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6 janvier 2007 6 06 /01 /janvier /2007 09:58

Les musiciens de jazz et leurs trois vœux

Propos recueillis et photographies

 

Ed. Buchet Chastel 2006

 

 

 

 

La baronne Pannonica de Koenigswarter (« Nica » pour les intimes) est de ses « ladies » sans qui le jazz n’aurait sans doute pas pu s’épanouir. A la fois fée, muse, protectrice, conseillère et agent, elle est une figure tutélaire du jazz de ces dernières années. Sa célèbre Cathouse a accueilli les plus grands, pour une soirée, pour plusieurs mois ou plusieurs années. C’est dans cette maison que l’immense Charlie Parker mourut et que Thelonious Monk passa les neuf dernières années de sa vie. Elle milita pour la suppression de l’enregistrement des empreintes digitales des musiciens dans les night-clubs ou de la carte de cabaret. Elle aida Barry Harris à créer son école de jazz sur la 8ème avenue, « The Junction Jazz Cultural Theatre ».

 

Ce livre est un précieux et rare cadeau d’une femme passionnée à tous les amoureux de cet art majeur. Patiemment et scrupuleusement, elle a questionné tous les musiciens de passage chez elle, dans sa célèbre Cathouse, sur leurs trois vœux : « Si on t’accordait trois vœux qui devaient se réaliser sur le champ, que souhaiterais-tu ? ». Ce qui pourrait paraître enfantin ou dérisoire se révèle terriblement touchant, parfois provocant (« Être blanc », Miles Davis), souvent drôle « 1. Être la lampe d’Aladin, 2. Être le king du swing ! 3. Avoir le pouvoir de suggestion », Frank Gant). Tout à coup nous pénétrons un peu plus l’intimité et les rêves de ceux dont nous révérons la musique : John Coltrane, Miles Davis, Lee Morgan, Bud Powell, Count Basie, Charles Mingus, Mal Waldron, Ben Webster, Cannonball Adderley, Bill Evans, Roy Eldridge, Duke Ellington…et tant d’autres musiciens mythiques. Ils disent la vie difficile des musiciens de jazz (« Je voudrais que des subventions soient octroyées à la forme d’expression artistique qu’est le jazz, pour que les musiciens qui ont vraiment la flamme puissent créer une musique qui ne soit pas, disons, altérée, déformée par des contraintes d’ordre social et économique », Cannonball Adderley), les conditions inacceptables de jeu dans des salles à l’acoustique douteuse pour un salaire de misère, la non reconnaissance de leur musique, le racisme quotidien, la foi comme mât de leur vie (« Garder la foi (ce qui englobe tout) » dit Yusef Lateef) , la vie de famille ballottée, l’amour comme seul espoir et leur désir de se renouveler sans cesse dans leur art (« Avoir une fraîcheur inépuisable dans ma musique (pour l’instant je me répète un peu) » dit Coltrane). Dans leurs propos sans afféterie, une même foi en la musique malgré les galères et la dérive présentes malgré quelques propos excédés : « Terminer ma formation de technicien radio et télévision pour ne plus être obligé de souffler dans ma trompette. » déclare Roy Eldridge. Précieux et émouvant témoignage d’une époque. L’autre passion de Pannonica était la photo. Ses clichés au polaroid illustrent cet ouvrage et sont splendides. Là aussi le même naturel sans pose ni sourire figé de circonstance, dans l’intimité de Cathouse : une exceptionnelle galerie de portraits ! 

Régine Coqueran             

 

 

 

de Pannonica de Koenigswarter

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6 janvier 2007 6 06 /01 /janvier /2007 09:55

JJ Louis Prima

Bd jazz – Nocturne 2006
1 BD  + 2 CD

 

 

 

 

  La collection BD Jazz de Nocturne (dans la série BD Voices) consacre un long box  au chanteur  et amuseur Louis Prima. Louis Prima, vous savez le gigolo que everywhere he go, people know the part is playing etc etc…..

