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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 23:05

Une nouvelle ami e
3 novembre 2014
BOriginal by Cristal records
Distribution Sony Music entertainment
La bande originale du dernier film de François OZON
Musique originale de Philippe ROMBI
www.cristalrecords.com
une-nouvelle-amie.jpg
Voilà que le dernier film de François Ozon fait le buzz alors qu’il vient de sortir. Un nouveau conte mélo, un film « transgenre », un catalogue de provocations ? Le Français s’est il réellement déchaîné dans cette histoire qui s’inspire d’une nouvelle de Ruth Rendell ? Ce film stylisé, assez détaché du réel, suit un personnage masculin qui se transforme au cours du film, une histoire d’amour avec des obsessions morbides très troublantes, à la Hitchcock. Il va «ressusciter» une femme qui manque, Laura (autre clin d’œil à une disparue célèbre, celle du film d’Otto Preminger) en devenant Virginia, une nouvelle amie. Ainsi se comble peu à peu le vide créé par l’absence de l’être aimé avec un « personnage » qui aime les femmes au point de vouloir leur ressembler, « a cross dresser».
Pour suivre le film, avant ou après sa vision, le label rochelais Cristal records sort dans sa très épatante collection BOriginal, le « Cinemasong » du film pour reprendre le titre de l’excellente émission de Thierry Jousse sur France Musique. L’occasion de revenir sur une partition à la fois populaire et complexe, à l’image du film.
La B.O du film est de Philippe Rombi, le musicien attitré des films de François Ozon qui signe une belle partition mélodique, romantique et romanesque qui fait parfois songer à Bernard Hermann pour Alfred Hitchcock, l’un des cinéastes modèles de François Ozon, qui aime multiplier les fausses pistes. Il suit ici les étapes successives de transformation de chaque personnage, car il s’agit d’une double métamorphose, celle du mari David /Virginia et celle de l’amie Claire.
A l’image du film, la musique joue subtilement sur le mélange des tonalités, pouvant se définir comme « transgenre » elle aussi : de la « grande musique » avec le Mozart lyrique des Vêpres solennelles-Laudate Dominum K.339, qui fut choisie au montage, alors que d’autres thèmes étaient dans le scénario : dans la scène d’amour, s’imposait « Mon cœur s’ouvre à toi » de Camille Saint Saens mais le choix de l’interprétation est astucieux, car il s’agit, en écho au film, de celle de Klaus Nomi, qui dans les années 80 se travestissait en créature... Par contre, dans la scène capitale du club, un travesti reprend « Une Femme avec toi », le tube de Nicole Croisille qui fit fureur à l’époque : les paroles conviennent autant, si ce n’est plus à Claire, qu’à Virginia. D’ailleurs Anais Demoustier chante encore en fin de film, à l’hôpital, mais « a capella » cette fois « Une femme avec toi », preuve supplémentaire de l’inscription de la chanson dans le scénario même. Autre clin d’œil bienvenu, après le moment d’émotion du club, on entend le très adéquat «Follow me» de la toujours ambiguë Amanda Lear. Quant à la musique originale, composée, orchestrée et dirigée par Philippe Rombi (qui joue lui-même les thèmes de piano solo), elle a cet avantage d’être très vite familière, de rester dans l’oreille. Les titres des compositions portent souvent le nom des personnages, devenant ainsi un leitmotiv identificateur (« Laura », « Le parfum de Laura », « La vie sans Virginia », « C’est David maintenant») ou de lieux importants pour l’action comme « Créancy ». N’illustrant jamais au sens fade de doublage ou de surlignage, cette BO fait partie de l’intrigue au même titre que le maquillage, les costumes, et devient essentielle dans l’histoire.


Pour aller plus loin http://www.telerama.fr/cinema/l-adn-d-une-nouvelle-amie-de-francois-ozon,118744.php

www.cinezik.org/critiques/affcritique.php?titre=une-nouvelle-amie

Sophie Chambon

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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 19:40

 

 Inauguration du nouveau Crescent

 

 

Si la mémoire du jazz existe aussi par les lieux qui l’ont produit, alors le Crescent à Macon figure au Panthéon de ces clubs mythiques de l’hexagone au même titre que le Panonica à Nantes, le Petit Faucheux à Tours et quelques autres encore.

Car les bourguignons et au delà gardent en mémoire les folles soirées de ce club où depuis 1994 à l’intiative de François Gallix, Eric Prost et Laurent Sarrien quelques héros du jazz faisaient bouger les murs et que d’autres les faisaient s’écrouler à des heures avancées du petit matin.

 crescent-1.JPG

Avec l’aide d’une formidable municipalité et des partenaires publics et privés, le Crescent fait aujourd’hui peau neuve dans un magnifique petit écrin en plein centre ville. Et le moins que l’on puisse dire c’est que le fait d’avoir des fonds publics ainsi investis dans un lieu du jazz est une sorte de rêve éveillé dont pas mal de communes pourraient ( rêvons-le ) s’inspirer.

