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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 11:42
3 minutes pour Comprendre les 50 concepts, styles et musiciens du Jazz

3 minutes pour Comprendre les 50 concepts, styles et musiciens du Jazz
Dave Gelly
Le courrier du Livre - 160 pages - 18 euros

Parler du jazz c’est bien. En parler de manière didactique c’est bien aussi.
Nous sommes donc tout attentifs lorsque nous recevons ce petit ouvrage qui affirme, un poil présomptueusement en titre « 3 minutes pour comprendre les 50 concepts, styles et musiciens de jazz ». Attentifs mais néanmoins passablement dubitatifs. Parce que, certes 3 minutes c’est peu mais c’est aussi très long pour tomber dans tel un monceau de creux.
Parce que pour arriver à nous faire comprendre en express ce qu’est le jazz, l’auteur Dave Gelly, critique de jazz anglais autrefois à The Observer et aussi à la BBC est obligé de tout mélanger et tout confondre avec un enthousiasme qui n’a d’égale que sa naïveté confondante et un parti pris très très aléatoire.
Et le pire c’est qu’ils s’y sont mis à 6 pour sortir ce livre.
Tout cela est allègrement mélangé dans une sorte de pot-pourri indigeste. Les poncifs se bousculent.
Jazz vocal : « plusieurs chanteurs perpétuèrent la tradition du jazz vocal traditionnel , par exemple Grégory Porter et la chanteuse et pianiste canadienne Diana Krall. Bien sûr certains électrons libres comme Bobby Mc Ferrin échappent à toute forme de classification, hormis peut être celle de la virtuosité ».
Un page sur les « trios avec piano : « si le répertoire des trios avec piano moderne peut aller des comédies musicales de Broadway aux grands classiques, leur public apprécie surtout les créations originales et les reprises inventives de standards de la pop » : ??
Tout cela emballé dans un ouvrage fade où si les photos sont bien créditées en fin d’ouvrage, elles ne sont en revanche pas renseignées. Et bien sûr aucun CD pour accompagner la lecture.

Voilà, voilà, tout ça tout ça
Mais je me rends compte que je vous ai pris 1mn à peine pour vous faire comprendre la nullité de cet ouvrage. Je trouve que c’est déjà beaucoup…. trop.
Jean-Marc Gelin

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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 10:37
Tony Hymas joue Léo Ferré

Tony Hymas (piano)
2016. Studio de Meudon. Nato/L’autre distribution

C’est une déjà ancienne histoire d’amour entre Tony Hymas et Léo Ferré. Le pianiste britannique a inscrit à son répertoire peut-être la plus forte des 480 compositions de l’anar-poète « Avec le temps » dès 1997 soit quatre ans après la disparition du chanteur en 1993, le 14 juillet. Il avait alors confié à un confrère : « C’est une magnifique pièce au piano comme la Sonate au clair de lune de Beethoven ». Il va mûrir son interprétation quelque temps avant de l’enregistrer en 2011 avec les Bates Brothers, pour le label fidèle Nato (Blue Door). Avec le producteur Jean Rochard, la collaboration, le compagnonnage serait plus exact, se manifeste depuis plus de trente ans. Aujourd’hui, c’est encore Ferré qui est à l’honneur. Chacun sait que jouer la musique de Léo le magnifique n’est pas sans risques. On se souvient de l’hommage donné par le chanteur Marcel Kanche (« Et vint un mec d’outre-saison ». Cristal 2012) avec un quartet qui respirait toute la force décapante du poète. Ici Tony Hymas est seul face à son piano. Il en joue avec générosité et tendresse pour extraire tout le suc de quinze compositions de Ferré qui sont presqu’autant de tubes inoxydables, C’est extra, Jolie Môme, Le pont Mirabeau (d’après Apollinaire), , Thank you Satan, Les anarchistes, L’amour fou... Impossible de choisir parmi ces titres, le plus simple (et le plus épanouissant) étant de faire confiance à Jean Rochard et de suivre l’ordre retenu d’entrée en scène, de La vie d’artiste (enregistré par Ferré dès 1953) à Est-ce ainsi que les hommes vivent ? (texte d’Aragon). Laissons-nous transporter par cet ouragan de passion.
Jean-Louis Lemarchand

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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 06:24
Pharoah Sanders au New Morning

