Dmitry Baevsky, saxophone alto, Jeb Patton, piano.
27 mars 2018. Studio Gil Evans. Amiens. Jazz & People/Pias.
Cette année aura été festive pour les amateurs de duo saxophone alto-piano. Au début de l’été, Lee Konitz, qui s’était livré à cet exercice intime en 1982 avec Michel Petrucciani (Toot Sweet. Owl) dialoguait avec Dan Tepfer (Decade-Verve) dans un climat serein et aérien. Avec les duettistes Dmitry Baevsky, altiste et Jeb Patton, pianiste, c’est une toute autre affaire. Non pas que les sommets ne soient pas là aussi atteints, mais ces deux quadragénaires, le russe et l’américain s’expriment dans une relation de complicité vive et joyeuse. Ils se connaissent depuis une décennie, pratiquant leur art sur la scène new-yorkaise. Ils partagent cette même vision du jazz, rencontre de la tradition et de la modernité sans excès. « Je tiens enfin à rester fidèle à ce que je considère comme l’essence même du jazz : le swing ! En clair, une mélodie forte, un propos limpide, une harmonie intéressante » confiait à Libération le saxophoniste natif de Saint Petersbourg. Le choix du répertoire dans We Two répond à cette conception. Une seule et unique composition de Baevsky (Something for Sonny) pour des reprises de Cole Porter (All Through The Night, You’d Be So Easy to Love), Charlie Parker (Quasimodo), Duke Ellington (délicieux Le sucrier velours) et un hommage du pianiste à l’un de ses « patrons », Jimmy Heath (The Serpent’s Tooth). L’altiste a écouté Parker, Stitt, Rollins, le pianiste Sir Roland Hanna, qui fut son professeur et aussi McCoy Tyner. Autant de références glorieuses que l’on retrouve dans ce duo vif-argent qui donne ici un album de belle facture. Jean-Louis Lemarchand Dmitry Baevsky et Jeb Patton seront vendredi 19 octobre au Sunside (75001) à 21 h pour un concert donné dans le cadre du festival Jazz sur Seine.
Jazz Café Montparnasse (75014) le 10 mars, Baa Box : Leila Martial (vocal), Pierre Tereygeol (guitare), Eric Perez (batterie). Chaussures montantes façon Doc Martens, pantalon noir bariolé, le micro dans la main droite et la gauche manipulant une console, Leila Martial attaque son tour de chant pied au plancher. Dans ce lieu revenu au jazz du quartier Montparnasse, ce samedi soir, le public- fans de l’artiste enthousiastes au bar et dineurs d’un genre sérieux et attentif- va vibrer à l’unisson à une performance vocale d’une rare intensité. « Quand je suis sur scène, je suis sur un fil, je m’aventure toujours à la limite de ce que je suis capable de faire », confiait l’ancienne élève du collège musical de Marciac dans le livret de son premier album en leader, Dance Floor (OutNote Records.2012). Engagement tenu ce 10 mars par Leila avec sa formation Baa Box, un trio aux accents électroniques et aux couleurs de rock alternatif :le batteur Eric Perez (« mon alter ego », dit-elle) et le guitariste Pierre Tereygeol qui n’hésite pas à mordre les cordes de son instrument « à la Jimi Hendrix ». Leila joue de sa voix comme d’un saxophone, s’aventure dans les aigus, exprime une énergie communicative permanente et dans la minute suivante fredonne avec ses deux comparses sur une mélodie suave (Oh Papa, composition d’Eric Perez). Ils sont en symbiose ces trois-là et se trouvent sur un répertoire fait uniquement de leurs œuvres (Baabel. Laborie.2017). A la fin du premier set, une cinquantaine de minutes, l’observateur retrouve la terre ferme, étourdi, transporté.
Jean-Louis Lemarchand Leila Martial en concert : en mars, le 30 à Aix en Provence, en avril, le 5 à Montbriçon, le 7 à Paris (La Générale), les 13 et 14 à Paris (Atelier du Plateau). La chanteuse sortira un nouveau album à l’automne pour le label Laborie.
