WHITE BICYCLES
joe Boyd
Éditions Allia 2008
286 p ; €
Attention ! Contrairement à ce que pourrait penser ou croire ceux qui savent que Joe Boyd est un producteur renommé de la musique pop des années 60, ce livre n’est pas un livre sur cette musique où les clichés sulfureux abonderaient pour alimenter notre imagerie d’Epinal. Tout le contraire. Car celui qui, dans les années 60 n’avait guère plus que 20 ans et qui quitta les Etats-Unis pour s’installer à Londres dans le but d’y dénicher les nouveaux talents de la musique pop a, dans ce livre un tout autre propos. Et si son livre est effectivement bourré d’anecdotes vous n’y trouverez pas les images tant rabattues lorsque l’on évoque la période hippie. Celles des excès de drogue et de sexe des pop stars du moment ne sont pas évoquées ou alors indirectement.
Ce livre dont le sous titres est « making music in the 60’s » raconte l’expérience d’un jeune producteur, débordant d’amour pour la musique et pour les musiciens, candide et naïf dans un milieu qui était alors (époque oblige), un peu plus tendre et plus contestataire qu’aujourd’hui.
Joe Boyd croisa sur sa route Bob Dylan en 1965 lorsque celui-ci fit scandale au festival de Newport. Mais c’est surtout à Londres que sa carrière de producteur-manager prit un réel essors avec l’impulsion d’une scène plus ou moins underground (UFO) et surtout la production du premier album des Pink Floyd. Suivront ensuite quelques grands succès comme Fairport Convention ou l’Incredible String Band et enfin et surtout, le sublime chanteur Nick Drake que ce livre nous invite à réécouter aujourd’hui.
Dans ces coulisses de ce travail de producteur on apprend autant sur les usages de ce métier ( la version est cependant certainement très édulcorée) que sur l’ambiance de cette époque beatnik que les moins de 20 ans ne peuvent pas avoir connu. Et ’on ne sait pas trop pourquoi ce livre remarquablement écrit nous captive du début jusqu’à la fin même si l’on se sens un peu étranger à son sujet. Peut être une pointe de nostalgie pour une conception un peu naïve du travail de ces producteurs amoureux de la musique et dont on ne retrouve plus la trace aujourd’hui chez les majors. Jean-Marc Gmelin