Pharoah Sanders au New Morning
12 juillet. New Morning (75010)
Pharoah Sanders (Saxophone ténor), William Henderson (Piano), Oli Hayhurst (Basse), Gene Calderazzo (Batterie).
Un confrère, de toute confiance, m’avait mis en garde. Il avait gardé un exécrable souvenir de son dernier concert au festival de Coutances au printemps 2015 : présence minimum sur scène et implication modeste qui avaient conduit les organisateurs à publier (une Première dans la vie des festivals) un communiqué d’excuses auprès des spectateurs. Le même confrère avait donc « séché » sa prestation au récent North Sea Festival et préféré ce mardi 12 juillet rester sur son canapé. C’était donc avec une certaine appréhension que je prenais le chemin du New Morning pour écouter et voir Farrell, alias Pharoah, Sanders. Surprise, le club de la rue des Petites Ecuries était comble, comme aux plus belles heures des Jamal, Jones (Elvin, Hank) et autres Barretto. Serait-ce par défaut, me disais-je, le géant Rollins n’étant plus en mesure de se produire sur scène. On sait l’attrait du public pour les « légendes » surtout chevronnées, le natif de Little Rock approchant les 76 ans. Et de fait les spectateurs représentaient toutes les générations, ceux qui avaient entendu Coltrane en concert et beaucoup de jeunes y compris des teenagers et même des bambins du primaire. Le temps que ces quelque 250-300 fans s’installent, le groupe fait son entrée, y compris le leader qui ne laisse pas ses comparses du trio « chauffer » la salle. De bon augure. Pharoah a délaissé sa chasuble africaine pour un t-shirt immaculé et se lance d’entrée de jeu. Il met le public dans sa poche en l’engageant à frapper dans ses mains. C’est bien entendu à contretemps. Qu’importe, le courant passe et certains en profitent pour grimper sur des chaises et ne pas rater une expression du saxophoniste ténor. Il est un peu courbé et n’affiche plus cette flamboyance qui assura sa renommée. Mais le fond est là. Pharoah est revenu au style déployé par son maître, John Coltrane, au début des années 60, quand il venait de quitter Miles pour voler sous ses propres couleurs. Oubliés les élans spirituels, voire spiritualistes du Pharoah des années 65 et après. Est-ce par manque de moyens ou/et volonté de s’économiser alors qu’il effectue une tournée estivale ? Toujours est-il que l’on prend un réel plaisir, sans arrière-pensée, avec un brin de nostalgie, à savourer ces thèmes que Coltrane portait avec générosité et sensibilité. Pharoah rend ainsi un hommage qui touche au cœur. Et il pouvait regagner sa loge après un premier set d’une bonne heure, la conscience tranquille. Le chroniqueur, souhaitant rester sur une bonne impression, quittait l’antre surchauffée, affrontait l’averse pour achever la soirée à la maison en écoutant « Save Our children », album de 1998 (Polygram) où Pharoah évolue avec force percussions (Zakir Hussain, Trilok Gurtu)et déjà le fidèle William Anderson au piano (et à l’harmonium). Une belle soirée estivale.

Jean-Louis Lemarchand

Le festival All stars du New Morning programme jusqu’à la fin juillet, Ed Motta (16), Lonnie Smith (18), Steve Coleman (19), Marc Ribot (20), Abdullah Ibrahim (22) et Mike Stern (26). Le festival se poursuit en août. www.newmorning.com

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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 16:17
JAZZ À COUCHES : 30ème Édition !

Les Sourdines à l'huile, presque au complet, donnent l'aubade au public avant le concert

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Célébration en fanfare de la trentième édition du festival bourguignon créé en 1987 dans cette commune du vignoble de la Côte chalonnaise qui, depuis peu, développe sa spécificité de bourgogne-côtes-du-couchois.

Ici jazz et vin sont liés de longtemps. Le vibraphoniste Franck Tortiller, et son regretté père, Maurice « Mimi » Tortiller, vigneron et figure musicale de cette région, ont donné âme à ce festival, entourés d'un inépuisable vivier de bénévoles de toutes les générations. Couches a son big band amateur (qui compte trois vignerons), amicalement encadré par les amis musiciens professionnels de Franck Tortiller, le trompettiste Jean Gobinet et le tromboniste Jean-Louis Pommier notamment. La veille de mon arrivée s'est tenue, sous le chapiteau, une battle de big bands où l'orchestre local affrontait le big band Chalon Bourgogne, plus professionnel. Les échos recueillis par votre serviteur attestaient d'une formidable soirée.

JAZZ À COUCHES : 30ème Édition !

Le quintette "Daïda" de Vincent Tortiller

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Le 7 juillet, c'était la soirée américaine, avec James Carter, et en première partie le quintette « Daïda » du batteur Vincent Tortiller, fils de Franck et petit-fils de « Mimi » : le festival de Couches a donc encore un long avenir devant lui. Vincent a été formé dans les conservatoires du sud de Paris, et au CMDL. Il s'est entouré de musiciens de sa génération : un formidable trompettiste, déjà repéré dans le métier, Alexandre Herichon ; un pianiste qui sait prendre des risques, Joran Cariou ; Eddy Leclerc à la guitare et Richard Metairon à la contrebasse qui complètent l'équipe avec talent. Le répertoire, composé par le batteur, le trompettiste et le pianiste, est finement élaboré, vivant, punchy et nuancé. Et deux compositions de Christian Scott, que le groupe s'avoue comme influence, on conclu un set plus que convaincant.

