JJJJ Erik Friedlander : « Prowl »
Cryptogramophone 2006
On peut remercier William Russel qui lui a donné son « 1er vrai violoncelle », et les « papotes » qu'ils ont taillées ensemble chez Buster's ou dans Bourbon Street. Erik Friedlander en a tiré l'art "d'entre-potes" et un goût malicieux de l'impro plein d'images inspirées. « Mon but est de créer une musique la plus concise et concentrée possible puis de faire confiance au groupe au moment fort du jeu... » Il continue ce bon pari dans ce 2ème album du groupe : "Prowl" qui rôde en effet dans les sphères colorées de l'Afrique avec un petit détour clin d’œil à
Belle énergie oui soutenant cette musique d'une étrangeté fascinante qui met en valeur la complicité des musiciens, leur spontanéité cohésive à l'atmosphère délicate. Stomu Takeishi à la basse est présent "just' c'qui faut" mettant un petit accent moderne à ce joyeux mélange de genres pendant que Satoshi Takeishi fraternalise aux percussions. Puis du violoncelle dans le jazz voilà qui est suffisamment rare pour interpeller! Et quand la clarinette (ou le saxo alto) de Andy Laster vient doucement se mêler à l'unisson
d'Erik (Anhinga) c'est...chouète (pour changer du coucou!). On y retrouve d'ailleurs un petit accent funky de son premier groupe qui ajoute de l'éclectisme au déjà bel éventail d'univers de ce groupe. Après les hennissements obsessionnels du "cercle mugissant", on passe à une balade printanière, puis on revient à l'obsession du rôdeur, et de nouveau un doux cheminement scandé, au crescendo palpitant et ainsi de
suite on cahote dans ces fantaisies troublantes qui mêlent coquinement à l'art de l'impro celui de l'intrigue. Très intéressant.
Anne Marie Petit

