglais, le contrebassiste californien va nous régaler de compositions de son dernier album, paru en 2015, chez Jazz Village, Time Pieces, dont le titre est parfaitement explicite. Kyle Eastwood joue la musique qu’il aime et qu’il a entendu pendant son enfance, et cela peut remonter à « Bullet train » de Big Noise from Winnetka du batteur Gene Krupa, en passant par le hard bop d’ Horace Silver, pianiste co-leader des Jazz Messengers. Et ce n’est sans doute pas un hasard si Horace Silver écrivit un mémorable Song for my father. Ou encore le caméleon surdoué Herbie Hancock ( « Dolphin Dance » de Maiden voyage). Un jazz historique. Il ne faut sans doute pas lui demander de s’aventurer sur les terres du free. Tout comme Woody Allen qui ne dépasse pas les années quarante dans ses BO ou alors passe à d’autres musiques y compris contemporaines. il mettrait ses pas dans les traces de son père ? Justement c’est le moment d’en parler,de la figure paternelle. Time Pieces, c’est le passage du temps, l’inscription dans une filiation assumée, si ce n’est revendiquée. Si la tentation du cinéma l’a effleuré, on se souvient du blondinet attendrissant, le neveu de Clint dans Honky Tonk Man en 1982, Kyle a choisi de se consacrer à la musique américaine. Et par des chemins qui bifurquent, il revient au cinéma puisqu’il participe aux B.O paternelles avec Michael Stevens. C’est ainsi que l’un des morceaux marquants du concert est une version réarrangée, du thème principal de « Letters from Iwo Jima » d’une douceur poignante, en duo avec le pianiste. C’est la seconde fois que j’entends ce programme en quelques jours, après la soirée du Mucem à Marseille, dans le cadre du festival des Cinq continents. Mais je suis dette fois tout à fait convaincue. Est ce parce qu’il a pris le temps de se (re) poser 3 jours à Avignon pour participer au jury du Tremplin jazz en tant que président? Le concert emporte très vite l’adhésion du public qui remplit le cloître, l’« acme » se situant lors de l’interprétation improvisée, lentement déployée de son « Marrakech » qu’il commence à jouer à l’archet sur sa drôle de contrebasse raccourcie, accompagné du seul sax soprano avant de passer à la basse électrique. Une pratique longue et assidue d’un instrument dont Kyle Eastwood maîtrise les techniques, à l’aise dans le slap, la walkin bass, à l’archet, changeant aussi pour la basse électrique comme Pastorius sur « Dolphin Dance ». Sérieux, réfléchi, il joue comme il est ou semble paraître. Détendu avec son groupe, comme en famille. Un vrai « professionnel », qui a su s’entourer de musiciens attentifs et experts, d’un pianiste brillant, Andrew Mc Cormack, de soufflants précis que j’aurais aimé cependant voir jouer encore plus souvent à l’unisson. Mais le groupe est soudé autour de sa rythmique et joue collectif, une mécanique bien huilée qui sait aussi donner sur le versant caliente, avec un « Capirinha » de circonstance, ou un « Prosecco smile » effervescent ! Pour l’anecdote, dès le lendemain, le groupe reprenait la ( longue) route pour Marciac (concert le vendredi 6 août) en compagnie de Pascal Bussy, en charge des label Jazz village et World Village chez Harmonia mundi pour aller écouter le soir même Ahmad Jamal …dans son unique concert programmé cet été.

Sophie Chambon

@Claude Dinhut & Marianne Mayen

@Claude Dinhut & Marianne Mayen

@Claude Dinhut & Marianne Mayen

@Claude Dinhut & Marianne Mayen

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5 août 2016 5 05 /08 /août /2016 21:37
Grand Prix du Jury  Just another Foundry @Claude Dinhut @Marianne Mayen (TJA)

Grand Prix du Jury Just another Foundry @Claude Dinhut @Marianne Mayen (TJA)

Prix de composition Morgan Freeman  @ Claude Dinhut& Marianne Mayen

Prix de composition Morgan Freeman @ Claude Dinhut& Marianne Mayen

Prix du meilleur instrumentiste Amaury Faye @Claude Dinhut & Marianne Mayen

Prix du meilleur instrumentiste Amaury Faye @Claude Dinhut & Marianne Mayen

@Claude Dinhut & Marianne Mayen (TJA)