JAZZ À COUCHES : 30ème Édition !

Pendant la balance de James Carter, les éclairagistes grimpent à l'échelle

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Vient ensuite le même soir le saxophoniste James Carter et son Organ trio, qui l'associe à l'organiste Gerard Gibbs et au batteur Alex White. Grove assuré, très soul jazz, autour des thèmes de Django Reinhardt. Comme il le faisait voici 15 ans, le saxophoniste a repris des thèmes du Grand Manouche, mais cette fois dans une approche un peu différente. Sous le titre « Django Unchained »,Il donne des versions décoiffantes (remix dit-il) de Minor Swing, Anouman, Manoir de mes rêves.... en sollicitant ses saxophones (soprano, alto, ténor) jusque dans les registres les plus extrêmes, avec toujours un à propos et un sens musical confondants. C'est vivant, généreux, et très jouissif. Après une ovation verticale du public, une version pépère de Nuages, en rappel, sera le seul moment un peu tiède du concert ; mais le trio avait beaucoup donné.

JAZZ À COUCHES : 30ème Édition !

Franck Tortiller et le "All Stars du 30ème"

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Le lendemain, pour célébrer dignement les 30 éditions du festival, Franck Tortiller avait concocté le « All Stars du 30ème », rassemblant des musiciens qui tous avaient une relation personnelle, et souvent de longue date, avec le festival : Claus Stötter, Jean-Louis Pommier, Éric Séva, François Corneloup, Éric Bijon, Louis Winsberg, Yves Rousseau, Yves Torchinsky et Patrice Héral. La plupart des musiciens avaient apporté des compositions originales, anciennes ou conçues pour la circonstance. Arnaud Merlin, ami de longue date de Franck Tortiller et du festival, et aussi, outre sa qualité de producteur à France Musique, président de l'Association « Jazz en Bourgogne-Franche-Comté », présentait la soirée, introduisant chaque morceau par une anecdote sur le festival soigneusement recueillie auprès de musiciens. Moment intense, avec de belle compositions (F. Corneloup, J.L. Pommier, Yves Rousseau, Franck Tortiller.... , plusieurs signées Louis Winsberg, et une formidable pièce à tiroirs avec étourdissantes interventions percussives et vocales de Patrice Héral. Grand moment de musique intense, festive ou recueillie, ouvert par un très bel arrangement d'Yves Torchinsky sur For Tomorrow de McCoy Tyner. Et en conclusion, à ce tentet, se sont joints des solistes de la région (notamment l'étincellant saxophoniste soprano Aymeric Descharrières), puis est arrivé en renfort le groupe de jazz traditionnel « Les Sourdines à l'huile » pour un Honeysuckle Rose qui restera dans la mémoire festivalière.

Après quoi, public, musiciens et autres chroniqueurs se sont rapprochés du stand des vins pour honorer Bacchus tout en écoutant « Le Peuple étincelle », rassemblé autour de François Corneloup, pour un concert dansant qui se tenait sous le mini-cirque près de la buvette : les danseurs s'en sont donné à cœur-joie, sur des danses traditionnelles ou modernes : ultime effusion festive de la soirée.

Xavier Prévost

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9 juillet 2016 6 09 /07 /juillet /2016 12:25
MOUTIN FACTORY REUNION  : «  Deep »

MOUTIN FACTORY REUNION : « Deep »
Jazz Family 2016 - Socadisq

François Moutin (cb),Louis Moutin (dms), Christophe Monniot (sax), Jean-Michel Pilc (p), Manu Codjia (g)

Pour une fois « compter les Moutins » ne porte pas à l’endormissement. C’est mêmee l’effet contraire.
Les frères Moutin sont de retour ( cela faisait pas mal de temps qu’on les attendait) avec un nouvel album aux accents très Metheniens en grande partie dû aux compositions signées des deux frères, mais aussi aux volutes réverbérées de Manu Codjia à la guitare.
Alors que Jean-Michel Pilc est un habitué des frères Moutin avec qui il a souvent tourné dans la période New-Yorkaise du pianiste, la présence dans cet univers très électrique de Christophe Monniot aux saxs semblait un peu plus inattendue. La connexion Humair ( Daniel) peut être.

Quelques privilégiés ont eu la chance d’entendre cette formidable formation comme par exemple les spectateurs de Jazz à Vienne (où Thomas Enhco tenait le piano).

