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17 octobre 2026 6 17 /10 /octobre /2026 10:04

Allan Harris, (voix guitare),
Miles Okazaki (guitare),
Hayes Greenfield (saxophone ténor),
John Flaugher (contrebasse),
Jesse Jones Jr. (saxophone alto).
Peter Karl Studio, Brooklyn, 2003.
Love Productions  Record. Paru le 18 septembre.

     

      Invité surprise de la cérémonie de remise des prix de 2019 l’Académie du Jazz le 9 février, Allan Harris avait emballé le public de la Seine Musicale. A l’aise, chaleureux, le chanteur avait donné deux exemples de ses talents de crooner et de magicien du rythme. Le finaliste du prix du jazz vocal du palmarès 2018 avait à l’automne précédent démontré sa maîtrise et sa virtuosité au Duc des Lombards où il présentait le répertoire du prince du style vocalese Eddie Jefferson (Allan Harris. The Genius of Eddie Jefferson. Resilience Music Alliance.).

 

 

      L’album qui sort ces jours-ci dans les bacs constitue également une surprise. Il s’agit d’un enregistrement datant de 2003 retrouvé par le plus pur des hasards. Les bandes originales avaient été mises de côté peu après les séances en studio à la suite du décès du compositeur, auteur de l’intégralité des titres gravés, Ike Joseph. « Dès l’écoute de ses premières mélodies, se souvient Allan Harris, j’ai été séduit par leurs qualités, des romances exprimées dans un swing sans effort ».

      Alors dans la quarantaine, Allan Harris traite ces « chansons d’amour » avec simplicité, sans en rajouter dans l’émotion, s’inscrivant alors dans la tradition dans le droit fil de Nat « King » Cole ou encore de Tony Bennett. Accompagné sobrement par deux saxophonistes, un guitariste et un contrebassiste, le chanteur-guitariste donne à entendre (à découvrir pour beaucoup) un répertoire qui touche au cœur.

 

Jean-Louis Lemarchand.

©photo X. (D.R.)

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16 octobre 2026 5 16 /10 /octobre /2026 19:18

Jojo Record 2026
GEORGE GARZONE (ts), RANDY BRECKER (tp), LUIS PERDOMO (p), SANTI DEBRIANO (cb), JEFF “TAIN” WATTS (dms)


En fait c’est du bonheur tranquille. Ce genre de bonheur simple qui fait que vous êtes dans le fauteuil de votre salon, peut être le chat est t-il sur vos genoux et peut être avez-vous un verre de bon vin à la main, un vin un peu capiteux de préférence. Et votre bonheur est parfait puisque dans votre platine vous avez mis l’album du saxophoniste George Garzone. Et que là, enfin maintenant vous pouvez vous laisser pleinement aller.
A 76 ans, le saxophoniste américain qui, par ailleurs fête ses 50 ans d’enseignement à la Berklee School of Music de Boston nous arrive ici tout en détente avec une sorte de force tranquille. Pas besoin d’esbrouffe. Pas la peine d’en faire des tonnes pour que cela sente le jazz. Celui que l’on aime fait de feeling souple, de groove délicat et de chorus soulfull.
Geroge Garzone qui n’a pas enregistré beaucoup d’albums en leader (une 12 aine seulement) s’entoure ici de musiciens de haut vol, sorte de all-star en droite ligne d’un jazz américain de l’héritage.
Héritage d’ailleurs totalement assumé par le choix des thèmes qui sonnent comme des hommages. Coltrane bien sûr avec une version de Giant Steps sur laquelle George Garzone laisse parler sa maîtrise harmonique et rythmique dans un duo avec le formidable Jeff Tain Watts à la batterie. Avec Garzone tout semble si facile que l’on entre en musique comme on entrerait en amour. Avec la puissance séductrice du charme irrésistible. Coltrane encore avec ce clin d’œil à Soultrane sur lequel le saxophoniste jouait le Theme for Ernie et sur lequel on jurerait que George Garzone donne en 1er cours à ses élèves une démonstration à la Coleman Hawkins.
Hommage aussi à Mingus avec ce long Mingus that I knew sur un arrangement cool qui fait sonner le quintet comme un big band. 
On pourrait passer en revue tous les morceaux de cet album dont la constante est le plaisir qu’il procure d’un bout à l’autre. On est là dans notre fauteuil. La musique coule de source et nous rappelle ce que sont les fondamentaux du jazz : des mélodies sublimées et un équilibre soyeux entre les solistes et le groupe pour nous emmener loin dans la nuit bleutée. Ici tout n’est que luxe, calme est volupté comme dirait l‘autre qui hélas pour lui n’a pas connu le jazz. 
Et finalement il n’y a plus qu’à se laisser porter pour que le charme opère. Irresistiblement.
Jean-Marc Gelin