@Claude Dinhut & Marianne Mayen (TJA)

Merci au public @Claude Dinhut & Marianne Mayen

Merci au public @Claude Dinhut & Marianne Mayen

Airelle Besson Grand Prix 2002...revenait jouer cette année avec son quintet @Claude Dinhut & Marianne Mayen(TJA)

Airelle Besson Grand Prix 2002...revenait jouer cette année avec son quintet @Claude Dinhut & Marianne Mayen(TJA)

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5 août 2016 5 05 /08 /août /2016 15:58
25 anniversaire Avignon Jazz  Festival :

Avec celui de la Défense, le Tremplin Jazz d’Avignon

http://www.tremplinjazzavignon.fr est l’un des concours-événements qui dans sa catégorie, compte dans le paysage musical du jazz, un espace d’expression des jeunes musiciens européens qui s’affrontent amicalement au cœur de la cité papale. Plus largement reconnu depuis 2000, qui consacra Avignon « ville européenne de la culture », le Tremplin Jazz s’est étoffé, le concours européen s’insérant dans un festival de Jazz, et cette manifestation sudiste, simple et chaleureuse, a pris sa place en dépit du festival de Théâtre qui monopolise toutes les attentions, y compris médiatiques en juillet, profitant de l’accalmie du début août, quand les affiches sont enfin ôtées des rues et ne jonchent plus les caniveaux et que la ville retrouve une apparence humaine. Il perdure bon an mal an, avec des années plus fastes, question subventions. Malgré des partenaires privés toujours solides, les conséquences sont immédiatement visibles sur la programmation- une soirée de moins cette année, du dimanche 30 juillet au mercredi 3 août, avec le Tremplin qui s'insère, les 1er et 2 août : les 6 groupes dont 3 français, retenus sur 110 formations européennes, donnent une vision assez précise du jazz actuel, reflétant le spectre d’une musique qui continue de s’inventer.

La belle aventure, lancée il y a un quart de siècle dans le quartier difficile de la Barbière puis dans le parc public d’Agricol Perdiguier, par une équipe de bénévoles, des amis passionnés de jazz, continue en dépit des problèmes inhérent à ce genre d’organisation : s’il est une chose qui ne change pas, c’est la qualité de l’accueil due à une équipe de bénévoles infatigables, toujours sur le pont qui, avec le temps ont su prendre leurs marques dans le difficile exercice de gestion de groupe : des chauffeurs qui ont la tâche ardue de se coucher tard et de se lever tôt pour amener groupes et musiciens à bon port, au catering ( Nicole et sa petite famille qui concoctent l'une des plus délicieuses cantines collectives de festival), sans oublier l’équipe du bar, des tee-shirts, des photographes…

L’un des atouts du tremplin et donc du festival est un lieu mythique : faire de la musique dans le cloître des Carmes est une expérience inoubliable. Restant à taille humaine, l’architecture de pierres blondes est merveilleusement servie par Mathieu, peintre des lumières. Gaetan Ortega, lui, est le maître incontesté du son : une équipe choc prête à parer à toute éventualité...

Le public qui vient très nombreux lors des deux soirées gratuites du Tremplin est fidèle et connaisseur. On a donc créé un prix du public, très attendu qui, certaines années, rejoint le choix du jury ce qui confirme la qualité de l’écoute. Public et jury continuent à partager ce qui traverse le paysage musical de ces soirées estivales provençales, lieu d’ouvertures, de passages, toutes frontières abolies…. Avec délicatesse, tout en retenue, le Président du Jury, Kyle Eastwood, a laissé cette année circuler les échanges entre les membres du jury qui, s’ils sont reconnus pour leur « expertise » n’en sont pas moins hommes et…femmes avec leur subjectivité. Et il a su entériner les « bonnes » décisions. Comment en effet évaluer des musiques, prendre position sur des esthétiques et des styles souvent contrastés ? Les vainqueurs du Grand Prix ont la chance de pouvoir enregistrer l’année suivante au studio réputé de Pernes les Fontaines, La Buissonne, sous la direction de Gérard de Haro et de faire la première partie d’un concert du festival.