« Stéphane aura été l'exemple du musicien qui fait de la musique jusqu'au dernier souffle. » nous confiait en 2000 Didier Lockwood à la sortie d’un album-hommage (chez Dreyfus Music) à celui qu’il considérait comme son maître, Stéphane Grappelli. Un propos admiratif que l’on peut reprendre aujourd’hui pour le violoniste, virtuose généreux et éclectique, disparu le 19 février à Paris à 62 ans, victime d’une crise cardiaque. La veille au soir, il régalait le public du club parisien Le Bal Blomet (75015) dans un duo avec un autre as du violon (Sanya Kroitor) lors d’un programme intitulé « Du klezmer au jazz ».
Infatigable artiste, Didier Lockwood préparait un nouvel album où le jazz rencontrait la musique classique en compagnie de la chanteuse lyrique Patricia Petibon, son épouse depuis 2015. Fin janvier, il avait présenté au Duc des Lombards son tout dernier disque « Open Doors » (Okeh-Sony Music) où il renouait avec le jazz dans toute sa splendeur , avec un trio formé d’Antoine Farao (piano), Daryl Hall (contrebasse) et André Ceccarelli (batterie). Il était comme cela, Didier Lockwood, n’aimant rien que les échappées libres, refusant les classifications, quitte à brusquer et choquer les puristes. Un trait de caractère qui remonte à sa jeunesse. Né à Calais le 12 février 1956 dans une famille de musiciens (un père professeur de conservatoire), il n’a pas 17 ans quand, jeune Premier prix de violon du conservatoire de Calais, il fonde un groupe de jazz-rock avec Francis, son frère aîné pianiste. Dès lors le jeune violoniste, interprète brillant, va témoigner d’un éclectisme rare, naviguant entre le jazz le plus classique, le jazz-fusion (au sein du groupe Magma), le style manouche, la musique symphonique (compositeur d’un concerto, «Les Mouettes», en 1996 avec l’Orchestre National de Lille) et n’hésitant pas à « croiser le fer » avec d’autres musiques du monde comme dans le spectacle Omkara (2001) en compagnie du danseur indien Raghunath Manet et du percussionniste Ri Murugan . « Globe Trotter », pour reprendre le titre d’un de ses disques (2003), Didier Lockwood éprouvait un réel plaisir à improviser : il avait d’ailleurs intitulé l’un de ses spectacles, one man show grand public, « L’improvisible » (2014), où, sans partition aucune, il passait du jazz au classique (un pot-pourri de Mozart) et aux musiques du monde (Brésil, Europe centrale aux accents tziganes…). Homme de scène, auteur également de musiques de films (Abus de faiblesse de Catherine Breillat en 2012, Victor Young Perez de Jacques Ouaniche en 2013), Didier Lockwood nourrissait une autre forte passion, l’enseignement. Il avait fondé en 2000 un centre de musique, le CIMDL (Centre international des musiques improvisées Didier Lockwood) à Dammarie-les-Lys (Seine et Marne), commune dont il fut adjoint à la culture. Mais la musique ne devait pas à ses yeux être réservée aux seuls musiciens. Dans un rapport au gouvernement en 2016, il défendait un apprentissage de la musique par plus d’oralité et moins de solfège. « La connaissance artistique, confiait-il, doit faire partie intégrante des savoirs fondamentaux au même titre que la lecture ou l'écriture. » Ses préconisations seront-elles entendues post mortem ? Toujours est-il que dans son hommage, la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, a salué l’«immense violoniste de jazz français», qui «s’est investi avec passion dans la promotion de l’éducation artistique et culturelle.».