 


Endroit superbe en forme de cave voûtée et pierres sèches apparentes avec, dans ce lieu en plein coeur des vignobles de bourgogne, place faite au vin avec un magnifique espace de dégustation de Pouilly Fuissé comme on les aime.

 crescent2.JPG

 

Pour l’inauguration, en cette veille de Toussaint Le Crescent nouveau avait choisi non pas de fêter les morts mais plutôt de les réveiller avec un plateau de jeunes et moins jeunes jazzmen du cru pour une soirée de lancement bouillante à souhait au cours de laquelle les héros du jour se nommaient Boris Blachet, Bruno Ruder, Nacim  Eric Prost et toute la bande.

 crescent-3.JPG

 

 

Si vous passez en Bourgogne faites donc une halte au crescent version revival. Vous ne le regretterez pas.

http://crescent.gandi.ws/agenda

 

Et puis tiens tant qu’on y est, après vous être saoulé de jazz toute la nuit nous vous conseillons, au petit matin de traverser les vignes encore nappées de brouillard sous lequel le soleil darde ses premiers rayons, pour monter pas loin de Solutré, non pour y faire pèlerinage mais pour découvrir en plein Fuissé le domaine familial de Château Vincent. Croyez nous sur parole, il n’y a rien de mieux pour accompagner le jazz !

Jean-marc Gelin

 

 

Retrouvez ici l'agenda du Crescent new look

 

A Visiter aussi  : le Chateau Vincent Fuissé Vincent 

 

 

 

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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 11:40

Couv-provsioire_BLUE_NOTE.jpg

Blue Note, le meilleur du jazz depuis 1939. Richard Havers, traduction Christian Gauffre. 416 pages, 450 photos et fac similés. 27,7 X 21,6 relié. Editions Textuel. 59 euros.

Voilà un livre qui vaut son pesant de savoirs et d’émotions et justifie amplement de casser sa tirelire. C’est un pavé et pas seulement de bonnes intentions. L’histoire d’un des labels qui ont marqué –et marquent encore- l’histoire du jazz. Blue Note, deux mots pour voyager à travers le jazz sur 75 ans, des virtuoses du boogie-woogie (Ammons et Lewis) aux explorateurs des nouvelles voies (Glasper et Moran) pour se limiter aux seuls pianistes.

Publié à l’occasion des ¾ de siècle de la compagnie de disques (1), cette brique à couverture … bleue séduit d’entrée de jeu par la richesse de son iconographie : des pochettes de disques présentées souvent en pleine page et qui mettent en valeur le talent du graphiste Reid Miles, des « planches contacts » de photos prises en studio souvent par Francis Wolff, un des patrons du label lui-même… L’amateur y retrouve aussi des analyses des disques majeurs- du label, de Sidney Bechet (en 1940) à Gregory Porter (en 2013) témoignant de la diversité du catalogue du label désormais dans l’escarcelle d’Universal Music Group.  La sélection porte sur 75 albums dont dix pour 1964, année prolifique avec Lee Morgan, Wayne Shorter, Tony Williams, Herbie Hancock, Art Blakey …

Journaliste spécialiste de musique, auquel on doit un ouvrage sur Frank Sinatra, Richard Havers évoque avec précision l’histoire de Blue Note, ne serait-ce que sur les débuts audacieux à New York en 1939.  Installé dans la métropole depuis 1936, Alfred Lion (1908-1987), qui avait fui l’Allemagne nazie, gagnait sa vie dans l’import-export mais pas suffisamment pour concrétiser sa passion pour le jazz. D’où son association avec un écrivain et musicien aux idées de gauche, Max Margulis, et un poète et critique théâtral, Emanuel Eisenberg, pour fonder, le 25 mars 1939, Blue Note Records. Ce n’est que quelques mois plus tard que l’équipe dirigeante du jeune label sera renforcée par l’arrivée fin octobre d’un camarade d’enfance berlinois d’Alfred Lion, issu également d’un milieu « intellectuel et bohème », Francis Wolff, qui avait obtenu un visa de sortie in extremis alors que les nazis avaient déjà envahi la Pologne.

L’aventure Blue Note pouvait dès lors commencer avec une volonté affichée de se différencier des majors du disque : des choix artistiques « sans compromissions commerciales », assurait leur premier communiqué de presse, graphisme éclatant, un format de disque de 30 cm généralement réservé à la musique classique, et non de 25 cm, la norme alors pour le jazz, pour donner aux artistes la possibilité de s’exprimer largement, un prix de vente également plus élevé (1,50 dollar le disque vendu initialement seulement par correspondance, soit deux fois le prix de vente moyen des 25 cm en magasin). Stoppée près de deux ans (1941-43), comme les autres compagnies, par la grève du syndicat des musiciens-qui demandait une juste rémunération notamment pour la diffusion des albums à la radio-la production de Blue Note prendra véritablement la voie de la modernité en 1944 avec l’engagement comme directeur artistique du saxophoniste Ike Quebec. Bientôt le label allait signer Fats Navarro, Thelonious Monk, Miles Davis, Bud Powell, Art Blakey…. Blue Note entrait alors dans l’histoire du jazz. Le tandem Lion-Wolff allait atteindre son apogée dans les années 50-60 avec l’embauche de deux hommes à forte personnalité artistique, Reid Miles, graphiste, et Rudy Van Gelder, ingénieur du son travaillant sur sa console avec des gants blancs. Tout un symbole de l’excellence qui identifie un label toujours vert à 75 printemps.