Les groupes en lice :

Première soirée Lundi 1er Août : Cloître des Carmes

Garbage Ghost ( Belgique) Quentin Gayrard ( saxophones) Pierre Heurty ( batterie), Thomas Chabalière ( vibraphone)

Just Another Foundry ( Allemagne) Jonas Engel (saxophone) Florian Herzog ( basse) Anthony Greminger ( batterie)

Frédéric Perreard Trio ( France) Frédéric Perreard ( piano,compositions) Samuel F’Hima (batterie) Arthur Alard (contrebasse)

Le premier groupe, un trio français représentant la Belgique partait avec un handicap sévère, la défection une semaine auparavant du claviériste. Trouver un nouveau partenaire dans un laps de temps aussi court est une gageure et malgré les qualités évidentes de Thomas Chabalière, la «pièce rapportée», l’alliage ne put convaincre d’autant que le groupe suivant allait quasi instantanément imposer un style, une esthétique et un vrai travail de groupe. Le trio formé à l’école redoutable de Köln (l’une des meilleures avec Berlin) a cette connaissance du jazz et de son histoire qu’il sait s’approprier, retraverser en lui conférant des couleurs originales : de Lee Konitz à Ornette Coleman. Que les musiciens s’éloignent de l’écriture pour improviser ou qu’ils y reviennent, voilà un jazz authentique aux structures micro tonales, au groove évident, à la plasticité formelle d’où l’image de la fonderie ou de l’aciérie http://www.justanotherfoundry.de

Un groupe qui s’inscrit intelligemment dans la tradition, un « power trio » fin et racé, surprenant dans l’aisance des changements de rythmes, dont l’expression musicale coule comme un métal en fusion. Le saxophoniste qui avait, en outre, fait l’effort de travailler sa présentation dans un français choisi, drôle, articulé à l’allemande, faisait entendre un son d’une vigueur convaincante, d’une expressive beauté aux coulées vibrantes. Virtuose avec humour. Mention pour le soliste ?

Dans ces conditions, le troisième groupe, un trio français avait fort à faire. Beaucoup plus classique et prévisible en dépit de compositions originales amplement développées, il sut installer un climat appréciable soulignant un jeu de groupe certain. Prometteur…

Deuxième soirée : Mardi 2 Août

LE JARDIN Julien Dubois (saxophone), Ouriel Ellert (basse électrique), Simon Chivallon (piano), Gaëtan Diaz (batterie)

MORGAN FREEMAN Andrius Dereviancenko ( saxophone), Dennis Sekretarev (trompette), Matt Adomiet ( contrebasse), Tristan Renfrow ( batterie)

Trio Amaury FAYE Amaury Faye ( piano), Louis Navarro ( contrebasse ), Theo Lanau (batterie)

Le Jardin est un quartet bordelais qui a tout ce qu’il faut pour envoyer le bois… mené par un saxophoniste alto inspiré, dont les phrases jaillissent avec aisance. Il livrera même un combat vainqueur avec une cigale, son ajustement sur le tempo rappellant d’autres souvenirs vocaux. D’ailleurs le groupe s’enhardit en jouant et le plaisir s’en ressent pour écouter cette suite écrite autour de « Icare ou le drame de l’augmenté » ou du « Sisyphe ou la Révolte du diminué » sans oublier Madoff ou « la tectonique des plaques » ; des titres improbables aux sources d’inspiration variées reflétant la diversité des styles entre fusion, rock progressif, un zeste de Zappa pour les brusques ruptures, Steve Coleman (encore et toujours). Une formation à suivre pour les Rétois lors de leur tremplin à venir, Jazz au Phare. Et pour les Parisiens au Sunset le 28 septembrehttp://www.sunset-sunside.comSi le Jardin avait surpris, le quartet suivant avait de quoi déstabiliser : ces Hollandais « violents » entraînés par un batteur pitre et visuellement déconcertant, à l’attirail imposant, nous prennent à contre-pied : un élan irrésistible, un souffle libertaire, une vraie prise de risque, des souffleurs qui suivent et relancent alors que le contrebassiste imperturbable, garde le rythme et la boutique. Décoiffant et absurde comme le nom Morgan Freeman qui se serait bien demandé ce qu’il venait faire avec cet équipage. Le dernier groupe a toujours un rôle difficile, un trio bien français, conduit par un pianiste lyrique, séduisant par la « joliesse » jamais facile de la mélodie et la finesse technique du pianiste. Vainqueurs de différents tremplins dont celui de Vienne et de Vannes, sans partir favori, il avait la carte du lyrisme dans son jeu surtout en reprenant une composition parkerienne. Après discussions et échanges solidement argumentés, le jury s’entend pour remettre le Grand Prix au trio allemand Just Another Foundry, le Prix de soliste au pianiste français Fredéric Perreard qui sut plaire au président du Jury, et le prix des compositions au trio hollandais de Morgan Freeman, dont le batteur « fou » avait néanmoins composé la majeure partie du programme. Choix souligné par le Prix du Public qui leur allait sans hésitation selon le décompte des voix. Le Tremplin Jazz continue ainsi cette aventure musicale sous la houlette du président Robert Quaglierini et du co président Jean Michel Ambrosino, d’un dynamisme à toute épreuve, en dépit des charges d’organisation, épaulés par l'efficace attaché de production Jeff Gaffet. Le succès de ce très bon cru nous invite à être confiant pour la suite. Souhaitons à cette manifestation sensible de garder longtemps une place méritée dans le paysage culturel avignonnais ! Il me restait encore une soirée à vivre cette année, celle de la clôture du festival...avec le quintet de Kyle Eastwood et en première partie la chanteuse danoise Sinne Eeg.

