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8 décembre 2007 6 08 /12 /décembre /2007 08:42

JL Mahavishnu Orchestra : «  live in Montreux 1974 – 1984 »

Eagle vision 2007




Ce nouveau DVD de la série des « live » à Montreux propose une double approche du groupe légendaire du guitariste britannique John Mc Laughin. On connaît les vicissitudes qui ont émaillé la vie de ce groupe maintes fois dissous et maintes fois reconstitué.

Du coup Eagle Vision nous propose deux concerts. Le premier proposé dans son entier propose est un concert de 1984 dans une version qui sentait déjà un peu la fin du groupe et où il était surtout question d’y entendre sa belle association avec Bill Evans (le saxophoniste, pas le pianiste !!). Pour le reste, ça déroule en toute sagesse un tapis jazz rock qui à l’époque déjà avait quelque chose d’un peu désuet.

En revanche gloire et honte à Eagle qui propose un 2ème CD dans lequel on entend sur deux titres très longs la version de 1974 avec Jean Luc Ponty au violon et Gayle Moran aux claviers (La femme de Chick Corea et future membre de Return to Forever). Bien plus intéressant en effet en ce que l’on entend là cette musique en mouvement. Cette musique qui cherche sa voie entre jazz, rock et pop ne manque pas en effet de belle inventivité dans le sillage tracé quelques années avant par Miles dans Silent Way et sur lequel Weaver Report ou Return to Forever de Chick Corea traçaient leur route.  Mc Laughin en grand ordonnateur impose le blues comme le rock le plus lourd, prolonge le son d’un quatuor à cordes tandis que Ponty lui-même au violon s’inscrit dans la résonance de sa guitare. Quel dommage qu’à cette époque le batteur Billy Cobham ait déjà quitté le groupe et qu’il ne nous soit pas donné de l’entendre.

Mais la supercherie vient surtout de ce que cette version de 74 n’offre que deux titres, les autres étant uniquement audio ce qui, pour un DVD est franchement limite et doit nous inciter à la prudence avant de nous précipiter sur cette production somme toute très moyenne.                                                                                       

Jean-Marc Gelin

 

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8 décembre 2007 6 08 /12 /décembre /2007 08:38

JJJJ Judy gARLAND

BD Jazz - Nocturne

Garland.jpg

Dans la collection « BD Ciné » du label Nocturne qui a déjà publié entre autres Marilyn, Mae West, Fred Astaire ou Rita Hayworth, il en manquait une à qui il fallait absolument qu’ un hommage soit rendu, c’est Judy Garland. Celle dont on sait que sa carrière débuta de manière très précoce au point d’être l’une des enfants stars de Hollywood au même titre que son compagnon de toujours, Mickey Rooney, cantonnée à ses débuts dans des rôles sucrés de comédies musicales un peu gnian gnian mais que les petits comme les grands se repassent aujourd’hui encore en boucle au moment des fêtes de Noël. Celle qui immortalisa à tout jamais l’inégalé Over the rainbow qu’elle chanta dans le Magicien D’Oz à l’âge de 17 ans (ce qui était d’ailleurs considéré à l’époque comme un peu vieux pour le rôle), avait commencé déjà sa carrière 4 ans plus tôt avec, comme en témoignent ces intéressants CD qui accompagnent la BD, une étonnante maturité de chanteuse. Et l’on est surpris de voir à quel point Judy Garland a toujours su d’instinct faire la part des choses et savait se muer en chanteuse interprète, ajoutant ce petit quelque chose qui faisait d’elle à la fois plus qu’une chanteuse et aussi plus qu’une actrice. Et au-delà de cette actrice de comédie musicale mignonnette et bourrée d’énergie il y a surtout la vraie voix d’une très grande chanteuse. Lorsque Judy Garland chante une version géniale de Beir Mir Bist Du Shoen dans un film assez peu connu (Love finds Andy Hardy) on a le sentiment que personne ne pourra chanter le thème après elle. Le double CD qui agrémente la BD donne ainsi l’occasion de découvrir d’autres petites merveilles comme par exemple cette version de Singin’ the rain de 1940 dans un film là encore peu connu, Little Nellie Kelly sorti 14 ans avant le film de Stanley Donen et la célébrissime version de Gene Kelly.  Très (trop) tôt sur les rails, Judy Garland va enchaîner les succès du cinéma hollywoodien  avec des films comme Meet me in Saint Louis (1944), Ziegfled Follies (1946) , The Pirate (avec Gene Kelly) ou Easter Parade avec Fred Astaire (1948) et enfin et surtout A Star is Born de George Cukor en 1954. Sa vie est émaillée de mariages plus hollywoodiens les uns que les autres dont le plus célèbre avec son metteur en scène de mari Vincente Minelli  avec qui ils auront ensemble une fille Liza Minelli qui naîtra en 1946.