Jean-Louis Lemarchand

 

 


(1)  Un festival, Blue Note Xperia Lounge, est organisé à Paris du 18 au 23 novembre avec des concerts à l’Olympia, la Gaîté Lyrique et les clubs de la Rue des Lombards. A l’affiche, Robert Glasper, Ambrose Akinmusire, Lionel Loueke, Oran Etkin, Sophie Alour, René Urtreger, Marcus Miller….On lira également le dossier spécial (40 pages) consacré au label par Jazz Magazine de novembre.

 

           

 

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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 10:00

 

 

Fidel Fourneyron trombone, Geoffroy Gesser saxophone ténor, et clarinette, Sébastien Beliah contrebasse

www.umlautrecords.com 

www.onj.org

www.fidelfourneyron.com

Concerts  14 novembre  D’Jazz Nevers festival

21 janvier La Dynamo de Banlieues Bleues- Pantin

 

 

un-poco-loco.jpg 

 

 

 

Dès l’ouverture de la pochette, où figure  sur un éclatant fond  jaune, un tableau du peintre renaissance autrichien  Marx Reichlich  « Un fou », on se dit que cette émanation de l’ONJAZZFABRIC  a parfaitement illustré le titre de l’album et de la première composition « Un poco loco » de Bud Powell qui l’était un peu ...fou. Puis on s’aperçoit que logiquement, le trio d’improvisateurs (trombone/sax ténor, clarinette/ contrebasse) a choisi de reprendre dans ce programme le répertoire du jazz des années cinquante, en particulier du bop... C’est en effet la  « redécouverte de ces airs passés qui ont fait en leur temps la folie du jazz » que le trio nous propose. Et s’ils ne paraissent  toujours pas sages, ils sont encore capables d’enflammer un auditoire qui aime le jazz. On est donc content de réentendre ces compositions superbes réarrangées, assez fidèlement cependant  pour que la mélodie soit reconnaissable.  Il est bon de revenir aux compositions de Dizzy Gillespie ....sans oublier Lee Morgan dont il n’existe pas encore de biographie en français.  Et si vous ne vous mettez pas à danser sur la compo « Minor’s holiday » de Kenny Dorham  magnifiée par la contrebasse de Sébastien Beliah, consultez...

En lisant la présentation de l’album, on apprend que  Fidel Fourneyron, membre des très dynamiques et contemporains collectifs  Radiation X, ou Coax  (avec Geoffroy Gesserd’ailleurs) est un amoureux des orchestres swing, soliste chez Laurent Mignard (relecteur passionné de Duke Ellington) et de l’Umlaut big band spécialisé dans la musique de danse...Il y aurait donc des jeunes musiciens qui ne s’affranchissent pas du passé et remontent le temps musical au delà des années 60 ? 

L’un des  atouts de cette démarche est de reprendre ces thèmes gravés dans les mémoires des plus anciens, avec une autre instrumentation. On oublie donc les trompettistes, on écoute une autre «orchestration», des arrangements enlevés car le trio parvient à retranscrire le jus, à garder la sève de cette musique enthousiasmante. Le démarrage nous met dans l’ambiance, tout en payant respect à la mélodie : ça éructe, vrombit, s’interrompt pour mieux rebondir, klaxonne presque...vrille comme un bourdon. C’est rapide et enlevé. Et ça continue avec «Tin Tin Deo » très métallique, chaloupé et lancinant ...quand il le faut. Nos compères arrivent à ajouter encore de la chair à des compositions qui n’en manquaient pas , ainsi du moelleux fondant du trombone sur le moins connu « Rondolet ». C’est souvent humoristique avec changements et variations de tons à la klezmer ou à la Goodman. Dès l’exposition de certains thèmes, on sent une volonté d’en faire autre chose, de casser les attentes, de broder d’autres variations, de déstructurer le morceau. Et cela ne peut se faire que si l’on connaît bien le répertoire et ses chausses trappes (« A Night in Tunisia »). D’autres thèmes donnent naissance à des pépites comme ce « Ca-Lee-So » de Lee Morgan, aux rythmes latins et aux motivations plus commerciales alors, au tournant des années soixante. La version revisitée de ce calypso donne  une composition moins heureuse, plus compliquée, inquiétante et hypnotique par endroits. Quant au thème émouvant de «Poor Butterfly», il est attaqué de façon étrangement lente, étirée pour rendre un peu de la langueur de la mélodie originale... « And then she stopped » de Dizzy Gillespie  devient du jazz de chambre...à la Giuffre quand il ne jouait pas encore free. Ecoutez encore “Back for Berksdale” de Gerry Mulligan, où ça marmonne, “moane and groane”, jouant  sur les citations, allitérations, contrepoints : cela fourmille d’idées, et c’est intelligemment rendu.