A suivre…

Sophie Chambon

Le Cloître des Carmes écrin du Tremplin   @S.C

Le Cloître des Carmes écrin du Tremplin @S.C

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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 08:15
DAN TEPFER : ALGORITHMES, PIANO ACOUSTIQUE & IMPROVISATION

Après le concert du Festival de Radio France & Montpellier, les réflexions du chroniqueur, et les précisions du pianiste apportées lors d'un entretien téléphonique et transatlantique.

À l'occasion de la Carte blanche que lui offrait le festival de Radio France & Montpellier Occitanie, Dan Tepfer a choisi de poursuivre ses expérimentations personnelles autour du piano acoustique à interface numérique, de la programmation et de l'improvisation.

Au cours du concert, le pianiste a fait le va-et-vient entre le piano de concert (Steinway modèle D) et le Disklavier Yamaha, piano à queue d'une taille plus modeste, équipé d'un dispositif qui lui permet tout à la fois d'enregistrer la musique jouée par un pianiste, de la restituer instrumentalement mais aussi, via une interface numérique pilotée par ordinateur, d'exécuter une musique programmée ou, dans le cas qui nous intéresse, de réagir à la musique jouée sur le clavier par le pianiste et de générer d'autres notes, d'autres rythmes, d'autres accords.

Dan Tepfer, de culture scientifique de haut niveau, pratique la programmation depuis l'adolescence. Et il conçoit et programme lui même des algorithmes qui font réagir le piano à ses improvisations selon des choix dûment codifiés par ses soins. Pour éclairer le public du concert donné le 19 juillet dans l'imposant Amphithéâtre du Domaine d'O, il a commencé en jouant, sur le grand piano de concert, la 3ème Variation Goldberg de Bach. Puis, comme il l'a fait régulièrement en concert, et sur disque, il a improvisé à partir de la contrainte que s'était fixées Bach pour cette variation : celle du canon à l'unisson, qui consiste à répéter en décalage de temps et de registre les notes jouées dans la phrase initiale, et de poursuive ainsi le discours en suivant la même règle, ce qui entraîne vers des espaces de complexité dont Bach se délectait. Il a ensuite expliqué au public qu'il allait, sur le Disklavier et en utilisant un algorithme élaboré par ses soins selon le même principe, improviser sur All The Things You Are : et le piano, piloté par l'ordinateur et cet algorithme, ajoute à son improvisation des notes, phrases et rythmes obéissant à cette règle, et suscitées par le jeu de Dan Tepfer au clavier. Le résultat est vertigineux, et reste totalement musical, car c'est le musicien-improvisateur qui fournit la matière, et continue d'improviser en tenant compte de ce que génère le programme.