Et ce que l’on peut vous dire mes amis c’est que ce quintet ne joue pas petits bras, petits niveaux, ras du sol. Ah ça non !
Un quintet aux couleurs d’un jazz très américain avec 5 fortes personnalités, dominé bien sûr par les frères Moutin.
dans l’équipe, côté défense, la fratrie représente pour moi ce qu’il y a de mieux en matière de rythmique. Deux frères en osmose totale. Lorsque l’un expose l’autre explose et lorsque l’un donne le tempo l’autre l’ornemente. Les frères Moutin c'est l’énergie atomique, la générosité faite musique. On les savait fusionnels on ne les distingue plus tant l’un est l’autre ! Sur ce magnifique Meddley en hommage à Fats Waller, Louis et François s’offrent un duo des familles étourdissant.
Christophe Monniot, dont on le voyait un peu comme la pièce incongrue dans le paysage. Il y tutoie les sommets. C’est en quelque sorte notre Rudresh Mahanthappa à nous. Langue de feu et feu sacré pour Monniot, en position d’avant-centre. Numéro 9 de luxe.
Quand au milieu de terrain, qui oriente le jeu et lui donne la direction, il se joue à deux , avec Jean-Michel Pilc et Manu Codjia qui allient l’acoustique et l’électrique dans une veine que ne renierait pas Metheny lui-même. Codjia c’est bien simple, il sait à peu près tout faire avec un manche et six cordes. Il libère les espaces et donne le ton.
Alors voilà, je vous le dis, l’album sort le 26 août dans les bacs.
Les chanceux pourront les voir au Havre le 23 juillet et à Marciac le 31. Quand aux parisiens ils devront attendre du 12 au 15 octobre au Sunside pour 3 soirées qui nous réservent certainement quelques surprises.
Réservez y en aura pas pour tout le monde !
Jean-Marc Gelin

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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 09:31
ET HOP ! UNE ESCALE VIENNOISE

Quatre juillet : ce n'est pas aujourd'hui pour moi l'anniversaire de l'indépendance américaine, mais plus prosaïquement le jour d'une petite virée sur les bords du Rhône. Un arrêt, au sortir du TGV à la Part-Dieu, dans un sympathique petit restaurant du 3ème arrondissement lyonnais, pour déjeuner avec une amie de très longue date, puis vingt minutes de TER pour gagner Vienne et son festival. A l'affiche de la soirée : Lisa Simone, puis Randy Weston et son « African Rhythms 5tet »

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Lisa Simone « My World »

Lisa Simone (voix), Hervé Samb (guitare), Reggie Washington (contrebasse & guitare basse), Sonny Troupé (batterie)

Festival « Jazz à Vienne », Théâtre antique, lundi 4 juillet, 20h30

Lisa Simone chante, pour l'essentiel, le répertoire de son récent CD « My World » (SoundSurveyor Music). L'ambiance est changeante : folky, soul, parfois carrément rock si l'on a oublié ce qu'est le rhythm'n'blues. Sa faculté d'entrer en relation avec le public est confondante, qu'elle parle brièvement de sa mère (pour un hommage en forme de reprise : Ain't Got No I got Life ) ou qu'elle évoque la France qui l'a adoptée, et où elle renaît, pour devenir totalement elle-même. C'est touchant, profond, et musicalement jouissif. Le groupe, avec lequel elle est en parfaite empathie, porte sa musique, et la fait étinceler dans des solos éblouissants (Hervé Samb, Sonny Troupé, Reggie Washington). C'est une fête, avec des instants précieux d'émoi et de recueillement. Le public ne s'y est pas trompé, qui lui a réservé un triomphe. Et un triomphe dans le Théâtre antique de Vienne, ça fait du bruit !

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Randy Weston African Rhythms 5tet

Randy Weston (piano), « TK Blue » Talib Kibwe (saxophone alto, flûte), Billy Harper (saxophone ténor), Alex Blake (contrebasse), Neil Clarke (percussions)

Invités :

Cheick Tidiane Seck (pianos électrique et numérique, orgue), Ablaye Cissoko (kora), Mohamed Abozekry (oud)

Festival « Jazz à Vienne », Théâtre antique, lundi 4 juillet, 22h

Randy Weston, 90 printemps en avril dernier, s'est fait rare ces dernières années . C'est donc a priori une joie de l'écouter. Et l'on n'est pas déçu ! Il a choisi, pour ce concert, d'explorer majoritairement le répertoire de son disque de 1991 «« The Spirit of Our Ancestors ». Billy Harper, Talib Kibwe et Alex Blake étaient alors déjà de la partie, aux côtés de Dizzy Gillespie, Pharoah Sanders et quelques autres. Le groupe jouera plusieurs suites : African Cookbook et African Sunrise, et aussi Blue Moses, inspiré par un chant des Gnaouas, un peupe musicien que le pianiste a longuement fréquenté au Maroc. En quintette les échanges sont d'une intensité constante, et la musique se déroule avec fluidité dans un jeu de vertige. Un blues nous fera osciller de l'Afrique à l'Amérique du Peuple noir, et l'on sentira sous les doigts du pianiste son admiration pour Thelonious Monk. Et l'indispensable High Fly, véritable standard du jazz (et de haut vol), viendra conclure la session en quintette. Quand surviennent les invités, avec leurs identités musicales du Mali, du Sénégal et d'Égypte, la cohésion se perd. On passe alors de la circulation fluide des énergies entre musiciens à une sorte de défilé de solos, comme le jazz en produit parfois un peu trop. C'est sensible sur une composition de Cheick Tidiane Fall comme sur Blue Moses. Comme les solistes sont survoltés, le public marche, mais l'amateur chenu, un brin nostalgique, préfère garder le souvenir du quintette ; d'ailleurs, en termes d'horloge, c'étaient les quatre cinquièmes du concert !