La partie BD est scénarisée et illustrée avec beaucoup d’inspiration par Annie Goetzinger, l’une des dessinatrices vedette de chez Dargaud qui a signé entre autres des BD comme Aurore ou Felina. Annie Goetzinger a aussi travaillé pour Fluide Glacial et l'Echo des Savanes. Visiblement inspirée par son sujet, la dessinatrice- scénariste fait parler Judy Garland dans une sorte de monologue inventé où l’actrice -chanteuse revient sur sa carrière dans une vision, plutôt amère de la machine hollywoodienne aussi prompt à faire naître les étoiles qu’à broyer les individualités qui finissent toutes par mourir un jour d’excès de gardénal ou de barbituriques. Le dessin, très réaliste et très stylé s’attache alors à faire revivre une époque et nous ramène au graphisme américain des années 50. Nous ramène à des images féeriques de comédie musicales gravées à tout jamais dans notre inconscient collectif de gosses éternellement émerveillés.                          Jean-Marc Gelin

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6 novembre 2007 2 06 /11 /novembre /2007 23:48

L'actualité du jazz nous donne ces derniers temps de bonnes occasions de nous réjouir et surtout d'arrêter (enfin) de râler. Il était temps ! Il faut dire que cette fin  d’automne a des petits airs d’été.
D’abord il vous suffit de voir le nombre de disques qui nous ont mis en état d'extase ce mois-ci pour vous rendre compte qu'il flotte en ce moment autour du jazz un doux parfum qui se traduit par une très grande qualité de la production discographique. Et là plus question de querelles de chapelles. Les frontières éclatent et il n'est plus question de vilipender les majors qui seraient responsable de tous les maux des sous-entendants de la planète accusés de nous servir continuellement des soupes de supermarchés. Pour vous en convaincre il vous suffit d'écouter le dernier album de Herbie Hancock pour admettre qu'un peu de capitalisme dans notre verre d'eau ne dilue pas le talent ni l'inspiration, bien au contraire. En tous cas, pas toujours.
Et les superproductions alors ? Il n'y a pas si longtemps elles étaient vouées aux gémonies sur la base d'un mot d'ordre qui voudrait que l'argent corrompt tout. Pas d’accord ! Approchez vos oreilles sur les derniers albums de Kontomanou et de David Linx. Du lourd dans les deux cas avec luxe de moyens mis en oeuvre (surtout dans le cas de David Linx où il est carrément fait appel au merveilleux Brussels Jazz Orchestra dans un format que l'on croyait totalement perdu au jazz vocal). Dans les deux cas le résultat est une pure merveille.

Mais tout est dans tout et bien sûr à côté de cela il y a le courant, le quotidien des petits labels qui ne cessent de nous éblouir. Tenez juste un exemple : écoutez ceux du label Laborie qui récidivent et font le pari de « Yaron Herman » et nous jettent comme un choc esthétique total le dernier album du pianiste. Comme quoi il suffit de pas grand-chose. Juste le talent et l’envie.
Parce que derrière tout cela, derrière ces majors, ces petits labels ces grandes ou petites production c'est toujours le talent et l'envie qui font la différence. Toujours. Et ceux qui se lamentent, montent au créneau et pensent qu'il suffirait de multiplier les pétitions auprès
des pouvoirs publics pour obtenir les subsides sans lesquels paraît il le jazz ne serait rien se trompent et doivent revenir à ces fondamentaux : mettons d’abord le talent et l’envie et les moyens ensuite. Sans quoi rien de possible.

