Par Stéphane Carini
La scène se passe dans un de ces bistrots qu’affectionne la presse spécialisée après la distinction des disques-phares de l’année. Bribes de dispute entre passionnés, vous savez bien : le jazz, ses codes, sa santé, ses dérives, ses âges d’or…Sujet du moment : les chanteuses de la planète marketée « jazz » (de Lisa Ekdahl à Norah Jones en passant par Madeleine Peyroux). « Mais après tout, elles peuvent drainer un public énorme vers le jazz (le vrai) qui en a bien besoin (c’est une idée qui a la vie dure, ça, enfin…) - Oui, seul hic, toute cette médiatisation se double d’un dangereux effet d’anti-mémoire (qui s’intéresse encore à Sarah, Carmen, Anita ?) quand elle n’éclipse pas les voix actuelles, celles dont on pourrait parler vraiment en se détachant un peu du plan com’ des majors, non ? – Ah bon ? Mais qui ? Qui ? QUI ? Assuré mais avec un brin d’ironie car je sais bien, allez, à QUOI m’attendre, je lance : « Claudia Solal ». Choc. Car enfin, c’est bien connu, celui qui vient d’avancer ce nom a biberonné au scat d’Ella Fitzgerald sur How High the Moon, il ne peut être soupçonné, lui, d’intellectualisme formaliste, d’idéologie crypto-libertaire alors quoi ? Oui, pourquoi, après tout ?! Pourquoi j’aime Claudia Solal ?
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