Xavier Prévost

Le festival Jazz à Vienne se poursuit jusqu'au 15 juillet

Détails sur www.jazzavienne.com

ET HOP ! UNE ESCALE VIENNOISE
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4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 15:28
TROIS ESCAPADES au PARIS JAZZ FESTIVAL

Nasheet Waits "Equality Quartet" sur la scène du Paris Jazz Festival, au Parc Floral

Parc Floral de Paris, Bois de Vincennes

Daniel Humair Quartet, 19 juin 2016

Nasheet Waits Quartet, 2 juillet 2016

Toni Green & Malted Milk, 3 juillet 2016

L'offre est pléthorique en Ile-de France au début de l'été : festivals ou programmations spéciales dans les clubs (qui profitent du passage des tournées estivales et américaines....), festival Django Reinhardt.... et Paris Jazz Festival au Parc Floral de Paris. Le festival du Bois de Vincennes se tient chaque week-end jusqu'à la fin de juillet. Fidèle à sa réputation d'éclectisme et de diversité, il sait toujours offrir, à côté des indispensables événements « grand public » (ce que justifie la nature du lieu, à la jauge extensible par beau temps -lequel fit hélas, cette année, un peu défaut), des programmes plus pointus. Les programmations sont thématisées chaque week-end, et alternent souvent concerts « sur l'eau » (avec une barge posée sur un bassin) et prestations abritées sur la grande scène de l'Espace Delta. C'est dans ce lieu protégé des intempéries que se déroulaient les concerts ici évoqués.

Daniel Humair d'abord, au sein d'un week-end helvétique, et entouré de la jeune garde du jazz hexagonal. Ce groupe récent (une dizaine de concerts jusqu'alors), rassemble Vincent Lê Quang, Fabrice Matinez et Stéphane Kerecki. L'ambiance est sereine et le batteur, manifestement heureux d'être là, présente ses partenaires avec un chaleureux humour. Les thèmes sont issus des différentes périodes de la carrière du leader (avec une indispensable composition de François Jeanneau), le musique est vive, tendue, et chacun s'y jette avec audace, à mesure de ses talents, lesquels sont pour chacun d'eux considérables. Bref c'est une fête pour la musique, deux jours avant les festivités officielles du 21 juin !

Vient ensuite le week-end états-unien, avec le samedi une perle rare : le quartette "Equality" du batteur Nasheet Waits. Il était venu l'an dernier en sideman dans le groupe du trompettiste Avishai Cohen, ce qui a donné l'envie à Pierrette Devineau, directrice du festival, de l'inviter cette année avec son propre groupe. Le répertoire est signé par chacun des membres : le batteur bien sûr, mais aussi le contrebassiste Mark Helias (magnifique composition !), le saxophoniste alto Darius Jones (un blues torride et dévoyé, avec intro free en solo), et le jeune pianiste cubain Abel Marcel, entendu notamment au côté de David Murray. Il y eut aussi une très belle composition d'Andrew Hill, hommage suscité par l'anniversaire du pianiste-compositeur deux jours plus tôt. Le batteur, très présent par un drumming intense et subtil, joue cependant très collectif. Les solistes sont impressionnants, même si mes oreilles, comme celles de quelques amis présents, étaient irritées par la propension obstinée du saxophoniste à jouer en dessous du diapason dès que l'on allait vers le médium et le bas-médium.... Mark Helias est toujours d'une absolue pertinence, et le pianiste éblouit par la puissance de son jeu, lequel réserve aussi des espaces très nuancés. Bref, et malgré les offenses du saxophoniste au diapason, ce fut un beau moment de musique.

Le lendemain la scène de l'Espace Delta était investie par la chanteuse Toni Green, vocaliste de Memphis qui se produit régulièrement avec un très bon groupe de soul-funk nantais, Malted Milk. Ils s'étaient déjà produits voici deux ans sur cette scène pour les Victoires du jazz. Sebastian Danchin, directeur artistique du festival et spécialiste justement renommé de la musique populaire afro-américaine, est à l'origine de cette programmation. Qu'il en soit remercié ! La chanteuse «fait le show», dans la grande tradition, mais le respect de l'idiome est là, profondément ancré . Soul et funk laisseront aussi place à un blues torride, émaillé de chorus instrumentaux de la plus belle eau. Malgré le crachin obstiné qui pourrait gâcher la fête pour ceux qui n'ont pas trouvé abri sous le très grand velum, la chanteuse « met le feu » et l'incendie des âmes (le propre de la soul music?) n'est pas prêt de s'éteindre dans le cœur des spectateurs.

