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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 14:00

large_Coltrane_visuelKKBB2.jpgDe Christophe Dal Sasso

 

Chers amis,

après l’album « Ressac » sorti en février dernier, j’ai décidé de publier un nouveau disque, qui est, pour moi, un projet très spécial.

Il s’agit d’une version pour big band du fameux A Love Supreme de John Coltrane enregistrée par le Dal Sasso/Belmondo Big Band.

Poussé par mon admiration pour Coltrane, j’ai écrit un long arrangement qui respecte l’esprit de l’œuvre originale et son découpage en quatre parties, mais la transpose à l’échelle d’un orchestre. Ceux qui suivent mon travail depuis longtemps se souviennent sans doute que nous avons souvent joué cette orchestration avec le Dal Sasso/Belmondo Big Band lorsque nous étions en résidence au Sunset. Nous l’avons également donnée au festival Jazz in Marciac et au Paris Jazz Festival au Parc floral, au cours de deux concerts qui ont marqué les esprits !

À l’approche du 50e anniversaire de la version originelle gravée par John Coltrane pour Impulse en 1964, j’ai pensé qu’il était temps de faire paraître l’enregistrement que j’avais réalisé à l’époque. J’ai réécouté les bandes afin de les remixer et je dois vous dire qu’il se passe quelque chose de très spécial qu’il faut mettre au compte de la dimension spirituelle de l’œuvre initiale. Le big band joue merveilleusement et les solistes (Lionel et Stéphane Belmondo, mes « frères » de musique, Laurent Fickelson, Clovis Nicolas…) s’élèvent au dessus de l’orchestre à chaque fois qu’ils prennent la parole. Je dois dire que je suis très fier de cet enregistrement.

Je vous écris car pour concrétiser la sortie de ce nouveau disque, je vais avoir besoin de votre soutien. Ne pouvant supporter seul les coûts de fabrication, j’ai initié une campagne de financement participatif sur la plateforme de crowdfunding KissKissBankBank afin de réunir les fonds nécessaires à ce que l’album voit le jour.


En vous rendant sur la page consacrée à A Love Supreme, vous découvrirez les différents niveaux de participation que je vous propose et pourrez précommander le disque en numérique, CD ou en vinyle (édition limitée) et, en fonction de votre contribution, bénéficier d’un titre inédit et être personnellement remercié de votre geste.

 

Voir le lien ici

 

Ce disque sera le premier d’une collection de disques initiée par le journaliste et commissaire d’exposition Vincent Bessières, qui a préfacé l’ensemble de mes albums antérieurs.

Je compte sur vous pour m’aider à faire exister cette version de A Love Supreme. Vous avez 35 jours pour me témoigner de votre soutien en vous rendant sur la page dédiée sur le site KissKissBankBank. Attention, si l’objectif n’est pas atteint, tout sera perdu et l’album restera lettre morte.

Je vous remercie à tous d’avance de votre générosité.

Christophe Dal Sasso


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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 13:51

 

IS THAT POP MUSIC ?!?

Label Cristal Records

Distributeur  Harmonia mundi

www.lesonart.com 

www.cristalrecords.com

 LINX-CHEVALIER.jpg

 

Un projet intéressant du guitariste  David Chevallier qui montre un bel  éclectisme puisqu’en quelques années, il s’est intéressé aux madrigaux de Gesualdo, aux ayres  du luthiste de la période élizabethaine John Dowland, montrant que depuis ses débuts avec Denis Charolles, il a su naviguer à travers le temps et les musiques. Equilibriste osant toutes les modifications génétiques, il s’attaque cette fois avec quelques éléments incontournables (et fort doués) de sa compagnie, créée en 2003 (Yves Robert, Christophe Monniot....) au patrimoine de la musique pop. Un disque fraternel en quelque sorte, mais on aura plaisir à retrouver « pareille famille ». Avec tous ces soufflants magnifiques et le drive de Denis Charolles, le guitariste fait sonner l’ensemble.

