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6 juin 2006 2 06 /06 /juin /2006 07:20
Isabelle Olivier

 

 

  Lorsqu’on lui a annoncé qu’elle était nominée aux Victoires du Jazz, elle n’en est pas revenue. Persuadée qu’il y avait erreur sur la personne elle s’est précipitée sur son téléphone pensant que cette distinction était en fait réservée à un autre Olivier, Temime celui là. Il faut dire qu’il y a avait de quoi s’étonner de voir la harpe ainsi propulsée sur le devant de la scène. Car les jazzmen sont souvent devant cet instrument comme une poule devant une brosse à dent et depuis les quelques essais plutôt pas convaincants de Alice Coltrane, on croyait cet instrument jazzo-incompatible.

 Mais Isabelle Olivier tout comme sa consoeur Hélène Breschand ou, Zenna Parkins de l’autre côté de l’atlantique font aujourd’hui la démonstration inverse. Conscientes des limites de l’instrument qui, comme le dit Isabelle Olivier, ne modulera jamais comme un saxophone, elles en démontrent en revanche l’immense potentiel mélodique et rythmique. Et depuis plus de 10 ans Isabelle Olivier  évolue au sein du groupe Océan. Mais son dernier exploit carrément fou a été de se lancer dans l’aventure du solo tout juste accompagnée par les touches électro et délicatement impressionnistes d’Olivier Sens. Un album de harpe en solo ! Une artiste totalement casse cou qu’il était donc indispensable de vous faire découvrir

 

 

 

 

 Comment en es tu venue au jazz ?

 IO : J’ai d’abord commencé par la harpe celtique. Puis j’ai intégré le CNSM.

 Mais pour moi le jazz c’est surtout l’écoute. J’allais très souvent au petit Op’ où l’on avait une super proximité avec les musiciens. Et puis j’ai été séduite par la joie de jouer de tous ces musiciens. En fait dans le milieu classique les musiciens font tous la tête. Et ce qui m’a frappé avec les musiciens de jazz, c’est le vrai plaisir qu’ils semblaient avoir sur scène tout en jouant des choses très complexes.

 Un jour Louis Moutin que je connaissais m’a demandé de venir jouer dans leur formation jazz. Je n’avais qu’à improviser un peu. Et là j’ai été terrifiée. Toutes ces années d’études pour me rendre compte que j’étais incapable de sortir la moindre note du moment qu’elle n’était pas écrite ! Du coup je me suis mise à envier la formidable liberté dont ils jouissaient et j’ai eu envie de tout réapprendre. A ce moment il m’est apparu qu’il fallait me vider de tout ce que j’avais appris précédemment. Désapprendre en quelque sorte.

 Cela m’a amené aussi à un certain esprit critique sur l’enseignement classique que l’on reçoit. On a un enseignement qui va à l’envers. A l’époque baroque ce n’était pas cela du tout. Je pense qu’à côté de apprentissage de l’écrit il faut aussi cultiver un enseignement de l’oral. C’est en fait comme si tu demandais aux gens de communiquer uniquement en lisant de livres et de ne plus parler en conversation. Il n’y a pas longtemps je suis allée animer une master class  au conservatoire de Dijon. A un moment  j’ai eu envie de mélanger tous les âges et je me suis rendue compte que ceux qui se débrouillaient le mieux c’étaient les petits. Parce qu’ils ne se posent aucune question, ils jouent alors que beaucoup de ceux qui ont 15 ans de harpe derrière eux sont bloqués sur plein de choses.

 Tu as fréquenté les écoles de jazz ?

 IO : Jamais ! Je n’y ai jamais mis les pieds. D’ailleurs lorsque l’on a commencé le groupe Océan, Louis (Moutin) m’a dit «  surtout ne va jamais dans les écoles de jazz, joue ! ».

 Je suis allé simplement voir le regretté Bernard Maury. Lui m’a dit d’envisager l’affaire sous le plan modal. Il m’a dit «  dis toi que chaque accord génère des modes ». Ensuite c’est François Moutin qui m’a appris à faire sonner les lignes de basse. Et puis à chaque rencontre, chaque musicien m’a apprit chaque fois quelque chose de nouveau. Avec Sylvain (Beuf) j’ai été un peu désarçonnée par ses compositions et les difficultés harmoniques qu’elle présentaient. Je mettais parfois six mois avant de les intégrer parfaitement.

  Tu disais que la harpe était un instrument avec lequel il n’était pas possible de jouer tout le répertoire jazz et que notamment le be-bop était inadaptable à la harpe. Pourtant dans ton dernier album tu reprend le plus parkérien des thèmes, « Donna Lee ».

