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4 mai 2026 1 04 /05 /mai /2026 16:30

 

SIRIL MALMEDAL HAUGE & KJETIL MULELID : " I remember oranges"

Svale records 2026

Siril Malmeda hauge (vc) , Kjetil Mulelid (p) +Matthias Eick (tp), Johanne Flottorp (hardanger)

 

Gros crush pour cette chanteuse norvégienne de 34 ans que nous ne connaissions pas il y a seulement quelques heures et que nous venons découvrir à l’écoute de son dernier album ( « I remember oranges » paru sur le nouveau label Svale records ).

Coup de coeur parce que c’est un peu comme si la chanteuse venait à pas feutrés dans votre salon pour un hug plein de douceur et de tendresse avec cette voix qui vous embarque dans sa propre poésie.

Les versions de what reason I could give d’ornette Coleman et surtout de Feels like home de Randy Newman sont des moments d’émotion simples et veloutés.

La chanteuse a cette capacité, même quand on ne comprend pas la langue (quand elle chante en Norvégien), de vous embarquer dans son imaginaire qui, pour le coup devient le nôtre. Comme une faculté qu’ont certaines chanteuses d’insuffler un supplément d’âme au-delà de leur voix.

Lorsqu’une chanteuse se fait ainsi interprète, sans jamais chercher à forcer le trait, quand elle prolonge la musique ou que cette dernière soit le prolongement de sa voix on ne peut qu’être intimement touchés.

Avec le pianiste Kjetil Mulelid il s’agit d’une collaboration de près de 13 ans qu’ils ont lancé en 2013 et qui s’entend ici par cette complicité de l’instant, par cet air, ce souffle qui circule entre eux deux.

Procurez vous cet album et lorsque la famille sera couché et que le silence aura rempli votre maison, baissez les lumières et laissez vous envelopper dans un océan de tendresse.

Jean-Marc GELIN

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2 mai 2026 6 02 /05 /mai /2026 15:51

 

Giovanni Mirabassi (piano solo)

Paris, 18-20 août 2025

Jazz Eleven J11018 / Baco distribution

 

25 ans après ‘Avanti !’ (enregistré en novembre 2000, publié en 2001 par Sketch, et disparu des bacs des disquaires au cours des années suivantes), Giovanni Mirabassi en reprend le répertoire de chants de résistance, dans des versions différentes, plus développées ou plus brèves selon les cas. Et My Revolution de la version princeps devient My Permanent Rebellion . On retrouve El Pueblo Unido…., Le Temps de cerises , La Butte rouge, Bellla Ciao , etc.… L’original avait connu une considérable diffusion, et en faire revivre les thèmes et l’esprit s’imposait.. Ici Le Chant des Partisans se limite à 14 secondes, quand à l’origine il était développé en 2 minutes et 44 secondes. Ces nouvelles versions sont musicalement et pianistiquement brillantes, sans ostentation mais avec une grande ferveur. Retrouver ce répertoire à la faveur de cette réinterprétation est un pur bonheur, à déguster comme il se doit : pour paraphrase librement un fameux slogan soixante-huitard : ce n’est qu’un combat, recommençons au début…. pour aller plus loin !

Xavier Prévost

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Giovanni Mirabassi jouera ce programme en concert , le 3 mai à 16h30 en l’Église Saint Martin au Tilleul d’Étretat, et le 11 juin à Paris, au Bal Blomet

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Un avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?app=desktop&v=12HixASEFs4&feature=youtu.be

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29 avril 2026 3 29 /04 /avril /2026 16:23
GARDEN OF SILENCES    Clément JANINET

GARDEN OF SILENCES

 

Clément Janinet (violon, nyckelharpa, compositions ) Arve Henriksen (trompette, électronique), Ambre Vuillermoz (accordéon). Robert Lucaciu (contrebasse)

Garden of Silences | clementjaninet

www.bmcrecords.hu

 

Sortie le 1er Mai sous le label BMC

Concerts  12/05/ La Dynamo de Banlieues Bleues ( Pantin)

                  13/05/ Jazz sous les Pommiers

 

GARDEN of SILENCES - Teaser

 

Si on écoute seulement la musique de Garden of Silences sans rien lire des notes de pochette toujours très précises de Guillaume Malvoisin, on est en proie dans cette suite mystérieuse à un vertige sensoriel où les instruments mêlent leurs timbres, s’ajustent ou s’échappent dans des impros.