 Ainsi, on va réécouter quelques pépites de Lennon, Macca, mais aussi de Tears for Fears (« Sowing the Seeds of Love »),  Duran Duran, Sting, U2. C’est David Linx qui donne de la voix dans certains  de ces thèmes très célèbres de la pop music.  Et on ne saurait trouver meilleur interprète, il a  le timbre idéal dans « Come together », le groove inspiré  dans «She said », la délicatesse nécessaire dans ce « Dream brother » tiré du superbe Grace  du malheureux Jeff Buckley.  Ces chansons culte reprennent d’autres couleurs avec les arrangements instrumentaux qui servent de délicat écrin à la voix chaude, bien placée, juste sans emphase. Ce qui ne fait que confirmer que les mélodies étaient formidables... Alors pourquoi se priver d’un aussi beau matériau ? Au cinéma, les « remakes » perdent souvent en intensité mais en musique et en jazz en particulier, on peut, on doit s’attendre à de belles surprises quand on peut partir de quelques cellules, isoler des fragments épars pour les retravailler. Les excellentes notes de pochette du leader précisent avec pertinence  le sens de son engagement et de son travail.  C’est une  vraie « jazz attitude » que laisse entendre ce titre faussement interrogatif « Is That Pop Music ? » :  une recherche transversale, multidisciplinaire qui reprend des « standards », les refaçonne. Au lieu de revoir encore le Great American Song Book et les merveilles de  Tin Pan Alley, on recycle de la pop, du rock. Times are changin’

Pas de problème et aucune ambiguïté, quand on aime jazz, pop, rock, ça fonctionne et avec une telle équipe, on se met à fredonner de bon cœur. Quand la musique est bonne, pourquoi se priver de ces émois ?  

Sophie Chambon

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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 07:22

 

Ahmad Jamal, piano, Herlin Riley, batterie, Manolo Badrena, percussions, Reginald Veal, contrebasse.

 


Même le solo de contrebasse (Reginald Veal), habituel pensum des concerts, est bien passé. C’est dire. Le quartet d’Ahmad Jamal a donné ce 7 novembre à l’Odéon, celui-là même qui vibra de fureur en 68 avec Jean Genet, un concert où la grâce le disputait à l’élégance.

Coqueluche du public parisien, le pianiste de Pittsburgh, octogénaire alerte, a retrouvé des accents de jeunesse avec ce trio qui publie ces jours-ci un deuxième album (Saturday Morning. Jazz Village-Harmonia Mundi). La paire rythmique formée de Reginald Veal, au son généreux et à la belle habileté à l’archet, et Herlin Riley, métronome imparable, répond alertement aux impulsions du Maître, tandis que Manolo Badrena apporte son autonomie facétieuse aux percussions.

Le public –quelques jeunes, des cadres, des chefs d’entreprise- prenait un réel plaisir à ce répertoire tiré en grande partie de ce dernier disque, avec une mention spéciale à la composition-titre Saturday Morning, évocation rêveuse d’une matinée de début de week-end. Deux rappels et une standing ovation de rigueur pour le magicien du piano.

Ne manquait pour parfaire cette revigorante soirée que Poinciana, le tube qui assura le succès planétaire d’Ahmad Jamal voici quatre bonnes décennies. Ce sera certainement pour les deux autres concerts des 8 et 9 novembre dans ce théâtre qui s’ouvre de plus en plus au jazz. St Germain des Prés retrouve-un peu-l’esprit des années 50, où Miles (grand admirateur de Jamal) se préparait à laisser une œuvre aussi majeure qu’improvisée, la bande-son d’Ascenseur pour l’échafaud.

Jean-Louis Lemarchand

 

Ahmad-Jamal-page-couv-Saturday

Retrouvez ici la chronique des DNJ AHMAD JAMAL : » Saturday Morning – La Buissonne Studio sessions»

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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 22:07

 

Ultrabolic

Distribution France : Musea

 dupont.hubert_jasmin_w.jpg

 

On se souvient encore avec plaisir des rythmes forts du Sawadu du trio du contrebassiste Hubert Dupont. Le voilà de retour avec un album qui fleure le printemps de l’autre côté de la Méditerranée tout en faisant  référence aux révolutions arabes dont on n’a pas vraiment  fini de mesurer les conséquences.

