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29 juillet 2018 7 29 /07 /juillet /2018 15:25

Plaisir intact et toujours renouvelé. Je file en voiture, dernière ligne droite et enfin je vois le panneau d’entrée de ville et les premières affiches des sponsors officiels.
Ca y est, je suis à Marciac, dans la place, heureux de retrouver la famille du jazz, les afficionados et l’ambiance toujours joyeuse et bon enfant de la petite ville du Gers.

La place du village commence à s’animer, ça sent le magret et les effluves de Plaimont nous font un peu tourner la tête à l’approche de la belle soirée qui s’annonce plutôt pas mal. Que du bon !
Ce qui nous attend ?
Une première partie de luxe avec Dave Holland-Zakir Hussain-Chris Potter et une deuxième avec le quarte de Pat Metheny. Rien que ça !

C’est l’alliance du lapin et de la carpe. Celle qui va de la profusion rythmique aux volutes harmoniques.

 

Côté fourmillements rythmiques, c’est le trio de Dave Holland-Zakir Hussain et Chris Potter.

Les polyrythmies s’affolent sous les doigts volubiles du tablaïste Zakir Hussain qui fait office de maître de cérémonie, véritable pièce maîtresse de ce trio. Ça vibre, ça pulse et ça frémit au son des tablas (peut être un peu trop surexposées à mon goût). Là dessus Chris Potter démontre qu’il n’a rien perdu de sa filiation Rollinsienne, adepte du gros son et d’un placement rythmique hallucinant. Et pour en rajouter une couche, Dave Holland impose un son à nul autre pareil. D’une formidable rondeur et d’une profondeur qui pose les bases solides de cette musique syncrétique, entre jazz et musique du monde. Les chorus du saxophoniste qu’il soit au ténor ou au soprano impressionnent toujours autant mais celui qui fait le show c’est un peu Zakir Hussain dont les caméras du festival parviennent à capter les grands yeux d’enfant un peu halluciné.
La magie est dans l’air.

JIM 2018@Laurence Sabathe

 

Elle se poursuit ensuite avec le quartet de Pat Metheny. Aux commandes à côté de l’homme à l’éternelle marinière bleue et blanc, le Bad Hombre (*), le génie du drumming, Antonio Sanchez. La non moins géniale Linda May Han Oh est à la contrebasse. Et au piano, la gallois Gwilym Simock. En somme, les fidèles qui tournent depuis quelques temps avec Metheny, dans la configuration que les parisiens avaient vus à l’Olympia il y a un an. Le guitariste entame son concert avec son instrument étrange à plusieurs manches alliant la guitare et la mandoline ( de Linda Manzer je crois). Ça commence doucement, presque mollement, pas aidés par un son assez cotonneux au départ. Et puis, magie des concerts, ça vient, le son devient plus net et Metheny entre vraiment dans son concert. Et là ce ne sont que profusions harmoniques et mélodiques sur lesquelles le guitariste laisse traîner les notes, les caressent avec une rare subtilité. Gwilym Simeck se révèle, Linda May Han Oh prend ma musique à bras le corps et Antonio Sanchez allie les caresses et le tonnerre

JIM 2018@Laurence Sabathe

 

Avec Metheny, comme toujours la virtuosité se dissout dans une sorte d’évidence musicale. Les lignes mélodiques restent flagrantes malgré ses déambulations harmoniques. Mais bon, cela vous le savez déjà……
La nuit sera étoilée.

 

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24 juillet 2018 2 24 /07 /juillet /2018 09:10

 

Ramon Lopez (batterie, percussions), Percy Pursglove (trompette, bugle), Rafał Mazur (guitare basse électro-acoustique)

Niepołomice (Pologne), 31 mai 2017

Not Two MW973-2 / www.nottwo.com

 