Autre raison d’être heureux : cette année novembre est en été et la saison des festivals de jazz, c’est encore maintenant. Toujours aussi inattendu et improbable en cette saison froide : Nevers, Jazz au Fil de L’Oise, Reims Djazz Festival, Bleu Triton, Jazzycolors, Antony, Banlieues Bleues et j’en passe et des meilleurs. L’été commence enfin. Se laisse aller maintenant.

Alors tout pour se réjouir ?

Pas tout à fait car nous gardons en tête ce merveilleux concert d’Alexis Tcholakian un soir d’octobre. Un soir qui nous rendit aussi heureux qu’amer. Comment vous ne connaissez pas  Tcholakian ? Certainement pas et c’est bien là le drame. Hors des modes, hors du système, hors du temps et de la modernité obligée y aurait il un salut ? C’est là aussi toute l’injustice d’un système qui pourrait bien nous faire passer à côté de quelques talents essentiel si nous ne gardions pas nos sens en éveil et nos oreilles à l’affût. Pour paraphraser un auteur actuel : Derniers regrets avant l’oubli. Contre cela une nécessité vitale : écouter toujours. Se laisser séduire encore.

Et puis dans ce ciel de novembre quelques nuages bas comme cette annonce récente selon laquelle Jazz Hot cesserait (momentanément) sa parution. Qu’une institution comme celle-ci puisse disparaître serait assurément une très très mauvaise nouvelle pour le monde du jazz. Une de ces nouvelles qui nous rend tristes et nous montre l’obligation qui nous est faite à tous de faire notre propre aggiornamento. Le jazz évolue aussi. Rester en éveil toujours.

 

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6 novembre 2007 2 06 /11 /novembre /2007 23:43

JJ DAVE ALLEN: « Real and Imagined »

Fresh Sound new talent 2007

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Les disques de Fresh Sound New Talent se suivent et… se ressemblent tous. C’est sûr c’est ce que l’on doit appeler la ligne esthétique du label et il faut bien reconnaître que Jordi Pujol est à Fresh Sound ce que Manfred Eicher est à ECM. On retrouve dans cette formation transatlantique  un jazz en quartet, certes de qualité mais tournant autour d’une musique totalement formatée dans laquelle on peine à trouver les points d’originalité avec les autres quartet New-yorkais guitare, ténor- basse- batterie. C’est assurément une musique d’une grande finesse dont il s’agit où le talent des uns et des autres n’est jamais forcé. Tout va de soi et l’on doit cette belle fluidité en grande partie aux compositions qui s’inscrivent dans cette veine post Rosenwinkellienne qui ne brillent pas par leur originalité mais qui assurent correctement ce qu’il y a à assurer. On est alors à la fois séduit et ennuyés par le jeu de Seamus Blake, aux ciselures nettes et précises et par leurs précisions quasi chirurgicales, un peu stéréotypées. On est un peu plus enchanté par le leader du groupe, le guitariste Dave Allen assez impressionnant dans ce qu’il donne l’impression que tout est facile dans sa musique. Une vraie facilité à jouer simplement les renversements d’accords les plus complexes. On tombe aussi sous le charme alors de quelques belles tentatives qui se dessinent dans ce « quadrilogue »  comme ce morceau joué sur une seule note.