Enregistré en Ile-de-France, en live, à Musiques au Comptoir, à Fontenay-sous-Bois,  lors d’une résidence du groupe,  JASMIM est le dernier projet du leader contrebassiste, à la tête d’un quintet cette fois, toujours dans le cadre de sa structure Ultrabolic. Il en a écrit toutes les compositions et a su s’entourer une fois  encore d’un équipage mixte, parfaitement adapté.  De ce Jasmim international, on saisit toutes les nuances, au cœur des traditions du Moyen Orient, attentif à  la flûte envoûtante de Naïssam Jalal, aux  délicates sinuosités de la  guitare acoustique de Nelson Veras, aux percussions incontournables, acrobatiquement virtuoses de Youssef Hbeisch  qui jongle entre riqq et derbouka. Au sax alto, Denis Guivarch’ n’est pas en reste dans « T-shirt » ou «Faisab », opérant ainsi une « fusion » capiteuse entre traditions et jazz .

 Voilà une musique  de forme rigoureuse qui plonge très vite dans une ambiance planante  jusqu’à une transe doucement contrôlée. Etrange, énigmatique, elle se déploie dans l’espace, vibrant  en expansion, poétique et irrésistible .

On ne peut que souscrire à ce projet idéal, espérer la réunification des rives de la Méditerranée, monde oriental dont la musique complexe emprunte des chemins obliques, toujours lyriques, sinuant  entre le chant de la jeune flûtiste et les pulsations élégantes  de la contrebasse. On embarque, selon les rythmes du cœur, pour cette aventure, humaine avant tout. Et c’est une très grande douceur, une paix évidente qui envahit l’auditeur,  à l’écoute de cet album assez unique. Une révolution  sans violence, perspective des plus  encourageantes de nos jours.

 

Sophie Chambon

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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 07:08

 

La jeune scène du jazz hexagonal s'illustre avec deux albums sortis récemment et mettant en scène un guitariste d'une part et un pianiste d'autre part.

Lorsque les enfants de la pop music, s'approprient la liberté du jazz le résultat est carrément convaincant.

A découvrir de toute urgence

 

 

PJ5 : « Word »

Paul Jarret (g), Maxence Ravelomanantsoa (ts), Léo Pellet (tb), Alexandre Perrot (cb), Ariel Tessier (dms) + Stéphane Guilaume (clb, ss), Isabel Sörling (vc), Benjamin Belloir (flgh), Bertrand Luzignant (flgh), Anthony Caillet (euph)

 pj5 word w1

Le jeune quintet récemment primé au Tremplin jazz de la Défense et mené par son leader le guitariste Paul Jarret surprend son monde avec la sortie de ce premier album rempli de promesses, plutôt convaincant dans l'écriture et dans le maniement de ce jazz moderne new-yorkais aussi fluide qu'élégant. Carrément pop (sur un morceau comme Peanuts), on jurerait que quelques grands frères sont passés par là, des gens comme Kneebody ou comme Fly mais aussi une vraie influence de la scène française pop-jazz actuelle.

Il y a assurément beaucoup de talents dans ce groupe mais aussi une très grande concentration, un grand soucis de bien faire qui peu nuire parfois à la spontanéité à l’instar de Ahfields qui revendique clairement cet ancrage Pop-jazz un peu pauvre malgré cette montée en tension qui frôle un peu le cliché l'écriture ( on excusera pour autant les false starts et les petites imperfections de mise en place). En revanche bien plus convaincant lorsqu'il revient à des fondamentaux plus jazz comme sur ce Talk 1 où le saxophoniste peut s'exprimer sur une incise un peu trop courte à mon goût (coït interrompu). Il n'empêche, il domine dans ce groupe une belle énergie et une vraie envie de mouiller la chemise. Et aussi quelques beaux moments d'émotions comme sur Ode, morceau solo et réverbéré assez joli, belle parenthèse enchantée

Il y a des moments intéressants, des tiroirs qui s'ouvrent. Avec cet album du jeune guitariste on est dans l'ambiance d'un jazz très New Yorkais tel que le pratique la jeune génération des post rosenwinkelliens. Il y a des grooves puissants ( Peanuts) qui s'expriment mais avec des procédés d'écriture efficaces certes mais parfois un peu académiques.