Un disque très singulier, qui repose à la fois sur la qualité de la rencontre et sur les partis pris sonores et musicaux. La rencontre, c'est ce mystère de la vie d'artiste qui fit se croiser, dans l'un des groupes du bassiste britannique Barry Guy, le plus français des batteurs andalous et le trompettiste (dans d'autres contextes également contrebassiste) Percy Pursglove, qui a roulé sa bosse sur les deux rives de l'Atlantique, depuis le jazz de stricte obédience jusqu' aux formes les plus contemporaines. Dans la foulée naquit le désir de faire groupe avec le guitariste basse polonais Rafał Mazur, très impliqué dans les rencontres d'improvisateurs, en Europe et au-delà. Le parti pris sonore, c'est de croiser un son de basse électro-acoustique très très rond, une trompette très naturelle, jusque dans le grain le plus intime du timbre, et des percussions captées avec une netteté et une précision qui les installent d'emblée au cœur même du son collectif. La musique s'organise en quasi alternance de compositions de Ramon Lopez et d'improvisations collectives. Le langage prend son bien dans tous les territoires, de l'Orient à l'Espagne en passant par le jazz, les multiples visages de l'impro, et même furtivement par un certain rock qui groove, et parfois les intervalles distendus des musiques dites savantes du vingtième siècle. Avec toujours aussi un parti pris mélodique, qui se déploie dans les compositions comme dans les improvisations. On part d'un chant, et plutôt que dans les contrechants, la musique se déroule sous forme d'entrechants, un territoire de liberté où l'expressivité va prévaloir. Belle aventure, aboutie : beau moment de musique !

Xavier Prévost

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8 juillet 2018 7 08 /07 /juillet /2018 10:06

 

 

Rémi Gaudillat (trompette, bugle), Jean-Philippe Viret (contrebasse)

Bourgoin-Jallieu, décembre 2107

IMR 017 / Muséa

 

Une rencontre intéressante à plus d'un titre : un toujours jeune vieux routier de la contrebasse tout-terrain, et un souffleur très libre, pilier du réseau imuZZic dans la région lyonnaise (et au-delà). Et aussi deux musiciens connus pour ce mélange d'exigence musicale et d'esprit prospectif. Le terrain de jeu, c'est une sorte de jazz de chambre, des thèmes majoritairement composés par le trompettiste-bugliste, et un cheminement très ouvert, qui conduit de mélodies extrêmement chantournées, avec dialogue harmoniquement sophistiqué, jusqu'à des échanges très segmentés, occasion d'une espèce de contrepoint aussi hétérodoxe que subtil. Et constamment, chez chacun des deux interlocuteurs, un sens du chant et de la nuance qui porte en permanence le dialogue à un très haut niveau d'expression, et d'expressivité. Et l'on va repartir, d'un échange très librement improvisé (belle écoute, belle interaction) vers une plage recueillie, un hymne presque sacré pour une célébration païenne de la beauté. Puis revoilà une jazz syncopé qui se souviendrait d'Ornette Coleman sans oublier les fondamentaux. À cette danse presque libertaire va succéder la majesté d'une mélodie grave qui aura aussi ses sentiers de traverse. Et jusqu'à la fin du disque ce sera ce mélange de liberté revendiquée et d'allégeance à des formes de beauté adoubées par l'histoire. Belle réussite, vraiment, que cette connivence librement assumée dans un champ musical aussi large qu'ambitieux ; ambition pleinement réalisée.

Xavier Prévost

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6 juillet 2018 5 06 /07 /juillet /2018 07:52

 

John Hébert, basse, Eric McPherson, batterie. Flagey Studio 4. Bruxelles. 24 novembre 2017. Palmetto Records/ Bertus Distribution.

 

 

Reconnaissance bien méritée : Fred Hersch, qui joua dans un club parisien désert voici trois-quatre ans, tient l’affiche de quelques festivals qui comptent cet été : Marciac –dans la salle de l’Astrada, et donc dans des conditions acoustiques « humaines », La Petite Pierre et Ramatuelle. Gageons que le pianiste se montrera à son avantage comme au cours de cette tournée européenne automnale qui le vit remplir deux soirs consécutifs le Sunside de la Rue des Lombards. L’enregistrement réalisé en direct quelques jours plus tard à Bruxelles conforte l’opinion du chroniqueur présent au club parisien. Fred Hersch exprime une joie de jouer qui n’a d’égal que sa complicité avec ses deux comparses rythmiques (John Hébert, basse et Eric McPherson, batterie). Il nous confiait alors (les DNJ du 27 novembre 2017), sa sérénité : « J’ai pas mal d’énergie, un merveilleux groupe depuis maintenant 8-9 ans. Oui, assurément, c’est tout bon pour moi. » Dans de telles conditions de confiance, le pianiste laisse parler ses émotions dans des hommages à John Taylor (Bristol Fog), confrère britannique disparu à l’élégance rare, et Sonny Rollins (Newklypso) avec un clin d’œil aux rythmes des Caraïbes. Wayne Shorter figure aussi au répertoire (Miyako, Black Nile) et bien entendu Monk (We See, Blue Monk) qui clôture chacun des concerts du pianiste. « Même si sa touche et la mienne sont très différentes, je pense, nous disait-il  également, que j’honore ses compositions, en faisant passer sa musique par mon filtre personnel » . Voici un filtre qui, à notre humble avis d’amateur,  laisse passer l’excellence
Jean-Louis Lemarchand
Fred Hersch .En concert cet été. Juillet : 11, Istanbul ; 14, Rotterdam, North Sea Jazz Festival ; 15, Ronnie Scott’s- Londres ; 18 Vitoria ; 19 Almuñécar. Août : 10 Marciac, 11 Anvers, 13 et 14, La Petite Pierre (Alsace), 16 Oslo ; 18, Ramatuelle, 25, Annecy.
http://www.fredhersch.com/