Allons-y-voir de plus près cependant ! On avait aimé Clément Janinet dans l’insolite trio chambriste de la Litanie des Cimes quand il prenait de la hauteur sur la canopée. On l’avait suivi dans O.U.R.S, cette autre formation qui annonçait quelque peu son goût des musiques répétitives (Ornette Under Repetitive Skies) et du free.

On continue à présent à explorer ses territoires musicaux de prédilection qui sont nombreux car le violoniste mandoliniste aime unir styles (musiques de chambre, répétitives, trad...) folklores et époques : il s’est choisi cette fois une nouvelle équipe européenne, des compagnons au solide background respectif pour lesquels il particularise certains thèmes ( les basses de l’accordéon, la précision de la contrebasse), les mettant ainsi en valeur. Sur dix compositions qui prennent le juste temps pour se déplier, huit sont de sa plume de compositeur et d’habile arrangeur.

Le quartet poétise de façon certaine, s’attachant à remonter le temps avec la musique baroque des origines à la suite d’extraits des Lamentations du compositeur italien Emilio de Cavalieri, musicien novateur de la cour de Ferdinand de Médicis à la fin du XVIème, introduisant  ces premières Leçons des Ténèbres baroques. C'est une écriture subtile sur un chemin balisé de références (s)électives en se permettant écarts et pas de côté vers ces musiciens au rayonnement européen du XVIIème par des « transmutations » audacieuses qui gardent souvent la mélancolie des originaux. L’amateur plus « classiquement » jazz découvre un envoûtant et orientalisant "Musette" d’après le gambiste Marin Marais ou une adaptation singulière d'une cantate de Dietrich Buxtehude( Garden Hosts Mystery").

La qualité évidente de la musique vient de ce travail collectif, spontané et complice qui exalte aussi les diverses textures d’un instrumentarium incongru : trompette troublante avec ses effets, accordéon, contrebasse, violon... Et en amoureux des cordes frottées, pincées, Clément Janinet délaisse parfois son violon pour la nyckelharpa suédoise, aimant s’amuser d’alliages nouveaux avec cette sorte de vielle.

S’il a montré par ailleurs son goût pour les rythmiques de musiques traditionnelles mandingues, peul aussi bien que bourguignonnes, ce sont les musiques trad du centre de la France redécouvertes avec le Malicorne folk des seventies, auxquelles il va faire subir des « Transformations » en exaltant le jeu en pizz ou à l’archet du contrebassiste Robert Lucaciu. Ou encore cette Lola inspirée du violoncelliste Mario Boisseau. On retrouve enfin sa fascination pour les minimalistes américains Steve Reich et John Adam qu’il branche sur des harmonies de Dietrich Buxtehude dans ce « Repetitive Cantum » au titre explicite.

Recyclant des thèmes plus ou moins obsessionnels, Clément Janinet y revient en organisant des variations, reprenant par exemple deux thèmes de ses divers O.U.R.S, « In the head » de 2017 arrangé cette fois pour le Norvégien Arve Henriksen et ce « Third meditation » apaisant qui clôt un album somme toute serein. Clin d’oeil très bref comparé à la première mouture dans l’album de 2020 Ornette Under Repetitive Skies qui soulignait la couleur de l’album sur près de 13’ à grands traits d’archet, jets continus introduisant des micro-variations, changements infimes de ces cellules redondantes, aux échos d’un saxophone coltranien de la dernière période.

En dépit de cet éclectisme singulier, ce Garden of Silences finit par révéler  quelques-uns de ses secrets dans ce modèle d'équilibre et de cohérence dans le montage des diverses compositions. Un concert spirituel, “aux tempos lents, aux contemplations harmoniques” sans rupture brutale, ni même dérèglement contrôlé, le free est métaphoriquement présent dans ces libres échappées stylistiques.

