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26 juillet 2014 6 26 /07 /juillet /2014 14:50

Plus Loin Music 2014

Thomas Savy ( clb), Michael Felberbaum (g), Pierre de Bethmann (p, fder), Stephane Kerecki (cb), Karl Jannuska (dms)


 Thomas-Savy-Bleu-300x300.jpg

Forcément Thomas Savy, grand amateur de rugby devant l’éternel a dû faire sien cet adage : "on ne change pas une équipe qui gagne".

 

Souvenez vous, il y a quelques années de cela, en 2006 nous nous étions enflammés pour la première édition d’Archipel dans ces colonnes mêmes (THOMAS SAVY: Archipel)

Le clarinettiste remet le couvert aujourd’hui avec la même équipe et surtout un nouvel archipel à découvrir. Un archipel aux couleurs bleutées des notes bleues du blues et d'un jazz aussi bleu que la jazz peut être bleu.

Digne héritier de Jimmy Giuffre parfois, d’Etic Dolphy d’autres fois, Thomas Savy donne le sentiment qu’avec une clarinette basse il parviendrait à jouer seul le son d’un orchestre tout entier. Il passe de la longue phrase mélodique glissante à l’apreté du blues avec une facilité confondante, alliant dans un même mouvement la saleté qui colle aux basques d’un jazz poisseux (Stones, Misterioso) aux élégantes ligne mélodiques ( Archipel, Father bear). C’est que Thomas Savy exprime la synthèse même de ce qu’il est : un musicien aussi classique que jazz. Ou aussi jazz que classique. C’est vous qui voyez. Lorsque l’énergie vient du plus profond  des poumons et du ventre et s’exprime dans des moments où la puissance de ce qui est dit se marie à sa légèreté des notes flottantes, Thomas Savy montre bien qu’il est vraiment l’un des très grands de l’instrument.

Sa complémentarité avec Michael Felberbaum est éclatante et chaque intervention de ce dernier est une sorte d’enluminure, comme le prolongement naturel du discours du clarinettiste, par d’autres moyens.

 L’album est tout simplement beau. Parfois touchant aussi comme sur ce Father Bear comes Home où l’on imagine quelle belle berceuse Thomas Savy doit jouer à ses enfants avant qu’ils ne s’endorment.  Archipel c’est aussi des climats entre chiens et loups qui s’installent parfois (Stones) Et puis il y a derrière Archipel un groupe tout entier qui interagit au quart de tour (écouter O’Mc Henry, thème composé par Karl Jannuska), totalement fusionnel.

Magnifique version aussi de Misterioso où les graves de la clarinette de Thomas Savy offrent une superbe lecture du thème de Monk qui ne dévoile entièrement et pudiquement qu’à la fin de ce long préliminaire.

 

Duke Ellington et Billy Strayhorn disait «  a drum is a woman ». Où l’on découvre ici qu’Archipel n’est pas un ensembe d’îles mais au contraire d ‘ « elles ». Avec cet album Thomas Savy donne à la clarinette basse des allure félines de femmes ensorcelantes, à la fois chanteuses et danseuses lascives, irrésistiblement sensuelles qui nous prennent sournoisement dans leurs filets.

Un acte d’amour en somme.

Jean-Marc Gelin

 

 

 

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24 juillet 2014 4 24 /07 /juillet /2014 09:11

 

joshuaredman trios cover

Nonesuch rcords 2014

 

Joshua Redman (ts, ss), Gregory Hitchinson (dms), Matt Penman (cb) ou Reuben Rodgers (cb)

 

Sur le chemin de votre bel été, vous aurez certainement l’occasion de croiser un festival de jazz. Et dans ce festival vous aurez peut être l’occasion de tomber sur le jour où Joshua Redman se produira sur scène.  Alors, si vous ne connaissez pas l’animal ( et que donc, vous habitiez sur la planète mars durant les 20 dernières années), ce disque est absolument fait pour vous et vous donnera un bel aperçu de ce qui vous attend.