Mais ce que l’on retient surtout et avant tout c’est la présence de Drew Gress dont la sonorité très moelleuse offre un tapis de rêve à ce quartet. Un Drew Gress qui, c’est sûr s’est élevé aujourd’hui parmi les meilleurs contrebassistes de son époque. Il en apporte ici une nouvelle démonstration non pas éclatante mais à tout le moins évidente. Jean-Marc Gelin
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6 novembre 2007 2 06 /11 /novembre /2007 23:42

JJJJ Paul Bley : « Solo in Mondsee »

ECM 2007


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Surtout n’allez pas faire votre grincheux devant un nouvel album de piano solo produit par ECM en imaginant que vous allez entendre encore une fois une démonstration introspective et quasi neurasthénique sur fond gris pastel d’ombres filantes d‘un pianiste aux improvisation tourmentées. Car toutes les bonnes raisons de vous réjouir se retrouvent dans ce nouvel album de Paul Bley enregistré en avril 2001 qui défie les lois du genre et tous les clichés pianistiques en vigueur. On connaît tout de ce pianiste de génie depuis ses errances free à ses fameux trios. On a tous en tête le fameux « Open to Love » enregistré aussi pour ECM. Mais jusqu’à l’enregistrement de Solo In Mondsee, jamais Paul Bley n’avait enregistré en solo et ses recherches le guidaient alors vers une forme de lenteur et vers l’approche électronique qui lui permettait alors l’étirance du son, chemin selon lui privilégié pour devenir « le pianiste le plus lent du monde ».

Cet album qui est tout sauf cela, est donc un virage total dans le travail du pianiste. Virage dont Mandfreid Eicher eut l’idée en entendant un an auparavant l’incroyable sonorité du piano (un Bösendorfer Impérial) à Mondesse en Autriche. Et c’est tout naturellement que le maître de ECM proposa à Paul Bley un enregistrement au même endroit dans des conditions entièrement acoustiques.

Le principe de ces dix variations sobrement nommées de « I » à « X » pourrait en effet faire craindre les pires clichés. Mais il n’en est rien. Car la musique de Paul Bley est celle d’une légèreté d’adolescent gracile. Bley y joue une sorte d’allégorie jamais crépusculaire mais au contraire de celle que l’on chanterait le nez au vent, en plein soleil d’été. Une sorte de ballade improvisée. Il y a un flottement dans les airs chez Paul Bley, dans cet art de l’improvisation truffé de petites citations. Pas des phrases piquées ici ou là mais plutôt la réminiscence de quelques harmonies familières que l’on retrouve au gré de ses développements. Chez Paul Bley toujours ce rappel à la mélodie qui s’invite au début, au milieu ou à la fin. Paul Bley alors flottait au dessus de son clavier dans une luminescence que favorisait en grande partie cette prise de son éclatante et exceptionnelle ce jour là à Mondsee en Autriche. Paul Bley c’est sûr est un enchanteur. Jean-Marc Gelin

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6 novembre 2007 2 06 /11 /novembre /2007 23:40

JJJJ Laurent De Wilde / Otisto 23 – “PC PIECES”