Un très beau morceau chanté qui se poursuit de manière superbe sur Far North Suite où l'écriture prend une magnifique envergure orchestrale avec un très beau sax ténor et une partie chantée qui fait littéralement décoller le morceau assurément le plus réussi de l'album. Idem sur Over the lazy dog qui là encore montre des vraies voies intéressantes dans l'écriture très moderne de ce jazz à la dimension quasi cinématographique. On dirait parfois du David Binney dans ses envolées binaires, comme dans ce morceau, Stammer, pas si balbutiant que cela avec un magnifique moment de clarinette basse porté par un Stéphane Guillaume particulièrement inspiré ( comme à son habitude).

Force est de constater que ce groupe tient bien là toutes ses promesses. Enthousiasmant et totalement convaincant

 

 


AMNESIAC QUARTET : «  Tribute to radiohead vol.2 »

 

Sebastien paindestre (cl), Joachim Govin (cb), Fabrice Theuillon (ss), Antoine Pagnaotti (dms)

  Tribute-To-Radiohead-Vol2

Cet album, deuxième volume de l’hommage rendu à Radiohead est avant tout un énorme travail sur les arrangements et sur le son. Très pro dans la réalisation artistique avec pas (ou trop peu) de place laissé au hasard. Tout s'agence au papier millimétré. tout s'organise autour de l'idée pop, autour des nappes électriques mais aussi du rapport à la mélodie plutôt dévolue au saxophoniste Fabrice Thueillon à laquelle s'associe le travail sur les arrangements harmoniques. Il fallait, comme sur le premier opus rester dans l'idée mais s'en détacher aussi. S'écarter du côté un peu wild de Thom Yorke, le chanteur de Radiohead pour aller vers quelque chose de plus soft, de pop lunaire et psychédélique ( comme Exit Music). Le matériau est ici largement emprunté à  « Ok Computer » cet album cultissime enregistré en 1997 et qui marque véritablement l'envol du groupe et un tournant dans la musique pop.

 Si parfois cette musique donne un e le sentiment de tourner sur elle même comme récisémment sur Exit Music celle de Radiohead démarre en douceur pour livrer une progression sensationnelle tout au long du morceau. SP a au contraire privilégié une lecture plus linéaire qui évite d'ailleurs la paraphrase.

La tournure résolument pop détournée sur Climbing up the wall là encore repris de Ok Computer que Paindestre avec talent ne rénove pas, au contraire ancre dans une histoire "Electrique" d'un jazz fusion et d'une pop très 70's avec des sonorités très vintage, là où au contraire Radiohead donnait des sonorités très lunaires un peu futuristes avant de partir dans une sorte d'explosion noisy totalement bluffante. Morceau

d'anthologie qui nous fait dire que Sebastien Paindestre a, c’est le moisn que l’on puisse dire eu un sacré cran pour oser s'y attaquer. Il nous arrive parfois de regretter que Sebastien Paindestre qui s'avère un clavieriste remarquable, ne prenne pas plus souvent le pari du trio compte tenu des sonorités qu'il parvient à créer et qui donnent une lecture très intéressante. Pourquoi ne pas installer plus souvent ce trio fascinant ? Néanmoins une approche plus shorterienne sur Knives out ancre le morceau dans un environnement jazz-fusion qu'il est intéressant de voir accolé à Radiohead. Après, il y a certaines redites. Sur The Tourist par exemple on retrouve les mêmes structures, le même beat et le même tempo (l'original)  avec la même façon de faire tourner en utilisant les mêmes espaces lents avant que tout a coup, le morceau ne connaisse une heureuse évolution en cours de route, hyper bien conçue et réalisée avec un Sébastien Paindestre comme libéré. La force des arrangements est apaisée dans la version de Sebastien Paindestre, donnant à l'œuvre un autre éclairage, plus apaisée mais néanmoins tout aussi fascinante. Le pari était audacieux, le risque de dénaturer aussi et c’est pourtant un vrai tour de force que réalise Paindestre avec un véritable amour pour son sujet au point de lui avoir consacré déjà deux albums sans se trahir lui-même.

 

Jean-Marc Gelin

 

 

 

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5 novembre 2013 2 05 /11 /novembre /2013 22:51

couv-Cabu-swing.jpgEditions Les Echappés. 224 pages.39 euros.