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3 juillet 2018 2 03 /07 /juillet /2018 22:42

Sinatra a un rhume, Gay Talese. Editions du Sous-Sol. Mai 2018. 320 pages. 22 euros. Le livre comprend également divers portraits :  Mohamed Ali, Joe Louis, Floyd Paterson, Peter O’Toole…


Le titre interpelle. Bien vu comme accroche. Frank Sinatra has a cold, portrait du crooner éternel, date de 1966. Publié dans le magazine Esquire, commande au journaliste Gay Talese, il ressort aujourd’hui à l’occasion des 20 ans de la disparition du chanteur de Hoboken (1915-1998). Une quarantaine de pages qui régalent, joyau du « Nouveau journalisme » où le récit regorge de choses vues, transformant le lecteur, plus d’un demi-siècle après, en témoin direct de Frank Sinatra aux tables de jeux d’un casino, dans les bars, les studios d’enregistrement. (Extrait : « Le voilà devant l’orchestre, claquant des doigts, dans une pièce intime et hermétiquement close. Bientôt, il domine tout, les hommes, les instruments, et aucune onde musicale, si petite soit-elle, n’échappe à sa maîtrise »). Ses amis, ses connaissances s’expriment –une centaine de personnes interrogées- mais jamais lui, le héros de l’histoire, préoccupé par un rhume et refusant finalement l’entretien pourtant convenu entre l’attaché de presse du chanteur et la rédaction en chef du magazine. Gay Talese (aujourd’hui âgé de 86 ans) mènera une enquête en Californie de cinq semaines, dépensera 5000 dollars en notes de frais et précise-t-il dans une préface inédite, mettra six semaines de retour à New-York pour écrire cinquante cinq feuillets sur la base de deux cents pages de notes. (ndlr : heureuse époque où les journaux donnaient du temps aux journalistes pour rédiger un sujet de fond.) Ecrit sans affect, ce portrait séduit, émeut et surtout révèle des clés pour approcher-appréhender- la véritable personnalité d’une star qui  respectueux de ses parents comme dans toute famille sicilienne (Frank Sinatra 100, Charlie Pignone. Fonds Mercator.2015) n’avait pourtant pas écouté son père, natif de Catane  «  Tu veux devenir chanteur ? avait-il dit au jeune Francis Albert, tenté par la carrière. Tu veux avoir un travail décent ou tu veux être vagabond? ».
Jean-Louis Lemarchand
 

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1 juillet 2018 7 01 /07 /juillet /2018 11:20

JAZZ & PEOPLE 2018

Olivier Bogé (as), Christophe Panzani (ts), Pierre Perchaud (g), Nicolas Moreaux, (cb, compos), Karl Jannuska et Antoine Paganotti (dms)