Nocturne 2007-10-08


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Un disque au visuel épuré s’ouvre à nous, dès lors de la découverte du nouvel opus de Laurent De Wilde. Cette nouvelle expérience, le pianiste l’a vécu en duo avec un maître des machines, en la personne d’Otisto 23. Il s’agit là d’une magnifique association entre un virtuose du piano et un technicien de cette nouvelle génération issue de la musique électronique. Magnifique dans le sens d’oser, de séduire, de contempler et de donner à méditer. « PC Pieces », sorti sous le label Nocturne, évoque un morcellement de la matière sonore, au sein d’un contexte de Musique répétitive. Pour aller plus loin dans l’innovation, le support CD est en fait un disque double face (comme un vinyle) et laisse apparaître un DVD sur cette seconde face. Il fallait y penser, car grâce à ce système, la musique du disque reste imperméable au piratage MP3. Quoi de mieux pour réconcilier l’objet du CD de Musique avec les auditeurs, et maintenant spectateurs ! En effet, à la base de ce projet est née l’idée d’en faire aussi une création visuelle, sous la direction de Bernard Filipetti. Les sept compositions coécrites par Laurent De Wilde sont ornées de sept vidéos respectives, et le DVD compte aussi cinq titres filmés en live à l’amphithéâtre de l’Opéra de Lyon, début Mars 2007. Tout cela autour d’une Musique aux reflets étranges et féériques. Une parfaite cohésion des deux mondes, celui des machines et celui des hommes. Et bien sur dans un respect d’un style très actuel de la musique électro. Il faudrait même se risquer à parler d’influence Dub’ ou Ambient’, lorsque dans certains titres l’utilisation de l’effet delay est poussé à son paroxysme, ainsi qu’une forte utilisation des samples et autres appareils. Musique avant tout répétitive et minimaliste, à la fois glaciale et bouillonnante, c’est un espace où le temps s’allonge tel un élastique, pour ressembler à de beaux paysages aux horizons plats et sereins. Ce n’est pas un climat festif, mais plutôt contemplatif, bien évidemment. En revenant sur l’aspect design de la pochette du disque, cela nous fait penser à une parenté particulière avec la simplicité publicitaire d’un certain Frédéric Beigbeder, actuellement ré-adapté par Jan Kounen au Cinéma. Cela rassure de savoir qu’un tel projet musical est fait aussi par des passionnés d’art graphique du nouveau millénaire. Cette ambiance commerciale ne doit pas subir trop de critiques hâtives. Il faut savoir qu’il existe maintenant un style artistique bien présent, issu de la mode visuelle en général, des années 90 à aujourd’hui. Laurent De Wilde à toujours mis en avance son appartenance à cette génération, de par ses divers travaux autour de la musique électronique. Aussi, il ne sera jamais inutile de rappeler qu’il est un des biographes les plus remarqués du fameux Thelonious Monk. Curieux destin, puisque c’est en associant avec Otisto 23 tout son savoir faire, que le pianiste français signe cet album d’avant-garde et d’ouverture.
Tristan Loriaut

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6 novembre 2007 2 06 /11 /novembre /2007 23:37

JJJJ Pierre Alain Goualch – « Duc »

Cristal 2007


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Ouiiii ! Merci !! Mon dieu, merci d’avoir créé deux oreilles pour entendre ça. Superbe trio, dans la tradition sur le papier, mais catégoriquement actuel en l’écoutant. Pierre Alain Goualch, pianiste toulonnais à la notoriété établie maintenant, s’est entouré de Darryl Hall et de Rémi Vignolo pour enregistrer un moment inoubliable dans l’ancienne enceinte du club Duc des Lombards. Darryl et Rémi ? Ça fait 2 bassistes me direz-vous. Nous voici reparti dans une autre expérimentation sans tambour ni trompette ? Non ! Chut ! Dites le discrètement autour de vous : Rémi est batteur ! Rémi Vignolo, le monstre du moment, le contrebassiste surnommé « homme qui as 30 concerts par mois » (de source sure !). Excellent aux cotés de Bojan Z en trio, c’est derrière la batterie qu’il donne la réplique cette fois à son collègue de cordes, le non moins fameux Darryl Hall. Le choix des morceaux est d’une remarquable sensibilité en matière de réadaptation des standards bien de chez nous. Requiem pour un Con, Les Feuilles Mortes, Le Poinçonneur des Lilas, Pierre Alain Goualch les magnifient, à sa façon, en déstructurant, reformulant, triturant mélodies et rythmes. Mais ce n’est pas tout, nous avons même droit en supplément à une fantastique version de « You And The Night And The Music ». Le son général du groupe est à la fois blues, explosif, imaginatif, teinté d’un swing frivole, entrecoupé de grooves majestueux. Une recherche artistique et intensive dans le club le plus réputé de Paris. Une quête incessante de la note, la phrase, l’intonation parfaite, chaque fois pressé d’entamer la suivante, passionnément et avec hargne. Attention, Jazz is not dead les enfants. Tel un Uri Caine, Goualch le prouve par la virtuosité pleine de finesse, mais aussi sculptée dans la roche, alliée à la poésie permanente de ses deux compères. L’interaction entre eux est surprenante à chaque coin de chorus, renversante d’ingéniosité. Bousculant les clichés, c’est manifestement une vraie démonstration que nous offre Rémi Vignolo à la batterie. Huit titres d’une ferveur étonnante, généreuse et réellement racée, en matière de Jazz. Vivement la suite de sa carrière de batteur, quand on repense à Jorge Rossy qui s’est mis au piano (!). Un mot quand même sur le désign choisi de la pochette illustrée. On y aperçoit la représentation quasi-identique des musiciens en personnages de jeu video imaginaire, il doit certainement s’agir du jeu des « Sims » ou quelque chose du même genre. Un style d’humour que l’on adore, seulement si on ne déteste pas. Mais le risque est là, heureusement. Ces jazzmen prennent tous les risques avec un grand talent, dans tous les domaines. Chapeau bas messieurs ! Encore !! -
Tristan Loriaut