On ne peut que reprendre la formule si pertinente d’ «ancient melodies of the future” dans cette assimilation décomplexée de courants divers. Clément Janinet et son fécond imaginaire nomade musical méritent décidément d’être suivis de près.

 

Sophie Chambon

 

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28 avril 2026 2 28 /04 /avril /2026 18:41

Ben Wendel, saxophone ténor, compositions I Joel Ross, vibraphone, marimba I Simon Moullier, vibraphone, chromatic balafon I Patricia Brennan, vibraphone I Juan Diego Villalobos, vibraphone, mallet station, percussion

 

Cela fait déjà quelques temps que l’on suit le saxophoniste canadien comme l’un des plus créatif de la scène actuelle. Alors qu’il fête tout juste ses 50 ans le fondateur du groupe mythique Kneebody semble ne jamais se reposer sur ses acquis. Ses compositions et ses productions témoignent d’une remise en cause permanente. D’une prise de risque totale comme exigence de sa liberté artistique.

Pour ce nouvel album, le risque repose avant tout sur instrumentarium particulièrement original puisque Ben Wendel a choisi ici de s’entourer de 4 des plus grands vibraphonistes actuels venus des 4 coins de la planète. Et cette association jamais entendue ailleurs fait mouche tant elle possède en elle une forme de force séductrice irrésistible. Comme une sorte de tapis volant déployé sous les ailes du saxophoniste particulièrement inspiré. Un écrin harmonique soyeux.

De là Ben Wendel offre un univers aux multiples inspirations passant d’un univers proche de l’Afrique des griots (Mimo) à une musique presque carnatique ( Clouds) où le sax de Ben wendel semble s’envoler dans un flow irrépressible. Sur Olha Maria ( seul morceau qui n’est pas signé de  Wendel mais en l’occurrence de Jobim), c’est pareil. Le saxophoniste s’y montre brillant, puissant et fluide à la fois avec ce son qui semble venir autant du ventre que de la tête.

C’est toute la créativité de Ben Wendell qui semble n’avoir aucune limite, qui s’exprime ici avec force accompagnement d’effets electroniques aussi subtils que légers.

Ses camarades de jeu ont aussi l’occasion de montrer l’étentue de leur talent avec une implication égale au service de la musique.

Au final on en sort captivés et séduits par l’univers déployé par Ben Wendel.

A découvrir absolument

Jean-Marc Gelin

 

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25 avril 2026 6 25 /04 /avril /2026 12:03

Mark Tuner (saxophone ténor), Jason Palmer (trompette), Joe Martin (contrebasse), Jonathan Pinson (batterie)

Perne-les-Fontaines, avril 2024

ECM 2835 / Universal


 

Le titre invite à penser le saxophoniste comme maître de la forme et de l’harmonie, ce qu’il est indiscutablement, et brillamment. La forme, suscitée par le saxophoniste et compositeur (qui signe l’ensemble du répertoire) ; et l’agilité dans les méandres de l’harmonie, qui est assurément l’un des secrets de cette musique. Les thèmes et leur déroulement sont une suite de détours qui pourraient sembler mystérieux, mais qui procèdent en fait d’une logique tant musicale qu’esthétique. Nous suivons le groupe, et ses solistes, dans ce doux labyrinthe qui, loin de nous effrayer, excite notre curiosité, et procure aussi le bonheur immédiat lié à la perception de l’instant sonore. Une illustration peut-être de cette démarche, souvent revendiquée par les plus brillants artistes, qui consiste à poser des contraintes pour mieux exprimer leur liberté par leur franchissement. Le musicien se joue de sa propre mémoire (ses compositions antérieures, et ses admirations). Le genre de disque qui, même s’il procure un plaisir immédiat, n’en finira pas de livrer ses secrets, à chaque écoute : admirable !