Virtuose et généreux, sensible (cf son livre Questions d’âme, Ed Blow & Bow.2014), Didier Lockwood n’avait pas son pareil pour séduire le public, tous les publics (plus de 4000 concerts en 45 ans de carrière). Elégant, éclectique, enchanteur, il exprimait avec légèreté cette classe qui est la marque des véritables artistes. Une quarantaine de disques en atteste. Jean-Louis Lemarchand
Académie du Jazz : les chanteuses et Monk trustent le palmarès
@jmgelin
Académie du Jazz : les chanteuses et Monk trustent le palmarès Signe des temps, les chanteuses ont trusté les prix au palmarès 2017 de l’Académie du Jazz dévoilé le 21 janvier : la récompense la plus prisée, le prix Django Reinhardt (avec le soutien de la Fondation BNP Paribas) est allé à Cécile McLorin Salvant déjà lauréate du Prix du jazz vocal en 2015. La vocaliste franco-américaine devient ainsi la première chanteuse à inscrire son nom au palmarès du Prix du musicien français de l’année depuis sa création en 1954. En tournée actuellement en France pour présenter son dernier album « Dreams and Daggers » (Mack Avenue), Cécile McLorin Salvant s’est produite à guichets fermés à la Seine Musicale le 15 janvier dernier. En attribuant le prix du jazz vocal à Karin Krog, l’Académie du Jazz, présidée par François Lacharme, salue une carrière exemplaire qui est résumée dans un coffret de six albums (The Many Faces of Karin Krog. Recordings 1967-2017. Odin) sorti à l’occasion des 80 printemps de la chanteuse norvégienne. Le vieux continent est aussi récompensé par la voie d’une voix particulière, celle de Susanne Abbuehl, qui obtient le Prix du Musicien européen, au terme d’une compétition qui l’a vue devancer deux autres artistes suisses, Samuel Blaser et Andreas Schaerer. Une des voix du label ECM, Susanne Abbuehl a participé en 2017 à un album Princess (du label français Vision Fugitive) avec le pianiste Stephan Oliva et le batteur Oyvind Hegg-Lunde. Le tableau vocal féminin du palmarès est complété par « la reine du blues de Detroit », Thornetta Davis, récompensée par le prix du Blues. En activité depuis trois décennies, ayant assuré les premières parties notamment de Ray Charles, Thornetta Davis vient de sortir Honest Woman. (Sweet Mama Music). L’autre fait marquant de ce palmarès de l’Académie du Jazz, c’est l’hommage à Thelonious Monk, dont on célébrait l’an passé le centième anniversaire de la naissance. Le pianiste Laurent de Wilde, auteur d’une biographie de référence de Monk (Folio), a décroché le prix du disque français avec New Monk Trio (Gazebo) tandis que l’inédite bande-son du film Les Liaisons Dangereuses 1960, publiée par Sam Records et Saga, enregistrée par TM à New-York (avec entre autres musiciens Barney Wilen) obtenait le prix de la Meilleure Réédition ou Inédit (récompense partagée avec un album de Lucky Thompson. Complete Parisian Small Group Session. 1956-59. Fresh Sound). L’Académie a joué également la carte de la nostalgie en attribuant, à l’unanimité des membres de la commission spécialisée, le prix du Livre à André Hodeir, le jazz et son double, biographie exhaustive (740 pages) de Pierre Fargeton (éditions Symétrie). Premier président de l’Académie du Jazz, André Hodeir (1921-2011), rédacteur en chef de Jazz Hot (1947-51), restera comme un compositeur hors du commun (Essais. Swing. 1955 avec le Jazz Groupe de Paris). Jean-Louis Lemarchand
Le Palmarès
Prix Django Reinhardt (musicien français de l’année) : CÉCILE McLORIN SALVANT Finalistes : Vincent Bourgeyx, Théo Ceccaldi
Grand Prix de l’Académie du Jazz (meilleur disque de l’année) : CHRISTIAN McBRIDE BIG BAND « Bringin’It » (Mack Avenue / Pias) Finalistes : Martial Solal & Dave Liebman « Masters in Bordeaux » (Sunnyside / Socadisc), Vijay Iyer Sextet « Far From Over » (ECM / Universal)
@jmgelin
Prix du Disque Français (meilleur disque enregistré par un musicien français) : LAURENT DE WILDE « New Monk Trio » (Gazebo / L’Autre Distribution) Finalistes : André Villéger / Philippe Milanta / Thomas Bramerie « Strictly Strayhorn » (Camille Productions / Socadisc), Hervé Sellin Quartet « Always Too Soon » (Cristal / Sony Music)
Prix du Musicien Européen (récompensé pour son œuvre ou son actualité récente) : SUSANNE ABBUEHL Finalistes : Samuel Blaser, Andreas Schaerer
@jmgelin