Pour qu’un joueur comme Mbappe se distingue comme l’un des meilleurs jouer du monde, il faut que derrière lui il y ait un collectif de haute volée. En jazz, c’est la magie de cette musique, c’est pareil il n’y pas de leader si derrière il n’y a pas un groupe exceptionnel.
Ne tournons pas autour du CD, l’album de Nicolas Moreaux est l’un des plus bel album qu’il m’ait été donné d’écouter cette année. Je ne tergiverse pas et j’assume ! Après le précédent album (« Fall somewherere » - Fresh Sound NT) le contrebassiste qui signe les compositions de « Far Horizon », a écrit pour cet album une musique qui colle à la peau de ce groupe où chaque membres se connaît à la perfection. Tout y est. Depuis plusieurs années ces musiciens jouent ensemble, dans des formats différents qui fait ce qui se produit de mieux aujourd’hui. Il faut les entendre dans  Fox ou dans The Watershed où l’essentiel de la musique est improvisée sur scène, pour comprendre à quel haut niveau d’interaction, d’interactivité, de télépathie ils sont arrivés. Tirs au sommet au même moment.
On sent dans leur musique tout l’amour qu’ils portent à quelques légendes américaines, comme la musique de Paul Motian, peut être une pointe de Rosenwinkell et un soupçon sur un autre registre, celle de Chris Cheek. Ils portent en effet avec eux ce jazz qui distille une pointe de nonchalance aérienne qui se promène dans l’espace (To blossom), insuffle un groove toujours délicat ( Sister soul) et une pop élégante ( ( I’ve seen you in me).
Oui, ce groupe pue le jazz à plein nez ! respire jazz ! Inspire et expire le jazz ! Souffle l’air du jazz !
On aurait bien du mal à choisir tel ou tel morceau. Chacun fait office de petit chef d’oeuvre sur lequel flotte cette âme insaisissable du groupe. Olivier Bogé et Christophe Panzani se complètent à merveille, entrelaçant leurs lignes fluides. Pierre Perchaud, comme toujours apporte une lumière à la fois complexe et un supplément de groove et de feeling. L’association de deux batteries, est un choix qui peut paraître surprenant à l’écoute de l’album. Si l’on entend pas toujours le dédoublement, en revanche ( à ce que l’on m’a dit) la version concert est exceptionnelle.
 
La musique de Nicolas Moreaux est à la fois intelligente, fluide et complexe, émouvante aussi ( Bird symbolic). Elle est surtout d’une richesse musicale rare !
Une merveille !
Jean-Marc Gelin

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1 juillet 2018 7 01 /07 /juillet /2018 11:15
THE JAMIE SAFT  QUARTET      BLUE DREAM

THE JAMIE SAFT QUARTET

BLUE DREAM

RareNoise Records

Sortie le 29juin 2018

Jamie Saft (p), Bill McHenry (ts), Bradley Christopher Jones (accoustic bass), Nasheets Waits ( dms)


 

On se souvient du dernier Cd de ce pianiste en solo, sorti en février dernier sur le label anglais Rare Records : multi instrumentiste, ingénieur du son, compositeur, accompagnateur de Bobby Previte, Steve Swallow, Roswell Rudd, Dave Douglas, membre important de l'écurie John Zorn (Masada), Jamie Saft n'oublie pas d'être leader et cette fois, il revient avec un album en quartet, intitulé BLUE DREAM.

Comme dans son précédent album, SOLO A GENOVA, premier solo après 25 ans, où il se réinventait en faisant retour vers la musique américaine, "exemple d'art positif et avant-gardiste  du monde"

Sur les douze compositions, neuf sont de son fait et permettent à son groupe d'improviser, de donner la pleine mesure de son talent avec un Nasheet Waits impérial qui peut brosser des arrière plans doux et soyeux, impressionnistes ("Words and Deeds") mais aussi user d'un drive des plus énergiques. Jamie Saft se livre aussi à une relecture de thèmes qui lui sont chers, une Americana sur mesure, influencée par le patrimoine historique musical nord-américain. On touche en quelque sorte à l'Adn de ce musicien marqué par la vitalité, la pulsation, un goût réel des musiques populaires ( "Sweet Lorraine"ORR. 

Avec un hommage, dès l'ouverture,  avec la composition originale "Vessels", à l'esprit du quartet Coltrane début années soixante, ou encore dans le splendide "Infinite compassion", le pianiste se souvient du passé dans l'exquis "Violet for furs" et parvient à restituer cet esprit mainstream, classique et si nostalgique. Le "Blue dream" qui suit, qui n'est pas un standard, s'intègre parfaitement à l'esprit du jazz : les musiciens connaissent leurs repères et savent s'en affranchir délicatement par une "mise à jour" intelligente.

Si ses modèles pianistiques sont Bill Evans, T.S Monk, Saft arrive à chercher et trouver sa liberté dans les nuances, la progression dynamique, le bouillonnement de son inspiration. Il laisse ses partenaires, bien choisis, suffisamment autonomes, dans des échanges qui prennent alors tout leur sens. Changements de tempi soudains, clarté et swing intriqués (   "Sweet Lorraine"), suavité des ballades au ténor, voilà une parfaite illustration d' une interactivité réussie, au lyrisme sobre, avec une expressivité jamais dépourvue d'émotion. Un album plus qu'agréable à découvrir, rafraîchissant en ce début d'été.