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6 novembre 2007 2 06 /11 /novembre /2007 23:34

JJJJ(J) herbie hancock – « Reflets - The Joni’s Letter»

Verve 2007


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C’est d’abord l’histoire d’une amitié, très forte, qui depuis de longues années réunit la chanteuse Joni Mitchell, Herbie Hancock et Wayne Shorter. On sait que le saxophoniste et le pianiste ont participé à quelques albums de la chanteuse il y a plus de 20 ans. Mais au fil du temps jamais ce lien ne s’est distendu. Ce dont il s’agit aujourd’hui c’est une très grande complicité. Une tendresse intacte.

Herbie Hancock pour dire ces lettres de Joni Mitchell alterne les partie chantées (les lettres) et instrumentales. Avec un sens de la production très efficace dû à Larry Klein et Hancock lui-même, quelques chanteurs se succèdent : entre autres Norah Jones, Tina Turner (saisissante), Corinne Bailey, Luciana Souza, Joni Mitchell elle-même et surtout en fin d’album la gravité caverneuse et  poignante d’un Léonard Cohen qui dans The jingle Line sur le mode parlé-chanté, incarne véritablement l’âme des textes de Joni Mitchell.

Avec beaucoup d’intelligence les parties instrumentales alternent avec les parties chantées. Certains thèmes n’ont pas d’autre rapport avec le propos (Solitude de Ellington ou un éternel Nefertiti toujours et encore sublimé) que l’univers poétique qu’ils dégagent en droite ligne de cet hommage à la chanteuse. Ces parties instrumentales sont des vrais moments sublimes de rencontre où Herbie Hancock visiblement inspiré, surprend dans un registre très apaisé que l’on ne lui connaît pas toujours. Avec son éternel complice, Wayne Shorter (au soprano ou au ténor), tous les deux partagent cette douce mélancolie qui émane du personnage même de Joni Mitchell. C’est alors un pur moment de tranquillité et d’apaisement qui chez ces deux adeptes du bouddhisme relève d’une totale zénitude. Chacun s’inscrit dans le temps et dans l’espace. Chacun imprime à cet univers une poésie émouvante devant laquelle on aime à se perdre, dans lequel on divague dans quelques errances flottantes. Perdus dans l’univers envoûtant de la chanteuse, du pianiste et du saxophoniste, les trois se trouvent ici immatériellement réunis. Dans la même inspiration du dépouillement merveilleux et d’émotion retenue. Jean-Marc Gelin

 

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6 novembre 2007 2 06 /11 /novembre /2007 23:32

JJJJJ Yaron Herman Trio : « A time for everything »