Prix de la Meilleure Réédition ou du Meilleur Inédit : THELONIOUS MONK : « Les liaisons dangereuses 1960 » (Sam Records - Saga / Pias) & LUCKY THOMPSON « Complete Parisian Small Group Sessions 1956-1959 » (Fresh Sound / Socadisc) Finaliste : Woody Shaw & Louis Hayes « The Tour Volume Two » (HighNote)
Prix du Jazz Classique : MICHEL PASTRE 5tet Featuring DANY DORIZ & KEN PEPLOWSKI « Tribute to Lionel Hampton » (Autoproduction) Finalistes : Pierre Christophe 4tet « Tribute to Erroll Garner » (Camille Productions / Socadisc), Bill Charlap Trio « Uptown, Downtown » (Impulse ! / Universal)
Prix du Jazz Vocal : KARIN KROG « The Many Faces of Karin Krog, Recordings 1967-2017 » (Odin / Outhere) Finalistes : Mélanie De Biasio « Lilies » (Le Label / Pias), Lizz Wright « Grace » (Concord / Universal)
@jmgelin
Prix Soul : THE COMO MAMAS « Move Upstairs » (Daptone / Differ-Ant) Finalistes : Don Bryant « Don’t Give Up On Love » (Fat Possum / Differ-Ant), Daniel Caesar « Freudian » (Golden Child)
Prix Blues : THORNETTA DAVIS « Honest Woman » (Sweet Mama Music) Finalistes : John Blues Boyd « The Real Deal » (Little Village Foundation), Monster Mike Welch & Mike Ledbetter « Right Place, Right Time » (Delta Groove)
@jmgelin
Prix du Livre de Jazz : PIERRE FARGETON « André Hodeir, le jazz et son double » (Éditions Symétrie) Finalistes : Ray Celestin « Mascarade » (Le Cherche Midi), Jacques Ponzio « Abécédaire Thelonious Monk / ABC-Book » (Lenka Lente)
Disparition de l’auteur Richard Havers (Sinatra, Verve, Blue Note...)
Spécialiste de la musique Pop et du Jazz, Richard Havers est décédé le 4 janvier. Le britannique avait retracé l’histoire de deux labels prestigieux, Blue Note “Uncompromising Expression » (Thames & Hudson 2014, publié la même année en France (1)sous le titre Blue Note, le meilleur du jazz depuis 1939” Textuel. Traduction de Christian Gauffre ) et Verve “The sound of America (Thames & Hudson). Il laisse également une biographie de Frank Sinatra (DK.2007) et plusieurs ouvrages consacrés aux Rolling Stones (Rolling with the Stones, Bill Wyman’ Blues Odyssey et en 2017 Rolling Stones on Air with the Sixties). Consultant auprès d’Universal et rédacteur en chef du site www.udiscoveredmusic.com, on doit également à Richard Havers des sélections discographiques de Louis Armstrong, Ella Fitzgerald, Nat King Cole. Jean-Louis Lemarchand Rendant compte de la sortie de cette « brique » (416 pages, 450 photos et fac-similés, 59 euros), les DNJ écrivaient : « Voilà un livre qui vaut son pesant de savoirs et d’émotions et justifie amplement de casser sa tirelire. C’est un pavé et pas seulement de bonnes intentions. »
Miles Davis sur scène à Pleyel le 3 novembre 1969 saisi dans un faisceau de lumière : la photo de Guy Le Querrec est devenue une image-icône. Elle figurait déjà dans « Jazz de J à ZZ, ouvrage publié en 1996, avec 389 autres photos d’un photographe fan et féru de jazz (Editions Marval).
« Je m’efforçais d’anticiper ses déplacements, et c’est ainsi que je me retrouvai juste au bon endroit au bon moment lorsqu’il s’immobilisa dans un faisceau de lumière émanant du plancher, qui l’éclairait en contre-plongée et projetait son ombre sur le rideau des coulisses, se souvient Guy Le Querrec.. Miles passa ainsi sans transition de la lumière brutale et uniforme du milieu de scène à un éclairage sculptural sophistiqué qui faisait ressortir son étrange et fascinante beauté et soulignait la profondeur de son regard - qualités qui caractérisent aussi sa musique.» Pour célébrer ses 70 ans l’agence Magnum Photos, où Guy Le Querrec est entré en 1976, dispose d’un espace éphémère au Bon Marché. C’est là que samedi 9 décembre (à partir de 16 h) le photographe présentera et dédicacera la planche-contact comprenant l’instantané-culte et d’autres photos prises lors de ce concert du Festival de Paris, organisé par André Francis : on reconnaît ainsi les quatre autres membres du groupe de Miles (Wayne Shorter, Jack DeJohnette, Dave Holland et Chick Corea) et les quatre musiciens de la formation de Cecil Taylor programmé le soir même, Sam Rivers et Jimmy Lyons, Andrew Cyrille. Jean-Louis Lemarchand Guy Le Querrec au Pop’UP Magnum Photos au Bon Marché, samedi 9 décembre à partir de 16h00 au 1er étage de la Galerie Imaginaire du Bon Marché (24 rue de Sèvres – 75007 Paris). La planche contact est vendue 330€ TTC non encadrée et 380€ encadrée (cadre blanc uniquement) TTC.