Xavier Prévost

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Un avant-ouïr sur Youtube

https://music.youtube.com/watch?v=qKAICcGm6kI&list=OLAK5uy_nU9Yu26-t87W_XryXpDV7gNVTy1mUM208

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25 avril 2026 6 25 /04 /avril /2026 09:11
Conversation             Jan Harbeck Quartet

 

Conversation Jan Harbeck Quartet

 

Label Stunt Records

Sortie le 24 avril

 

Jan Harbeck – saxophonist/composer

 

 

Conversation, voilà un titre bien trouvé pour le cinquième album du quartet (exclusivement) danois de Jan Harbeck qui depuis 2008 est fidèle au label Stunt. Jan Harbeck rencontre le succès dans son pays, jouant régulièrement dans les clubs de Copenhagen et quand le quartet est en tournée, il reste plutôt en Europe. Il s’agit bien d’un échange intime, sensuel, plus soutenu à d’autres moments (« Out of the Blue ») dans ces sept compositions jamais trop longues qui composent un album au timing et montage parfaits.

Comment ne pas remarquer cette communion entre musiciens qui se pratiquent depuis vingt ans ? Ce quartet soudé  cultive en effet cette « Interaction », cette intuition du jeu quasiment télépathique. Comme dans le bon vieil âge d’or du jazz quand les musiciens toujours ensemble, passaient leur temps à jouer, en tournée, sur la route et improvisaient alors en live facilement.

On notera le dialogue fécond entre un ténor inouï et un pianiste Henrik Gunde allumé quand il le faut, plus qu’inspiré dans ses contrepoints sur « Passing Clouds » ( qui rapproche des vers de Baudelaire ),  son échappée dans « Odd One Out » ou le final « Arena ». Cette osmose, j‘avais déjà pu l’observer à Parfum de jazz en 2023 sur le programme de son Balanced tout à fait exceptionnel où le ténor, devant un public admiratif suspendu à ses lèvres, rendait hommage à ses aînés sur un Selmer Balanced Action de 1939 qui avait appartenu au « Sound » lui même, le grand Stan Getz du « ténor en or ». Car Jan Harbeck nous parle en effet, susurre à l’oreille,  enlace inévitablement dans son phrasé. Quel est l’instrument le plus proche de la voix humaine ? J’aurais opté pour le trombone mais après avoir entendu Jan Harbeck, je n’en suis plus aussi sûre.

Instrumentiste délicat, son interprétation transcenderait n’importe quel thème, solidement soutenue par les lignes de basse d’Eske Nørrelykke (« Interaction ») et le tempo toujours juste d’un batteur discret Anders Holm.  On croirait que le quartet rejoue des standards tant ce jazz nous est familier. Or aucun thème n’est revisité sur ce nouvel album : ce sont toutes des compositions de Jan Harbeck mais il a souvent puisé dans le Songbook américain et des références subliminales jaillissent comme dans ce « Sparkle Sight » qui titille notre mémoire en swinguant de la plus belle façon.

Facile d’écoute, cette musique? Oui, si cela signifie que l’on est dedans dès les premières notes, une balade voluptueuse et amoureuse, ouverte et légèrement mélancolique, feutrée comme le souffle de Ben Webster. Pas un hasard s’il a reçu le Ben Webster prize en 2018. Précisons une autre évidence son inscription dans l’héritage du swing avec une inclination particulière pour Paul Gonsalvès. Surtout qu’il a connu la pratique des big bands où l'on attend des ténors et autres solistes de chaque pupitre qu'ils se lèvent et délivrent un solo d’anthologie comme chez Duke Ellington !

Cette musique s’oriente t-elle vers de nouvelles directions ? Peut-on suivre son évolution avec la discographie de son quartet ? Sensible à ce jazz qu’il aime et sert avec ferveur, outre une habileté technique évidente, Jan Harbeck saisit par une profondeur musicale dont on sait d’où elle tire son origine. Son expression seule suffit alors pour nous mettre sous emprise, pour notre plus grande jouissance. Il est irrésistible.

 

Sophie Chambon

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24 avril 2026 5 24 /04 /avril /2026 16:47


Olivier Ker Ourio (harmonica, compositions), Mathis Cordier (guitares), Benoît Sourisse (orgue), André Charlier (batterie). Invité : Andy Narell (steel drums).
Studio La menuiserie, juin 2025.
Continuo Jazz-Baco Distribution/Believe.
Paru le 27 mars.
Concerts prévus les 9 mai à Salon de Provence (13300), 29 mai au Baiser Salé (75001) et 2 août à Meymac (19250).