Les lecteurs de Charlie Hebdo et du Canard Enchaîné sont familiers de ses dessins déchaînés. Ils ignorent peut-être que Cabu nourrit une passion de jeunesse pour le jazz. Mais pas les auditeurs de TSF Jazz où le dessinateur apporte une chronique régulière et toujours singulière. Sans oublier les discophiles qui retrouvent son coup de crayon sur les pochettes d’albums de référence dans la collection Cabu Jazz chez Nocturne (aujourd’hui Plus Loin Music).

Pour tous ces fans de jazz, l’album grand format (27 cm sur 33,5), de type « beau livre », consacré à Cabu apparaît comme un must. En plus de deux cents pages, on y retrouve une sélection de dessins et aussi-ce qui n’est pas le moins intéressant-des chroniques, reflet de cinquante ans de passion. 

A la manière d’un Daumier, Cabu-qui signait à ses débuts K-Bu- passe en revue les jazzmen de Duke Ellington à Brad Mehldau avec une préférence pour les grandes formations qui swinguent (c’est son maître mot) et un faible (fort) pour Cab Calloway. 

Fou de Cab et du « fou chantant » (Charles Trenet) une des « stars » de cet ouvrage, Cabu se montre plus réservé pour le jazz d’aujourd’hui, affichant à l’occasion des jugements tranchés (pour le moins) dont sont victimes entre autres Carla Bley et Sonny Rollins. Affaire de goût ! Sans la liberté de blâmer….

Un beau livre qui restitue l’instantanéité du jazz avec pertinence et impertinence. Chaudement conseillé et pas seulement aux inconditionnels du jazz des années swing !  

Jean-Louis Lemarchand

 

 

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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 21:13

Affiche-Jazz-n-Klezmer-2013.jpg

 

 

Le festival Jazz’n Klezmer 2013 fait la part belle aux jazz. Une édition haute en couleurs, qui emporte avec joie le public vers plusieurs continents pour un voyage interculturel où se jouent toutes les musiques : du jazz au folklore juif en passant par les rythmes cubains.

Sous la houlette de Laurence Haziza, directrice du festival, se succéderont des artistes de prestige dont tout mélomane ne peut qu’attendre impatiemment la venue.

Le talentueux saxophoniste Guillaume Perret, l’un des artistes « phares » de l’affiche, ouvrira les festivités le 7 novembre à l’Alhambra avec un concert de jazz fusion aux frontières du métal où il jouera du « saxophone électrique » : des sons distordus par les pédales d’effets qu’il utilise.

Vincent Segal et Alain Jean-Marie nous emmèneront à Cuba avec un sensuel hommage au grand Larry Harlow, pianiste emblêmatique de la Fania All Stars (le 12 novembre à la Synagogue Copernic).

Yaron Herman invitera Michel Portal au Carré Belle-Feuille le 13 novembre, où il présentera les compositions de son dernier album « Alter Ego » mais aussi des « morceaux surprises » imprégnés de ses origines juives et israéliennes. Il sera accompagné notamment par Emile Parisien au saxophone et Stéphane Kerecki à la contrebasse.

La scène israélienne, de plus en plus importante, sera représentée le 19 novembre par le grand saxophoniste Daniel Zamir. Ce concert sera une première en France. Cet artiste très influent dans son pays (son album « Amen », signé par le label Tzadik de John Zorn, a été l’une des plus grosses ventes de disques en Israël), viendra jouer un répertoire de musiques juives teintées de World music. Il sera accompagné par un trio jazz de choc composé par Omri Mor au piano, Amir Bresler à la batterie et Gilad Abro à la contrebasse (le 19 novembre au Musée d’Art et Histoire du Judaïsme).

Le saxophoniste Shauli Einav, tout droit revenu de New York où il a joué avec Avishai Cohen, Jonathan Blake ou encore Quincy Davis, lui succèdera le 21 novembre à l’Espace Rachi.

Et si l’on a encore soif de musique : rendez-vous après le concert avec un invité surprise qui jouera chaque soir dans un club différent à proximité.

Yaël Angel

 

Toute la programmation du festival sur http://www.jazznklezmer.fr

Infos et réservations : 01 43 31 93 60

 

Pass 3 concerts 20 € / Tarif réduit à demander par téléphone / Dernières places pour le concert de Guillaume Perret proposées au tarif réduit (20 €)

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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 08:58

Bonsaï Music 2013

Emmanuel Bex, Nico Morelli, Mike Ladd

 morelli.jpg

 

C'est un album rare. Et précieux.