Le jazz vocal perd un de ses hérauts (et héros) avec la disparition à 96 ans le 22 novembre à New York de Jon Hendricks. Dans les années 50, le chanteur avait commencé à « vocaliser » les parties instrumentales de jazzmen et sur la suggestion de Dave Lambert, écrit des paroles sur des titres de Count Basie. L’album « Sing a Song of Basie » (1957) enregistré par le trio (LHR)formé avec Annie Ross s’installe rapidement en tête des ventes. La formation évolue avec le remplacement d’Annie Ross (malade) par Yolanda Bavan en 1962 (LHB) et se dissout après la mort dans un accident de la circulation de Dave Lambert en 1966. Jon Hendricks, qui avait abandonné le h de son état-civil à ses débuts sur scène, va dès lors poursuivre une carrière brillante de soliste et constituera dans les années 80 un groupe, Hendricks & Company qui comprendra, son épouse, Judith et ses filles, Aria et Michele. Son style vocal et sa présence sur scène lui valent l’admiration de Bobby McFerrin, Al Jarreau, Kurt Elling, du groupe Manhattan Transfer. Sa fille Michele, résidant en France, l’invitera pour une séance d’enregistrement en 1998, qui sera publié en 2016 par le label Cristal Records (Claude Carrière qualifie de « brûlante et maboule » l’improvisation du père et de sa fille sur How High The Moon) et vaudra à la chanteuse le prix du jazz vocal de l’Académie du Jazz cette même année. Jon Hendricks, qui avait débarqué avec les troupes US sur les plages de Normandie en juin 1944, était chevalier de la Légion d’honneur, décoration remise le 6 juin 2004. Jean-Louis Lemarchand
un événement inédit le 22 et le 23 septembre au Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, Scène Nationale (78)
avec 3 CONCERTS EN GRANDE FORMATION et des rencontres avec les chefs d’orchestres et les musiciens de la fédération !
Loïc LANTOINE & Le very Big Experimental Toubifri ORCHESTRA
Fred PALLEM & LE SACRE DU TYMPAN – Print & Friends
Sylvain CATHALA
Ajoutons Plus de 30 concerts du 21 septembre au 31 octobre dans toute la France pour découvrir la musique en grande formation ! http://www.grandsformats.com/wp-content/uploads/GRANDS-FORMATS-02-WEB.pdf
http://www.grandsformats.com/
Association GRANDS FORMATS : la musique en formation XXL
l’Association "Grands Formats" c’est quoi ?
Grands Formats est une fédération d’artistes qui réunit 48 grands ensembles représentatifs de l’extraordinaire diversité artistique du jazz, des musiques improvisées et d’autres esthétiques se réclamant de ces musiques. Ils sont au total près de 1 000 musiciens et chefs d’orchestre, portés par un irrésistible désir musical et une bonne dose d’inconscience, réunis depuis 14 ans pour défendre l’existence et la pérennité de la musique en grande formation et permettre à tous de vivre une expérience musicale hors-norme !
Du 21 Septembre au 31 Octobre des concerts "Grands formats" partout en France
Pour sa Rentrée 2017, Grands Formats met un coup de projecteur sur toute une série de concerts entre le 21 septembre et le 31 octobre un peu partout en France ! Pour lancer cet évènement, la fédération organise un week-end en partenariat avec le Théâtre de St Quentin-en-Yvelines, Scène Nationale le vendredi 22 et le samedi 23 septembre. L’occasion de découvrir l’univers de trois grands ensembles à travers des concerts d’une puissance sans égale : Fred Pallem & Le Sacre du Tympan, Loïc Lantoine et le Very Big Experimental Toubifri Orchestra ainsi que Print and Friends de Sylvain Cathala. Sont également prévus des moments de rencontres pour échanger avec ces artistes singuliers et découvrir ces projets musicaux sans limite pour lesquels une créativité extrême et un grain de folie sont de rigueur !