On se régale d’un bout à l’autre de l’album qui n’est pas trop long, on aimerait bien les entendre en live, ils vont passer à Nevers et on espère qu’ils feront date...

 

Sophie Chambon

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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 00:00

 

Neuklang 2014

Jean-Christophe Cholet (p), Heiri Känzig (cb), Marcel papaux (dms)

 cholet.jpg

 

Revoilà donc pour une 7ème édition le fameux trio suisse Cholet-Känzig-Papaux pour, une nouvelle fois faire vibrer le trio jazz dans sa veine la plus…vibrante.

Car le moins que l’on puisse dire c’est que depuis que ce trio s‘est formé en 2002 il  fonctionne à merveille dans une sorte d’osmose. Et dans cet album on les retrouve dans une veine très poésie qui joue sur les nuances subtiles et sur les interactions télépathiques du trio. C’est comme si chaque membre du trio parlait d’une même voix, tout en réponse et en écoute. On sait Jean-Christophe Cholet gourmand de multiples expériences musicales en passant par son formidable groupe Diagonal ou encore en duo avec le trompettiste Matthieu Michel. Mais avec ce trio, il semble être en famille, dans un univers où les trois musiciens discourent sans cesse entre eux. L’échange (le titre de l’album) c’est à la fois cet art de la conversation mais aussi ce moment où chacun partage l’un des trois piliers (mélodie/harmonie/rythme) ou au contraire échange sa position pour en adopter une autre. Une poésie se dégage et en même temps voyage dans des moments de groove intense. Cette musique vit, palpite, exalte, médite ou émeut.

Cholet ne fait pas dans la facilité, ne flatte pas la mélodie, mais s'en arrange, l'accommode au travers de structures plus ou moins complexes, dissonantes ou pas, rythmiquement élaborée. Des structures où sa très grande culture du jazz se mêle a une éducation d'un piano plus classique ou alors carrément rock.

C’est un album aux nuances riches, digne des plus grands trios.

Jean-marc Gelin

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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 20:30

 

 art_whyistuckwithajunkiejazzman.jpg

 

 

Laurie Pepper a été la dernière compagne du grand saxophoniste Art Pepper.

Ils s’étaient rencontrés au centre de désintoxication de Synanon en Californie en 1969 et ne se sont plus quittés jusqu’aux derniers souffles du saxophoniste en juin 1982. Si Laurie Pepper avait largement contribué à aider Art dans l’écriture de sa célèbre autobiographie ( Straight Life), c’este elle qui aujourd’hui raconte la sienne, sans fard et sans pudeur dans un livre aussi passionnant qu’émouvant.

 

Rencontre avec Laurie Pepper......

 

 

 

 

 

JMG : Pourquoi avoir attendu si longtemps pour écrire ce livre ( Why I stuck with a junkie jazzman) ?

 

LP :  En fait c'est un livre que j'ai commencé il y a environ 12 ans. J'y ai donc travaillé dessus sur une période assez longue.

 

JMG :  Vous pensiez que c'était le bon moment pour écrire ce livre ?

 

LP : Oui mais vous savez ce que c'est. Lorsque vous n'êtes pas vous même un écrivain et que vous n'écrivez pas tout le temps, cela prend beaucoup de temps pour arriver à en faire quelque chose de présentable et surtout pour commencer ce travail que bien sûr j'avais en tête depuis la mort d'Art en 1982.

 

JMG : Est ce une sorte de renaissance après tout le travail que vous aviez fait sur « Straight Life » (*) ?

 

LP : Oui, absolument.

 

JMG : Comment vous sentez vous après avoir écrit ce livre ?

 

LP : Je ne peux pas avoir le même sentiment que celui que j'avais après avoir écrit Straight LIfe. Lorsque j'ai écrit ce livre avec Art, j'avais le sentiment d'une petite mort lorsqu'il est sorti parce que, comme je le dis dans mon livre " c'était le meilleur job que j'ai jamais eu dans ma vie". Avec " Why I stuck" c'est autre chose. Je n'ai pas la même impression. D'abord parce que lorsque j'ai écrit Straight Life avec Art, je pensais que ce serait la seule et unique fois que j'écrirais un livre comme celui-là.

 

JMG : Quand vous l'avez rencontré à Synanon, pensez vous avoir sauvé sa vie ?

 

LP : Non, je ne sais pas, je ne peux pas le dire. J'écris dans le livre que si cela n'avait pas été moi cela aurait très bien pu être quelqu'un d'autre. Parce que tout simplement il cherchait quelqu'un qui pouvait sauver sa vie. Mais en fait il a toujours cherché, tout au long de sa vie quelqu'un qui pourrait le sauver. Mais je pense que lorsqu'il m'a rencontré il a pensé que je pourrai le sauver. je ne savais pas à l'époque que c'était le job qu'il avait en tête pour moi. J'ai réalisé cela plus tard.

