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14 février 2009 6 14 /02 /février /2009 00:00
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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 07:28

Philippe Gordiani (g), Rémi Gaudillat (tp, fgh), Bruno Tocanne (dm)



Les hommages aux héros de la pop music d’hier font florès et constituent une réelle source d’inspiration pour la musique d’aujourd’hui. Récemment l’ONJ de Franck Tortiller surfait sur la vague Led Zep. Le prochain orchestre national s’inspirera quand à lui de Robert Wyatt. Alban Darche nous promet un répertoire autour de Queen et le prochain album de Pierrick Pedron porte la marque des Pink Floyd. Le rock progressif et psychédélique de ce groupe phare des années 70 constitue en effet une source d’inspiration réelle qu’il s’agisse de l’ère David Gilmor chez Pedron ou de celle de Syd Barrett qui l’a précédée. Et c’est à ce dernier que le trio présenté ici, a décidé de rendre hommage. Philippe Gordiani, guitariste venu du rock retrouve ici deux compères venus du jazz, Bruno Gaudillat trompettiste associé depuis quelques années au batteur Bruno Tocanne au sein d’un autre trio (Trio Resistance). Leur terrain d’entente se situe autour de ce compositeur, génial fondateur des Pink Floyd et compositeur notamment de ce titre mythique, Interstellar overdrive qui donne son nom à leur formation (I-overdrive trio). A partir de ce matériau, les trois hommes réussissent plusieurs tours de force. Rendre vie d’abord à ce répertoire dont ils savent à merveille exalter la parti mélodique mais surtout l’entraîner dans une dimension qui sans être réellement psychédélique trouve ici son originalité. A l’image de la schizophrénie de Syd Barrett, le trio balance entre rock et jazz, entre écriture et improvisation, donnant une énergie nouvelle à ces thèmes magnifiques comme Astronomy Domine ou Interstellar Overdrive par exemple. S’ouvrant sur une saisissante version de Flaming l’album dévoile une parfaite entente de ce trio et surtout une réelle intelligence de l’appropriation et du dépassement de la version originale. Car il est ici question aussi d’une rencontre de deux univers où aucun ne doit y perdre sa personnalité. Celle de Philippe Gordiani vient du rock et apporte par incursion, des touches sombres, loin des envolées des guitares héro mais qui s’ancrent dans l’esprit de la pop music et du parfois du blues. C’est par le guitariste que s’installe la texture, la couleur distanciée. Rémi Gaudillat lui, ne cesse d’album en album de nous emballer totalement et confirme ici tout son talent. C’est lui qui se charge d’exalter la ligne mélodique de ces thèmes bien connus et qu’il porte à l’incandescence. Le guitariste et le trompettiste mettent alors en évidence la structure des thèmes composés par Syd Barrett qui évoluent entre écriture et improvisations qui, chez le guitariste anglais pouvaient se perdre dans une sorte d’infini musical psychédélique mais qui, sans perdre cet espace d’improvisation, trouve ici une sorte de concision poignante. Entre les deux, Bruno Tocanne à la batterie assure un lien rythmique entre jazz et rock. Sans pastiche et sans plagiat, le trio qui pour un tel projet a pris le risque d’une formation iconoclaste, réalise un travail absolument remarquable d’hommage bien au-delà de la restitution. C’est véritablement d’appropriation qu’il faut parler. Car en apportant leur âme à ce projet ils permettent une lecture superbe et différente de l’œuvre de Syd Barrett. A découvrir d’urgence. Jean-Marc Gelin
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11 février 2009 3 11 /02 /février /2009 07:42

Cristal 2008

Denis Girard (p, fder, Hammond), Laurent Girard (b), Xavier Girard (dm)

 

