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7 juillet 2008 1 07 /07 /juillet /2008 22:50

Nocturne 2008

Andy Bey (vc, p), Peter Washington (cb) Kenny Washington (dm),  Live at Birdland mai 1997



 

 On a déjà à peu près tout écrit sur Andy Bey et sur sa voix exceptionnelle aux quelques quatre octaves (oui vous avez bien entendu, pas deux, pas trois mais bien 4 octaves….). On a déjà tout dit sur ses manières d’en faire, sur ses façons de façonner. Et c’est vrai que Andy, à presque 70 ans en fait toujours et encore des tonnes dans le genre plus crooner que moi tu meures. Et ce n’est pas cette version « live » d’un concert au Birdland capté il y a 11 ans qui nous fera dire le contraire. N’empêche ! Combien sont ils à chanter comme lui, à placer leur voix ainsi au fond du fonds du temps avec cet art de vous enrouler, de vous envelopper dans sa voix comme d’autres vous déshabillerait d’un regard ? Pas le genre à se compliquer la tâche Andy : son univers à lui c’est celui de standards qu’il croone comme pas deux. Toujours too much, Andy. Toujours trop Andy à faire sa mijaurée, sa chanteuse de club avec ses allures de vamp. Andy c’est pas Johny Hartman. Autre chose. Le genre à laisser tourner sur la platine lorsque l’on ramène sa belle après un dîner en tête à tête, à l’heure du dernier verre, pose alanguie sur le canapé, lumière tamisée, corps rapprochés ! Andy est tout en sensualité voire même d’un érotisme brûlant. C’est qu’il prend du plaisir à déshabiller le thème, à l’effleurer, à le caresser longtemps et tout autour. Écoutez ce All the things you are réinventé ou ce Ain’t necessarily so chaud comme la braise. Et puis comme si ce n’était pas suffisant pour nous achever d’extase, Andy lorsqu’il ne dit plus rien, pose ses doigts sur le clavier et se révèle aussi un superbe pianiste aussi inventif dans les phrases jouées que dans celles chantées (comme dans cette version de If I should lose you). Et l’on pense alors à Michel Contat qui disait un jour que les meilleures chanteuses étaient celles qui étaient aussi pianistes. A ce petit jeu à, Andy Bey est une formidable chanteuse de jazz qui avec ses manières exaspérantes d’en faire trop nous procure ce petit plaisir masochiste. Le charme totalement exaspérant et irrésistible des frimeurs magnifiques.

Jean-Marc Gelin

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