B 2 Bill ce n'est pas 4 mains mais bien 4 claviers qui ne font qu'un seul dans une osmose totale. Bex et Morelli signent en effet tous les 2 (en compagnie de Mike Ladd sur plusieurs titres) l’un des plus modernes et des plus émouvants hommages qui puissent être rendu au pianiste de Painfileds.

L’organiste et le pianiste sont ici en totale fusion, se complétant plus que dialoguant, s’appuyant l’un sur l’autre, créant ensemble un son original à la fois électrique et acoustique. Dans cet hommage brillant et moderne a Bill Evans il fallait parvenir à revisiter ainsi l'œuvre du pianiste en s’affranchissant des codes du jazz modal. Pari risqué d’une écriture et surtout d'arrangements audacieux naviguant sans cesse entre les sonorités de l’orgue et celles du piano. Pari fou , insensé et pourtant totalement renversant.

Comment par ce simple duo de ces deux claviers parvenir à relire Bill Evans en transmettant autant d’émotion ! Cette émotion qui effleure puis qui submerge dans B minor Waltzcomme une longue marche empreinte d'une infinie tristesse. Une tristesse mineure. Tout est réinventé. Tout est relu avec un supplément d'âme. Jusqu'à ce Waltz for debbyadmirable de swing derrière la voix de Mike Ladd et un leitmotiv " Everybody digs me" en référence au légendaire « Everybody digs » du pianiste enregistré en 1958 aux débuts de sa carrière.  Incroyablement fort ! Mais il y a du groove aussi comme dans ce Bill in puglia qui tourne sur autour d'harmonies étranges avec un swing irrésistible et fascinant. Presque hypnotique. On est plus dans l’approche personnelle de Nico Morelli qui s’approprie Bill Evans sur les terres de la pizica. Groove aussi sur Five sur le mode tournerie, avec l'incise de la voix de Mike Ladd, des voicing d'Emmanuel Bex ou même de la voix de Bill Evans en illustration sonore.

Oeuvre iconoclaste, déroutante et jamais monolithique. Il y a par exemple dans ce Bill in Space quelque chose de totalement lunaire. Une sorte de flottement dans un monde onirique, fantasmagorique où la voix ténébreuse de Mike Ladd et les voicing du clavier de Bex pénètrent dans un rêve évoquant le fantôme de Bill Evans. Il faut entendre  ce Bill' Heart à pleurer d’émotion parce que l'on a pas entendu souvent de si bel hommage, de si beaux moments de pure grâce. Ou encore Children's play song très émouvant aussi.

Quelle lecture intelligente.

 

 

 

Et si le plus bel hommage que peuvent rendre des artistes, c’est de s’apprprier l’eouvre avec leur propre âme, sans imiter sans signer, en la revistant  leur façon tout en faisant passer l’amour qu’ils ont pour pour leur sujet, si l’hommage est de parvenir à nous donner l’envie d’y revenir sans cesse, alors effectivement il n’en est pas de plus beaux que celui que Bex et Morelli lui ont aujourd’hui rendu.

Jean-Marc Gelin

 

 

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30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 07:40

 

www.antoineherve.com 

Parution le 22 octobre 2013-10-26

Distribué par Harmonia Mundi

Produit par RV Productions

antoine-herve-3.jpg

 

 

Cinq pianistes pour six DVD : voilà le nouveau cadeau du pianiste Antoine Hervé qui paraît sous une forme compactée : des heures de bonheur en perspective  dans un joli petit objet économe en place. Là n’est pas le seul intérêt de ce savoureux coffret, dont chaque nouvel opus complète, éclaire ceux qui l’ont précédé. L’amateur aura ainsi, par exemple, désormais une démonstration convaincante sur le piano jazz  avec les trois volumes fondamentaux  dédiés à Oscar Peterson, Bill Evans et  Thelonius Monk (des pianistes au style très différent qui s’appréciaient au demeurant). Il ne s’agit pas seulement de dresser leur  portrait mais de faire comprendre comment a évolué le jazz sous les doigts de musiciens exceptionnels. 