 IO : C’était drôle de prendre ce thème qui était totalement injouable et qui n’arrête pas de moduler. En fait ce qui m’intéresse surtout c’est la mélodie. Et je me suis rendue compte que même avec un thème comme celui là, les aspects mélodiques pouvaient être exploités et retravaillés et ‘est ce qui m’a intéressé dans ce morceau. Et puis je me rends compte que je n’en suis qu’au tout début de mon apprentissage et je vois bien toutes les potentialités de cet instrument. Elles sont incroyablement diverses et riches qu’elles soient mélodiques bien sur mais aussi harmoniques ou rythmiques.

 Comment intègres tu ces difficultés dans ton écriture. Composes tu d’abord pour la harpe et ensuite pour les autres instruments ?

 IO : Suivant les morceaux, ça change. Il y a des morceaux que j’écris d’abord à la table. D’autres au piano. C’est clair aussi qu’il y a des morceaux plus harpistiques. Sinon j’écris surtout en pensant à la musique et après en pensant à l’instrument. E qui demande beaucoup de travail.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Tu joues des deux harpes ?

 IO : oui j’ai toujours une harpe celtique avec moi. Simplement j’en joue un peu moins. Même su j’y reste fondamentalement attachée, il est vrai qu’avec la petite harpe cela tourne un peu en boucle parce qu’on ne peut pas changer les harmonies. Mais je reste attaché aux deux. Mais ce sont deux instruments qui racontent deux histoires différentes. Et c’est vrai qu’avec le public, le son plus cristallin de la harpe celtique entraîne plus l’adhésion.

 

 

 

 

 

 Tu écoutais du jazz à côté de études classiques ?

 IO : Oui ma sœur me faisait écouter des disques de Basie ou d’Ella.

  J’ai lu quelque part que tu écoutais aussi beaucoup de pop et, (cela m’a fait plaisir), que tu étais une fan de Genesis

 IO : Ah oui, absolument ! Quand j’entends quelqu’un comme Peter Gabriel, c’est un vrai modèle. Il n’y a rien à jeter. Même ce qu’il a fait récemment c’est génial. Je l’ai vu il y a deux ans et je trouve qu’il évolue extrêmement bien. C’est un artiste en perpétuelle évolution et à la fois scéniquement et musicalement c’est top.

 On te demande souvent s’il est facile pour une femme d’intégrer une formation de jazz, essentiellement masculine. J’aurais plutôt tendance à te demander s’il n’est pas difficile pour un garçon d’intégrer le milieu des harpistes ?

 IO : Ça c’est un cliché. D’abord l’un des plus grands maîtres de la harpe en France est Pierre Jammet à qui nous devons tout. Ensuite moi je vois ce qui se passe dans ma petite ville de Marcoussis. Je suis agréablement stupéfaite de voir que dans cette petite ville j’ai 26 élèves dans ma classe de harpe et qu’il y a beaucoup de garçons.

 On te connaissait surtout pour ton groupe Océan mais en fait tu viens de dévoiler un nouvel aspect de ton travail avec un disque en solo. Ce n’est pas trop risqué un disque en solo à la harpe ?

 IO : c’est un truc de fou tu veux dire. En fait l’idée au départ ne vient pas de moi. J’avais signé un contrat d’artiste avec Nocturne et un jour Yann Martin m’a suggéré l’idée de faire un album en solo. J’étais un peu réticente mais aussi tentée par l’aventure. Du coup j’ai intégré d’autres éléments à mon travail comme la patte de Olivier Sens qui ajoute ses effets électroniques et sa magnifique programmation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Propos recueillis par Jean Marc Gelin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Concerts :

 

 

 

9/06 : Jazz dans l’Oise – Quintet Océan

 

 

 

10/07 : Jazz à Porquerolles – Quintet Océan

 

 

 

14/08 : Jazz Utopique – Quintet Océan

 

 

 

17/10 : Jazz sur son 31 – Toulouse – Quintet Océan

 

 

 

 

 

 

Albums

 

 

 

« Petite et Grande » - Nocturne 2004

 

 

 

«  Island # 41 » - Nocturne 2005

 

 

 

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6 juin 2006 2 06 /06 /juin /2006 07:19

JJJJ(J) "TIM BERNE’s Caos totale": «  Nice View »

Winter & Winter 1993

 Tim Berne (as), Marc Ducret (g), Steve Swell (tb), Herb Robertson (t), Django Bates (p), Mark Dresser (b), Bobby Previte (dm)

 

 

 

 Sous ces deux titres se trouvent trois plages différentes, trois suites de 21’, 17’ et 38 minutes enregistrées en 1993 pour des sessions produites par Stephan Winter et co produites par Tim Berne. Image fidèle de ce que produisait alors une partie de la scène New Yorkaise post colemanienne faite de furie, de matériau en fusion malaxant le  jazz avec le rock le plus sombre et le plus furieux.