Sophie Chambon

 

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25 juin 2018 1 25 /06 /juin /2018 16:00

 

Franck Tortiller (vibraphone, compositions, arrangements), Pierre Bernier (saxophones ténor & soprano), Maxime Berton (saxophones alto & ténor), Abel Jednak (saxophone alto), Joël Chausse (1ère trompette, bugle), Rémy Béesau (trompette, bugle), Tom Caudelle (saxhorn, flugabone), Léo Pellet (trombone), Yovan Girard (violon, voix), Pierre-Antoine Chaffangeon (piano électrique), Pierre Elgrishi (guitare basse), Vincent Tortiller (batterie)

Sceaux, 11-19 novembre 2017 & Auvers-sur-Oise, 19-21 novembre 2017

MCO 06 / www.labelmco.com

 

L'orchestre est le prolongement d'activités antérieures de Franck Tortiller. Après avoir créé et fait vivre l'OJJB (Orchestre des jeunes jazzmen de Bourgogne, entendu encore en juillet dernier au festival de Couches), le vibraphoniste-compositeur rassemble une partie de ses membres dans ce nouveau projet, rôdé en février à la Scène Nationale Les Gémeaux de Sceaux, où Franck Tortiller concluait une résidence de plusieurs saisons. Avec le renfort d'un musicien chevronné, Joël Chausse, dans la fonction de premier trompette, le leader embarque cette nouvelle génération majoritairement bourguignonne (comme lui) dans un répertoire qui privilégie le groove, sur une solide assise rythmique. La musique mêle les échos du présent et l'indispensable référence au passé (Hobo Ho, de Mingus, millésime 1971), avec aussi une combinaison subtile du flow des spoken words (vrai talent de Yovan Girard, qui signe les textes, dans ce registre) et des combinaisons harmoniques d'arrangement 'à l'ancienne'. On sent que Franck Tortiller n'a pas oublié (et à juste raison) sa longue participation au Vienna Art Orchestra de Mathias Rüegg, ce qui ne l'empêche pas d'évoquer l'univers du génial «On The Corner» de Miles Davis (Up and standing). Les solistes sont à la hauteur, les compositions et arrangements conjuguent efficacité et raffinement, et l'on se trouve en présence d'une indiscutable réussite, soutenue pour l'enregistrement par la collection MFA (Musique Française d'Aujourd'hui), et accueillie au sein du collectif Grands Formats. A découvrir d'urgence, sur CD, et aussi dès juillet en concert.

Xavier Prévost

 

L'orchestre jouera le 5 juillet au festival 'Jazz à Couches' (Saône-et-Loire) et le 7 juillet au 'Paris Jazz Festival' (Parc Floral de Paris, Bois de Vincennes). Puis en septembre à Rentilly (Seine-et-Marne), en octobre à Reims et Sceaux, et en novembre à Nevers.

 

Un avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=cpsUJcb8Ljk

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23 juin 2018 6 23 /06 /juin /2018 10:45

Ça commence dès ce soir, samedi 23 juin, à 19h, avec le concert du quartette de Daniel Humair enregistré le 9 juin.

 

Et cela se poursuit tout au long de l'été, en semaine, à 23h

2 juillet : Matthieu Donarier Trio 'Papier Jungle'

3 juillet : Caratini Jazz Ensemble '20ème anniversaire'

4 juillet : Stefano Bollani 'Napoli Trip'

5 juillet : Hervé Sellin All Stars 'Thelonious Monk Orchestra at Town Hall 1959'

6 juillet : Bill Frisell 'Music For Strings'

9 juillet : Claudia Solal / Benjamin Moussay 'Butter in my brain'

10 juillet : Enrico Pieranunzi Trio

13 juillet : Vincent Lê Quang Quartet

23 juillet : Pierrick Pédron Quartet

24 juillet : Daniel Zimmermann Quartet

25 juillet : Henri Texier 'Sky Dancers Sextet'

26 juillet : Médéric Collignon & Le Jus de Bocse + EuTéPé, l’Ensemble de Trompettes de Paris

6 août : Un Poco Loco 'Feelin’ Pretty'

7 août : nOx.3 & Linda Oláh 'Inget nytt'

8 août : Angelo Debarre / Marius Apostol 'Gipsy Unity' Quintet

10 août : Eric Prost / Jean-Charles Richard Quintet 'L’Équilibre de Nash'

