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19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 07:39
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La Buissonne
/ Harmonia mundi 2008

 

 Gérard de Haro est actuellement  aux commandes d’un formidable studio d’enregistrement, La Buissonne. Il a fini par céder à la tentation de créer son propre label et sa  première livraison  « maison » en 2003, fut  un coup double : un premier solo de  Jean François Jenny Clark, capté sur le vif, au Bass festival d’Avignon 1994 et  le second solo, intitulé Vents et Marées, du pianiste Jean Sébastien Simonoviez.

Quatre ans plus tard, Gérard de Haro retrouve le pianiste pour un projet terriblement ambitieux mais parfaitement abouti : jouer des cordes, avec elles, dans toutes les combinaisons possibles. Ce sera  « Crossing life and strings » où il réunit trois des meilleurs contrebassistes de jazz actuels, Barre Philips, Riccardo del Fra et Jean Jacques Avenel, celui qui introduisit la basse électrique dans le jazz, Steve Swallow,  et pour continuer à se faire plaisir, il ajoute un quatuor à cordes Opus 33 pour exécuter certains arrangements raffinés du pianiste, auteur de nombreux thèmes. De quoi  créer des formules à géométrie variables, toutes sortes de duos autour des thèmes, comme cet « Om » co-écrit avec Riccardo del Fra, qui est ainsi revisité trois fois.

Un festival de cordes où techniques et manières diffèrent mais malgré les différences, c’est l’unité de l’album qui nous frappe, sa cohérence.

Coltrane est présent dès le superbe thème inaugural « Welcome » avec Barre Philips; le répertoire est subtilement construit, alliant à la ferveur quasi mystique de certaines mélodies,  la rêverie romanesque (« My ship » de Kurt Weil/ Gerswhin), des climats sereins, presque tendres Leo Ferré (« A une passante » ), d’autres plus méditatifs « Cavatina »

Le résultat est un album lumineux, comme le prouve cette dernière composition qui rassemble tous les musiciens du projet autour d’une suite en trois parties intitulée « Cosmos ».

 JS Simonoviez exprime une sensibilité accordée à une certaine idée de l’instrument : pas de cascades de notes, de recherche de performance, on « entend » pourtant parfaitement  sa sonorité cristalline et tendre, tranchante aussi, un phrasé si clair qu’il en est presque limpide.

Un intimisme exacerbé était la marque de l’univers du pianiste dans l’exercice du solo. En accompagnateur humble et fidèle d’autres cordes, il laisse les développements prendre leur temps, s’abandonnant à la petite « musique des sphères. » Sophie Chambon

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