Gros travail de réalisation pour l’album de ce nouveau trio que les amoureux d’un pop-jazz lounge ne bouderont certainement pas. Très bien écrit, cette musique plutôt électrique (essentiellement fender ou hammond + basse et batterie), crée un univers onirique lancinant et joue sur des climats où les effets de mode ne sont pas absents. Dans l’esprit parfois des Pink Floyd mais aussi d’une musique électrique plus moderne ils ne manquent ni d’idée ni de sens très affuté de la réalisation, du travail du son et de la mise en route d’une machine formidablement conçue et travaillée. Il y a visiblement là un très gros travail de pro et de post prod et la création d’un univers bien particulier à la poésie aussi moderne que parfois étrange. Idem pour le travail de mastering réalisé à Londres par Stuart Hawkes ( la patte anglaise, évidemment audible ici…).  Cependant cette musique à l’onirisme ténébreux, reste assez sombre et délivre un groove angoissé et pas assez libéré. Le groupe de ces trois frères au superbe potentiel marche sur les traces d’un MMW (Medeski Martin & Wood) sans toutefois n’en avoir ni la force, ni l’impact ni l’énergie. C’est qu’il manque à leur musique le sens de l’improvisation et d’un total lâcher prise. Une prise de risque supplémentaire qui passe par plus de jeu des musiciens et moins de studio. C’est à ce prix là qu’ils pourraient rendre alors leur musique plus chaleureuse ou plus sauvage. S’ils parviennent à montrer, au-delà de leur très grand talent de concepteur, leur talent de musicien, s’ils échappent à un effet de mode un peu trop prononcé, alors c’est sûr ce groupe risquerait bien de faire parler de lui, bien au-delà de notre hexagone. Ceux qui les ont entendu en concert attestent en tous cas qu’ils en ont largement les moyens. Jean-Marc Gelin

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7 février 2009 6 07 /02 /février /2009 10:04

Candid 2008

Neil Cowley (p), Richard Sadler (cb), Evan Jenkins (dm)
 

 

 Avec un appétit d’ogre à vous dévorer tout cru un Steinway au petit déjeuner, voici Neil Cowley, jeune british farouche partisan de la maltraitance des gentil claviers innocents, lui qui pourtant à l’âge de 10 ans interprétait tout un concert de Chostakovitch au Queen Elizabeth Hall ! Ce qui, peut être explique. Depuis, le gamin a fait son chemin et certains s’en souviennent peut être comme l’un des piliers de l’excellent groupe pop, the Brand New Heavies. Le voilà aujourd’hui à la tête d’un trio qui navige entre jazz, rock et pop dans une sorte de synthèse entre les tourneries du regretté Svensson dont ils reprennent le flambeau haut la main, et les grosses frappes qui scandent le son des Bad Plus des bons jours. Syncrétisme décapant et plutôt salutaire pour tous ceux qui auraient tendance à s’endormir devant leur chaîne hi-fi en attendant la relève. Bousculé, voilà l’auditeur obligé de tendre l’oreille, ce qui au passage n’est pas très difficile vu la puissance des attaques que ce trio là délivre à l’auditeur dans une débauche d’énergie qu’il ne faudrait pourtant pas trop caricaturer ( même si l’on peut leur reprocher de forcer un tantinet le trait, dans le genre bon gros binaire qui tâche !). Car cette musique vit, vibre et exalte aussi les émotions dans une sorte de drame passionnel aussi puissant que fort dans ses intentions. «  Loud, louder , stop ! » est un peu le leitmotiv viril de la construction de ces 10 morceaux dans un format brut et volontairement dénué de toute nuance subtile pour tourner autour de crescendos, des forte et decrescendos qui portent une certaine forme d’émotion. Paroxysme et ambigüité de certains sentiments amoureux et brutaux. La musique s’apaise parfois comme ce Clumsy couple très intense ou sur Synaesthesia Traffic où l’empreinte EST est encore très prégnante. Mais très vite c’est le naturel « rentre dedans «  qui reprend le dessus porté par une rythmique qui peut parfois être un peu lourde à l’image de ce batteur clône de David King de Bad Plus, plus à l’aise dans le bûcheronnage que dans les ouvrages de fine dentelle. Tout le problème d’une rythmique certes intéressante mais qui est encore bien loin de la cohésion de Dan Berglund et Magnus Öström. Il fau dire que Neil Cowley prend une place telle qu’lle oblige un peu le batteur à jouer fort et relègue la contrebasse à un rôle un peu anecdotique. Il n’empêche ; nul doute que sur cette lancée ce groupe prometteur trouvera la bon tunning. Car ce dont il s’agit c’est avant tout d’un album bien salutaire et vivifiant qui nous oblige à remettre en question notre approche du piano. Ni vraiment rythmique, ni vraiment harmonique, ce piano là, éreintant et émouvant joue sur un autre registre. Nous surprend dans sa forme esthétique un peu nouvelle. Neil Cowley nous maintiens bien éveillés. Et vivants. Jean-Marc Gelin