     Olivier Ker Ourio, le compositeur, est de retour, après une retraite de cinq années. L’harmoniciste, s’il n’a jamais cessé de pratiquer son instrument, a retrouvé le goût du récit. Avec treize compositions, le spécialiste de la musique à bouche ou, pour les québécois, le brise-babines, évoque ses amis, sa famille, ses confrères musiciens (Sylvain Luc, François Raux, François Jeanneau) avec sensibilité, fluidité, inspiration dans un univers toujours empreint de ses racines de l’Océan Indien, de son île natale de La Réunion.


      Les rythmes de l’hémisphère sud, une certaine forme de nonchalance sont omniprésents dans cette heure de musique concoctée par Olivier Ker Ourio avec un tandem soudé comme jamais (Benoît Sourisse à l’orgue et André Charlier à la batterie) enrichi d’un jeune guitariste de 22 ans (aux origines guyanaise, réunionnaise, martiniquaise) Mathis Cordier (à découvrir absolument) et sur deux titres d’un percussionniste des Caraïbes, expert ès steel drums, Andy Narell.


      Pour le concert de sortie de « Life As It Is », seul ce dernier, résidant de Sainte Lucie, manquait à l’appel sur la scène parisienne du Bal Blomet le 22 avril. En revanche, Olivier Ker Ourio avait convié un invité surprise, un complice de trois décennies au moins, le pianiste Manuel Rocheman avec lequel il publia en 2025 un duo (Affinities. Continuo Jazz).


Tout feu, tout flamme, le combo inédit délivra, après deux heures intenses, « A 380 »
(clin d’œil aéronautique), titre clôturant l’album « Life As It Is »... On planait !

 

Jean-Louis Lemarchand.  

 

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23 avril 2026 4 23 /04 /avril /2026 12:16
L’histoire du jazz n’est faite que de ça     (Entretiens avec Mourad Benhammou)

 

L’histoire du jazz n’est faite que de ça

Entretiens avec Mourad Benhammou

 

Jazz / Editions Lenka lente

L'histoire du jazz n'est faite que de ça de Sébastien Bertho / Editions Lenka lente

accueil — mourad benhammou

 

 

La dernière publication jazz des Editions Lenka Lente est une histoire de passions : dans ce petit livre délicieusement accessible, dialoguent à bâtons rompus le batteur Mourad Benhammou et Sébastien Bertho, ancien directeur de club, qui, un soir de 2024, en descendant au 38 ‘Riv, a replongé dans son addiction au jazz, entamant une nouvelle phase dans sa relation à cette musique.

Ces échanges édifiants composent L’histoire du jazz n’est faite que de ça articulés autour de trois figures d’exception pour le batteur, trois maîtres qu ‘il appelle « griots » que peu connaissent, même parmi les amateurs : Walter Perkins (1932-2004), Louis Hayes (1937) et Grassella Oliphant. Ce sont des «  seconds couteaux » de l’âge d’or du jazz des années 50-60 que l’on aurait tort de négliger auxquels Alain Gerber a consacré son formidable Dictionnaire incomplet des Incompris : il explore une thématique passionnante sur les oubliés du jazz qui s’illustrèrent comme les acteurs du cinéma américain des séries B, voire Z et nos seconds rôles français d’avant-guerre. On peut aussi signaler Guillaume Belhomme et son anthologie des plus spécifiques Way ahead en cent autres figures.

Ces portraits que dessine Mourad Benhammou en évoquant ses rencontres, discussions et gigs quand il vivait à New York au début des années 2000 sont pour chacun des trois complétés d’une biographie et discographie circonstanciées. Et en dévoilant son approche et ses intérêts pour cette musique, se détache le parcours d’un batteur, musicien de jazz attachant et plus qu’intéressant auquel l’auteur reconnaît inventivité, grande écoute et ...un son ! Trois qualités qui structurent et ont construit la personnalité de Mourad Benhammou.