 Trois véritables suites pour formation élargie autour d’une musique écrite autour des pivots que sont Ducret, Bates, Robertson, Berne ou Swell. Chacun apporte là son énergie créatrice, destructrice, sa froide violence voire même son cynisme si l’on en juge par les growls facétieux de Herb Robertson à la trompette. Difficile de rester insensible à ce qui apparaît comme un monument d’écriture où il ne s’agit pas d’une simple alternance de solistes mais d’alternance de séquences incarnées par un instrumentiste dans une sorte de mise en espace, en équilibre, échafaudage incertain des différentes parties du puzzle. Album polychrome assurément où tout semble pouvoir basculer d’un instant à l’autre du calme à la furie satanique menée par un Ducret en super forme. Basculer aussi d’un jazz colemanien au jazz inspiré de Mingus, entre part du soliste et unissons des cuivres. Tim Berne que l’on retrouve pour un époustouflant solo sur le premier thème de l’album (It could have been worse) s’amuse à emboîter les formes les unes dans les autres, les solos répondant aux dialogues qui eux même répondent à l’ensemble uni.  S’amuse à nous dérouter avec des systèmes métriques impairs, des formes polyrythmiques et des harmonies dissonantes sans jamais perdre une rythmique portée par un Bobby Previte qui seul semble garder toujours la tête sur les épaules. Car chacun, alternativement semble perdre le contrôle, Django Bates en tête mais surtout Marc Ducret dans un solo out of control sur The Third rail. Notamment.

 Dans la mouvance de ce que pouvait réaliser John Zorn de l’autre côté de la scène New Yorkaise, Tim Berne réinventait lui aussi une superbe plage du jazz post free. Ce qui l’amènera à créer plus tard Big Satan autre groupe mythique dont les jours se poursuivent encore pour notre plus grand bonheur avec Ducret et le génial Tom Rainey. La révolution New Yorkaise alors était déjà en marche.

"Jean Marc Gelin"

 

 

 

 

 

 

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6 juin 2006 2 06 /06 /juin /2006 07:18

JJJ Susanne Abbuehl: « Compass »

ECM 2006

 

 

 

 

 

 

Avec ce deuxième opus, la chanteuse suisse néerlandaise, Susanne Abbuehl affirme un peu plus son singulier style fait de mots chuchotés, de sons distendus, de notes en suspens, de silences expirés. Elle ouvre tout en légèreté et sensualité un espace où le temps n’est plus une contrainte, où le chant traverse les êtres.  Avec l’auditeur, elle crée une subtile intimité. Un éloge à la lenteur pour mieux toucher notre âme. Le dialogue inspiré des deux clarinettes de Michel Portal et de Chritof May (que l’on regrette de ne retrouver que sur deux morceaux), l’accompagnement religieux et parfois trop sage de Wolfert Brederode au piano ou le jeu aérien de Luca Niggli à la batterie et aux percussions, transcendent un peu plus la poésie de son chant. Son précédent album « April », une véritable perle, sorti en 2001 chez ECM, était un patchwork de chants indiens, de poèmes d’E.E Cummings et de morceaux de Carla Bley, un tourbillon d’émotions et de sons, tout en retenue. Ici, il y a une plus grande unité artistique. Elle nous balade entre jazz et folk songs, du côté de chez Joyce, Berio, Sun Ra, Chick Corea, Feng Meng-Lung, un poète de la dynastie Ming. Ses arrangements comme ses compositions sont dépouillés et sont construits sur des systèmes cycliques : la répétition et le retour du même. Inspirée par ses maîtres, Jeanne Lee et Prabha Atre, qui lui a transmis le chant indien, elle réinvente son propre langage. Un rien mystérieux. Preuve en est cette très personnelle interprétation de « Black is the color…» à mille lieux de l’interprétation free et dramatisée de Patty Waters ou le magnifique «Flamingos Fly», autrefois chanté par Jeanne Lee accompagnée de Ran Blake. Ses confidences nous ensorcèlent jusqu’à l’emprisonnement. De guerre lasse, nous l’abandonnons avant la fin de l’album, pour y revenir plus tard avec la même béate admiration.

 

 

 

Régine Coqueran

 

 

 

 

 

 

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6 juin 2006 2 06 /06 /juin /2006 07:17

JJJJSébastien Jarrousse / Olivier Robin Quintet : « Tribulation »

Aphrodite records - 2006

 

 

 

 

 

 

Titre éponyme, la première plage donne le ton. Dès la première note, le quintet de Jarrousse et Robin nous jette dans un hard bop fiévreux et tumultueux guidé par un climat énergique.

