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2 juillet 2008 3 02 /07 /juillet /2008 07:44

Effendi 2008

François Bourassa (p), André Leroux (ts,ss, f), Guy Boisvert (cb), Greg Ritchie (dm), Philippe Melanson  (dm), Aboulaye Koné (perc)


 
Il serait peut être temps que le public parisien commence à se familiariser avec le nom de François Bourassa. Car à 49 ans, ce pianiste canadien habitué aux prix et aux récompenses, ne cesse de marquer le paysage du jazz par la qualité de son travail et de ses créations. Dernière récompense en date et non des moindres, celle du prix Oscar Peterson reçu en 2007 et qui, à entendre le présent album est très largement justifié. Car disons le tout net, il y a dans le travail de François Bourassa la quintessence de ce qui nous fait vibrer dans le jazz actuel. L’énergie et l’engagement bien sûr mais aussi des compositions brillantes, jazzy en diable qui associent autant l’émotion pure à un groove terrible, quelques idées géniales de compositions, un amusement rythmique qui passe des métriques impaires à des passages en binaires où le jazz peut parfois se teinter de pop et de world sans jamais y perdre son identité fondamentale et sa capacité à créer des espaces d’improvisations brûlantes. C’est qu’il y a dans cet album autant de force que de puissance dynamique. Avec l’aide d’un saxophoniste qui a tout compris, Bourassa passe d’un jazz-pop comme III Wooster Street, à un jazz world où les percus explosent ( Aboubou), pour glisser ensuite une belle ballade au jazz plus bleuté ( Nationz) sans jamais donner une once de sentiment de « décousu ». C’est que cet album est au contraire intelligemment conçu dans son ensemble et dans son agencement. De quoi nous mettre constamment les sens en éveil. Le saxophoniste André Leroux, incandescent au ténor comme au soprano y affûte les thèmes avec une lame aussi brûlante qu’acérée et se révèle un très grand saxophoniste. Il s’appuie sur une rythmique dans laquelle le jeu de François Bourassa, est un joyau d’intelligence dans l’utilisation de la grille, dans l’accompagnement du soliste et surtout dans la puissance et la dynamique de groupe. Le pianiste qui signe cet album sous son nom ne se surexpose jamais et joue la carte du collectif. Toute l’intelligence de Bourassa consiste alors à rendre à cet opus une grande cohérence dans la diversité du discours. C’est ce que ce groupe a véritablement « un truc ». Lorsque l’on ne sait pas quoi dire sur un album ou sur un groupe, on dit «  il a le son ! » pour se débarrasser du sujet. Mais ce que nous entendons surtout ici, c‘est un vrai plaisir à ne jamais se répéter, à sortir des formats sans jamais nous perdre. Loin de tout académisme, ce quartet nous donne une nouvelle preuve de la formidable vitalité du jazz en s’appuyant sur un  discours stimulant et vivifiant en phase avec les canons du jazz d’aujourd’hui. Jean-Marc Gelin

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