Le livre développe la démarche du batteur d’une évidence lumineuse. Mourad Benhammou s’est intéressé à ces musiciens découverts en … les écoutant sur les disques : Mes musées ce sont les disquaires partout où je passe... et je rebondis de disque en disque pour me constituer une culture. Son apprentissage s’est poursuivi par une série d’ entretiens auprès de ces « passeurs  » qu’il s’est choisis, avant qu’ils ne disparaissent : une histoire de rencontres provoquées, d’amitiés qui se sont parfois nouées entre eux !

Sa priorité fut Walter Perkins (Baby Sweets), l’un de ces hommes de studio qui ont enregistré dans le temps en sidemen parfois jusqu’à deux séances par jour et dont il retient l’orchestre qu’il codirigeait avec Bob Cranshaw, le MJT+3. Un musicien qui lui fit découvrir les différentes écoles de drumming et qu’il vénère aussi pour le son !

Pour Louis Hayes, un batteur tout en élégance et puissance ( Get the Baby Boy out of Detroit) il se concentre sur la façon dont il a vécu ses plus grandes années avec Cannonball Adderley, et encore les deux ans aux côtés d’ Oscar Peterson, même si sa carrière prolifique s’est poursuivie bien au-delà de ces expériences déterminantes. Epoque formidable où les groupes répétaient tout le temps, sur les routes, dans les clubs et faisaient l’essentiel en live, sans se préoccuper trop des instruments. Pas de geek fétichiste sur le matériel et les effets alors...

Le plus étonnant des choix de Benhammou est celui de Grassella Oliphant(1929-2017) dont je n’avais jamais entendu parler car un nom pareil se retiendrait! Il ne garde de sa très courte carrière que deux albums Soul Willing et Soul Shouting chez Prestige avec Stanley Turrentine, sans négliger ses accompagnements de chanteuses, elles aussi méconnues comme Gloria Lynne I am glad there is you (Everest Record) : totalement disparu du monde du jazz au début des années 2000, Oliphant, de golfeur était devenu gérant puis directeur d’un club de golf pour assurer l’entretien de sa famille. S’il n’a jamais arrêté de jouer, il n’en faisait plus son métier principal car il n’est pas rare chez les musiciens américains de vivre d’une autre occupation autrement plus lucrative. Le trompettiste Eddie Henderson chez Herbie Hancock entre autre était psychiatre.

Après cette partie consacrée à sa rencontre avec des griots, le livre de Sébastien Bertho se termine par un dernier chapitre plus court, jouer avec les griots. Ou comment Mourad Benhammou a mené sa carrière, façonnant son jeu avec des pointures comme Alain Jean Marie, Cedar Walton, James Spaulding, Lew Tabackin qui lui avoue même en confidence, préférer à tous les autres batteurs Billy Higgins.

Outre la (re)découverte de jazzmen et d’albums que l’on a envie d’écouter, on apprend à mieux connaître Mourad Benhammou qui a pu rencontrer ses idoles, apprendre auprès d’eux. Ce sont des musiciens qui ne sortaient pas de conservatoire mais consacraient leur vie à la musique. Cette leçon, Mourad Benhammou l’a retenue et sans doute est-il de ce fait un musicien passionnant à suivre. Qui, parmi les amateurs de jazz, n’a pas eu une fois l’idée d’attirer l’attention sur des musiciens qui lui sont chers mais qui n’ont pas la carte de la presse spécialisée ? Cette subjectivité assumée volontiers, cette façon de mettre en lumière des instrumentistes de talent, soulignent l’intérêt de cet ouvrage.  L’écriture en est plaisante, sensible, faisant saisir ce qui relie le batteur aux musiciens choisis, ce qui devrait justifier l’écriture de monographies consacrées à des musiciens.

A souligner que cet ouvrage édifiant  se termine par un index de bien d’autres « seconds couteaux »avec une discographie adéquate.