 

JMG : Pouvez vous nous expliquer l'influence que vous avez eu sur la musique d'Art Pepper après que vous l'ayez rencontré à Synanon pour vivre ensuite près de 20 ans avec lui ?

 

LP :  Je ne sais pas si c'était une bonne chose ou non mais, oui effectivement j'ai eu une grande influence sur la musique d' Art. D'abord parce qu'il y avait certains types de musiques que j'aime et que je lui ai fait partager. Je l'ai influencé aussi au travers de mes encouragements. Je voulais qu'il joue plus de blues et de ballades que j'aimais. Vous savez il était très influencé par Coltrane. Mais de mon côté je trouvais que cette art-1.jpgmusique était dure à suivre. Art etait dans un état d'esprit où il voulait me plaire. Il savait que j'aimais les choses un peu funky, les jolies mélodies et il a répondu à cela.

 

DNJ :Vous pensez donc qu'après votre rencontre, sa façon de jouer a changé ?

 

LP : Je vous l'ai dit je pense que j'ai eu une influence. Maintenant je ne saurai jamais ce qui se serait passé dans l'évolution de sa musique si nous ne nous étions pas rencontrés. Peut être aurait elle été la même. Ce que je sais c'est que Art était très attentif aux goûts de ceux qu'il côtoyait. Particulièrement les femmes à qui il voulait plaire. Et à ce moment là cette femme c'était moi. Je ne sais pas quelle a été mon influence mais je sais bien qu'il a alors commencé à jouer beaucoup plus de blues et de ballades. Dans les albums que j'ai récemment édité, il y en a un en live au Ronnie Scott en 1980. A un moment, à la fin de l'album on entend une femme dans la salle qui crie " joue du blues !". C'était moi.

 

JMG : en fait vous êtes devenue le vrai manager d'Art Pepper

 

Retrouvez ici la suite de l'interview de Laurie Pepper : " why I stuck with a junkie jazzman"

 


Propos recueillis par Jean-Marc Gelin en octobre 2014

 

 ART: Why I Stuck with a Junkie Jazzman
Laurie Pepper
358 Pages
ISBN: # 978-1494297572
Art Pepper Music Corporation
2014

 

 

 

 

 

(*) Laurie Pepper est en fait celle qui avait largement contribué aux côtés d'Art Pepper à écrire l'autobiographie du saxophoniste, "Straight Life"

 

 

 

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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 19:54

 

Invite Glenn Ferris, Boris Blanchet, le Well String quartet

dans   Précious liquids

ICI LABEL

www.nicodritrio.com


Sortie du disque  le 5 novembre au Sunside à Paris  et au Caméléon en ...Picardie le 7 novembre.

 

nicodri.jpg

Une présentation originale, une annonce qui  promet des «liquides précieux » à goûter, à s’administrer différemment par la voie auriculaire.... On est un peu surpris mais pourquoi ne pas essayer ?[i]  L‘album  est accompagné d’un bel objet sous forme de clé USB, créé artisanalement par le pianiste...

Puis on met le disque dans le lecteur et on écoute cette musique réjouissante,  séduisante à plus d’un titre, assurément un jazz vif qui surgit d’une vraie culture musicienne. Le trio qui a démarré son aventure musicale en 2008 a beaucoup joué en clubs et a ainsi acquis une aisance perceptible dès les premières mesures. Avec le temps et l’expérience du terrain, il  s’est créé un répertoire qu’il n’hésite pas  à dévoiler  avec une conviction irrépressible, en plus grande formation, aidé de Glenn Ferris au trombone, Boris Blanchet au sax ténor et soprano ainsi que le quatuor à cordes Well String Quartet. Un beau casting avec des musiciens qui déclinent ainsi  toutes sortes de combinaisons instrumentales qui étoffent le projet, renouvelant élégamment l’art du trio puisque le NicoDri  Trio (il est temps de le présenter) est composé du pianiste leader (qui pratique aussi le Fender) Nicolas Dri, du contrebassiste Sébastien Maire et du batteur Andreas Neubauer. 

Par contre, le rapport à l’artiste plasticienne Louise Bourgeois n’est pas immédiat et se comprend  par le titre qui renvoie à une installation Precious Liquids, présentée à la Documenta IX de Kassel en 1992.[ii] Peut être est-ce pour expliquer quelques excentricités de ce voyage musical. Mais après tout ...  le « dérangement » est l’une des choses les mieux partagées dans le domaine artistique et volontiers accepté comme ici, quand il propose des couleurs nouvelles avec une urgence tranquille...en se tenant au niveau des apports les plus incisifs du phrasé et de l’attaque des sons dans le jazz.

