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16 septembre 2007 7 16 /09 /septembre /2007 10:04

ECM 2007

John-Surman.jpg


Il y a dans cet album de John  Surman avec un  quatuor à cordes un formatage marketing à l’esthétique ECM si poussé qu’il en prend presque des allures de « trop attendu ».  Jouant du saxophone baryton avec un son d’une incroyable pureté (sur lequel il excelle absolument) autant que du soprano et de la clarinette basse, le saxophoniste anglais se laisse aller, quatuor oblige à des compositions aux  références classiques explicites qui peinent à surprendre. Ces compositions justement, tournent en effet autour d’une forme d’académisme basé sur l’influence d’une certaine école musicale qui va de Satie à Britten. John Surman s’empare alors de cet univers pour nous inviter à un voyage intérieur auquel on reprochera peut être un manque d’énergie – quoique -. Les pièces s’enchaînent aussi belles les unes que les autres. On est loin du jazz mais plutôt dans une sorte de ballade fantomatique (très «  ECM ») dans un siècle qui n’est pas le notre et qui amène jusqu’à nous les réminiscences de quelques dramaturgies disparues. On assiste alors à quelques moments magnifiques comme ce « Now and again » à la poésie filante où Surman réussit l’alchimie rare de dialoguer tant avec la contrebasse qu’avec la quatuor. Chacun dans le sillage de l’autre. Il crée alors un univers triste et sombre, des couleurs automnales ou sépulcrales frôlant des ténèbres saisissantes qui semblent relever de quelques terreurs shakespeariennes. C’est parfois absolument splendide – quoique. A l’heure de la disparition de Bergman on pense à des univers que le génial réalisateur auraient pu filmer. Mais cet album où tout est affaire de couleurs pastelles et sombres à la fois peut aussi émouvoir que laisser indifférent face à une froideur glaçante. Il exigera donc de l’auditeur une écoute très attentive pour en percevoir les mystères. Il en est de cet album comme de la promenade dans un univers qui nous serait très (trop) connu. Le risque est de passer alors à côté de sa beauté familière et finalement si singulière.

Jean-Marc Gelin

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