DAN TEPFER : ALGORITHMES, PIANO ACOUSTIQUE & IMPROVISATION

Pour une série de duos avec ses partenaires (la chanteuse Claudia Solal, le contrebassiste François Moutin, le batteur Arthur Hnatek), il va chaque fois élaborer un algorithme propre à engendrer, à partir de son jeu de piano, la matière d'un dialogue avec l'invité(e). La folle effervescence rythmique du programme destiné au duo avec le batteur va entraîner les deux musiciens dans une complexité ludique réjouissante, où l'extrême concentration de chacun participe de la jubilation commune.

Quand on demande à Dan Tepfer si écrire un algorithme, dans ce contexte, c'est composer, il répond par l'affirmative, mais en précisant que l'algorithme est un procédé, un cadre, comme dans la composition musicale peuvent l'être une choix de forme ou de règles. Si l'on demande au pianiste si l'algorithme écrit par ses soins laisse place à l'aléatoire, il dit que ce n'est pas le cas, en tout cas pour l'instant. Dans le dispositif cependant existe une petite part d'aléatoire, mais qui n'est pas codifiée comme telle, avec l'intention d'introduire l'aléa comme une élément conscient du code. Et lorsque l'on lui demande si l'algorithme conçu par ses soins devient comme un partenaire de jeu, il répond « oui »,sans hésiter.

Quand on évoque la délicate question de savoir si une contrainte, ou un faisceau de contraintes, une règle, stimulent la créativité, sa réponse est aussi nettement positive. Et il cite l'influence qu'a eue sur sa réflexion une pièce de György Ligeti, Musica Ricercata , œuvre pour piano qui utilise d'abord dans un premier mouvement deux notes, dont l'une est déclinée dans d'infinies variations de dynamique, de timbre, de couleur.... Puis dans le suivant trois notes, et ainsi de suite. C'est par exemple le défi que s'impose Dan Tepfer, en improvisant après chacune des Variations Golberg, d'en reprendre les contraintes dans un langage différent, le sien en l'occurrence. Dan Tepfer se dit que l'on eut aller encore beaucoup plus loin dans la démarche entreprise. Le concert de Montpellier, avec différents partenaires, et en public, marque une nouvelle étape, et ces premiers résultats l'encouragent à développer encore ses recherches ; il pointe cependant la limite du conceptuel, et l'importance du facteur humain (compositeur-programmateur-improvisateur) ; mais il reconnaît aussi que, par cette démarche, il parvient à produire une musique à laquelle il n'aurait pas accédé par d'autres voies, et le but recherché est atteint : produire de la joie.

Dans le prochain disque, d'ores et déjà enregistré, avec Lee Konitz, et qui devrait paraître dans les mois qui viennent sous un grand label, il y a une plage qui utilise le disklavier et un algorithme conçu par Dan ; et le pianiste dit que Konitz s'en est trouvé inspiré, entraîné vers un ailleurs insoupçonné. Dan Tepfer prévoit, en 2017, de mettre chaque mois en ligne une vidéo illustrant l'évolution de son travail, avant de publier un nouveau disque qui sera le résultat de ce parcours presque initiatique.

Les Dernières Nouvelles du Jazz suivront cette progression, avec un ou plusieurs entretiens en compagnie de Dan Tepfer, pour illustrer et éclairer ce qui s'annonce, d'ores et déjà, comme passionnant.

Xavier Prévost

Plus d'informations , en anglais, sur le site The Culture Crush :

http://www.theculturecrush.com/acoustic-informatics

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28 juillet 2016 4 28 /07 /juillet /2016 14:29
Festival de Radio France & Montpellier Occitanie : bilan jazz d'un festival

Samedi 23 juillet, Mario Canonge-Michel Zenino 5tet ©David Abécassis

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Dix jours écoulés depuis le premier concert de jazz du Festival de Radio France & Montpellier Occitanie (nouvelle appellation contrôlée depuis la fusion du Languedoc Roussillon avec Midi Pyrénées). Dix jours de concerts à 22h dans le très grand Amphithéâtre du Domaine d'O, et un bilan globalement plus que positif : très beaux concerts, grande diversité, et belle fréquentation du public, lequel donne toute les apparences de la satisfaction.

