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5 juin 2007 2 05 /06 /juin /2007 07:24

JJJJ ERIC LE LANN ET JANNICK TOP : «  LE LANN-TOP »

Nocturne 2007 

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Ça commence comme un cri de trompette. Du genre de celui que l’on pousserait avant de se jeter dans le vide pour se procurer des sensations fortes. Car c’est bien de cela dont il s’agit d’emblée. De sport extrême ! Décoiffage garanti dans cette rencontre multiculturelle entre le rock pur jus « heavy » de Jannick Top, le jazz au classicisme post Milesien qui rappelle ses échappées urbaines-jazz et les couleurs d’Afrique de Lionel Louéké. Le tout soutenu par un remarquable batteur au drumming bourré de vitamine, Damien Schmitt absolument époustouflant et dont on devrait très certainement réentendre parler.

Ce que propose Eric Le Lann dans cet album qui, au départ était axé essentiellement sur sa rencontre avec l’ancien bassiste de Magma, Jannick Top, maître d’œuvre d’une post production exemplaire, est d’une absolue modernité. Se faisant fi des frontières et des clichés musicaux, le quartet mixe, mélange et pétrit plusieurs influences dont la principale viendrait d’une sorte de jazz-rock  (Babylone où Louéké fait avec brio ce qu’il fait habituellement avec Herbie Hancock) à moins qu’il ne s’agisse de rock-jazz (Middle Access) un peu à la manière de ces fameux quartet de Miles où toute expérimentation était possible du moment qu’elle était homogène et qu’elle conservait le son et le groove. Dans des formes plus classique Le Lann (une fois n’est pas coutume) sait aussi emboucher son pavillon (Back time trip ou The Silent track) et Louéké délivre sur la nylon quelques patern à l’African-fusion comme il les affectionne ( It’s so blue) et dans lequel Le Lann se glisse avec merveille. Le trompettiste, jamais à la recherche de la note juste mais plutôt de la note jouée avec l’intention la plus juste, donne toujours le sentiment de redoubler d’énergie avec la complicité et l’encouragement d’une rythmique puissante, de mordre, tranchant dans le lard à coup d’incises aiguës tandis que derrière les musiciens trament et tissent une couleur unique issue d’un mélange inédit et dont la rondeur n’existe jamais au détriment de la pulse. Qu’il s’agisse de Mysterious City ou encore de The Silent Track ( le summum de l’album selon nous), le groupe parvient à créer au delà de l’énergie cette intensité dramatique à coup de groove sourd sur lequel contraste la brillance du son. Une grande part du mérite en revient au travail de post production qui réussit cet alliage surprenant en bien des points remarquablement moderne. Le Lann revient en force. En tous points irrésistible.

Jean-Marc Gelin

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