Vendredi 22 et samedi 23 septembre En partenariat avec le Théâtre de St-Quentin-en-Yvelines, Scène Nationale
La Rentrée Grands Formats 2017 : Week-end de lancement
Puis , plus de 30 concerts du 21 septembre au 31 octobre pour découvrir la musique en grande formation ! Tous les concerts sur : www.grandsformats.com
Programme : Théâtre de Saint-Quentin-en Yvelines, Scène Nationale 3 place Georges Pompidou – 78180 Montigny-le-Bretonneux Infos et résas : 01 30 96 99 00 - accueil@tsqy.org www.theatresqy.org
Vendredi 22 septembre • 20h30 / CONCERT Loïc LANTOINE & LE VERY BIG EXPERIMENTAL TOUBIFRI ORCHESTRA Samedi 23 septembre : • 16h30 / RENCONTRE AVEC LES ARTISTES Fred PALLEM, Sylvain CATHALA et les autres chefs d’orchestre de la fédération vous font découvrir le pari fou et osé de la musique en grande formation. • 18h / CONCERT FAMILIAL Fred PALLEM & LE SACRE DU TYMPAN • 20h30 / CONCERT PRINT & FRIENDS / Sylvain CATHALA
Jean-Louis Lemarchand En 1947, Pierre Henry appelait dans un texte-manifeste, à « penser à une musique nouvelle ». Disparu le 5 juillet à la veille de ses 90 ans, le « pape » de la musique électroacoustique laisse une œuvre immense, dont la Musique pour le temps présent (avec Maurice Béjart) qui lui assura en 1967 un succès planétaire grâce à un air, Psyché Rock. Admiré par les compositeurs de musique électronique, dont Jean-Michel Jarre, Pierre Henry avait aussi fait une incursion sur la planète jazz en collaborant en 2001 avec le trompettiste Erik Truffaz. Le pianiste Laurent de Wilde analyse dans Les fous du son (Grasset.2016) l’apport de Pierre Henry, qui au même titre que Pierre Schaeffer « pense que la matière sonore peut et doit servir d’alphabet aux nouvelles compositions non plus sous forme de notes mais de sons. Autrement dit, le bruit d’une locomotive ou d’un couteau qui tombe est une expérience sensorielle qui peut, lorsqu’elle est mise en forme, exprimer des émotions aussi intimes qu’un instrument de musique traditionnel »/ Infatigable, sa dernière œuvre a été publiée en 2016 (Continuo ou vision du futur), Pierre Henry composait depuis 1971 dans une petite maison du quartier populaire parisien de Picpus, où chaque pièce était dédiée à la musique. Un pavillon qui semble hélas aujourd’hui promis à la démolition. C’est là qu’il avait donné au cours de l’été 2009 vingt quatre concerts « à la maison ». Présent à l’un de ces évènements, j’avais rédigé un compte-rendu qui est reproduit ci-après dans son intégralité. Pierre Henry donne chez lui « Dieu à la maison » Chaque soir, à l’heure de l’apéritif, Pierre Henry reçoit chez lui. Le « pape » de la musique électroacoustique présente à quelques privilégiés-une petite quarantaine-sa dernière œuvre dans sa maison parisienne du quartier Picpus. Assurément l’un des évènements de l’opération Paris quartier d’été à laquelle le musicien participe pour la sixième fois. Installé derrière sa console d’ordinateur, le compositeur de « Variations pour une porte et un soupir » propose « Dieu à la maison », nouvelle version de son poème sonore d’après le texte de Victor Hugo sorti en 1977. Un voyage musical au royaume de l’électronique qui donne toute sa vigueur à cette œuvre posthume publiée en 1891, au thème métaphysique : Dieu existe-t-il ? Dans cette aventure, Pierre Henry, 81 ans, est accompagné par le comédien Jean-Paul Farré, auteur-interprète de « 20 ans de pianos forcés », qui fait vivre ce texte souvent sombre et parfois sarcastique, dont une terrible charge contre les prêtres. Une heure durant, le spectateur est l’invité personnel du maître de la musique concrète, reçu dans l’une des petites pièces de cette maison du 12 ème arrondissement, véritable antre de création où voisinent archives musicales et compositions personnelles faites de bandes magnétiques, bobines de fer, touches de piano… Ainsi, en écoutant les nappes sonores transmises par les enceintes disposées de la cave au grenier, l’amateur a- t-il tout loisir de mesurer l’ampleur et la diversité de l’œuvre de Pierre Henry découvert en 1949 avec sa « Symphonie pour un homme seul ». La version originale de Dieu (1977) figure dans un coffret Philips de 5 CD « Mix Pierre Henry 04.0 ». Jean-Louis Lemarchand