 

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15 octobre 2026 4 15 /10 /octobre /2026 17:37

Kris Davis (piano), Robert Hurst (contrebasse), Johnathan Blake (batterie)

Mont Vermont, 15 septembre 2025

4166 Records

https://krisdavis.bandcamp.com/album/lost-in-geneva

 

Second opus de ce trio et Grand Disque (je pèse mes mots). L’interaction entre la pianiste et ses partenaires est d’une intensité palpable, et la qualité des compositions est remarquable. Thèmes inédits, ou parfois déjà enregistrées dans un autre contexte (six de la pianiste, deux cosignées par le trio, un de la plume du bassiste, un autre du batteur, et un arrangement d’un thème de Morton Feldman). Une musique dense, requérante, qui exige que nous soyons totalement investis dans l’écoute. Entre pulsation prenante et abstraction formelle, d’une plage à l’autre, il y a là matière à faire un de ces voyages d’écoute qui nous marquent pour longtemps. On n’en finira pas de capter le surgissement, d’une écoute à l’autre, de tel silence chargé de sens et d’intensité, de telle envolée soudain parée d’une sensation inouïe. La Nature Piece n° 5 de Morton Feldman trouve une vie nouvelle dans une forme d’incarnation par le dialogue qui s’exerce avec la basse et la batterie. Une manière d’illustrer l’art même de la pianiste, qui circule librement de l’abstraction musicale à l’humanité foncière de sons expressifs, des figures libres et autres surprises que recèle le jazz. Et la belle rondeur de la prise de son accentue encore ce pur plaisir.

Xavier Prévost

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La pianiste est en tournée, en Allemagne et en Suisse, avec Bob Hurst et Jim Black, du 19 au 22 novembre 2026

https://krisdavis.net/calendar/

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12 octobre 2026 1 12 /10 /octobre /2026 14:24

Sebastien Paindestre (piano), Jean-Claude Oleksiak (contrebasse), Antoine Paganotti (batterie)

Studio La boite 2, avril-octobre 2024,

La Fabrica’Son Label ! / Socadisc

 

Un projet très singulier, et très abouti : partir de son goût de cinéphile pour Kurosawa afin d'imaginer une musique en trio, en relation à la fois avec certains de ses films, et aussi des musiques signées par les compositeurs qui en ont conçu les partitions.

Il s’agit naturellement d’Akira Kurosawa (ne pas confondre avec un autre cinéaste, sans lien familial, Kiyoshi Kurosawa, né 45 ans plus tard). Ce très grand cinéaste réalisa plus de 30 films entre 1943 et 1993, dont Rashōmon , Les Sept Samouraïs , Le Château de l’Araignée , Les Bas-Fonds , Dersou Ouzala , Kagemusha …. Ici pas d’effet-béquille, où la musique s’appuierait sur les films simplement pour exister, mais une véritable proposition artistique qui associe le goût pour cette filmographie, sa dramaturgie propre, ses univers, et les musiques composées pour l’image par des artistes associés à ces films. Prendre appui à la fois sur les films (les impressions de cinéphile), sur les musiques écrites par différents compositeurs pour ces œuvres, et partir en liberté de jazz sur ces éléments polymorphes en leur donnant une nouvelles vie sous forme de trio piano-basse-batterie. Projet audacieux, mission accomplie. Très accomplie même, à l’écoute qui se suffit à elle même.