 

Et bien Louis Prima à entendre les enregistrements de  1935-36 aurait pu tout aussi bien devenir un excellent trompettiste. Il ne manquait pas de talent pour cela. Pas crooner pour un sou, Louis Prima s’inscrit plutôt dans la lignée des clowns amuseur  dans la lignée des Cab Calloway et autres Slim Gaillard à la différence qu’il se découvre rapidement un filon en exploitant son coté rital dans ce que l’on a appelé le style Gleeby, sorte de farce à l’italienne (Angelina, Please no squeeza banana, falicia no capicia, ….). Louis Prima ne manque pas de titres de gloire. Souvent réduit à son  I’m Just a Gigolo, on a tendance à oublier que le fantasque trompettiste au swing et à l’énergie bouillonnante fut aussi le compositeur du fameux Sing, Sing, Sing véritable tube planétaire avant l’heure.  Qui se souvient encore qu’en 1967, Louis Prima sera la voix de King Louie dans le livre de la Jungle.  Faconde éternelle de ce troubadour saltimbanque qui sera aussi jettera allègrement dans le rock ‘n roll (Buona Serra) et dont on oublie qu’il participera à l’invention du twist. Comme le montre avec humour la bd, pour un peu si on lui avait demandé, Prima serait devenu le 5° Beatles….

 

Le dessinateur du livret François San Millan plutôt connu pour ses illustrations de livres éducatifs pour enfants est associé pour l’occasion au scénariste qui sous le pseudo de Stéphane Allégret cache un journaliste, un libraire, un auteur de polar, un adaptateur de dessins animés, un ghost writter pour Karl Zero et un scénariste pour le cinéma et la télévision. Toute cette bande de joyeux quinqua a volontairement placé ce livret sur le terrain de prédilection de Louis Prima lui-même, celui de la grosse farce, de l’humour et de l’amour des femmes. Louis Prima y est présenté sous les traits d’un personnage à la fois libidineux et grotesque. Humour grinçant au fil de ces pages que celui que les auteurs portent sur un personnage au clownesque pathétiquement sympathique. Un certain regard de l’Amérique d’après guerre.

Jean-Marc Gelin

 

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6 janvier 2007 6 06 /01 /janvier /2007 09:51

JJJ ZETLAB : « Urban Ethnic Jazz »

 

Sergent Major 2006

 

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6 janvier 2007 6 06 /01 /janvier /2007 09:47

JJJJ JOE ZAWINUL:”

Brown Street

 

Ceam Records 2006

 

 

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6 janvier 2007 6 06 /01 /janvier /2007 09:41

PHILIPPE SELLAM, GILLES RENNES : «  Sortilège »

Cristal Records 2006

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6 janvier 2007 6 06 /01 /janvier /2007 09:31

JJJ YOANN LOUSTALOT: “Primavera”

 

Elabeth 2006

 

 

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5 janvier 2007 5 05 /01 /janvier /2007 16:53

JJJJMarc Copland,Gary Peacock, Bill Stewart : «  MODINHA  New York recordings Vol.1»

 

PIROUET 2006

 


Un poème de Bill Zavatsky (Right There, in the Right Now), proposé en guise de liner notes, donne les clés du  dernier opus du très prolifique Marc Copland : une alternance de climats, tantôt nostalgiques et déliés dans trois extraordinaires reprises (Modinha de A. C. Jobim ; Yesterdays de J. Kern et Taking a Chance on Love de V. Duke), tantôt emballés et cahotiques, aux limites de la dissonance (Slap Happy), dans des compositions originales où se mêlent réminiscences  herbie nicholsiennes (Sweet Peach Tree) et exubérances monkiennes (Half a Finger Snap). Les secondes forment une sorte d'hymne au moment présent, aux joies simples du trio, à l'ici et maintenant d'une session de fin d'hiver new-yorkais. On pourra cependant préférer les trois reprises, étirées au maximum,  diamants noirs suggestifs et empreints d'une profonde mélancolie, placés là peut-être pour évoquer la présence de la figure obsédante de la femme jadis aimée que mentionne le poème. Un standard que l'on croyait pourtant connaître par coeur (Yesterdays ) retrouve à cette occasion une intensité nouvelle, dans une version plus de 7 minutes formidable de bout en bout. Tout au long de l'album la cohérence du trio (Marc Copland, Gary Peacock, Bill Stewart), dans laquelle chacun prend plus qu'équitablement sa part de travail,  est impressionnante, tout comme l'est  la déconcertante facilité de ce pianiste virtuose et encore trop méconnu ici qu'est Marc Copland. Ces trois là sont à la hauteur de certains de leurs grands prédécesseurs, auxquels ils font parfois penser, qu'il s'agisse  des trios de Bill Evans ou de celui, non moins légendaire formé par Bley, Motian et (tiens, tiens) Peacock.