 

 

 

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31 janvier 2009 6 31 /01 /janvier /2009 09:07

                               
De retour du Sikkim, où j'étais allé vérifier si l'Himalaya se trouvait toujours  à sa place,  là où je l'avais contemplé  20 ans plus tôt ... N'en déplaise aux bonzes affables  que j'ai croisés  sur les sentiers et qui  prêchent l'impermanence des choses, j'ai bien vu surgir au lever du jour la procession des  sommets géants,  drapés dans  leurs glaces immémoriales et flottant au dessus des brumes à plus de 8000 mètres d'altitude. Ne cherchez plus : là est le royaume des cieux. "Voilà au moins  quelque chose de fixe, d'intangible,  dans mon existence", me suis-je dit. Cela, et aussi une certaine phrase orchestrale   de Prokofiev qui, au même moment se remettait à jouer dans mon incontrôlable juke-box intérieur. 

Le vent  et le froid ont  fini par nous chasser vers la hutte d'un jovial tenancier Tibétain, pour un thé épicé et  brûlant. Restés dehors, nos yaks semblaient aussi peu sensibles aux rafales glaciales qu'à la majesté du paysage.

Je n'ai pas osé  leur demander un avis  sur Prokofiev...

Privé de sa perfusion portable  de  musique, le voyageur-randonneur se livre aux réminiscences qui remontent pêle-mèle à son esprit, sans doute  par l'effet mécanique de la marche. 

Cette auto-psychothérapie,  qui se passe de mots  par le truchement des sons intérieurs, est aussi salutaire  que peu onéreuse.  A ce titre,  je m'étonne qu'elle ne soit pas plus souvent prescrite à mes frères et soeurs de névrose. Le soir, nos hôtes, peu vêtus malgré le froid mordant, improvisaient joyeusement  danses et chants a cappella,  à la chaleur d'une unique bougie. Leur répertoire semblait inépuisable. Nous,  grelottant sous les épaisseurs  de nos vêtements isothermes,  restions  toujours cois et piteux au moment de leur rendre la pareille.  Développés, nous ? Ben voyons ...

 

Un matin, l'avion m'a ramené  sur la terre de mes ancêtres, Pays de Cocagne, dont, curieusement, les habitants adorent  se  plaindre. Ce fait demeure une énigme profonde pour les citoyens du Sikkim qui, pour la plupart,  sont privés des délices de la douche chaude et du téléviseur géant à écran plat. En revanche, la gentillesse, la générosité et l'hospitalité semblent durablement inscrits dans leur constitution et le taux de criminalité du pays est proche de zéro. 

 

Je voulais aussi profiter de cette parenthèse en pays lointain pour tenter de réfléchir un peu plus que d'habitude. Donc,  relire Primo Lévi et Hermann Hesse. Chez ce dernier (dans "L'Homme qui voulait changer le monde"), j'ai trouvé ce passage qui constitue, à mon sens, un excellent viatique pour l'Artiste. Je vous le livre et vous souhaite bonne vie, car, comme disait ma Grand-Mère : 

 " Personne n'est à l'abri d'une heureuse  nouvelle ".

