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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 16:06

Plus Loin Music 2010

Rudresh Mahantappa (as), Ronan Guilfoye (cb, g), Chandler Sardjoe (dm)

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Cela fait déjà quelque temps que l’on vous parle dans ces colonnes du saxophoniste américano-indien, Rudresh Mahanthappa. Nous avions fait écho à l’album Kinshen paru en avril 2009 ( **** RUDRESH MAHANTHAPPA : « KINSHEN » ) et lors de l’interview qu’il nous avait accordé, le patron du label Plus Loin Music n’était pas peu fier de nous annoncer l’entrée de ce prodige du saxophone alto sur son label dont l’ambition est définitivement de bâtir des ponts entre la France du jazz et la cité de Big Apple.

C’est donc peu dire que nous étions curieux de retrouver le saxophoniste dans ce nouvel environnement. Et de toute évidence ce passage sur le label français s’est fait sans rupture, en parfaite continuité avec le travail que l’on connaissait de Rudresh Mahanthappa.

C’est donc un album très court (49mn) censé marquer le passage au label et poser les bases. On y retrouve, dans ce pianoless, les idiomes qui sont sa marque de fabrique marquée par le swing carnatique du saxophoniste indien. 6 titres assez époustouflants qui se déroulent tel un long serpent envoûtant, dans le flot irrépressible des sinuosités, des lacis et des lacets du filet du son de Rudresh Mahanthappa. Entre Raga et musique Carnatique ( n l’a dit), Rudresh Mahanthappa se montre exactement tel qu’on le connaît, jetant entre ses racines indiennes et ses racines venues du jazz New Yorkais des liens syncrétiques qui en font un musicien aussi rare et essentiel que Steve Coleman pu l’être avant lui. Inventeur en quelque sorte d’un langage. Pour ce faire, Rudresh Mahanthappa s’appuie sur une rythmique fort solide et surtout sur un contrebassiste éclatant avec tout le talent et la présence totalement assumée de l’irlandais Ronan Guilfoye qui alterne le jeu de guitare et de contrebasse avec la même énergie et la même passion de la walking basse mélodique et parvient à émerger réellement dans le jeu torrentiel de Rudresh Manhathappa.

Les thèmes s’enchaînent alors dans un courant continu. L’énergie ne faiblit jamais. Seule l’émotion peine juste à éclore de ce fleuve en mouvement. Cette force de la nature incarnée aussi majestueuses que magistrale.

Jean-Marc Gelin

 

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