Laborie 2007

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Pourquoi ce nouvel album de Yaron Herman est-il si jubilatoire ? Qu’est-ce qui provoque ce sentiment de plénitude et oserais-je le dire de joie à l’audition de ce trio (Matt Brewer à la contrebasse, Gerald Cleaver à la batterie et Yaron Herman au piano)? A time for everything résume ce qu’il nous offre. De tout, depuis les standards  de Björk (Army of me), jusqu’à Scriabine (Prélude n°2 opus 35) en passant par Sting (Message in a bottle) et les compositions de Yaron Herman lui-même. Le passé et le présent se côtoient sans tabou aucun. De tout, des lentes mélopées aux danses endiablées. Et tout cela dans une parfaite cohérence et sans impression de « patchwork » ou de liste à la Prévert : la  mise en scène de l’album est parfaite, sans temps mort, sans baisse d’énergie, sans moment inutile ou fortuit : même l’interlude d’une minute est d’une intensité ravageuse. La liberté d’improvisation et l’énergie des musiciens sont communicatives et nous nous laissons happer par ce voyage insolite et réjouissant. Alors que nous pourrions être tentés de nous laisser bercer par le sublime duo lyrique de Brewer et d’Herman sur Neshima (le souffle, en hébreu) et peut-être de nous assoupir en paix, aucun répit ne nous est accordé puisque la composition d’Herman qui suit, Paluszki, est comme un coup au plexus. Quant aux amoureux de Cathy Dennis, ils seront heureux de retrouver son Toxic, beaucoup plus déjanté que ce qu’en avait fait Britney Spears. On l’aura compris, Yaron Herman, 26 ans à peine, est un prodige (il ne fait du piano que depuis dix ans) profondément ancré dans le présent et ouvert à toutes les sources d’inspiration : un jeune homme libre et donc incroyablement créatif, profondément inspiré (écouter cette élégante interprétation de In the wee, small hours of the morning). Avec lui, toutes les références ou presque sont possibles, dans son Monkey Paradise, ne reconnaîtrait-on pas Bill Evans ?   Il y a également dans cet album beaucoup d’humour, grâce aux touches de post-production de Jean-Pierre Taïeb. C’est avec un à-propos certain que Yaron Herman conclut cet album avec Leonard Cohen, Hallelujah ! Soixante-cinq minutes jubilatoires à écouter de toute urgence.    -
Régine Coqueran

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6 novembre 2007 2 06 /11 /novembre /2007 23:31

JJJ ANDREW HILL  – « Change»

Blue Note 1966   Réed 2007

Andrew-hill.jpg

 
Belle idée que la réédition de cet album Blue Note dont l’édition originale remonte à 1966 et qui associait aux côtés du pianiste et compositeur Andrew Hill, le saxophoniste Sam Rivers avec Walter Booker à la contrebasse et JC Moses à la batterie.

Cette réédition est l’occasion d’entendre la fougue déstructurante d’un Andrew Hill passé maître dans l’art de la construction free post monkienne dans laquelle le timbre rauque de Sam Rivers s’engouffre avec urgence. On entend dans le jeu et dans la musique de Andrew Hill dressée autour de thèmes forts (Violence/ Pain/ Illusion/ Hope/ Lust/ Desire), un travail en recherche où Andrew Hill joue avec les ruptures radicales allant même jusqu’à passer au clavecin ( !).

La musique jouée est faite de puissance, d’écoute beaucoup, d’énergie qui circule toujours. Comme souvent avec le free jazz l’improvisation libre se meut dans un espace-temps très dense dans lequel prédomine l’urgence. Mais pour autant la musique du regretté Hill ne tombe pas dans une vision univoque des tempis ultra rapides et des écritures ultra serrés. Lust par exemple marque une sorte de pause inattendue et bien plus calme. Bien plus équivoque.

Ce qui frappe chez Andrew Hill c’est qu’il y a là une sorte de continuation de Monk par d’autres moyens. Cela part toujours des mêmes associations d’accords dissonants qui s’émancipent ensuite. Illusion par exemple montre chez Andrew Hill sa part dans la construction de la musique d’après le free. Et lorsque l’on revient à Lust on y trouve aussi des correspondances avec ce qu’écrivait à la même période Wayne Shorter, la même volonté de débloquer le jeu. Sam Rivers joue alors de ses feulements qui, lorsqu’il en supprime les vibratos, laisse apparaître un saxophoniste plus classique qu’il n’y paraît dans la lignée de Rollins et de Joe Henderson.

Une démonstration intéressante en tous cas, alors que Andrew Hill vient de nous quitter, des portes qu’il parvenait à ouvrir dans cet univers en construction après le chaos du free. Des voies qu’avec beaucoup de prescience il désignait alors.                         Jean-marc Gelin

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