[Acoustic Jungle] # 1
Voilà un album tout à fait épatant pour les amateurs de Drum & Bass, dont je ne suis pas précisément, disons-le tout net. Mais enfin il faut laisser sa chance aux musiques actuelles et écouter leur production… D’ailleurs, le nom du groupe Glück signifie « chance » en allemand. Par contre, il n’y a sans doute aucun rapport avec le compositeur d’opéra allemand du XVIIIème siècle qui écrivit la partition d’ Orphée cherchant en enfer son Euridyce qu’il avait perdue…
Revenons à ce trio endiablé, diablement vif justement, qui sort sur Must records un album d ‘ «acoustic jungle» . La « jungle » fait d’abord référence à ce jazz expressionniste, qui utilisait certains effets de traitement de son (growl, sourdine wah wah pour les cuivres, vibrato appuyé ) dans la période ellingtonienne fin des années vingt … Là encore, je m’égare…bien que
Aujourd’hui, ce que sous-entend ce genre, dans la grande famille des musiques électroniques, est un hybride, apparu en Angleterre aux débuts des années 90, mêlant reggae, dub, jazz, techno, soul… les Anglais ne cessant de recycler les musiques qu’ils aiment, et cela peut donner des rythmes plus ou moins dansants, expérimentaux… Le trompettiste Eric Truffaz, dans ses premiers albums Blue Note (The Dawn), dès 1998, fusionne sans machines un jazz dansant, accessible et audacieux
Trois instrumentistes acoustiques nous entraînent donc dans une danse-transe effrénée, respectivement Cédric Thimon aux saxophones ténor et soprano, bien allumé, Paul Gelebart au soubassophone, grave profond et Thomas Derouinau qui se déchaîne sur sa batterie et aux percussions. Le trio fondé en 2009 vient d’une fanfare Zéphyrologie et de l’électro, et se propose de jouer sur des instruments acoustiques au lieu de machines… Voilà de quoi surprendre et détourner ou inverser la principale caractéristique de ces musiques « industrielles », issues d’un univers en expansion, populaire, abolissant les frontières entre les genres. Avec pour seul point de repère la « pulse », le fameux « boum boum »(rien à voir avec Trenet) émergeant d’une superposition de sons et d’effets plus ou moins complexes.
Ce qui n’est pas pour nous déplaire, d’autant que l’alliage des timbres est plus que plaisant, réconfortant pour l’amateur de jazz, quand se rajoute de surcroît l’orgue Hammond de Stéphan Patry on «Lucky Glück»et «Freesbie» ! Evidemment la frénésie de la batterie qui jamais ne relâche son tempo a de quoi lasser un peu mais on imagine très bien que dans l’ambiance du ‘live’, ça le fait … A la maison, écoutez donc pleine puissance « Speed addict » ou « Full up » titres qui parlent d’eux mêmes !
Voilà donc un groupe d’ « agités du bocal », d’allumés authentiques qu’il faudra écouter en direct car redisons le le meilleur moyen d’écouter de la musique est d’en voir…
Sophie Chambon