Ce qui n’empêchera pas ceux qui se trouvent dans le coin d’aller écouter / voir, en concert avec images, le jeudi 15 octobre à 20h au Studio Galande (42 rue Galande, 75005 Paris)

 

Xavier Prévost

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Un avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=jgz_z2IJ4tI

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9 octobre 2026 5 09 /10 /octobre /2026 16:09
Sisyphus      Francesca HAN

SISYPHUS

Francesca Han · Takashi Sugawa · Shun Ishiwaka

Label Hanji / Inouïe Distribution

 

 

 

Sortie le 9 octobre 2026

 

Conçu pendant sa période japonaise, cet album de Francesca Han est constitué de sept pièces sensibles et saisissantes, toutes de sa plume, évoquant souvenirs et moments forts de son séjour en autant de courts récits musicaux. La page est tournée, à présent la pianiste vit en France, mais elle a voulu capter ses échanges avec une rythmique de l’avant-garde japonaise tout à fait exceptionnelle : il en résulte un album enregistré lors d’une séance de 2017 au studio Dedé, mixé et masterisé en 2025 à Tokyo qui est appelé à faire date dans sa discographie.

Avec la redécouverte de ce programme Sisyphus, le trio s’empare avec une passion communicative d'une écriture très personnelle, intense et raffinée qui prend des libertés avec le patrimoine japonais ou coréen mais qui a néanmoins cette « asiatic touch » indéfinissable. Sans doute dans l’art de croiser des repères, influences traditionnels avec la composition et improvisation contemporaines et l’urgence du jazz ?

Du "beau piano"mais pas tout à fait au sens que l’on entend habituellement, une articulation vive, nette jusqu’au tranchant qui livre la mélodie avec des élans parfois inattendus, sans cliché  romantique ou mièvre. Si chacun sait donner du relief à ses attaques, la rythmique s’y entend pour insuffler de la subtilité dans la dynamique rigoureuse et limpide des compositions.

Le premier thème «Petit soleil», une berceuse pour son fils, magnifie justement le partage, la triple entente où le travail tout en nuance des balais, la résonance délicate sur les cymbales s'accordent avec le jeu d’une exquise douceur du piano. C’est à peine si on sait qui impose son rythme dans ce triangle équilatéral qui passe d’un doux allumage à des envolées plus fiévreuses tout en travaillant sons et textures. La composition suivante « Chrysanthemum », emblématique fleur du Japon, reste dans cette tonalité spirituelle et recueillie. C’est un hommage non déguisé à un grand pianiste japonais qu’admirait Francesca Han, Masabumi Kikuchi.

Une vraie dramaturgie dans la rupture franche du titre suivant « Sisyphus » dont la pochette illustre de façon explicite le mythe éponyme, un travail de l’artiste et de son mari (également producteur) sur ce papier Hanji coréen, fabriqué à la main à partir d'une pâte de mûrier, doux, résistant, lisse et blanc jusqu'à être translucide.

On aime la vigueur croissante, l' énergie dans l’improvisation collective d’un « Circle » qui ne tourne vraiment pas en rond, continuant sa progression par ce « Cowellessi » en hommage à un duo inspirant, le pianiste Stanley Cowell et le trompettiste Ralph Alessi avec lequel, on s’en souvient, Francesca Han a gravé un Exude remarquable. Elle n’a pas peur de reprendre d’ailleurs  "Count Yourself", hommage à l’insurpassable « Count Down » coltranien, en le jouant à sa façon, en motifs brefs qui captent l’attention avant qu’un élan soutenu n’emporte définitivement l’adhésion. Le final vibrant, lumineux concourt à nous emporter loin, un « Détour » que l’on prend volontiers avec ce trio osmotique. 

Un album à la longueur parfaite que l’on découvre et réécoute en boucle tant il a quelque chose d’addictif. Sans doute l’attention singulière portée au façonnage de chaque composition, le soin apporté aux moindres détails de ces structures complexes qui restent pourtant accessibles.

Programmateurs, quand allez- vous donner plus de place à cette pianiste unique?