Festival de Radio France & Montpellier Occitanie : bilan jazz d'un festival

Début dans l'euphorie avec le duo André Minvielle / Jean-Marie Machado : d'abord solo de l'un, puis de l'autre, et ensuite duo autour de Bobby Lapointe (un projet commun qu'ils ont donné de nombreuses fois), mais aussi du répertoire du chanteur-scatteur-vocalchimiste, avec passage par Mingus et Monk. Quelques beaux moments de folie douce.

Festival de Radio France & Montpellier Occitanie : bilan jazz d'un festival

Puis, dans le cadre du thème général du festival, qui est cette année « Le Voyage d'Orient », présence du « Golan Sextet » du contrebassiste Hubert Dupont. Avec un violoniste tunisien, une flûtiste d'origine syrienne, un percussionniste et un joueur de oud originaires de Palestine, un beau croisement des musiques de Méditerranée orientale avec le jazz, représenté par le contrebassiste, et Matthieu Donarier qui officiait à la clarinette métal. Belle réussite, avec des solistes exceptionnels, et certains arrangements très jazz sur ce terreau d'orient.

Festival de Radio France & Montpellier Occitanie : bilan jazz d'un festival

Le lendemain, « Carte blanche » au pianiste Dan Tepfer. Il a invité des artistes auxquels le lient d'anciennes connivences (la chanteuse Claudia Solal, le contrebassiste François Moutin) et un batteur avec lequel il s'est découvert plus récemment des affinités : Arthur Hnatek. Sur scène deux pianos : un grand Steinway, et un plus petit Yamaha, modèle Disklavier, à interface midi. Dan Tepfer, de culture scientifique de haut niveau, pratique depuis sa jeunesse la programmation informatique. Et il écrit sur son ordinateur, pour ce dispositif, des algorithmes conçus pour faire réagir la partie active et autonome de l'instrument à ce qu'il joue lui-même au clavier. Et il jouera successivement du piano de concert et du piano à interface. Avec ce dernier, il fera trois duos, ayant chaque fois créé un programme spécifique pour ses interlocuteurs et son interlocutrice : fécond et passionnant. La musique sans assistance des machines aura aussi sa place, avec un solo sur et autour de Bach (3ème Variation Goldberg) ; un très beau duo avec la chanteuse, sur Lush Life ; et un trio très effervescent avec le bassiste et le batteur. Le tout conclu par un quartette autour du Disklavier, sur une fractale conçue par Dan Tepfer, pour la circonstance, et dont la représentation visuelle évolutive s'affichait sur un écran géant à mesure que la musique se développe. Un article plus détaillé sur l'aspect informatique et musique viendra bientôt sur une autre page du blog, et sera développé dans les mois qui viennent par un entretien avec l'artiste, et un work in progress en vidéo.

Festival de Radio France & Montpellier Occitanie : bilan jazz d'un festival

Le jour d'après ce fut un autre pianiste, Michael Wollny, en trio : beau mélange d'atmosphères sombres empruntées au répertoire « classique » (Guillaume de Machault, Paul Hindemith, Alban Berg), très transformé, et de débauche d'énergie virtuose, avec une interaction impressionnante entre les membres du trio.

Festival de Radio France & Montpellier Occitanie : bilan jazz d'un festival

Puis ce sera le saxophoniste portoricain Miguel Zenon, avec son quartette régulier, où brille en particulier le pianiste vénézuélien Luis Perdomo. Richesse rythmique, belles improvisations mélodiques, constructions savantes ou tourneries entêtantes : la musique est de haut vol, le répertoire est celui d'un disque à venir, début 2017, qui devrait s'intituler « Tipico ».

Festival de Radio France & Montpellier Occitanie : bilan jazz d'un festival

La soirée suivante, à nouveau inspirée par la thématique orientale du festival, accueillait le groupe « Ethics » du contrebassiste Michel Benita, avec Mieko Miyazaki au koto, Matthieu Michel au bugle, Manu Codjia à la guitare, et Philippe « Pipon » Garcia à la batterie. Musique qui naît dans le recueillement pour ensuite exploser dans l'intensité expressive : grande réussite musicale, et gros succès public.