 

Loïc Blondiaux

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5 janvier 2007 5 05 /01 /janvier /2007 09:43

STANDARD VISIT 

 

6 Cd dont un Cd bonus

 

Minium/Discograph 2006

 

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5 janvier 2007 5 05 /01 /janvier /2007 09:36

JJJ FREDERIC MONINO :” Around Jaco”

Dom Disques 2006

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5 janvier 2007 5 05 /01 /janvier /2007 09:33

JJJJ CHARLES MINGUS: “Music written for Monterrey - 1965”

 Sue Mingus Music

  

Gloire soit définitivement rendue à Sue Mingus. La veuve de Charles qui mène depuis toujours un combat farouche pour la préservation de l’oeuvre de son mari et qui, telle une pasionaria débarquait dans les magasins de disques pour embarquer les pirates illégalement édités, a crée sa propre maison de disque consacrée à l’édition au compte goutte des œuvres inédites de Mingus. Dans sa besace se trouvent le présent album et un inédit avec Eric Doplhy à paraître prochainement.

 

 

L’album qui nous est proposé ici était jusqu’à présent réservé à quelques chanceux puisque Mingus lui-même lorsqu’il avait sa propre maison d’édition n’en avait autorisé que 700 exemplaires. Ce concert donné à l’université de UCLA durant l’été 65 faisait suite au festival de Monterrey pour lequel Mingus avait beaucoup travaillé pour y proposer un programme inédit. Ce festival s’était alors révélé un total fiasco au point que Mingus avait quitté la scène prématurément. Les morceaux particulièrement complexes proposés par Mingus devaient être interprétés par un octet au format inhabituel avec 3 trompettes, 1 Tuba, un sax alto, basse et batterie et cette formation n’avait disposé que de deux semaines de répétition. Fort mari de cet échec et désireux de ne pas en rester là, Mingus avait décidé de rejouer et d’enregistrer ce programme deux semaines plus tard devant les étudiants de UCLA. Les bandes proposées ici sont, selon le souhait de Mingus lui-même, les bandes originales de ce concert dans leur jus d’origine avec les ratés, les faux départs et les fausses notes. On y entend ainsi la formation s’y reprendre à deux fois sur  “Once upon a time there was a holding corporation called Old America” avant que Mingus ne vire de la scène la moitié des musiciens (traités au passage  d’attardés mentaux) et à embrayer avec le quartet habituel sur un hommage à Parker et Gillespie.

 

 

Mais malgré ces défauts qui donnent à ce témoignage la force vive de l’authenticité, l’incroyable force de la musique de Mingus n’en est que plus présente. En 1965 cette sauvagerie derrière laquelle pointe encore la rage et la colère de Mingus fait toujours figure de manifeste politique. Ses titres, comme toujours chez Mingus révèlent explicitement une féroce diatribe contre cette Amérique qu’il exècre : « They trespass the land of the sacred Sioux » (jeu de mot sur le prénom de son épouse), « Don’t be afraid, the clown’s are afraid too » qui sonne comme un appel à la révolte et enfin pour conclure cet album «  Don’t let it happen here » où Mingus lit en prélude le poème d’un auteur allemand antinazi écrit durant la guerre et dont il fait écho  à l’Amérique de son temps.

 

 

Et puis il y a cette musique en elle-même.  Là où Mingus parvient à obtenir des musiciens le meilleur d’eux même, q’il s’agisse des chorus de Charles Mc Pherson à l’alto, de Hobart Dotson et Julius Watkins à la trompette ou qu’il s’agisse de cette incroyable entente entre Mingus et Dannie Richmond à la batterie qui porte l’énergie de cette formation à son plus haut point d’incandescence.  Irrévérence absolue d’une musique constamment inventive, faite de revirements, d’accélérations des tempis, de citations et d’hommages aux classiques jusqu’à reprendre de manière étonnante  un Muscrat ramble de Kid Ory dans la pure tradition du New Orleans. On entend ça et là les rugissements et les interjections de Mingus lorsque la musique est à son point de paroxysme. On jubile, on est pris à parti et on entre dans cette musique avec autant de délectation que de surprises. Mingus est en colère et ça se voit et s’entend. Sa musique est « mutine » ce qui veut dire aussi facétieuse autant que révoltée.

 

 

Jean-Marc Gelin
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