Enregistré en trio pianoless, en live dans deux clubs américains , au Jazz Standard de New York ou au Blues Alley de Washington DC, cet album est la démonstration éclatante du talent fou du saxophoniste. Il sait à peu près tout faire avec son biniou. Il peut vous tuer avec ce son venu de toute sa tradition jazzistique, comme sur Mack The Knife ou Never let me go. Ce son qui vient de tous les grands ténors en passant par Rollins bien sûr mais aussi Coleman Hawkins qui, on le jurerait, lui fait des clins d’œil de sa tombe. Plus aucun ténor n’ose aujourd’hui jouer avec ce son si grave. Ce son qui se perd un peu aujourd’hui et qui ramène à toute la tradition.

L’ancien maître de L’Elastic Band ( où il faisait le monde plus funky) groove comme un Dieu, se permet des moments de folie douce ( Trinkle, tinkle), se fraye son chemn en mutin de l’improvisation alerte. L’auteur de  James Farm installe une proximité immédiate avec son public avec une belle générosité. Ca sent la chaleur moite et l’odeur un peu acre des verres d’alcools de clubs de jazz. On imagine le public debout, n’y tenant plus.

 

A 45 ans le fils de DeweyRedman est à son zenith et tutoie les étoiles du jazz. Parmi les plus grands ténors actuels. Joshua Redman montre qu’il ne se cantonne pas à ces grandes performances données partout dans le monde et organisées par des tourneurs qui lui font remplir des salles énormes mais qu’il reste aussi un jazzman de club, celui qui sait mettre le feu avec ses acolytes complices et tout aussi coupables.

 

Si vous l’avez loupé dans le début de l’été, Redman vous donne une autre chance

-       samedi 27 juillet en clôture du festival du Parc Floral à Paris

-       à Vannes le 29 juillet

-       à Jazz à la Villette le 9 septembre

 

 

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18 juillet 2014 5 18 /07 /juillet /2014 08:27

 

Jazz à Radio France : déjà plus de 4000 signatures pour la pétition

Lancée voici une semaine par le pianiste Guillaume de Chassy, et un prestigieux comité de musiciens dont les membres d’honneur sont Martial Solal et Francis Marmande, la lettre-pétition adressée aux autorités de Radio France et de l’Etat (ministère de la Culture, Elysée) pour le maintien du Bureau du jazz de Radio France a déjà recueilli plus de quatre mille signatures. Des musiciens de toutes nationalités, des organisateurs de festivals, des patrons de clubs, des responsables de maisons de disque ont signé ce texte qui a été relayé par de nombreux médias spécialisés et également généralistes, témoignant de la vive émotion suscitée par la coupe claire décidée par Radio France pour la diffusion du jazz. A la mi-journée le  16 juillet, ils étaient déjà 4071 à avoir manifesté leur engagement.

Une telle mobilisation n’a pas été sans provoquer un certain étonnement, teinté d’agacement, chez certains responsables de la radio publique. Jean-Pierre Rousseau, le nouveau directeur de la musique à Radio France s’est défendu sur son blog dans un article consacré au festival d’Aix en Provence où la ministre de la culture, Aurélie Filippetti a jeudi dernier évoqué la programmation musicale de Radio-France.

Nous citons les propos de M. Rousseau : « Il y a eu de l’émoi sur les réseaux sociaux, comme toujours en France, sur la base de rumeurs, de suppositions, certains ont lancé des pétitions pour protester contre quelque chose qui n’a pas eu lieu et qui n’aura pas lieu…La ministre, que j’ai complètement rassurée, me prenant à témoin, réaffirme : "L’exposition des musiques de création et du jazz est intangible pour le ministère. Ces musiques doivent avoir toute leur place et je ne doute pas qu’elles l’auront". » (fin de citation).

Il reste que le responsable du Bureau du Jazz, Xavier Prévost, a témoigné la semaine passée que son contrat pour son émission "Le bleu, la nuit….", sur France Musique, ne serait pas renouvelé (ainsi que lui a indiqué le 26 juin la nouvelle directrice de France Musique, Marie-Pierre de Surville); et que son autre contrat, celui du bureau du jazz de Radio France, ne serait pas davantage reconduit (comme l’en a informé Jean-Pierre Rousseau le 3 juillet).