L’album est bien construit, alternant ballades subtiles « Louise Bourgeois » avec des pièces swingantes  « Born to the chapel of sacred mirrors », des accents funky sur F.I.T, un formidable « Yellem » très coltranien avec le soprano Blanchet. Avec« Clara est rentrée », c’est une histoire qui  nous est contée, peut être une suite au « She ‘s leaving home » des Beatles. Le trio élabore une musique raffinée où font retour par infimes fragments ses références. Il semble qu’un peu de la « poussière (d’étoile)du jazz des décennies antérieures se soit déposée à la surface de ces compositions, suscitant un sentiment étrange de (re)connaissance. Ces réminiscences placent en terrain connu, sans que l’on sache  pourtant - et cela est délicieux- où mène le voyage. Ces compositions  révèlent un classicisme un peu ambigu qui renvoie l’amateur de jazz à ses mythes personnels, en prolongeant la mémoire de musiques obsédantes. On traverse avec plaisir ce passage du temps, appréciant la sobriété fluide d’une esthétique volontiers en retrait, tout en hommage, mais qui ne cède rien sur l’essentiel, c'est-à-dire la manière. Ce sont des musiques de rencontres reflétant d’abord trois, puis plusieurs voix qui savent chanter et construire un parcours éloquent par une expression équilibrée. A l’évidence le Nicodri trio a trouvé ses marques sur un répertoire auquel tous contribuent. Les mélodies (du jeune pianiste sauf la dernière) sont clairement  affirmées, avec le phrasé délié, agile, le grain tendre du piano, sans oublier les ponctuations et les élans décisifs de la contrebasse. Quant au drumming ferme mais énergique, il suit le rythme du corps dans ce qu’il a de pulsionnel comme dans ce  « Droit dans le mur ». La nostalgie demeure avec le final, «La chanson d’Hélène » du film Les Choses de la vie de Claude Sautet. Romy Schneider n’en interprète plus les paroles, mais la seule mélodie du trio est un bel hommage à ce grand compositeur de musiques (de films), Philippe Sarde.

Un disque  plus que prometteur, à la fois ambitieux et accessible. Un talent qui ne demande qu’à croître et embellir...

 

Sophie Chambon

 



[i]  Si vous lisez ce message c’est forcément que vous avez choisi de participer à cette nouvelle expérience. Aussi je commencerai donc par vous remercier pour votre curiosité et votre confiance.

Le projet IN medias sensitifs a vu le jour suite à un constat général, fruit de longues réflexions relatives à la dématérialisation de la musique. Il en est émergé l’idée qu’il serait intéressant de recentrer une production artistique dans la peau d’un objet, tout en gardant les possibilités actuelles de connexion. Souvenez-vous de ces belles pochettes vinyles sur lesquelles on pouvait largement s’exprimer. Rognées ensuite au format CD, on perdait déjà énormément. Puis maintenant, à l’ère du numérique (qui n’est pas forcément une mauvaise chose), il devient impossible de « toucher la musique ».

L’idée est simple : associer un bel objet à une production artistique. Une nouvelle ouverture sensorielle s’offrant alors à toutes directions créatives, il était intéressant d’illustrer sous forme de Liquide connecté le nouvel album Precious Liquids de NicoDri Trio.

Merci de participer à cette expérience...

Nicolas Dri

 

[ii] Precious liquids s’intercale entre deux séries de « the Cells » (les  cellules). Espace clos, obscur que l’on peut néanmoins traverser par deux portes, avec un lit, divers vêtements, des récipients en verre...  Il s’agit d’un réservoir d’eau d’immeuble new yorkais cerclé d’un bandeau métallique où l’on peut lire « Art is a guaranty of sanity ». Richesse et diversité d’une œuvre qui résulte d’une position singulière, décalée entre ordre et chaos, organique et géomérique. Une expression très personnelle qui revient toujours à l’enfance et aux relations ambiguës, parfois vénéneuses à la mère, avec certains thèmes obsessionnels déclinés avec des matériaux différents.

 

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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 10:59

 

Cam Jazz 2014

 

 antonio-1.jpg

Quoi de neuf ?  Three time three. Trois fois trois, c'est trois trios, 9 titres, trois morceaux par formation.

Mais c'est aussi trois éléments. C'est à la fois la terre, c'est l'air et c'est l'eau. C'est une sorte de dream team avec ce qui se conçoit de mieux en matière de musiciens de jazz. Antonio Sanchez, l'un des batteurs le plus talentueux du moment (nous ne cessons de le dire dans ces colonnes !) est ici accompagné de Brad Meldhau et de Matt Brewer (1er trio) , de Joe Lovano et de John Pattituci (2eme trio) et enfin de John Scofield et Christian Mc Bride (3eme trio).

La terre ce sont ces quelques morceaux enregistrés avec Brad Meldhau dont il ressort cette impression d'un groove ancré en profondeur dans le sol. Chacun des trois membres du trio semble fusionner à un très haut degré d'intensité. On pourrait presque évoquer le trio jarretien tant celui-ci s'élève à un niveau incroyable, Brad Meldhau trouvant là, au-delà de son habituel trio une force supplémentaire tirée de la puissance et de la précision d'un Matt Brewer mais aussi et surtout d'un Antonio Sanchez hallucinant , sorte de résultat d'un mariage métissé d'Elvin Jones et de Jack De Johnette.  Excusez du peu ! L'association de Brad et de Sanchez s'y fait  totalement fusionnelle ( Constellations ! Quel morceau !). Un superbe relecture du thème de Miles ( Nardis réintitulé  Nar-this) au groove intelligent emporte surtout une sorte de flot irrésistible qui balaie tout sur son passage. Une sorte de glissement de terrain puissant.