Festival de Radio France & Montpellier Occitanie : bilan jazz d'un festival

©David Abécassis

La semaine, commencée le dimanche 17, s'achève le samedi 23 avec le quintette qui associe le pianiste Mario Canonge et le contrebassiste Michel Zenino. L'esprit est celui du jazz des années 60, celui qui s'épanouissait sous étiquette Blue Note avec Herbie Hancock, Freddie Hubbard, Joe Henderson.... Très bon groupe, très homogène, avec un batteur guadeloupéen, un trompettiste américain, et un saxophoniste cubain. Effervescence maximale dans l'Amphithéâtre, et confirmation que Mario Canonge est un grand pianiste de jazz.

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Le dimanche 24 juillet, le jazz fait relâche pour cause de Carl Orff. Contrairement à Woody Allen, je n'ai pas envie d'envahir la Pologne quand j'écoute Wagner. En revanche, les Carmina Burana auraient une fâcheuse tendance à réveiller en moi des instincts belliqueux. Donc, prudemment, je me suis abstenu....

Festival de Radio France & Montpellier Occitanie : bilan jazz d'un festival

La reprise du jazz, le 25 juillet, se fit en beauté, avec le trio « Fox » : Pierre Perchaud, Nicolas Moreaux, et à la batterie, remplaçant Jorg Rossy qui participait au CD, Karl Jannuska. Très belle musique, d'apparence intimiste, et pourtant porteuse d'une flamme intense, attisée par le drumming raffiné et pulsatoire du canadien. Lyrisme superlatif du guitariste, et formidable drive du contrebassiste, présent à chaque instant dans le trilogue : vraiment très réussi.

Festival de Radio France & Montpellier Occitanie : bilan jazz d'un festival

La conclusion, le 26 juillet, se fit en compagnie du groupe Pucinella : déjanté, fédérateur et efficace, avec une mention spéciale pour le saxophoniste-flûtiste Ferdinand Doumerc, décidément porteur d'une incroyable énergie, combinée avec une incontestable virtuosité.

Festival de Radio France & Montpellier Occitanie : bilan jazz d'un festival

Au fil des jours, chaque soir à 20h30, la pinède du Domaine d'O accueillait un avant-concert avec des groupes de la région, d'une belle tenue musicale. Le plus originale et le plus abouti fut peut-être, le premier soir, le duo « Connie & Blyde », qui associe la chanteuse Caroline Sentis au violoncelliste Bruno Ducret. Et peut-être aussi, l'avant dernier soir, la renaissance du groupe vocal Elull Noomi, qui en 2008 avait eu les honneurs de la grande scène.... mais se trouvait fort heureux, pour sa reprise, d'avoir fait escale à la pinède.

Au total un bilan réjouissant, sur le plan de la qualité artistique et de la diversité du programme, lequel fut conçu par Pascal Rozat pour l'Amphithéâtre, et par Serge Lazarevitch pour la pinède.

Xavier Prévost

Les concerts sont en réécoute sur le site de France Musique :

http://www.francemusique.fr/emission/jazz-ete/2016-ete

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20 juillet 2016 3 20 /07 /juillet /2016 07:45
@jmgelin
@jmgelin

Steve Coleman (Saxophone alto), Jonathan Finlayson (Trompette), Sean Rickman (Batterie), Anthony Tidd (Basse), Miles Okazaki (Guitare)

C'etait hier soir. Paris. Chaleur de boeuf. Une heure d'attente dans la file qui s'étire sur la rue des petites Ecuries. Les femmes s'éventent avec des flyers et tout le monde prend son mal en patience.

Quelques jours plus tôt, Steve Coleman avait donné un concert privé quelque part dans Paris mais je n'avais malheureusement pas pu y aller.

Steve entre sur scène avec son éternelle casquette à l'envers. Depuis quelques temps déjà il orne le bout de son nez de petites lunettes fines.

Les 5 éléments sont sur scène et démarrent assez mollement le concert. Coleman ne trouve pas vraiment son Son. On se dit que la soirée risque d'être longue dans cette salle bourrée à craquer.

Et puis au 3ème morceau, le déclic se fait et le groupe face à la mollesse de la salle monte d'un cran. Et alors le groove s'installe. Coleman s'enflamme.

Et tout à coup la mathématique savante de Five Elements, ce langage qui lui est propre s'éclaire et emballe tout sur son passage.

Steve Coleman est décidément un grand, un immense. Un qui a révolutionné le langage du jazz.

Une grande et belle soirée au New-Morning où la chaleur se faisait soudainement très très légère.....

JM Gelin

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