Le coffret comprend trois rééditions (Oscar Peterson « Le swing et la virtuosité » 2DVDs parus en mai 2012), Keith Jarrett  «  Pianiste sans frontières » Octobre 2012, Dave Brubeck «Les rythmiques du diable » juin 2013.

Une nouveauté  Bill Evans «Turn out the stars»  paru en septembre 2013

Un inédit  Thelonius Monk «Le griot du be bop ».

 

Les deux dernières sessions furent filmées « live » à la collégiale d’Angers devant un public séduit. Comment en pourrait- il être autrement ? La série en tous points remarquable du pianiste de jazz Antoine Hervé sur les grands jazzmen du XXème siècle allie pédagogie, humour et ainsi développe la connaissance de cette musique. A présent unanimement reconnu, ce travail encyclopédique, sur un rythme soutenu, constitue une somme impressionnante qui éveille l’intérêt des amateurs éclairés comme des néophytes, les bonus s’adressant plus particulièrement aux musiciens soucieux d’étudier plus en profondeur certains aspects du style (les recherches harmoniques de Bill Evans ou l’originalité de Thelonius Sphere Monk).

antoine-herve-2.jpg

La représentation du piano  sur l’écran vidéo du piano permet de suivre en direct le jeu alerte du pianiste sur les touches blanches et noires, de voir comment se «fabrique » la musique. Antoine Hervé comme son alter ego et ami Jean-François Zygel dans sa boîte à musique, parviennent à rendre la musique plus accessible, ils  en démocratisent  l’accès ou du moins la connaissance par ses concerts commentés de façon ludique. Antoine Hervé y met tellement de bonne volonté que ça marche à tous les coups. On en arriverait presque à croire qu’il est facile de jouer du jazz. A défaut de devenir musicien(ne), on comprend un peu mieux et en s’amusant, ce qui est assurément non négligeable. Car la leçon de ce cycle de concerts est à la fois cérébrale et sensible. On en sort comme « initié ». « Ludidactique » en un mot, telle est le résultat de cette histoire de séduction et de musique.

 

NB : La Leçon de Jazz tourne d’ailleurs en France et remporte un vif succès dans le off d’Avignon depuis deux ans, où la musique prend de plus en plus de place dans la programmation.

 

Sophie Chambon

 

 

 


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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 21:00

 

    

À l’occasion de la sortie de son dernier album  «  Birds requiem » nous avons rencontré Dhafer Youssef. Je joueur d'Oud et chanteur Tunisien est revenu pour nous sur sa vision de la musique, sur son chant et sur ses inspirations Soufie ou plutôt devrions-nous dire mystiques.

Naviguant entre la france, la Tunisie, l'Autriche, la Turquie ou la Norvège, c'est un Dhafer Youssef citoyen du monde serein et tranquille que nous avons rencontré.

 

(A retrouver aussi demain sur l'émission d'Alex Dutilh, Open Jazz sur France musique à 18 h sur France Musique)

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 bio_pic.jpg

 

 

Que représente cet album pour toi dans ta discographie

 

DY : C’est un moment de mon évolution personnelle. Chaque album est une étape. Je le trouve que c’est l’album du commencement de ma maturité. Comme artiste et surtout comme être humain. Un artiste n’est pas divisé entre son travail d’artiste et son travail,d’être humain. Les deux se confondent. Cet album est arrivé à un moment où je me suis senti obligé de travailler avec ces musiciens-là. Mais je ne sis pas dans une démarche où je fais un album par besoin de me justifier en tant qu’artiste.

 

DY : Tu évoques une dimension cinématographique de ton travail. Pourquoi ?

Je pense ma musique comme évocatrice d’images. En tout cas c’est comme cela que je compose, en voyant des cènes qui se passent dans un théâtre ou dans un film. Mais il y a une suite dans l’album, une sorte de leitmotiv.

 

Quelles étaient les images que tu avais en tête ?

 

DY : Je sortais d’une période où ma mère était en très mauvaise santé. Du coup j’étais très mélancolique. Pas triste mais j’étais entrain de dire au revoir à ma mère sans réellement savoir si elle allait me quitter demain ou après-demain. Cela m’a donné une force incroyable. Un peu comme si je prenais l’humanité de ma mère pour me renforcer. UN peu comme boire chaque gorgée de vin, chaque goutte de bonheur que je voulais dédier à ma mère mourante. Mais en même temps je ne voulais pas vraiment lui dédier l’album parce que je sentais que je l’avais déjà fait.

