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29 décembre 2008 1 29 /12 /décembre /2008 09:36

Label Igloo




Partons à la découverte de ce tout nouveau projet musical, réunissant deux talents indéniables que sont la violoniste Cécile Broché et le saxophoniste Etienne Bouyer. Leur rencontre donne naissance à un disque sur le thème du voyage, « Soundscapes », construit sur le moule d’un étonnant « road movie ». Ici résonnent des reflets oniriques évoluant sur chaque continent de long en large, au dessus des montagnes moldaves comme à travers les faubourgs de New York, en passant par de subtiles odeurs orientales. Par leurs enivrantes simplicités, certains thèmes ne sont que prétextes à improvisations. D’autres compositions ne sont qu’ostinatos dirigeant le message, tantôt rageurs et asymétriques (« The Town »), parfois mélancoliques (« Plage blanche »). Résonne aussi un certain pointillisme digne d’une attitude minimaliste, comme par exemple dans l’exposé désarticulé de « E411 ». Difficile de ne pas tomber sous le charme des abîmes sonores explorés par certaines résonnances harmoniques dans l’introduction de « Jezerca ». Le monde du silence propice à la méditation y est ainsi évoqué. A cette association inédite de timbres, il faut surtout souligner l’utilisation par la violoniste d’effets spéciaux en tout genre, comme des pédales « wah-wah », « octaver », « distorsion » et autres « Loop Station », cette dernière pédale étant de plus en plus utilisée par les musiciens de Jazz contemporain. Ce parcours d’explorations diverses s’attarde aussi sur le jeu des dissonances, des onomatopées, des imprévus, au gré des notes infortunés et des invocations vocales (« Art », «  Peut-être » et « Lonely Woman » d’Ornette Coleman). Puis un détour par la noblesse des résonnances modales orientales, nous offrant le plaisir d’une imagination sans frontières. La surprenante apparition du Djembé sur quelques compositions, entre les mains expertes de Chris Joris, ajoute au carnet de voyage le sourire éclatant de l’Afrique noire. C’est dans notamment « Isi Bop » que l’esprit percussif prend toute sa valeur. Pour la petite histoire, « Isi » n’est que le diminutif de « Isidor », le chat du saxophoniste ! Dans cet hommage félin justement, la répartition des rôles donne à chacun des musiciens un véritable moyen d’exprimer l’héritage du Jazz. Mais aussi du Rock ! En témoigne, par la suite, ce riff dévastateur du morceau « Konnyu Darab n°5 ». Pour finir en allégresse poétique absolue, le duo nous offre une version tout à fait originale du standard ultra-classique « In a sentimental mood » de Duke Ellington, version alambiquée de questions-réponses tout à fait inattendues. Interprétées avec une complicité hors du commun et en totale harmonie avec la Nature tout au long du disque, ces escapades sonores nous recentrent au cœur du monde avec sérénité. Le deuxième, c’est pour quand ?
Tristan Loriaut

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