Les tribulations musicales de Jarrousse et Robin traduisent une détermination esthétique précise quand aux chemins choisis pour cet opus.  En effet,  les influences se font immédiatement sentir : on entend des phrasés propres à Kenny Garrett chez l’altiste Olivier Boge et une atmosphère coltranienne dans le sax ténor de Jarrousse. Sur « Au bout du rouleau », le style posé de Jarrousse rappelle cette particularité chez Steve Grossman.

 Disons le sans ambages, les premières choses qui frappent à l’écoute du cd sont une très sérieuse envie de jouer de la part des musiciens et une joueriez à l’américaine terriblement efficace qui assène un swing tranchant. L’homogénéité et la constance esthétique et artistique de l’œuvre et la sincérité de la musique sont telles que l’on croit que les pièces sont toutes des premières prises enregistrées « straight ». Sans excès, et peut être légèrement sur la réserve pour Jean Daniel Botta à la contrebasse plus musical que ses comparses, la section rythmique piano/contrebasse/batterie est très cohésive et responsable de cette jouerie qui tourne comme une horloge suisse, en particulier sur les morceaux enlevés. On retient en particulier le drive sûr et swinguant de Robin. Soutenus par la rythmique, les saxophonistes ne sont pas en reste. La masse sonore qu’ils dégagent et les arrangements de Jarrousse rendent leur jeu incisif et éclatant à tel point qu’ils sont les deux locomotives de ce train à grande vitesse Si la rythmique s’emploie à ne jamais relâcher la tension, Emil Spanyi retient toute notre attention. Son accompagnement est très riche et novateur en particulier par ses accents sur les temps forts qui terminent les phrasés du batteur et l’engagent sur de nouvelles idées. Sur à peu près tous les morceaux à tempi up, la complicité entre Spanyi et les deux saxophonistes est palpable tellement le jeu d’accompagnement du pianiste est peuplé de répons et d’à propos tout en conservant une densité de jeu à la Mc Coy Tyner.

 Pour ses chorus, Spanyi s’appuie beaucoup sur la force rythmique du batteur. Il dispose ainsi de tous les repères nécessaires pour libérer une énergie lumineuse et épanouie et un discours qu’on déguste la bouche ouverte. Toutes les compositions et arrangements sont de Jarrousse. On devine une ferme maîtrise du métier de la composition chez le saxophoniste qui parvient à combiner habilement mélodies et fulgurance.

 Dans un style qui date mais avec une modernité surprenante, ce quintet peut le crier haut et fort : le bop est en pleine forme !

 Jérôme Gransac

 

 

 

 

 

 

 

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6 juin 2006 2 06 /06 /juin /2006 07:14

JJJJ  Erik Friedlander « Prowl » 

 

 

Cryptogramophone 2006

 

 

 

 

On peut remercier William Russel qui lui a donné son « 1er vrai violoncelle », et les « papotes » qu'ils ont taillées ensemble chez Buster's ou dans Bourbon Street. Erik Friedlander en a tiré l'art "d'entre-potes" et un goût malicieux de l'impro plein d'images inspirées. « Mon but est de créer une musique la plus concise et concentrée possible puis de faire confiance au groupe au moment fort du jeu... » Il continue ce bon pari dans ce 2ème album du groupe : "Prowl" qui rôde en effet dans les sphères colorées de l'Afrique avec un petit détour clin d’œil à la New Orleans in "A Closer Walk With Thee"(la surprise!). Mais Topaz (du nom du quartet) c'est aussi beaucoup le sens du voyage dans la recherche d'une culture essentielle. Un genre de synthèse finement assimilée, ouverte, qui nous raconte des histoires de différentes régions Africaines à travers, par exemple, les rythmes spécifiques "d'un coucou démonté" venu de la forêt de Guinée où les traditionnels djembes sont habilement substitués sauce Topaz (Howling circle), ou encore dans l'ouest Africain Agaya (Anhinga), en Kundabigoya (Prowl) et en Djolé (Rain Bearers). Des noms qui sonnent et déjà annoncent une teinte, une ambiance, un rythme particuliers.

