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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 08:12

Tzadik 2008

John Medeski ( claviers), Chris Wood (cb), Billy Martin (dm)



Les lecteurs assidus des DNJ s’en souviennent, le précédent album de ce bouillonnant trio (à mon sens l’un des plus doués du moment), nous avait absolument conquis. Du genre à rester de longues années dans les favoris de son Ipod. C’était un album avec Scofield et cela déménageait sérieusement. Vous vous en souvenez sûrement et cela a dû rappeler quelques bons souvenirs à John Zorn qui en 1993 avait brièvement accueilli ces jeunes trublions sur la planète Masada. De quoi lui donner quelques idées au passage. Dans son entreprise gigantesque, Zorn a en effet composé plus de 300 titres devant constituer l’ossature du livre des anges dont il confie régulièrement  l’interprétation aux amis de passage. Et c’est ici ce superbe trio qui pour le volume 11, s’y colle et se voit confier l’interprétation du Livre 2.

Formidables interprètes de l’idée zornienne, Medeski, Martin & Wood ne trahissent pas son auteur  et restent fidèles à l’esprit jazzo-rocko-klezmero-trash  de son auteur. Le risque était grand pour eux de les voir au pire se dénaturer, au mieux qu’ils se retrouvent dans cette entreprise telle une poule devant une brosse à dent. Mais ils parviennent habilement à éviter cet écueil. A ce jeu là, MM&W ne perdent pas leur âme mais insufflent une réelle personnalité et y mettent presque une petite dose d’ironie irrévérencieuse n’hésitant pas quand il le faut à faire quelques pieds de nez à l’esprit Zornien. Alternant le clavier électrique ou acoustique, John Medeski ne singe pas Marc Ribot et  imprime sa marque et la couleur du groupe. Ce qui n’était pas gagné sur le papier tant l’univers de ce trio de trublions semblait peu commun à l’univers de Zorn. Or chacun des membres du trio y est épatant et l’on apprécie autant leur sens de la forme, mettant en valeur le génie compositionnel de Zorn que le déchaînement des « groove » lourds sur lesquels la basse de Chris Wood fait merveille et semble réinventer l’instrument. Il fallait une sacrée musicalité pour pourvoir entrer ainsi dans ce livre des anges sans y perdre sa personnalité. Et il fallait beaucoup de talent aussi à ce trio pour nous faire sortir d’une musique qui, avec le temps et l’habitude d’entendre ce répertoire commence à prendre des formes répétitives un peu (trop) connues. C’est tout le mérite de ce groupe qui parvient alors à nous faire redécouvrir sur son propre terrain une musique qui pourtant lui était a priori étrangère. Jean-Marc Gelin

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