 

"Je couvrirai donc ces pages blanches de mon écriture non pas dans l'intention ou l'espoir d'atteindre quelqu'un pour qui elles pourraient signifier la même chose que pour moi, mais sous l'impulsion bien connue quoiqu' inexplicable à laquelle l'artiste obéit comme à un instinct naturel et qui le pousse à travailler et à mener son jeu en solitaire. (...) Mais puisque l'instinct en question est toujours vivace et qu'en lui obéissant pour continuer nos jeux dans la solitude, malgré toutes les équivoques et toutes les difficultés, nous éprouvons un plaisir assurément non partagé et mélancolique, mais un plaisir tout de même, c'est à dire un sentiment un peu plus fort de notre existence et de notre raison d'être, nous n'avons pas à nous plaindre (...). "

Hermann Hesse

  Le  Kanchendzönga (8586 m) au lever du jour

 

 

Guillaume de Chassy

 

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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 09:56
Petite mise en bouche de la prochaine surprise de daniel Yvinec, de Chassy : le futur album avec pas moins que Paul Motian et Mark Murphy.
Ca vous épate,non ? Jetez un oeil et une oreille là dessus :

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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 08:13
Bonne nouvelle pour tous les amoureux du jazz à Paris. Dans la série des clubs qui ferment et qui ouvrent, voilà plutôt de quoi nous réjouir dans le paysage morose : la réouverture au jazz de ce haut lieu mythique des folles nuits parisiennes encore imprégné de l'âme de Cocteau, le "Boeuf sur le toit" qui offrira désormais tous les lundis une programmation jazz sous la houlette et le talent de l'excellent Frederic Charbaut. Ce dernier tout à sa passion du jazz à Saint Germain trouve là une continuation logique au superbe festival "Esprit jazz".
Lorsque le jazz réinvestit les lieux......
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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 08:08

JJJ Ada Rovatti : « Airbop »

Apria Records 2008

Ada Rovatti (as, ts), Dave kikoski (p), Ed Howard (b), Ben Perowski (dr) - Guests: Randy Brecker (Tp, Flg), Bob Mintzer (bcl), Don Alias (perc), Jill McCarron (p), Adam Rogers (elg)



Ada Rovatti en est à son troisième cd avec Airbop paru en 2006 et enregistré en 2004. Partagée entre l'Italie et Boston, lors de ses études à la Berklee’s School, et maintenant New York, cette jeune et belle saxophoniste italienne tourne aussi bien en Europe qu'aux Etats-Unis – en clubs et festivals –  alors qu'elle est plutôt inconnue dans l'hexagone. Visiblement appréciée par ses pairs, elle a été l'élève de Bob Mintzer (ici présent à la clarinette basse) et Phil Woods. Elle a aussi enregistré avec Randy Brecker, Mike Stern et John Mc Laughlin (sur « Industrial Zen ») entre autres. Plutôt bien entourée donc. Sur ce nouvel opus, Randy Brecker lui rend chaleureusement la pareille. En fait, il a participé à tous ses cds. Mais il ne s'agit pas d'une simple politesse, Ada est Madame Brecker dans le civil!
On retrouve aussi quelques grandes autres figures du jazz américain comme Dave Kikoski et Ben Perowski. Autant dire que le groupe est solide et que la jouerie est très bonne. Très à l'aise sur son ténor, vive avec une attaque franche, elle tient la dragée haute à Randy Brecker dans des chorus-duo complices - on s'en serait douté - et sympathiques ("What we miss"). Au soprano, elle a un jeu fluide, classique et tout à fait prévisible ("My Shining Hour"). Entre chansons binaires et pièces be-bop, ce cd est plaisant aux vues de l'actualité jazz. En revanche, le côté franchement sympathique de la saxophoniste (allez jeter un oeil sur son site décontracté et très agréable) et le plaisir évident des musiciens à jouer ensemble, un peu comme un all-stars-bœuf,   ("2-Bros" avec Mintzer et Brecker) apportent le réconfort nécessaire pour les lourdes tensions du monde actuel.