Pour l’instant, les initiateurs de la lettre-pétition souhaitent ardemment rencontrer les responsables de Radio-France pour obtenir des éclaircissements sur ce dossier et des garanties sur la place du jazz dans les programmes et le maintien du Bureau du Jazz, qui contribue à la création et à la diffusion du jazz par l’organisation de concerts à la Maison de la Radio. Une trentaine d'orchestres s'y produisent chaque année, et la retransmission des concerts sur les antennes de la radio publique, et également sur le réseau des radios partenaires (UER en Europe, NHK au Japon, NPR aux USA) participe largement au rayonnement de la scène hexagonale.

Les analystes de la jazzosphère se plaisent aujourd’hui à rappeler que voici deux ans, la toute jeune ministre de la culture avait choisi de consacrer une de ses premières sorties dans le milieu du spectacle vivant au festival de Marciac…. Qui avait également reçu la visite du président François Hollande…C’était en août 2012.

 Jean-Louis Lemarchand

 

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17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 07:58

du 10 juillet au 15 septembre

 

GALERIE ARGENTIC

7 rue Taylor

75010

peres.jpg

 

Martial Peres, vous ne le voyez pas mais à chaque concert on peut percevoir son crâne dégarni au premier rang, disparaître sous une forêt d'appareils photos.

Martial photographie depuis des années les plus grandes stars du jazz en noir et blanc, en argentique. On sait notamment la passion qu'il porte aux jazz woman dont il livre des clichés rares. Ces dames doivent finir par le savoir tant elles semblent bien le lui rendre.

 

L'occasion, durant une de vos ballades estivales dans Paris d'aller voir cette belle exposition. Touchante.

 

A ne pas manquer

 

expo peres

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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 10:43

Quelle soirée, mazette ! Mon garçon, si tu avais réservé ta soirée depuis longtemps pour assister à l'improbable victoire de la France en finale de la coupe du Monde, saches que tu as loupé quelque chose de terrible hier soir.
Cela a d'abord commencé par l'attaque du Fort par une armée en marche, une batucada qui venait prendre la place dans un déluge de tambours hypnotiques. Ca déjà, t'as loupé.
Mais le pire c'est qu'ils furent contraints de battre en retraite par trois généraux : Batiste Trotignon (Enôorme hier soir) et Thomas Bramerie menés à la baguette par le généralissime Aldo Romano. Pendant que tu attendais, devant ta télé un but qui n'arrivait décidément pas, nous assistions quant à nous à l'émergence d'un power trio inspiré, dévalant le bop sous les doigts d'un Batiste Trotignon inspiré ou encore une magnifique valse jazz ( Il Camino) jouée avec la générosité des vainqueurs.
Mais, justement puisque l'on parle de générosité, figures toi que les renforts ne tardèrent pas à arriver. Je dis bien LES renforts puisqu'arriva alors, avec perte et fracas MONICA PASSOS, balayant la scène de toute sa présence et de toute sa liberté. Et Monica envoute Porquerolles, rit avec le public, harangue le peuple de gauche, milite et chante, cite Aristote et St Augustin, fait pleurer l'assistance lorsqu'elle chante du Gismonti. Mon garçon, ton but libérateur tardait encore à venir que Monica elle, délivrait la terre entière, faisait la paix avec les guerriers aux tambours, les faisaient monter sur scène pour faire danser le monde. Alors que toi ce soir tu voyais sur ton écran Angela gagner sa minuscule petite guerre, Monica elle sur la scène de Porquerolles réconciliait le monde de toute son humanité. De toute sa générosité.