 

Sophie Chambon

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30 septembre 2026 3 30 /09 /septembre /2026 20:17

Andy Sheppard (saxophones ténor & soprano), Rita Marcotulli (piano), Michel Benita (contrebasse)

Lugano, mars 2025

ECM 2856 / Universal

J’ai le souvenir d’avoir écouté Andy Sheppard avec un groupe londonien nommé Sphere, en 1982 au Petit Opportun, et d’avoir chroniqué ce concert dans  Jazz Magazine . Andy s’est ensuite installé à Paris, où il a joué notamment dans l’orchestre de Laurent Cugny. Et puis ce furent pour lui beaucoup de disques avec Carla Bley, des concerts avec Gil Evans, George Russell, et de multiples collaborations de part et d’autre de l’Atlantique. Dans ses disques pour ECM il a plusieurs fois accueilli Michel Benita ; et pour un autre label Rita Marcotulli. Les voici ensemble pour ce trio inédit qui respire une forme de musicalité complice : lyrisme, un lyrisme retenu qui ne cache pourtant pas son intensité ; un goût des thèmes qui louvoient avec finesse, s’offrent des unissons, et une sensation de profonde liberté, dans les exposés comme dans l’improvisation. Parfois, sur des enchaînements harmoniques très courus, ils nous étonnent par des cheminements qui nous semblent neufs. Avec un goût du vrai dialogue, presque subliminal, qui nous embarque en territoire de beauté sereine, mais avec les tensions de l’intranquillité. Huit compositions du saxophoniste, et une de Carla Bley, comme un souvenir d’amitié et de révérence, qui évoque aussi sans doute Steve Swallow : avec eux Andy Sheppard a enregistré plusieurs disques en trio, et ce trio d’aujourd’hui en garde forcément le souvenir. Je me suis longuement interrogé sur le sens de Salt Catchers : est-ce que ce seraient les pirates qui détroussaient les cargaisons de sel ? Ou plutôt celles et ceux qui vous tirent des larmes, salées comme il se doit, de mélancolie ? En tout cas c’est une très belle musique, d’une densité secrète.

Xavier Prévost

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28 septembre 2026 1 28 /09 /septembre /2026 20:03
Justin Hicks                Man Of Style.

Justin Hicks Man Of Style 

 

 

Jammin'colors/ L'Autre Distribution

 

 

Music, Lyrics, Synth : Justin Hicks

Vocals: Kenita Miller-Hicks, Jade Hicks

Guitar : Chris Bruce

Piano : Daniel Mintseris

Rhodes : Jake Sherman

Bass, Synth : Meshell Ndegeocello

 

Concert 5 octobre New Morning Paris et 10 octobre  La Meson Marseille

 

On ne le connaissait pas vraiment, ce Justin Hicks qui nous saisit avec ce premier album  intrigant Man of Style .

Une voix singulièrement attachante qui retient immédiatement l’attention, sans que l’on songe à interrompre la suite de chansons souvent mélancoliques qui composent l’auto-portrait de cet artiste expérimental dans de nombreux domaines (sound design, arts plastiques, théâtre). Auteur-compositeur et multi-instrumentiste, c’est sa voix qui convainc, envoûtante, difficile à définir, comme sur « Wendy » où on hésite entre pop et folk pensant à des mélodies de Macca. Sur d’autres, c’est plus nettement Soul jazz, R&B, impossible de le limiter à un style.
Il reconnaît volontiers que le chant est à l’origine de toutes ses expériences en musique.

Si on a suivi attentivement le parcours de la bassiste Meshell Ndegeocello, Justin Hicks figure depuis 2018 sur ses albums dont les Blue note The Omnichord Realbook, The Gospel of James Baldwin. Elle l’accompagne d’ailleurs à la basse ( Chris Bruce l’autre co-producteur à la guitare) et a suivi de près la réalisation de ce premier album qui sort vraiment de l’ordinaire : puisant dans le roman familial ce que confirment les photos délavées de la pochette délicieusement surannée, couleur vieux rose  où figurent les parents du chanteur de leurs fiançailles jusqu’au mariage. Sur la couverture le couple, il joue du piano à son amie étendue sur un canapé.

Sur quelques titres le rejoignent les voix féminines de Kenita Miller Hicks qui n’est autre que sa femme et de sa soeur Jade Hicks (le final « Use Your Head » conseil judicieux que leur prodiguait leur mère). On vous le disait, une histoire de famille, chacune des onze chansons constituant un arrêt sur image, un instantané de vie dans un enchaînement dramaturgique parfaitement conçu. Une confession évidemment émouvante qui n’a rien de sensationnel, un journal intime dont on dévoilerait quelques pages choisies. Comment ne pas être sensible à ce travail artisanal conçu avec coeur, ferveur même dans une économie de moyens si rare aujourd’hui, qui n’en est que plus précieuse ?