Jérôme Gransac

http://www.adarovatti.com/
http://www.myspace.com/adarovatti
 
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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 21:39

Jimi Hendrix, le gaucher magnifique

Jean-Pierre Filiu  

Collection : Mille et une Nuits –collec.

Essais  14,00 € , 216p.



Magistrale ! La biographie de Jimi Hendrix en à peine 200 pages qui se lisent ou plutôt se dévorent sans le moindre ennui est, sous la plume de Jean-Pierre Filiu un exercice superbe. Autant mettre les choses au clair : Jean-Pierre Filiu avoue d’emblée son amour total pour son sujet. Pas question d’avoir un recul critique, pas question de chercher dans la vie du « gaucher magnifique » les coins et les recoins, les aspérités du genre « sex, drogue & rock’nroll ». L’auteur a trop d’amour pour Hendrix pour entrer dans ce jeu là. Il paraît même que sans l’intervention énergique de sa femme ses deux enfants se seraient à coup sûr appelés « Jimi » et « Hendrix ». C’est dire combien les folles envolées délirantes du guitariste ont ponctuées l’adolescence de l’écrivain. Total sympathie donc avec son sujet et c’est tant mieux. Car si Filiu assume totalement, cela ne l’empêche en aucun cas de livrer une biographie remarquablement construite.

S’il suit logiquement la chronologie, contrainte obligatoire pour tout exercice de ce genre, Filiu choisi néanmoins pour chaque chapitre un angle d’attaque original. On évite pas les premiers chapitres ayant trait à l’enfance ( mort très tôt de la mère , un père qui aurait tellement voulu être artiste que lorsque Jimi a acheté sa première guitare, il s’est procuré un sax pour pouvoir faire le beuf dans son appartement avec son fils….). Mais les autres chapitres sont abordés sous des angles d’attaque plus originaux : - Les dents de Jimi », façon de traiter les influences du guitariste et les racines du blues chez lui. Où l’on apprend qu’il n’était absolument pas le premier à avoir joué avec les dents et qu’il s’agissait d’une pratique très répandues chez certains bluesmen du Delta. / - « Jimi Guitare » où Jean-Pierre Filiu tourne autour du son « Hendrix » et n’élude pas toutes les élucubrations des psychologues de bazar sur la prétendue relation onaniste de Hendrix avec sa guitare, que celle-ci s’appelle comme au début d’une Danelectro ou bien  de la célèbre Stratocaster dont il aura brûlé un nombre conséquent lorsqu’elles ne furent pas fracassées sur scène. Peut être pas onaniste mais de là à dormir avec sa guitare dans le lit entre lui et sa conquête d’un soir…. / - «  Jimi le Parachutiste » . Les idées toutes faites sur le prétendu antimilitarisme de Hendrix que Jean-Pierre Filiu démonte point par point pour démontrer l’attachement viscéral du guitariste à la bannière étoilée. L’hymne américain source d’un grand malentendu. Jimi Hendrix ici sous le jour d’ un « alter-américain »

Émaillé de quelques pépites ( savez vous que Hendrix avait joué du clavecin sur un morceau, ou alors que Stevie Wonder tenait la batterie sur un autre enregistré pour la BBC ?), cet ouvrage ne se lâche pas dès lors que l’on a pris le parti d’entrer sans effraction dans la vie stratosphérique du père d’Electric Layland. Vie artistique stratosphérique s’il en est puisqu’elle n’aura duré que  4 années sublimes. Carrière artistique qui ne démarre réellement qu’avec la rencontre avec Chas Chandler (l’ancien bassiste des « Animals » reconverti en producteur qui sur les conseils de Linda Keith (la petite amie de Keith Richards) était allé entendre Hendrix au Café Wha à New York lancer une furieuse interprétation de « Hey Joe » de Dylan. C’était en 1966. Tout démarre ensuite à Londres, vilel finalement bien plus ouvertes au rock. Et c’est 4 ans et 527 concerts plus tard que, dans cette même ville, le 18 septembre 1970,  Hendrix mourrait pleine nuit dans son sommeil.