Xavier Prévost

Prochains week-ends thématiques au Paris Jazz Festival : Espagne le 9 juillet, Arménie le 16, musique afro-cubaine le 23, et rencontres classique & jazz le 30. Détails sur le site www.parisjazzfestival.fr

Toni Green sur la scène du Paris Jazz Festival au Parc Floral

Toni Green sur la scène du Paris Jazz Festival au Parc Floral

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 19:28
SYLVIE COURVOISIER / MARK FELDMAN / IKUE MORI / EVAN PARKER « Miller's Tale »

SYLVIE COURVOISIER/MARK FELDMAN/IKUE MORI/EVAN PARKER « Miller's Tale »

Sylvie Courvoisier (piano), Mark Feldman (violon), Evan Parker (saxophones ténor & soprano), Ikue Mori (électronique)

Yonkers, New York, 21 septembre 2015

Intakt CD 270 / Orkhêstra

En 2014, ces musiciens s'étaient rencontrés pour une résidence au Stone de New York en une série de duos, et un set en quartette. Un an plus tard, la veille d'un concert au Roulette de Brooklyn, les voici en studio à Yonkers, en quartette, et aussi pour une série de duos. Comme c'est dans cette ville que le personnage principal de Mort d'un commis voyageur , la pièce d'Arthur Miller, provoque volontairement l'accident qui lui sera fatal, les musiciens ont divisé leurs improvisations en autant de séquences dont les titres renvoient à cette pièce. Et le titre de l'album évoque ce « Conte de Miller ». Quatre plages en quartette précèdent sur le CD cinq duos. Les instruments entrent en scène les uns après les autres, dans la vigueur de l'échange, et la liberté de l'improvisation. L'attention mutuelle est palpable, l'engagement collectif total, et l'on se laisse porter de bout en bout par ce jeu parfois dangereux, toujours empathique (mais pas emphatique!). Dans les improvisations en quartette comme dans les duos la forme s'élabore, comme par magie, et l'on se prend en fin de plage à la percevoir par rétrospection, comme si tout cela s'était composé par un dessein collectif. Pour avoir beaucoup écouté, et depuis des lustres, de la musique (totalement) improvisée, idiomatique ou non, je me suis souvent fait la réflexion suivante : certaines de ces improvisations sont plus lisibles, plus accessibles, quand on les goûte au concert (ou en captation vidéo, quoique je ne sois pas friand des vidéos musicales). Mais ici on est dans l'un de ces cas, somme toute assez rares, où l'évidence musicale est telle qu'elle s'impose par la seule médiation de l'enregistrement sonore. Et je dois dire qu'avec ce disque, j'ai été embarqué dès l'abord, et transporté jusqu'à la fin de la plage conclusive. Je ne vois rien d'autre à dire que vous suggérer, vous aussi, de faire ce voyage, qui vaut vraiment d'être entrepris.

Xavier Prévost

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 15:52
@Jean-Marc Gelin

@Jean-Marc Gelin

Festival International de Jazz à Montreal ( 4/4)


Hier, dernière soirée à Montreal pour un programme light alors que le festival s’apprête le lendemain à recevoir un gigantesque concert en plein air de Jamie Cullum pour ce qui s’annonce être d’avance l’un des futur moment fort de cette 37ème édition.

Pour l’heure c’est dans le petit club de l’Astral que j’ai démarré la soirée avec la chanteuse de Sammois , Cyrille Aimé que j’avais eu le plaisir d’interviewer dans ces colonnes à l’occasion de la sortie de son album « Let’s get lost ». (http://www.lesdnj.com/2016/03/cyrille-aimee-let-s-get-lost.html)

@Jean-Marc Gelin
@Jean-Marc Gelin

Cyrille Aimée : un petit oiseau sur sa branche
( L’Astral - 305 rue Ste Catherine Ouest)