 

 

Belle énergie oui soutenant cette musique d'une étrangeté  fascinante qui met en valeur la complicité des musiciens, leur spontanéité cohésive à l'atmosphère délicate. Stomu Takeishi à la basse est présent "just' c'qui faut" mettant un petit accent moderne à ce joyeux mélange de genres pendant que Satoshi Takeishi fraternalise aux percussions. Puis du violoncelle dans le jazz voilà qui est suffisamment rare pour interpeller! Et quand la clarinette (ou le saxo alto) de Andy Laster vient doucement se mêler à l'unisson

 

 

d'Erik (Anhinga) c'est...chouète (pour changer du coucou!). On y retrouve d'ailleurs un petit accent funky de son premier groupe qui ajoute de l'éclectisme au déjà bel éventail d'univers de ce groupe. Après les hennissements obsessionnels du "cercle mugissant", on passe à une balade printanière, puis on revient à l'obsession du rôdeur, et de nouveau un doux cheminement scandé, au crescendo palpitant et ainsi de

 

 

suite on cahote dans ces fantaisies troublantes qui mêlent coquinement à l'art de l'impro celui de l'intrigue. Très intéressant.

 

 

Anne Marie Petit

 

 

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6 juin 2006 2 06 /06 /juin /2006 07:14

JJJJ LAURENT DE WILDE : « Present »

 

 

 

Nocturne 2006

 

 

 

 

 

 

La langue française est bourrée de pièges trompeurs et si nous avions manqué de vigilance nous aurions sans hésité parlé d’album de « variétés ». Mais assurément il y aurait eu confusion, misunderstanding, gourance sur toute la ligne en somme. Nous lui préférerons donc la notion d’éclectisme qui nous semble mieux coller à la très grande richesse de cet album. Album dans lequel le pianiste de surprises en surprises nous laisse d’un bout à l’autre de l’ouvrage scotché à la plage suivante avec une sorte de plaisir frénétique.

 

 

 

Laurent de Wilde qui vient de passer ces 6 dernières années dans les sphères de la musique électro dans laquelle il n’y a pas si longtemps il jurait avoir trouvé son meilleur vecteur d’expression  (son dernier groupe « Organics » en était la parfaite illustration) fait ici un retour gagnant au tout acoustique.  Sans pour autant qu’il ne s’agisse d’un retour en arrière. Bien au contraire car Laurent De Wilde a grandi au passage, s’est nourri d’une nouvelle approche du clavier, s’est imprégné des nouveaux pianistes apparus ces dernières années de part et d’autre de l’atlantique, a emprunté aussi à de nouvelles musiques. Il en résulte un fondu enchaîné dans lequel De Wilde nous ballade dans ses musiques entre swing, blues, free, reggae. L’album démarre à un très hauts niveau avec les deux premiers thèmes qui sont des adaptations de ce qu’il faisait en électro : The Present était dans l’album «  Time for change » -2000 et Move on dans « Stories » - 2003. On comprend alors que le maître mot, le fil conducteur, la base irréductible pour De Wilde c’est le groove sous toutes ses formes. Il peut s’agir d’un swing ternaire sous toutes ses formes comme dans Move on où De Wilde s’amuse faire passer le morceau par tous les stades allant jusqu’à accélérer/ralentir les tempos à volonté. Dans un thème plus posé comme Fleurette africaine où l’on sent poindre rythmiquement et structurellement des univers svenssonien, De Wilde comme une seconde nature en revient toujours au groove et lui impose une pulse à l’africaine d’où émergerait bien un Randy Weston. Entre autres. Sur Quiet but not quite joué au départ sur quelques notes simples ponctuées par des battements d’horloge De Wilde crée de larges espaces sonores puis tel un démolisseur s’emballe, les remplit frénétiquement et s’ingénue à tout déstructurer comme l’aurait fait un pianiste free pour en revenir finalement à la structure lente. De Wilde se permet ensuite une incursion du coté du reggae dans un thème joué en hommage à Ernest Ranglin, chantre jamaïcain de la guitare reggae et avec qui le pianiste a eu l’occasion de jouer (One for Ernie), puis nous entraîne dans un club aux allures techno funk totalement irrésistible. Dans un fondu enchaîné tout cela finit par un bon gros blues ultra facile dans lequel il n’est certainement pas question de se faire du mal.

 

 

 

Et l’on comprend que ce travail suppose une rythmique impeccable capable de s’adapter à tous les univers, sorte de pâte à modeler que le pianiste triture sans cesse pour lui donner formes et couleurs multiples. Darryl Hall contrebassiste d’exception nous fait entendre au moins une dizaine de son à son instrument au gré des univers explorés.

 

 

 

Certains reprocheront alors peut être à De Wilde son côté zapping et touche à tout. Mais s’il est vrai que le pianiste brasse large dans l’histoire récente de la musique il a le mérite de donner un sérieux coup de jeune au piano jazz sans jamais ennuyer et sans oublier jamais ce que le jazz doit au swing, éternel point de ralliement de cet album. Et De Wilde nous en apporte ici une savoureuse et torride illustration.