Jean-Marc Gelin

 

 

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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 10:41

 

 

Aujourd'hui sous le palmier, hier sous l'eucalyptus, demain sous le bougainvilliers, Simone transforme chaque échantillon de la végétation méditerranéenne de la place d'armes en autant d'arbres à palabre. Chaque midi, elle interpelle, improvise, illumine. Elle slamme, scatte, multiplie les chorus poétiques. A partir des mots que lui confient les passants, elle raconte les histoires les plus insolites, "Cacatoès", "Ouistiti", "Anticonstitutionnellement" : aujourd'hui la barre est haute. Simone tire le fil des mots comme une funambule. Un moment elle hésite, on pense qu'elle ne pourra pas rebondir. Très vite, elle reprend le cours de son inspiration comme si elle était un puits sans fond de phrases. Son verbe est aussi mouvement. Elle se rapproche de son interlocuteur, lui murmure les mots au plus près, comme pour lui inoculer le don des langues. Simone Lagrand se définit comme " paroleuse". Le néologisme lui va comme un gant. Ni Griot au féminin, ni slammeuse, ni crieuse, juste une femme de paroles. Depuis une première rencontre à la Martinique avec Franck Cassenti, elle revient chaque année au festival pour y jouer des rôles différents. Ce qu'elle propose cette année est inédit : il s'agit de créer une zone d'improvisation langagière devant le bureau du festival en impliquant des passants qui tous malheureusement ne s'arrêtent pas. Ceux qui le font découvrent une personnalité hors normes, exubérante, généreuse, soucieuse de provoquer le contact avec chacun. Installée depuis quelque temps à Paris, Simone écrit, beaucoup, une poésie par jour, une pièce de théâtre, des spectacles de sampling de mots. Elle s'est inscrite récemment à une formation universitaire d'écriture créative pour étancher sa soif d'apprendre. La fin de l'après-midi venant, lorsque les ombres s'allongent sur la place d'armes, Simone fait une autre proposition : "La criée". Elle lit, ou plutôt interprète, les mots et les poésies rédigées à son intention par les festivaliers et les habitants et confiées à un petit panier placé devant la mairie. Tous n'ont pas son talent d'écriture, loin s'en faut. Messages de tendresse, dédicaces, poésie naïve, jeux de mots improbables : tout y passe dans un joyeux désordre. Simone s'efforce de faire vivre cette exercice de démocratie participative langagière avec enthousiasme. A ce moment-là on se dit qu'elle fait oeuvre de salut public. La paroleuse accomplit un geste quasi-politique : redonner confiance dans les mots.

Loïc Blondiaux

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13 juillet 2014 7 13 /07 /juillet /2014 11:46

 

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2014-3925.JPGLa soirée d'hier commença en toute intimité par un dialogue entre le trompettiste Christophe Leloil et le guitariste Nicolas Pacini, dans la tradition de ces duos qui font irrésistiblement penser à d'autres rencontre de ce type ( on pense à celle entre Chet Baker et Doug Raney). En revue Monk, Bill Evans ou même Don Cherry dans une belle visitation d'Art Deco en hommage à l'immense Charlie Haden disparu la veille. Les deux musiciens déployaient un tapis de velours dans le ciel étoilé de Porquerolles.

 

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Puis arriva celui qui depuis 13 ans ne manque pas une seule édition du festival. Monsieur Archie Shepp véritable incarnation du jazz et du blues montait sur scène sous les ovations d'un public tout entier acquis à sa cause. Et Archie semblait se sentir si bien, là précisément, avec ces musiciens d'immense talent, qu'il lui arrivait de tutoyer les anges, embarquant son saxophone très haut dans le ciel. Avec Jean-Paul Bourelly, ils déchiraient le ciel de ce blues rapeux qui dit plus que le blues lui même. Et Archie chantait avec cette voix venue des racines du jazz. De cette histoire noire qu'ils semblaient incarner corps et âme. Comme dans cette version magnifiée de Round Midnight avec ce son supplicié, déchiré ou encore avec cet hommage à Bessie Smith, autre reine du blues. Mais hier soir à Porquerolles, le royaume du blues et de la soul appartenait bel et bien à Archie.

Jean-Marc Gelin

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12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 09:31

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La soirée d'hier a commencé d'abord avec les Saltimbanques, sales gosses turbulents et doués, enfants d'Uzeste et "intermiteux" du spectacle comme ils s'intitulent eux-même. Ce septet fait de l' "amusique" en provocateurs loufoques et déjantés. Ils nous ont harangué avec un humour décalé et décapé au vitriol mélangeant dans un gros foutoir la musique et prise de parole suréaliste. Revendiquant une forme de "démagogie participative" ils se mêlent au public et le fait monter sur scène pour faire valser le jazz dans l'esprit libertaire des bandas de Gascogne. Mais il s'agit surtout d'un spectacle de rue qui malheureusement passe difficilement es planches .
Le public exulte pourtant de cette mise en bouche émoustillante avant que finalement ils ne laissent leur place aux Sorciers.

