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6 mai 2007 7 06 /05 /mai /2007 10:01

JJJJ Dee Dee Bridgewater : « Red Earth (A Malian journey)»  De la terre rouge de Memphis (Tennessee), sa ville natale, à Bamako (Mali), Dee Dee Bridgewater part à la recherche de son identité. Comme un enfant perdu rentrant enfin à la maison, comme elle l’écrit en introduction à l’album qu’elle consacre à la terre rouge du Mali (Red Earth), à l’Afrique... Rarement au cours de sa prolifique carrière, Dee dee Bridgewater nous avait-elle ainsi subjugué. Quel groove ! Avec une liberté totale, la chanteuse américaine sans renier sa propre culture blues rentre en dialogue avec les rythmes maliens, improvise, joue, ose…et le résultat est éblouissant. La rencontre se fait communion alors que chacun reste profondément fidèle à sa propre identité. Une gageure ? Sans aucun doute, non ! Une vraie rencontre… Dee Dee Bridgewater est allée se frotter à la tradition malienne et les musiciens maliens lui ont grand ouvert leurs espaces d’improvisation et d’inspiration. Avant d’enregistrer ce disque à Bamako ils ont multiplié ensemble les occasions de travail à travers des jam sessions au Mali ou des répétition en public au New Morning : ceux qui ont assisté à ces concerts parlent de magie. Les duos entre vocalistes maliens qui chantent en bambara et Dee Dee Bridgewater en anglais sont d’une extrême intensité et d’une incroyable contemporanéité. De manière excessivement troublante, ce chant résonne dans notre plus profonde intimité. Gage sans doute de sa sincérité.  D’abord et avant tout saluons le talent des musiciens maliens sélectionnés pour ce projet par Cheick Tidiane Seck : l’extraordinaire vocaliste Ramata Diakité (écoutez le remarquable Mama don’t ever go away), les deux chanteuses traditionnelles Oumou Sangaré et Tata Bambo, stars en leur pays, le joueur de kora Toumani Diabaté, Adama Diarra au djembé. Le pianiste malien Cheick Tidiane Seck qui connaît parfaitement la culture nord-américaine et le jazz et sans lequel ce projet n’aurait pas pu voir le jour, a ensuite veillé avec brio au choix du répertoire et a lui-même arrangé la plupart des titres. Notons la superbe tournerie Children go round (Demissenw) dans laquelle l’incantation mandingue d’Ami Sacko se confond avec la prière blues de Dee Dee, sur un accompagnement endiablé de Bassékou Kouyaté au ngoni, luth à 3-4 cordes pincées à l’origine du banjo. Même les standards (et en particulier Footprints de Wayne Shorter accompagné par une flûte peul traditionnelle) sonnent « mandingue ». Un album baigné de lumière.

 

 

Régine Coqueran

 

 

 

 DDB Records 2007

  

 

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