 

 

 

Jean Marc Gelin

 

 

 

 

 

 

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3 juin 2006 6 03 /06 /juin /2006 10:09
PATRICK ARTERO : tirage de portrait

 Après trente-cinq ans de gourmandes et fiévreuses expériences autour de la salsa, du jazz, de la musique antillaise, du reggae, de la variété, Patrick Artero nous a régalé l’automne dernier avec sa première oeuvre personnelle en hommage au cornettiste Bix Beiderbecke, immédiatement récompensée par l’Académie du Jazz. Bix, Artero le découvre à l’âge de l’apprentissage alors qu’il étudie la trompette au lycée de musique de Sèvres.  Bix, c’est quelqu’un qui lui parle, un être tourmenté, quelqu’un qui a traversé pleins de choses qu’il a vécu. En 1975, il incarne déjà Bix  dans un film de Jean-Christophe Averty pour la télévision, une sorte de prémonition de ce projet qui inaugure superbement sa discographie. Ce projet il. Musicien voyageur et curieux, Artero multiplie les expériences et les performances. En 1969, il rejoint le groupe mythique de jazz New Orléans des Haricots Rouges. Entre 1973 et 1977, il joue tous les soirs au Slow Club avec Michel Attenoux. Cette période est déterminante dans sa carrière car il rencontre toutes les stars du jazz français, parmi lesquelles Claude Bolling, Marc Laferriere, Guy Laffitte, Martial Solal, René Urtreger. Il participe également à l’Anachronic Jazz Band et au Jazz Five de Raymond Fol avec André Villeger. Au début des années 1980, il se passionne pour la Salsa. A partir de 1984, il est de toutes les aventures musicales africaines et antillaises, ou presque, de Kassav à Touré Kounda. Les  années 1990 marquent son retour au jazz, surtout en big bands. Il nous prépare dit-on pour 2006 une surprise avec Vincent Artaud aux arrangements chez Nocturne, label avec lequel  il a signé un contrat d’artiste. Nous en salivons d’avance. En attendant, il ne cesse de réinventer sur scène l’univers bixien accompagné d’un quatuor à cordes ou en quartet (Laurent Courthaliac au piano, Matthias Allamagne à la contrebasse et Mourad Benhamou à la batterie). C’est dans cette dernière formation qu’Artero se produira le 21 octobre au NEW MORNING. Il nous fait ce mois-ci l’amitié de répondre à notre questionnaire-type. 

 

 

 

Régine Coqueran

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DNJ : Pourquoi le jazz ?

 

 

 

Patrick Artero : « Parce que c’est la forme d’expression musicale la plus libre et qui permet de véhiculer dans  l’instant ses sentiments propres sur un schéma soit harmonique ou rythmique ou bien mélodique, donné avec son instrument. Politiquement ce serait une certaine idée de l’anarchie qui serait contenue…Je suis assez sensible à la notion de Liberté……. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DNJ : Quelle est votre principale influence musicale ?

 

 

 

P.A : « Je pense que c’est la vie sous toutes ses formes ainsi que toutes les musiques qui s’y rattachent qui sont ma vraie source. Je vous parlerais donc de voyages et de rencontres, donc d’émotions, de douleurs plus ou moins physiques, psychiques, de la peur, de l’angoisse, mai aussi du bonheur amoureux, de la joie de vivre, la naissance et bien sûr la mort ! Mais j’ai commencé cette influence musicale par le son de la trompette de Louis Armstrong……puis aussi, quelques notions de musique dite Classique. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DNJ : Qu’aimeriez vous transmettre ?

 

 

 

P.A : «  Si j’avais à transmettre quelque chose, ce serait surtout une certaine idée de la liberté, par rapport à ce monde qui est en pleine mutation. Il y a un roman de Francis Marmande sur l’alternance des triomphes et les débâcles aussi profonds les uns que les autres, d’un torero, qui en ont fait une légende…comme une image de la grandeur et de la peine des hommes en liberté. Il y a évidemment cette chanson de Jacques Brel intitulée «  La Statue » qui reflète bien ce que je peux ressentir au sujet de cette transmission.  En fait, je me sens bien dans une peau de troubadour qui va, comme les chiens, renifler un peu le c.. des autres.  Je me crois volontiers d’un naturel curieux et gourmand…jusqu’à l’extrême parfois……. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DNJ : Croyez vous à une révolution possible du jazz et existe-t-il de nouvelles expériences qui vous intéressent ?

 

 

 

P.A : « Pour ma part, la révolution doit être permanente ou bien elle meurt…. Donc, forcément la musique suit, ou bien influence le cours de la vie. Si nous prenons la musique de Jazz comme exemple, (avec sa conception du swing au sens véritablement le plus large du terme), elle ne peut évoluer que si elle garde son aspect révolutionnaire, en faisant appel  à l’être humain et lui seul pour sa création sur l’instant. Le reste (rythmique, harmonique et mélodique) est  le regard de ce même être humain sur le monde actuel.