Plus que prometteur ce Man of Style !

Sophie Chambon

 

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22 septembre 2026 2 22 /09 /septembre /2026 19:04

Editions Noir sur Blanc. Collection Notabilia.
Disponible depuis le 20 août.

 

     Le Japon voue un culte suprême à John Coltrane qui effectua dans l’archipel une seule et unique (dans tous les sens du terme) tournée en juillet 1966, « flamboyante et harassante » de dix sept concerts. Coltrane, qui entre dans sa dernière année sur terre, « semble jouer sa vie dans cet empire où le soleil a choisi de se lever », relevait un coltranologue réputé, François -René Simon.


     
     Cette passion pour le saxophoniste ténor se manifeste toujours un demi-siècle après spécialement dans ces cafés-jazz (ou jazzkissa), où les fans se retrouvent pour écouter les vinyles de la « note bleue ».


     Grand connaisseur de l’archipel (Tokyo, le guide idéal ; Japon : le guide idéal. Tous deux aux Éditions des Arènes), Jérôme SCHMIDT nous emmène à sa suite découvrir ces lieux où « l’on vient pour échapper à l’aliénation du quotidien, goûter à l’épiphanie d’une musique qui est devenue omniprésente dans tout le pays depuis les années 1950 ».


     Son parcours nous conduit ainsi à Coltrane, une maison en bois reconnaissable au portrait du ténor exposé sur les trois étages de la façade, situé au milieu des rizières à Tosu au sud du Japon (préfecture de Saga sur l’île de Kyushu).


     Ici, chaque jour à 17 h, c’est l’heure du recueillement quand tourne Meditations, titre de 17 minutes enregistré lors du concert de Trane le 22 juillet 1966 à Tokyo. Respectueux de ces lieux au charme désuet, Jérôme Schmidt nous fait partager la ferveur des patrons (et patronnes) de ces cafés (plus de 500 encore en activités) qui font vivre la flamme du jazz à Tokyo, Nagasaki, Osaka et autres villes plus ou moins reculées. Des endroits intimes qui portent les noms de jazzmen, de labels, de disques, de compositions et bien entendu de Coltrane évoqué sous différentes formes (Lush Life, Crescent, Naima, A Trane…).


     Un voyage aux allures de pèlerinage d’une grande sensibilité. Une ode à Coltrane qui avait répondu en 1966 à un journaliste nippon lui demandant où il voyait dans les dix ans : « J’aimerais devenir un saint ».

 

Jean-Louis Lemarchand.

 

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22 septembre 2026 2 22 /09 /septembre /2026 18:12

       Le 23 septembre 1926, à Hamlet (Caroline du Nord), John William Coltrane, fils d’Alice Gertrude née Blair, femme au foyer, et John Robert Coltrane,  tailleur, poussait son premier cri. L’acte de naissance, manuscrit, ne permet pas de connaître l’heure exacte de la naissance (15 h ou 17 h). Il mentionne toutefois que l’enfant est né dans la maison familiale (200, Hamlet Avenue).

       Les parents de John William Coltrane, mariés en 1925, s’étaient rencontrés dans cette petite commune de Caroline du Nord (moins de 5000 habitants alors) où résidaient leurs familles. Les pères de John Robert Coltrane et Alice Blair (1) officiaient comme pasteurs dans l’église épiscopalienne méthodiste (AME Zion). Ce n’était pas leur seul point commun. Les familles Blair et Coltrane, descendantes d’esclaves noirs portaient le patronyme de leurs « propriétaires » ancestraux, ce qui expliquait leur nom anglais, irlandais ou écossais. Blair et Coltrane, dont on trouve des traces aux Etats-Unis au milieu du 18 ème siècle, sont des noms d’origine écossaise, précise Lewis Porter, auteur d’une exceptionnelle biographie (John Coltrane, sa vie, sa musique. Editions Outre Mesure. 2007). Coltrane ou Coltran « est un vieux nom écossais issu des districts de Galloway dans les Lowlands situés sur la côte sud-ouest de l’Ecosse ».