 

Sophie Chambon

 

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8 avril 2026 3 08 /04 /avril /2026 15:33


Steve Wilson (saxophones alto & soprano, flûte, flûte alto), Dave Pietro (Saxophone alto, clarinette, flûte), Rich Perry, John Ellis (saxophones ténors), Scott Robinson (saxophone baryton, clarinette basse), Tony Kadleck, Greg Gisbert, Nadje Noordhuis, Mike Rodriguez (trompettes), Keith O'Quinn, Ryan Keberle, Marshall Gilkes (trombones), George Flynn (trombone basse), Julien Labro (accordéon), Jeff Miles (guitare), Gary Versace (piano), Jay Anderson (contrebasse), Johnathan Blake (batterie)
Maria Schneider (direction, composition)
New York, 26 mai 2025

Artistshare https://www.artistshare.com/Projects/OfferDetails/1/539/2882/1/6

 

Le titre complet de l’album est ‘American Crow : A Narrative in Notes and Frames’. C’est une sorte de récit musical engagé, où les lugubres croassements des corbeaux rétrogrades se font entendre, dans ces États-Unis malades de leur président et de ses séides. Maria Schneider est une militante de la musique : de son autonomie (sa plateforme participative où l’on acquiert directement les disques) ; et de son excellence, en toute liberté. Mais pas ici de ‘musique à programme’. De la musique (avant toute chose….). Une musique d’orchestre, un orchestre flamboyant, arrangé avec un art somptueux, et dans lequel le solistes dialoguent en permanence avec l’orchestre (et l’orchestration). Un disque court, d’environ 30 minutes, avec deux versions, différentes, du même titre. Et de furtifs croassements qui évoquent le sinistre présent états-unien : mais la musique déborde ce cadre, vers la combativité et l’espoir. Bref c’est une œuvre magistrale, qui dit le monde : sans prêchi-prêcha, mais avec (Grand) Art.

Xavier Prévost

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Un avant-ouïr sur Youtube 

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8 avril 2026 3 08 /04 /avril /2026 11:46

Larry Nocella (saxophone ténor),

Bob Neloms (piano),

Cameron Brown (contrebasse),

Dannie Richmond (batterie).


Centre musical de Bologne, novembre 1980.
Red Records/Socadisc.
Paru le 3 avril.

 

      Ce sera une découverte pour la jeune génération ... et pas seulement. Le label italien de Milan Red Records réédite un album de 1980 d’un saxophoniste transalpin, Larry -Carmelo sur son bulletin de naissance- Nocella (1949-1989). Dans sa discographie (modeste), ‘’Everything Happens To Me’’ figure parmi les rares disques consacrés uniquement au jazz, le saxophoniste ténor ayant bifurqué rapidement vers la variété, aux côtés du chanteur napolitain Pino Daniele.


      Larry Nocella jouissait alors d’une réelle notoriété acquise notamment dans les clubs de Milan et Turin mais aussi à Paris au Chat qui pêche où il se produisit au début des années 70 avec Kenny Clarke, Eddy Louiss et Jimmy Gourley. Formé au conservatoire de Naples, ayant délaissé le trombone à piston, la batterie et la clarinette pour le saxophone ténor à 18 ans, le natif de Battipaglia (province de Salerne) est naturellement inspiré par John Coltrane mais son jeu révèle aussi les influences du hard-bop. Homme de forte stature, grande taille, chevelure et barbe fournies, Larry Nocella impressionne.


      Dans cette brève séance enregistrée à Bologne, le saxophoniste ténor bénéficie de la rythmique américaine du Mingus Dynasty orchestra alors en tournée européenne pour célébrer la musique du contrebassiste disparu l’année précédente. Se distingue tout spécialement le batteur Dannie Richmond (1935-1988) sur un répertoire des plus classiques, si l’on excepte une composition alerte cosignée par le leader et le pianiste Bob Neloms, 'Rose'. On y trouve ainsi deux titres célèbres de saxophonistes (Central Park West, de John Coltrane et Along Came Betty de Benny Golson) permettant d’apprécier la forte personnalité du ténor italien.

 

      Une réédition qui s’imposait pour un jazzman au parcours trop bref, cabossé par des « problèmes personnels » (addictions diverses et fatales). Un disque conduit tambour battant, sans scories (45 minutes) ,  chaleureusement recommandé.

 

Jean-Louis Lemarchand.

 

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