La chanteuse tel un petit chaperon arrive sur scène toute de rouge vêtue et met en deux tempi trois mouvements le public dans sa poche en démarrant un scat d’enfer sur Live alone and like it. Il faut dire que la chanteuse de Sammois, pays de Django a trouvé la recette de charme pour conquérir le public de ce côté-ci de l’Atlantique portée par une voix impeccable et une formation composée de formidables musicien venus tout droit du jazz manouche. Des arrangements efficaces, des chansons simples, un sens du swing et un Adrien Moignard qui à la guitare acoustique joue terrible, emballe la salle avec ses impros et trouve avec Michael Valeanu l’autre guitariste, une excellente contrepartie. La chanteuse égrène son dernier album avec cette belle chanson d’Edith Piaf (T’es beau), une belle chanson hispanisante ( sa maman est de la république dominicaine), Estrellas y duendes, puis continue avec un arrangement intéressant de Well you need’nt.
Tel un oiseau sur sa branche, Cyrille Aimée vit une vie de chanteuse libre, avec une vraie personnalité musicale. Ce petit quelque chose qui tient de l’envol du rouge gorge ou de la fauvette. Cette apparente simplicité qui n’appartient qu’à elle et qui la fait s’envoler si gracieusement

Je sort de là bien sûr, ravi et enchanté de ce moment délicieux qui, l’espace de quelques concerts nous fait oublier les tristes nouvelles venues de France. Et je poursuis sur la trace d’un saxophoniste de légende.

@Jean-Marc Gelin

@Jean-Marc Gelin

James Carter déchaîné !
(Gesùs 1200 rue de Bleury)

C’est un James Carter dans une forme éblouissante qui arrive sur la scène du Gésus avec sa formation ( Morgan trio) et ses deux acolytes , l’organiste Gérard Gibbs et Alex White à la batterie. L’ombre de Django plane sur cette soirée puisque le thème du programme du saxophoniste est « Django unchained », non pas en référence au film de Tarentino mais bien en hommage au guitariste de Sammois avec un revisitation du repertoire de Django qui démarre par un étonnant "Manoir de mes rêves" totalement transfiguré.

Le multi-saxophoniste de Detroit est visiblement heureux être là et pour l’heure s’il y a bien quelqu’un qui est déchainé c’est Carter, totalement hilare sur scène, jouant avec la puissance qu’on lui connaît, dansant sur les chorus de Gibbs, riant à gorge déployée bref faisant le show !

captation youtube d'un autre concert, mais qui donne bien le ton de la soirée

Les morceaux eux, en revanche s’enchaînent avec force explosion de sax et force est de reconnaître que le son de James Carter est ébouriffant. Dans la lignée des grands ténors américains. Dans celle des David Murray, Davis S. Ware ou Maceo Parker. De cette lignée au son rauque et ultra puissant qui me fait un peu penser à Earl Bostic, ce saxophoniste au son déchiré.
Spectaculaire mais un poil ( mais alors un bon gros poil) démonstratif.
On retient quand même la formidable énergie et la bonne humeur communicative de ce concert. Un Gérard Gibbs qui prend des airs de Jimmy Smith et un Alex White surevolté.
C’est sûr ce trio envoie du lourd !


Voilà, festival terminé pour moi.

Quand je regarde ce qui attend les heureux festivaliers qui restent encore toute la semaine et cette affiche incroyable qui fait de Montreal et de son festival, la vraie capitale mondiale du jazz, je me décide d’y prendre racine tous les ans.
Parce que franchement moi j' vous l’dis : on aurait tort de se priver…..

Des becs à vous tous,
et à bientôt pour de nouvelles aventures en jazz !

Jean-Marc Gelin

@Jean-Marc Gelin

@Jean-Marc Gelin

@Jean-Marc Gelin

@Jean-Marc Gelin

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2 juillet 2016 6 02 /07 /juillet /2016 17:03

Hier , jour férié à Montreal et de tout le Canada d’ailleurs. Fête nationale. Mais les frenchies bossent et j’ai donc accompagné mon ami, Alex Dutilh, producteur sur France Musique de l’émission Open Jazz dans les studios de Radio Canada où il recevait le directeur artistique du festival, André Menard. L’occasion si vous réécoutez l’émission d’entendre des extraits des concerts dont je vous parlais hier et notamment cette magnifique ouverture de celui de Chris Potter qui me laisse encore chancelant d’émotion.

L’émission est à réécouter ici…..

@Jean-Marc Gelin

@Jean-Marc Gelin

Petite pause déjeuner au Bouillon Blik, restaurant que je vous recommande au passage chaleureusement, au 1595 Boulevard St Laurent. Si je vous parlais du poulet de cornouailles, polenta, crevettes nordiques, bisque, poireau, champignons , asperges, pêche, romesco, amandes ce serait comme prendre un chorus sur My Favorite things !
Une tuerie !