 

Pendant 200 pages, Jean Pierre Filiu nous aura fait revivre avec un esprit décalé et un poil d’humour la vie de ce gaucher magnifique dans un livre admirable de fluidité et de simplicité. A lire absolument en écoutant les élucubrations déchaînées de l’enfant du Vaudou.

Un livre d’amour autant qu’un manifeste.          

Jean-Marc Gelin

 

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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 21:34

Vents D’EST

Olivier Py (ts, fl), Francis Le Bras ( fender, claviers), Emmanuel Brunet (cb), Guillaume Domartin (dm)

 

 

Le Collectif Vents d’Est créé sous l’égide de musiciens de la région Rémoise, dans le sillage du festival « Djaz » ( Reims Jazz Festival) et des Flâneries musicales, se constitue un bien joli catalogue si l’on en juge par les productions récentes. Il ne serait que de citer le très beau duo entre Daniel Erdmann et Françis Le Bras paru l’an dernier ou encore ce nouvel album d’Alata sur lequel le même Francis Le Bras reste à la manœuvre aux côtés du saxophoniste Olivier Py, d’Emmanuel Brunet à la contrebasse et du batteur Guillaume Dommartin.

Ce deuxième album d’Alata, 4 ans après le précédent pourrait bien être une sorte d’ « album référence » pour Olivier Py tant ce dernier marque d’une empreinte que nous ne lui connaissions pas, ce nouvel opus du quartet. Apparaissant sous un jour totalement nouveau, affirmé, émancipé de ses errances passées, il se révèle dans un format rythmique dans lequel il évolue tel un poisson dans l’eau. A la différence de ce que nous entendions jadis sans être totalement convaincu dans des groupes comme Knock ou Caroline, ici Olivier Py semble au contraire inspiré par la classe actuelle des saxophonistes New Yorkais dans lesquels on range des Donny Mc Caslin,des Dave Binney (Rock) et consorts. Entendre un morceau comme « Fin de partie à Lomé » ou comme Ibrahim résonne comme un jazz très empreint de cette culture transatlantique assez surprenante de la part des acteurs de ce quartet mais totalement convaincante dans la recherche d’un son d’ensemble. Françis Le bras passe ici avec bonheur au fender sur lequel il déroule un tapis harmonique et une assise rythmique élégante et lunaire à la fois, parfois même « churchy » créant des espaces d’impros et des effets électroniques légers dans lesquels Olivier Py peut se glisser avec une gande maîtrise. La réalisation artistique de l’album repose sur des collages où, en temps réel se mêlent des éléments enregistrés et des parties improvisées réalisés avec une grande cohérence artistique ( si l’on excepte toutefois les inserts « world » en début de morceau qui ne servent pas à grand-chose). Au plus près d’un jazz moderne tout en retenue et en maîtrise des subtilités harmoniques, le quartet impressionne par son savoir faire. Moins à l’aise et plus réservé lorsqu’il s’agit de se lancer dans des impros échevelées, il reste sur une certaine réserve, la rythmique dans son ensemble étant assez réticente à lâcher les chiens. Comme par exemple sur ce Lumumba en fin d’album où l‘on aurait aimé que la bande des 4 en oublie toute inhibition pour se transformer un peu en bandits. C’est notre seule réserve pour cet album admirablement construit et réalisé et auquel on adhère de bout en bout .

Jean-Marc Gelin

 

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