 

       La musique était présente dans la famille de John William Coltrane. Sa mère, Alice, qui décèdera dix ans après son fils (1898-1977), diplômée de l’université (le Livingstone College de Salisbury) « passait pour une bonne chanteuse, passionnée d’opéra qui accompagnait le chœur au piano lors des services du Révérend Blair », souligne Lewis Porter.

 

        Si aujourd’hui, la ville d’Hamlet se flatte d’avoir vu naître John Coltrane (1926-1967) –une plaque commémorative a été installée en 1982- la jeunesse du futur saxophoniste se déroulera dans la cité voisine plus peuplée de High Point (35.000 habitants) où ses parents emménagèrent à la fin de cette année 1926 pour rejoindre le reste de la famille Blair. Une plaque commémorative apposée en 1996 près de sa maison (105, Price Street) y rend hommage à « la légende mondiale du jazz ».

 

(1)    Une question à nos lecteurs avides d’informations : existe-t-il un lien de parenté entre Alice Blair et Tony Blair, écossais (né à Edimbourg) 1er ministre de sa gracieuse majesté entre 1997 et 2007 ?

 

Jean Louis Lemarchand

 

 

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18 septembre 2026 5 18 /09 /septembre /2026 15:37

Émile Parisien (saxophone soprano), Yaron Herman (piano), Prabhu Edouard (tabla, percussions, voix), Linda May Han Oh (contrebasse, voix)

Amiens, 12-14 mars 2026

Act 8048-2 / PIAS

 

Un groupe singulier, et une musique presque inattendue pour qui a suivi l’évolution du saxophoniste soprano depuis plus de vingt ans. Il a parcouru tous les univers du jazz, et tous ses confins. Pour ce nouveau groupe, né d’une résidence voici près de deux ans, il s’est entouré d’artistes de haut vol, qu’il apprécie particulièrement, pour un nouvel élan qui regarde vers les musiques du monde, en suivant des sentiers sinueux. La première plage part d’un thème d’inspiration orientale composé par Georges Gurdjieff et Thomas de Hartmann. Peu après ce sera une composition d’Anouar Brahem, et l’essentiel du disque est de la plume du saxophoniste, du pianiste, et aussi, pour une plage en solo, de la contrebassiste-chanteuse. L’ensemble procède du désir profond de privilégier l’expressivité, dans un lyrisme plutôt feutré qui s’embrase dans les improvisations. Émile Parisien décrit ainsi dans le livret la genèse du projet : « J’avais envie de prendre un peu de recul, de laisser les choses décanter et d’ouvrir un nouvel espace. C’est sans doute pour cette raison que j’ai pensé à la notion de Floating. Elle correspondait assez bien à cet état de flottement dans lequel je me trouvais, un moment de transition, de réflexion et d’introspection, où je ne savais pas encore exactement dans quelle direction aller ».

Il en résulte une musique qui prend le temps de respirer, de rêver et de privilégier l’interaction douce. Le timbre du saxophone évoque parfois le doudouk de l’Arménie, et d’ailleurs dans le Caucase. Sur plusieurs compositions Prabhu Edouard insuffle les éléments de son langage rythmique et vocal, mais les thèmes sur tempo vif n’oblitèrent jamais le lyrisme. L’esprit d’un chant mélancolique parcourt tout le disque. La courte pièce en solo signée par la contrebassiste, tout comme le thème conclusif où sa voix se joint au lyrisme partagé, n’y échappent pas. Je dois avouer que l’ensemble m’a touché, musique et atmosphère, indissociablement. Ce flottement, loin de nous égarer, serait comme un chemin de félicité….

Xavier Prévost

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Le samedi 19 septembre sur France Musique, l’émission ’Jazz Club’ fera entendre ce programme donné en concert peu avant au festival ‘Jazz à La Villette’

https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/jazz-club/floating-a-jazz-a-la-villette-a-paris-7201739

En octobre le groupe sera en tournée : en France (Rezé, Cenon, Tourcoing), puis en Allemagne, en Suisse et en Autriche

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