Festival International de Jazz à Montréal ( 3/4)

Place au jazz avec mes billets en poche

Festival International de Jazz à Montréal ( 3/4)

Quand Susie Rie…..
J’ai commencé par un concert de la chanteuse Susie Arioli au Club Soda (1225 Bd Saint Laurent).
L’endroit est charmant. Entre Club de jazz et théâtre. Chaleureux. Un écrin pour la chanteuse qui se sentait visiblement comme à la maison, hyper relax et décontractée, plaisantant avec le public avec lequel elle a l’air de se sentir, comme en famille.
Une section rythmique ( p, cb, dm, g) + trois soufflants ( ts, tp, as) pour un concert de standards de jazz avec une orchestration très West Coast. On se croirait à San Francisco à un concert d’Anita O’ Day dans les années 50 avec un trompettiste à la Jack Sheldon.
Susie Arioli chante sans façons sans chichis mais avec une redoutable efficacité ( Mean to me, After you’e gone, Je bois (de Boris Vian), Lover boy etc…). Susie est une vraie show woman et
ça le fait carrément et je sors de là avec une pêche d’enfer pour aller retrouver le concert de Chick Corea.

@Jean-Marc Gelin

@Jean-Marc Gelin

Chick forever….
Du Club Soda à la Maison Symphonique il n’y a qu’un pas que je franchis allègrement et entre les gouttes (de pluie).
Salle évidemment comble.
Chick Corea arrive sur scène accompagné de ses deux acolytes le colossal Christian Mc Bride avec sa contrebasse et le si raffiné Brian Blade avec ses cymbales.
Corea visiblement content d’être là sort de sa poche son smartphone et prend quelques photos de nous, le public. Attends Chick, si tu veux je viens te la dédicacer !
Et puis, pour s’accorder, il entreprend de faire chanter le public. Et là le premier chorus de Mc Bride est juste énorme. Et durant tout le concert, le contrebassiste va atteindre des sommets. C’est vrai que le pianiste s’accompagne souvent de contrebassistes très présent ( Avisai Cohen p.ex) et hier soir Mc bride prenait des airs et des sons de Mingus multipliant les chorus de très haute volée. Chick Corea est totalement libéré et aérien. Un morceau dédié à Miles et dont les harmonies reprennent celles de Someday My Prince will come suivi d’un Sophisticated Lady où c’est presque Corea et Blade qui se transforment en accompagnateur de Mc Bride. Pour conclure, Chick Corea nous offre un thème de Bud Powell qu’il avoue avoir écouté à l’âge de 5 ans, se désespérant alors de ne jamais pouvoir arriver à jouer aussi vite que lui.

Festival International de Jazz à Montréal ( 3/4)
Festival International de Jazz à Montréal ( 3/4)

Et puisque l’on parle de génie en herbe, j’en profite pour filer au concert du nouveau prodige du jazz venu tout droit d’Indonésie, le (très) jeune pianiste Joey Alexander.

Joey Alexander, ou le prodige incarné

J’étais en effet assez curieux de découvrir pour la première fois ce tout jeune pianiste de 13 ans dont je vous avais parlé dans ces colonnes (http://www.lesdnj.com/2015/05/joey-alexander-my-favourite-things.html). C’est assez drôle de penser que Joe Alexander, lorsqu’il n’est pas un pur génie du piano va, comme tous les enfants de son âge… l’école . Et il faut le savoir qu’il ne peut venir jouer que durant les vacances scolaires ( !!). Ma première émotion de la soirée fut donc de découvrir sa maman venue s’asseoir juste à côté de moi. La voir ainsi, s’installer dans le public avec une délicate discrétion pour se transformer ensuite en fan absolue de son génie de fiston, enregistrant tous ses morceaux avec soin, se levant presque à chaque chorus, s’émerveillant lorsque Joe s’adresse au public avec des mots choisis, bref cachant avec tact une immense fierté m’a franchement touché. Au deuxième morceau elle se tourne vers moi et me dis avec enthousiasme, là où on pourrait la croire blasée : « c’est My blues, un morceau que Joe a composé lui-même ».
Pour le reste c’était bien sur un concert hallucinant : Résolution ou Giant steps de Coltrane, Summertime, It might be Spring etc…..
Joe Alexander fait montre ( déjà !) de beaucoup de métier.
Sa science de l’improvisation se passe de mots. Elle s’accompagne d’une immense créativité dans chacun de ses chorus où il déploie une énergie décoiffante. Alors qu’au début du concert ( certainement le trac) il semblait attaquer doucement le clavier, la suite devint assez échevelée martelant ainsi le piano d’un jeu en blocks chords et mettant le feu dans le public. Pour ma part si je suis totalement bluffé par la très grande maturité de son jeu et de toutes les intentions qu’il met dans ses interventions, par son lyrisme autant que par les reliefs qu’il met dans son jeu j’ai été un peu frustré de ne pas l’entendre jouer de ballades. Du coup cela était un poil démonstratif (mais heureusement il ne s’Hiromise pas) tout en restant dans une intelligence du jeu exceptionnelle.

@Jean-Marc Gelin

@Jean-Marc Gelin

Finalement il commence à se faire tard.

Je rentre à mon hôtel tout en prenant le temps d'absorber toutes les musiques qui me viennent des scènes de la rue.

Le coeur de Montreal bat et vibre.

Moi aussi

@Jean-marc Gelin

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