Overblog Tous les blogs Top blogs Musique & Divertissements Tous les blogs Musique & Divertissements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
10 janvier 2008 4 10 /01 /janvier /2008 08:32

Discograph 2008

Mirabassi.jpgDernier opus en date du pianiste italien Giovanni Mirabassi, récompensé tour à tour par un django d’or ainsi qu’une victoire du Jazz, « Terra Furiosa » annonce un trio enflammé lorsqu’on découvre qui accompagne ce protagoniste. D’abord le contrebassiste romain encore trop méconnu Gianluca Renzi, auteur dans le passé de plusieurs arrangements autour des compositions de Charles Mingus et de Joe Henderson, faisant l’objet d’un merveilleux disque paru en 2005. Le troisième musicien de ce trio n’est autre que le fantastique percussionniste et coloriste américain Leon Parker, maintes et maintes fois reconnu pour son talent de sideman sur une multitude de disques, aussi bien sur cet album mythique réunissant Brad Meldhau, Mark Turner et Peter Bernstein, que sur les faces légendaires des disques du guitariste « extra-terrestre » Charlie Hunter. Les présentations faites, il ne nous reste plus qu’à plonger, nez bouché mais oreilles ouvertes, dans le monde méditatif de ce romantisme à l’italienne qui nous est offert. Dès les premières notes se révèle une poésie dont Giovanni Mirabassi use avec grâce et passion, au sein de chacune de ses compositions, de ses interprétations, de ses improvisations. Impossible de nier la filiation avec le grand Bill Evans, lorsque les voicings et les accords soigneusement choisis et distillés nous font penser à cette merveilleuse époque où Scott Lafaro et Paul Motian furent les premiers témoins de ce qui allait être LA référence. Impossible non plus de nier les grandes qualités de compositeur, réunissant sur cet album huit œuvres sous son nom, le pianiste offre une nouvelle fois un aperçu de ce qu’il a de plus profond dans le cœur. Parfois mélancolique, d’une tristesse légère et nostalgique, tout cela emballé dans un lyrisme à l’italienne, ici se révèle une nouvelle fois la rare capacité d’un pianiste à nous emporter sur son épaule, pour traverser ce grand désert de plénitude. Le soleil est là, la Musique rayonne à chaque mesure. Manquant peut être de fantaisie, ce trio avait besoin d’un batteur tenant son rôle dans la surprise. Il est bien évidemment impossible de passer à côté du dernier morceau du disque, « We Have The Blues Mr President », enregistré en Juin 2007, après cette période houleuse qu’était les élections. Une réponse ? Un appel ? Un clin d’œil, sûrement. Malheureusement, rien ne paraît bouleverser cette timidité dont on pourrait accuser notre pianiste. Un manque de prise de risque. Cet album est entièrement réalisé dans un cocon soigné et protégé de toute folies externes et incontrôlables. C’est ce qu’il manque peut-être à cet album, qui, du reste, est une référence poétiquement correcte. Ce trio commence une tournée en 2008 qui l’amènera jusqu’au Japon, invitant les fidèles mellow-men nippons à (re)découvrir cette Musique aux couleurs latines.                           Tristan Loriaut

Partager cet article
Repost0

commentaires

T
Milles excuses. Je n’ai pas su exprimer tout le bon que j’avais à offrir à cette chronique et j’en suis désolé. Je ne sais pas comment répondre à de telles accusations. J’aurais aimé participer à l’éloge que vous faites de ce disque, mais mon vocabulaire est bien trop pauvre. L’ignorance dont je suis victime m’empêche de préciser l’esprit des arguments que j’ai développé. Vous avez entièrement raison de réagir ainsi, j’aurais fait la même chose si seulement mon éducation me l’avais permis. Pardon d’avoir commis cet impair.
Répondre
G
Une fois n'est pas coutume, l'artiste prend la parole. Je sais, je ne devrais pas, la musique de toute façon se défend toute seule, et aucun critique n'en change le cours. Seulement voilà, je suis fatigué de ces commentaires à la noix, jugements à l'emporte-pièce, et autres bêtises que je me paye de la part de besogneux tels que vous.Cher Mr. Tristan Loriaut, il ne manque rien à ce disque, puisque il raconte l'histoire que je voulais qu'il raconte. Vous préférez peut être d'autres esthétiques plus bruyantes, libre à vous, mais il ne faut pas faire d'amalgames, et dans le cas de vôtre article nous nageons en plein dedans. Vous manquez cruellement de discernement, pour ne pas entendre la quantité de risques que nous prenons sur toutes les plages, le contrôle parfait des rythmiques impaires, 'hardiesse des contrepoints, les ouvertures harmoniques, pour ne pas parler du matériel complexe des compositions, vos oreilles de bûcheron passent allègrement à coté, formé comme vous êtes à l'école de ceux qui pensent que la mélodie est louche, et que plus on brouille les pistes plus on est bons. Autant dire que le saint emilion manque de sel. Si vous avez besoin de parler de musiques qui ont l'air plus "difficile" que la mienne pour vous sentir intelligent, laissez que je vous dise que quoi qu'il arrive, ce serait une illusion que de croire que vous comprenez quoi que ce soit à ce que je fais, et encore heureux. Le fait qu'une musique soit facile d'accès ou non, ne passe pas par la compréhension intellectuelle, loin de là, si c'était le cas on ne jouerait que pour les musiciens, en cercle fermé. Ceci est d'ailleurs le drame du critique, au lieu de ressentir la musique, il veut à tout prix la comprendre, il se met déjà d'office dans une posture intenable, prenant un axe qui ne peut que le conduire dans le mur. Cela pourrait finalement me pousser à compatir, mais las! En plus vous ne prenez même pas la peine d'acquérir les compétences nécessaires à la compréhension de ce qui se passe, protégé comme vous l'êtes derrière votre statut d'intouchable, puisque le jeu, auquel exceptionnellement je ne joue pas ici, veux que vous sortiez des tonnes de lieux communs et pontifiez sur ce qui "doit" être sur un album et ce qui "manque", et que je la ferme. Je ne vais même pas commenter ce "poétiquement correcte" mi-figue mi-raisin. Vous êtes tellement éloigné de l'essence même de la musique en général que ça en devient presque une insulte, alors que la poésie est tout simplement le but de toute musique, quelle qu'en soit la forme. Pour terminer, je vous rappelle que lorsque on s'érige en tribun, on est responsable de ce qu'on raconte. Si vous voulez savoir ce que veut dire le dernier titre de mon album (bien que ça veut juste dire ce que ça veut dire...) et le raconter au public, vous devriez me demander, au lieu d'y aller à la frime. Par la suite, si je peux vous donner un conseil amical, écoutez les disques dont vous parlez plus attentivement. Le public, qui vous lit, mérite mieux , beaucoup mieux que ça.
Répondre