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2 juillet 2008 3 02 /07 /juillet /2008 07:46

Peter Erskine (drums), Nguyen Lê (electric guitar), Michel Benita (bass) + Stéphane Guillaume (ténor et soprano saxophones). Act – 2008.




 

Cela fait déjà sept ans que ce trio (crée sous l’impulsion du batteur Peter Erskine) a enregistré son premier album, qui nous avait fait une très forte impression. Pour ce deuxième opus (toujours publié chez ACT, le label des albums de Nguyen Lê), ce groupe occasionnel à configuration triangulaire, a décidé de ne pas se répéter et d’apporter des couleurs nouvelles à leur riche et spécifique palette musicale. Le trio va donc se métamorphoser en quartet en intégrant l’inventif saxophoniste Stéphane Guillaume. Ce ne peut être un hasard que Peter Erskine (ex-batteur de Weather Report) soit tombé amoureux de la sonorité du plus « Shorterien » des saxophonistes français (qu’il joue du soprano ou du ténor). L’alchimie fonctionne à merveille, la musique est fluide, elle laisse beaucoup d’espace et de liberté aux solistes, tout en maintenant une discipline rythmique à la fois implacable et souple. A l’image de son titre, ce disque fait la part belle à la liberté de s’envoler en rêvant, un programme des plus planants qui n’exclut pas des moments rock, dûs à l’énergie déployée et aux furieux sons de guitare de Lê (Rotha et Priska, Kokopanista). Les morceaux ont tous été conçus pour ce quartet inédit où les sonorités du saxophone et de la guitare fusionnent à merveille (les thèmes sont souvent joués à l’unisson). Les trois membres originels continuent de se partager équitablement les compositions, mais confient tout de même un titre à l’ingénieuse écriture de Stéphane Guillaume (Hanging Out of the Roots, qui s’intègre très bien à l’univers du trio). Avec Plan 9, Peter Erskine compose le morceau le plus jazz du disque, on apprécie son swing espiègle et son élégance décontractée. Le très émouvant Song for Jaco, lui permet de célébrer les vingt ans de la disparition de Pastorius, son incomparable compagnon des grandes années Weather Report et offre l’occasion à Michel Benita d’effectuer un très beau solo mélodique de contrebasse acoustique. Enfin Nguyen Lê nous impressionne toujours autant par ses fulgurantes interventions électriques extrême-orientales, notamment sur deux de ses compositions (Jive Five et Kokopanista). En terminant l’album avec A Demain, seul titre joué en trio, on sait que l’aventure de ce groupe exceptionnel n’est pas terminée et nous nous en réjouissons d’avance. Lionel Eskenazi
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