13 août : Antoine Boyer & Samuelito

14 août : Frédéric Couderc Quartet 'Hommage à Roland Kirk'

16 août : Emile Parisien / Vincent Peirani duo

17 août : Thomas de Pourquery 'Supersonic'

 

et 3 concerts des saisons précédentes non diffusés en raison des grèves

20 août : Matteo Bortone 'Travelers'

21 août : Jean-Christophe Cholet / Alban Darche / Mathias Rüegg 'Le Tombeau de Poulenc'

22 août : André Villéger / Philippe Milanta

 

Bientôt sur Les Dernières Nouvelles du Jazz des infos sur les autres concerts de jazz de l'été sur France Musique

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22 juin 2018 5 22 /06 /juin /2018 13:02

 

Sous le titre générique 'A Night At The Winery', le label Cam Jazz (Harmonia Mundi) a suscité six soirées de concerts, du 5 au 10 juin 2017, dans les chais et caves de six vignobles de la région Vénétie-Frioul Julienne. Ce territoire italien, qui jouxte la Slovénie, est réputé pour sa vigne, et notamment pour ses vins blancs. Belle occasion de convier des jazzmen (pas de jazzwomen, pourtant j'en connais qui aiment et connaissent le vin....) à s'exprimer dans ces lieux de culture et de mémoire. Du solo au trio, des propositions musicales très personnelles (et très diverses).

A tout seigneur tout honneur, commençons par écouter Enrico Pieranunzi («Wine & Waltzes»), lequel a chois des valses personnelles, parfois sur les harmonies du blues, parfois avec un fort parfum romantique : vibrant, inspiré, recueilli mais joyeux : un régal.

 

Viennent ensuite des duos, parfois trans-nationaux, parfois italo-italien. Le cosmopolite Roberto Taufic (Honduras, Brésil, avant de choisir l'Italie) dialogue à la guitare ave le clarinettiste Gabrielle Mirabassi, natif de Pérouse mais qui apparemment ne craint pas le Nord (de l'Italie). Leur duo («Nítido e Obscuro») oscille entre langueurs brésilienne et mélancolitalienne , avec quelques beaux éclats rythmiques, autour d'une grille de blues dévoyée notamment. Intime et subtil.

 

L'argentin Javier Girotto, qui a lui aussi choisi l'Italie, improvise au saxophone en compagnie du pianiste classique Michele Campanella («Vers la grande porte de Kiev»). Au menu Stravinski (Tango), Rachmaninov, et pour l'essentiel Moussorgski, avec un parcours très personnel dans Les Tableaux d'une exposition. Hybridation très réussie, entre le lyrique saxophoniste et le pianiste buissonnier, qui manifestement se réjouit de cette complicité scellée dans le vignoble Jerman, du nom d'un Autrichien qui au dix-neuvième siècle planta ses ceps en Slovénie avant de prendre racine dans le Frioul. 

 

Encore un duo, cette fois totalement autochtone, encore que le guitariste vénitien Federico Casagrande vive désormais... à Paris, et que son complice saxophoniste, Francesco Bearzatti visite souvent notre beau pays. Leur disque («Lost Songs»), est une balade empreinte de mélancolie parmi les compositions du saxophoniste : poétique et profondément musical.

 

Viennent cette fois les trios, et d'abord celui qui associe Claudio Filippini (claviers, voix), Andrea Lombardini (guitare basse) et le batteur U.T. Gandhi, dont le patronyme ne laisse pas deviner qu'il est natif du Frioul. Une fusion un peu soul, tendance années 70, joliment troussée, mais qui n'a pas touché le chroniqueur (un peu sectaire peut-être ?) autant que les autres CD de la série.

 

Et pour conclure, le dernier mais non le moindre : un trio qui associe le percussionniste turinois Michel Rabbia à deux français amoureux de l'Italie : Régis Huby au violon, et Bruno Chevillon à la contrebasse. Un disque intitulé « Reminiscence », et un répertoire signé des trois, et que l'on devine improvisé, mais dont la forme et les développements rappellent le meilleur des musique contemporaines écrites : le miracle du talent, du travail, de la concentration, de l'empathie et de l'extrême complicité. Bref pour ces funambules de l'improvisation (qui sont aussi des compositeurs), une étape de plus dans un parcours qui fait honneur à la musique (très) vivante.

Xavier Prévost


 

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