Avec Scofield c'est tout autre chose. Une vision plus swinguante et limite funkisante du jazz voire même très jazz-rock sur Nooks and crannies avec un Mc Bride débridé. De quoi voir encore l'apport incroyable d'Antonio Sanchez sous un  jour différent.

Puis apparaît Lovano et là c'est encore un autre courant qui balaie tout. Un courant d'air décoiffant ! Lovano dans une forme olympique comme on ne l'a plus entendu depuis fort longtemps. Une version de I mean you qui nous en fait voir de toutes les couleurs. Antonio Sanchez qui dialogue avec le saxophoniste dans une débauche d'énergie et de puissance. Du très très grand Lovano qui s'insère alors dans le dispositif avec autant de fougue que d'engagement radical et tout cela dans la bonne humeur ponctuée par le rire final de Lovano ( ?) visiblement très heureux de faire en bonne compagnie de la très très bonne musique. Ecouter aussi Leviathan avec ce gros son de Lovano cherchant dans des inflexions mystérieuses l'apport à la basse d'un Pattituci incroyable de profondeur et enfin le drive endiablé, endiablant d'Antonio Sanchez. Du très très grand art. Ca joue à un incroyable niveau.


Croyez moi sur mesure, cela fait longtemps que l'on avait pas entendu du jazz de cette qualité-là avec autant d'engagement, de puissance et de télépathie. Il faut des musiciens d'une sacrée trempe pour parvenir à jouer sur de si hauts sommets. Les musiciens dont s'est entouré Antonio Sanchez font partie de la race des seigneurs. Quant au batteur lui même, exceptionnel, il est assurément de celle des heros.    

Jean-Marc Gelin

 

 

 

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30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 22:25


Impulse 2014

Ran Blake (p), Ricky Ford (td), Laika Fatien (vc)

C'est un album choc. Certainement l'un des évènements majeur de cet automne ( avec celui d'Antonio Sanchez dont on vous parlera plus tard ).

Avec Cocktail at Dusk, le pianiste signe un hommage à la chanteuse américaine Chris Connor dont il fut l'un de ses amies et disparue en 2009. Chris Connor, malheureusement un peu ignorée du grand public était une immense chanteuse de jazz qui eut son heure de semi-gloire àla fin des années 50 lorsqu'elle signa chez le label Bethlehem ou encore pour le mythique label Atlantic sur lequel Creed Taylor signa aussi  de fameuses chanteuses de jazz ( Julie London !!) avant d'aller créer Impulse. Mais ça c'est une autre histoire qui d'une certaine manière se perpétue ici puisque cet album est signé sur le même label repris récemment par Jean-Philippe Allard.

Ran Blake lui rend donc hommage par cet album tout en délicatesse qui mêle à la fois les parties instrumentales en solo ( les plus nombreuses) ou accompagné du sax tenor de Rick Ford sur deux titres mais aussi quelques parties chantées par la sublime Laika Fatien ou encore quelques discrets passages collés où l'on entend la voix de Chris Connor apparaître et disparaître de manière fantomatique.connor

Ran Blake, immense pianiste conversant sans cesse avec lui même et son propre piano dans une relecture souvent très monkienne est amoureux des chanteuses et des chansons elles mêmes. Sa carrière a d'ailleurs véritablement débuté avec un chef d'oeuvre iconique, son duo avec Jeanne Lee ( "The newest sond around "- 1962) qui continue à marquer de son empreinte des générations de chanteuses de jazz, au rang desquelles Laika elle même.

Tout au long de cet album c'est une succession de petits chefs d'oeuvre alignés les uns après les autres. Les interventions de Laika sont proprement renversantes. Sa version de All About Ronnie nous bouleverse. Comme si effectivement l'ombre de Jeanne Lee planait sur la session plus que celle de Chris Connor ( écouter la version de Jeanne Lee et ran Blake de 1963)

Chaque morceau, repris du répertoire qu'affectionnait la chanteuse, est une sorte de relecture très personnelle qu'effectue le pianiste maître dans l'art de la digression, de l'appropriation, de l'acculturation. Toute l'essence du jazz est au bout de ses doigts dans cette façon de relire et d'improviser sans jamais dénaturer. Car même si le pianiste on l'a dit, converse avec lui même, Ran Blake ne donne jamais le sentiment d'être un pianiste introspectif. Sa reprise répétée des motifs mélodiques de ces standards que nous connaissons bien nous aide àgarder pied et à nous sentir sous maîtrise. Sa version un peu sombre de Speak Low par exemple, est un modèle du genre.

Tout au long de cet album Ran Blake impose sa marque et semble nous inviter dans une sorte de confidence intimiste, dans une sorte de conversation évocatrice de quelques tendres souvenirs.

Juste sublime !