 

 

 

Les nouvelles expériences font partie intégrante de cette révolution. Certaines meurent, d’autres survivent !

 

 

 

 En ce qui me concerne, il m’est difficile de travailler avec des éléments que je ne maîtriserais que partiellement, mais cela ne veut pas dire que je m’interdis cette voie. Le tout doit être d’une logique par rapport à moi-même. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DNJ : Sur une île déserte qu’emporteriez vous ?

 

 

 

P.A : « Pour un court séjour, ma brosse à dents et quelques livres, pour un temps plus long je rajouterais ma trompette, mais pour un temps définitif je demanderais à mon épouse de bien vouloir réfléchir à l’idée de venir partager cette solitude ….. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DNJ : Pouvez-vous rédiger la dédicace de votre prochain album

 

 

 

P.A : « …….Pépé, Fattier, Luis, Rolph, l’Orannais…C’est à vous que j’ai pensé…… »

 

 

 

 

 

 

DNJ : Pouvez-vous citer 3 artistes que vous détestez ?

 

 

 

P.A : « Non, mais je déteste la connerie sur toute ses formes…Mort Aux Cons !!! »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DNJ : Quel est l’artiste avec lequel vous rêveriez de jouer ?

 

 

 

P.A : « Il y a tellement de rencontres à faire…ou bien qui n’ont pas pu se faire……. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DNJ : Qu’est ce qui vous fait lever le matin ?

 

 

 

P.A : « Le réveil, les enfants pour l’école, le p’tit déj, la matinée très longue puisque levé tôt….. Pendant longtemps,…..très longtemps dirons nous je n’ai pas été du matin…Je me rattrape. »

 

 

 

 

 

 

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2 juin 2006 5 02 /06 /juin /2006 10:04

MARTIAL SOLAL : entretien avec Xavier Prevost

 INA - Éditions Michel De Maule – 263p.

+ 1 DVD-CD Rom interactif

 

 

 

 

 

 

Ce livre d’entretien de Xavier Prévost avec le grand maître du piano jazz français qu’est Martial Solal est une oeuvre qui fera date.

 

 

 

 

 

 Outil pédagogique exceptionnel il se présente sous la double forme du livre et du DVD Rom. Ce dernier est la reprise filmée des entretiens publiés dans le livre avec une formule interactive qui permet à l’auditeur- lecteur de passer de l’un à l’autre tout en gardant la continuité du discours. Découpé en séquences et doté d’un moteur de recherche le DVD Rom permet de faire des recherches par mots clefs et d’accéder ainsi directement  à la séquence filmée où ces mots sont évoqués au cours de l’entretien. Il s’agit donc d’un outil de recherche indispensable qui devrait faire date dans ce genre d’édition.

 Sur le fond le format de ces 9 heures d’entretien (rien moins que 8’’54 pour être précis) permet une rencontre de grande tenue qui ne contente pas de mettre Solal en position de raconter sa carrière et son œuvre (ce qui est quand même le cas sur la première moitié passionnante du livre) mais aussi de la faire réagir sur des grands sujets transverses liés à la musique ( l’apprentissage, la composition, l’enseignement et la transmission, l’improvisation, le statut social de l’artiste). Ou encore de le regard Solal porte sur les grands pianistes de jazz d’hier et d’aujourd’hui.

 Ce qui frappe avant tout au cours de ces entretiens, c’est la très grande honnêteté intellectuelle avec laquelle Solal s’est livré à l’exercice. Radical refus de toute langue de bois. Homme sans concession aucune, Solal est un homme de jugements tranchés. Sévère sur bien des points. Il a par exemple des idées bien précises sur ce qui relève du jazz et ce qui n’en relève pas. Le jazz Rock ? « Ce sont des parenthèses, il faudra rejuger tout ça dans plusieurs dizaines d’années. Ces aventures là ne seront pas considérées comme des évolutions du jazz » (P.109). Le Free jazz ? « je n’étais pas favorable au côté bidon, je ne connais pas de mot plus élégant pour dire que n’importe qui pouvait faire n’importe quoi, y compris Ornette Coleman » (p.106)

Particulièrement sévère (ou exigeant) avec ses contemporains, certains en prennent pour leur grade. Et non des moindres : Keith Jarrett ? « J’aime tout ce qu’il fait lorsqu’il cesse de jouer en solo. Le solo n’est pas à la portée de toutes les bourses » (p.185). Même Portal avec qui il joue souvent a droit à une amicale vacherie «c’est extrêmement difficile à dire mais je pense que Michel aborde le jazz comme une passion, il brûle de passion pour le jazz, il est formidable pour ça mais j’ai du mal à admettre qu’il ait compris vraiment l’histoire du jazz » (p.155).