 

Quand tu écris Hyme to the absent, c’est en référence à ta mère ?

 

DY : Depuis le moment où tu a s eu le master , j’ai changé le titre. Il s’appelle maintenant Sweet blasphemy ( Doux Blasphème). Mais je ne voulais pas être trop direct dans cet hommage à ma mère. Je ne veux pas évoquer directement et imposer une idée ou des images à celui qui écoute. Je veux qu’il se sente libre d’imaginer ce qu’il veut.

 

Il pourrait donc n’y avoir aucun titre à tes morceaux ?

 

DY : Exactement . mais pourquoi ce titre ? J’étais inspiré par un livre d’Elik Shafak ( écrivaine turc). Elle a écrit beaucoup de livres très intéressants et notamment « Soufi mon amour » qui s’inspire notamment de Roumi, le prédicateur persan ( 1207-1273) qui est à l’origine du soufisme. Je chante dans ce titre un texte d’Abbû Nouwâs qui parle du vin

 

 

 

 

 

D’où le caractère blasphématoire

 

DY : Je suis né en Tunisie, un pays musulman, qui prend la voie de le devenir de plus en plus. Pourtant ma foi n’est pas seulement islamique, mes rêves ne sont pas l’Islam ou la religion en elle-même. Je vis sur ce fil étroit entre le monde de ma famille, de maa nation et l’autre partie qui est mon monde intérieur.

 

 

 

Tu parles de la distinction entre religion et mysticisme ?

 

DY : Pour beaucoup je fais juste de la musique soufie avec un peu de jazz, de classique, d’orient etc… Mais au final je ne suis pas Soufi, même si cela l’intéresse énormément. Et cela même si l’idée de ce disque est dédiée à un maître soufi. Mais je ne suis pas au service de ce maître. Je me sens très libre. Ce qui m’intéresse dans le soufisme ce n’est pas la religion mais la mystique. C’est cela qui m’intéresse chez Coltrane par exemple. Je me fiche de savoir si c’est spirituel ou pas, je veux juste que les gens s’en fassent quelque chose de très personnel, très intime, mystique ou pas.

Dans ma vie de tous les jours je suis quelqu’un de très nerveux, je cours partout, je passe ma vie à bouger. Mais dans la musique c’est une deuxième nature qui s’exprime. Dès que je joue je passe dans un  état second. Dans la vie nous avons toujours besoin de nous revendiquer. On est toujours en compétition avec les autres. Mais avec la musique je n’ai jamais ressenti cela. La musique est pour moi, source de zénitude.

 

 

 

Il y a dans l’album une vraie rencontre, celle avec Hüsnü Selendirici, le clarinettiste

 

DY : C‘était pour moi une vraie révélation. C’est pour moi, la voie de Dieu. J’ai entendu parler de lui il y a quelques années, ensuite j’ai eu l’occasion de l’écouter et ce fut pour moi un vrai choc. Il a un trio qui s’appelle Taksim Trio. C’est une sorte de maître aussi pour moi. Il a un son incroyable qui fait que tout le monde pense qu’il joue de la clarinette basse. Sa clarinette et ma voix parviennent, je pense à créer un son unique. On est un peu comme des hirondelles qui s’envolent ensemble.

 

 

Ta voix est incroyable. Tu montes dans des aigus hallucinants. Est elle enregistrée en l’état ou y a t-il du mixage ?

 

DY : Non, il n’y a rien. C’est celle que tu entends en concert.

 

Comment arrive t-on à une telle liberté vocale ? Tu travailles beaucoup ta voix ?

 

DY : Oui lorsque j’étais jeune. Mais maintenant je dois avouer que je ne le fais plus. Par contre je fais attention, à bien dormir, à bien m’alimenter.

 

   

Comment as-tu appris à chanter


......  Retrouvez ici la suite de l'interview de Dhafer Youssef

 

 

 

 

 

Sortie de " Bird requiem " le 28 octobre chez Okeh

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