Jean-Marc Gelin



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29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 08:25

 

 courvoisier.sylvie.jpg

 

La pianiste suisse était hier à Paris pour un concert qu'elle donnait à la Dynamo à Pantin. Elle y présentait son nouveau projet avec son violoniste de mari, Mark Feldman, Scott Colley à la contrebasse et Billy Mintz à la batterie.

 

 

Les DNJ : C'est une formation originale que vous présentez ici. Un quartet inédit pour vous ?

 

 

Sylvie Courvoisier : Effectivement c'est une toute nouvelle formation. Nous souhaitions avec Mark apporter une couleur beaucoup plus jazz à notre musique. Mark avait déjà en tête de faire quelque chose avec Scott. Il apporte beaucoup de profondeur à la musique et il apporte aussi son sens du blues qui nous manquait peut être. Quand à Billy Mintz, c'est un batteur au feeling incroyable mais trop peu connu ici. Il est d'un très grande inventivité. Nous avions déjà joué en quartet avec lui et Thomas Morgan.

 

 

 

DNJ : Votre précédent album en duo (avec Mark Feldman) a été très bien accueilli par les critiques. Vous jouez avec Mark Feldman depuis de nombreuses années. Qu'est ce qu'il y avait de spécial dans cet album que vous n'aviez pas exprimé avant ?

 

SC : Je crois surtout que c'est la magie du live. L'album a été enregistré en public et nous y avons apporté un soin tout particulier au mixage pour qu'il n'apparaisse justement pas comme un live. Par exemple nous avons cherché à gommer tous les applaudissements. C'est quelque chose qui me fait horreur, quand j'entend ces albums et que l'on entend les applaudissements du public entre chaque morceau. Et puis nous avons fait aussi un gros travail sur le traitement du son. Du coup il y a je crois dans cet album la magie de la scène, la spontanéité de ce que nous disons mais comme si cela avait été enregistré en studio.

 

DNJ : Quelles sont les influences que vous revendiquez aujourd'hui dans votre jeu ?

 

SC : La question des influences est délicate. J'ai bien sûr des gens, des pianistes que j'adore mais que je mets un point d'honneur à ne pas " imiter". Je revendique bien sûr des influences comme celles d'Amhad Jamal. Mais aussi et surtout Keith Jarrett qui est quelqu'un que j'adore absolument. Pourtant j'essaie vraiment de me dégager de son influence. Et c'est cela qui est vraiment difficile.

 

 

DNJ : Quel est l'accueil que votre musique reçoit aux Etats-Unis ?

 

SC: Il est très bon. Mais vous savez nous jouons très souvent à New-York dans quelques lieux comme Le Stone où nous bénéficions d'un cercle de fans absolus, de gentils fous qui  nous sont totalement dévoués. Ils vont même parfois jusqu'à créer leur propre label et à produire eux-mêmes nos propres albums. C'est incroyable parce que ce sont des gens dont ce n'est pas le métier, qui ont un  job par ailleurs....

 

DNJ : C'est la constellation de la planète Zorn ?

 

SC : Oui en grande partie

 

DNJ : cette appartenance à la planète Zorn n'est elle pas être parfois enfermante ?

 

SC : En tous cas moi et Mark nous ne le vivons pas comme cela. Nous adorons jouer avec John ou jouer sa musique tout simplement. Dans le dernier album que nous avons réalisé avec Scott et Billy c'est vrai que vous retrouvez pas mal de compositions qui portent un peu sa marque, son esthétique comme les "3 Cards for capitaine".

 

 

DNJ : Oui et jusqu'au titre de l'album ( "Birdies for Lulu")

 

SC : Ah oui c'est vrai vous pensez à l'album News from Lulu ! Mais en fait figurez vous que Lulu,.....c'est mon chat.

Mais pour en revenir à l'influence de Zorn j'ai l'impression de m'en dégager aussi lorsque je fais mon album en trio avec Kenny Wollesen et Drew Gress.

 

DNJ : Kenny Wollesen est quand même un pilier du dispositif de John Zorn !

 

SC : Oui mais pas du tout Drew. Ni même Scott Colley. C'est comme cela que nous ouvrons notre musique à une autre forme de jazz tout en gardant l'identité de la musique que nous aimons jouer. En intégrant des musiciens qui n'ont rien à voir avec cette histoire et qui apportent une personnalité différente.

 

DNJ : L'album que vous sortez aujourd'hui n'est d'ailleurs pas sur le label de Zorn ( Tzadik)

 

SC : Non il est sur un label suisse (Intakt). Il a été enregistré à New-York par James Farber qui est aujourd'hui l'un des plus grandes références.

 

Intakt records - Birdies for Lulu

birdies.jpg

 

DNJ : Un label suisse ? Justement quel accueil reçoit votre musique dans votre pays ?

 

SC : Pratiquement aucun. Vous savez je suis installée à New-York depuis 1998. Cela fait longtemps que j'ai quitté la Suisse et je ne sais plus trop ce qu'il s'y passe aujourd'hui.

 

 

Propos receuillis par Jean-marc Gelin

 



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