Mais sur son étagère on trouvera quand même beaucoup de monde depuis Art Tatum à Joachim Kuhn en passant par Mc Coy Tyner ou Manuel Rocheman (son ancien) élève ou Jean Michel Pilc. Parmi les personnes qui on beaucoup compté pour Solal et dont il est longuement question dans le livre on trouve aussi des personnalités immenses à la construction musicale et intellectuelle un peu similaire : son grand maître André Hodeir et dans une moindre mesure Lee Konitz avec qui il a joué souvent.

Solal ne renie aucune influence et même les revendique (« on naît forcement d’un père »). Il affirme simplement qu’aujourd’hui et depuis très peu de temps il  sait enfin jouer du piano. Son œuvre est réputée difficile et c’est sans concession qu’il juge le public qui ne le comprend pas : «  En général les gens qui vous disent – j’admire ce que vous faîtes mais cela me laisse indifférent, ça ne me touche pas-, je leur dis « mais c’est votre problème, c’est votre culture qui n’est pas suffisante, vous ne pouvez pas accéder à tel type de culture si vous n’avez pas franchi d’abord les étapes culturelles » (P.112). Jugement sévère et clairvoyant et qui a le mérite d’éviter le politiquement correct. C’est le moins que l’on puisse dire.

Solal avec son exigence absolue en matière musicale fait néanmoins un petit clin d’œil à ce  public ignorant lorsqu’on lui parle de son association avec les frères Moutin : « les frères Moutin sont merveilleux. Ils ont tout pour plaire. Je vais enfin devenir un pianiste commercial grâce à mes beaux accompagnateurs »

 Sur la place du jazz dans l’histoire de la musique, l’homme qui a créé le Dodécaband  et qui a composé des œuvres majeures comme Suite en Ré bémol pour quartette de jazz a une réflexion monumentale : « je pense que le jazz pour passer la rampe des siècles, devra posséder, de plus en plus, un répertoire d’œuvres importantes, et pas des petits thèmes prétexte à improvisation » (p.62). Puis plus loin «  le jazz pour durer devra laisser des traces qui ne sont pas des traces seulement de musique improvisée, mais de musique écrite, d’une certaine durée »

 Réalisés dans sa maison à Chatou par Xavier Prévost (Producteur et journaliste sur France Musique et grand connaisseur de l’œuvre Solalienne), ces entretiens permettent au Maître de prendre son temps et d’entrer en profondeur (mais pas toujours) dans les sujets abordés.  Si l’on peut être parfois dérangés par certaines redites (forcément en 9 heures on se répète fatalement) ou par le côté name dropping que lui impose Xavier Prévost à certains moments ( les continuels « et untel vous en pensez quoi ? » finissent par lasser), on est en revanche passionnés par le discours que l’intervieweur suscite chez Solal dès lors qu’il est question de choses comme la composition, l’improvisation, l’apprentissage de la musique, l’exigence par rapport à soi même, ou la maîtrise technique ( « la technique a pour avantage de vous laisse jouer ce que vous voulez, au moment où vous le voulez, sans brider votre imagination. La technique devient un gage de liberté, à condition d’être une liberté surveillée » p.200). Et c’est avec une infinie patience et un art consommé de la pédagogie, que Solal revient toujours à l’explication didactique. Avec la façon extrêmement posée de celui qui a acquis la certitude de l’expérience, il nous donne avec des mots très simples de lumineuses leçons de musique.

 Rares sont les ouvrages consacrés à des musiciens vivants qui permette une telle profondeur de champ, une telle place laissée au temps, une telle dynamique dans la conduite de l’entretien qui permet un tel éventail des thématiques et des sujets abordés. Cet ouvrage passionnant à plus d’un titre possède une admirable construction, un plan précis et une très grande cohérence d’ensemble.

 Et rares sont les artistes qui acceptent avec autant d’honnêteté intellectuelle de répondre ainsi sans aucun détour aux questions qui pourraient sembler anodines en apparence. Martial Solal n’enseigne plus. Ne donne plus de master class. Mais accepte gracieusement de recevoir chez lui quelques disciples pour leur prodiguer les conseils d’un sage. Car il fallait de la part de Solal une grande clairvoyance sur son propre statut pour se permettre une telle liberté de penser. La conscience pleinement assumée du vieux sage. De celui qui sait bien que ce statut est celui d’une véritable légende vivante du jazz.

 Jean-Marc Gelin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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1 juin 2006 4 01 /06 /juin /2006 08:21
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25 mai 2006 4 25 /05 /mai /2006 08:20
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