Car ce sont bien trois sorciers sympas qui entrent alors sur scène. Mais aussi trois immenses musiciens. Lubat commenca d'abord au piano, Portal en maître absolu de l'improvisation lui emboita le pas à la clarinette basse ou au soprano dont il tire mille nuances et reliefs. Sa musique, sublime coule de source, inventive et sinueuse, telle une rivière de diamants. Hamid Drake à la batterie se transforme en gourou, habité de tout son corps par cette science de la relance et des polyrythmies insensées dont il invente des chorégraphies magiques. La confluence de ces trois-là livre alors des moments d'une immense musicalité. Puis Lubat et Drake se livrent ensuite à une sorte de battle sous l'oeil amusé d'un Michel Portal qui ce soir, semblait véritablement aux anges.

Les trois sont connivents et heureux d'être là.

Mais le plaisir est de courte durée et Lubat fait alors venir ses protégés d'Uzeste pour finir la soirée en boeuf gascon et termine par un scat de Lubat comme un gigantesque éclat de jazz communicatif.



Jean-Marc Gelin

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11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 10:05

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Ce qu'il y a de magique à Porquerolles, c'est la simple générosité avec laquelle vous vous sentez accueilli. Ici pas de chichi, pas de grosses stars internationales, pas de service de sécurité aux gros bras, pas d'interdits stupides, simplement le sourire joyeux de la passion partagée : des bénévoles aux organisateurs et artistes, ici présents, la même banane aux lèvres et les mêmes lunettes fumées pour cacher les nuits d'after endiablées.

 

 


 

 

 

C'est en fanfare que chaque soir, nous montons au Fort St Agathe pour les concerts, une fanfare généreuse et joyeuse qui met en écoute...quand on pense qu'un admnistratif obtus avait proposé que cette fanfare traverse Porquerolles, ce bijou d'ile, en silence afin de ne pas troubler la sérénité des 300 ilotiers! Le festival de Porquerolles c'est aussi Simone que l'on croise chaque jour sous l'arbre à palabres et qui parole à partir de nos mots préférés. Paroleuse slammeuse, déclameuse, danseuse, chanteuse, joueuse, fiévreuse, joyeuse ! Hibiscus, Colibri, Terrasse, Solal, Dauphin, Ornythorinque, Piqûre....de tout elle fait son miel pour réjouir tous nos sens. Il y a aussi cet instant magique du matin au Hameau où petits et grands de 3 à 99 ans se retrouvent pour chanter ensemble sous les pins. L'endroit est idyllique avec ses grands pins centenaires créant des ilots d'ombre délicieux, ses petites agoras, ses recoins. De la polyphonie, de la polyrythmie, de la danse traditionnelle de Noirmoutiers, tout y est osé par de talentueux jeunes musiciens. Oui jeunes, car la jeunesse explose à Porquerolles !

 

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D'Archie Shepp aux jeunes d'Uzeste, de Lubat, Drake, Portal à Brad Mehldau...c'est ce qui fascine immédiatement ici, c'est la jeunesse, la fraicheur, la spontanéité de la musique partagée. Le jazz est ici métissé, coloré, bigarré, le jazz ici est vibrant et dansant. C'est ici un art de vivre, un art d'être à l'autre, ici une révolution silencieuse est en cours sous le signe des dieux. C'est un lieu rare.

Regine Coqueran

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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 21:37

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© Marie Claire DENIS / FIJM

 


Le producteur Jean-Philippe Allard a reçu le Prix Bruce-Lundvall décerné par le Festival International de Jazz de Montréal. Il est le 6e lauréat - Tommy LiPuma (2013), Michael Cuscuna (2012), George Wein (2011), Herman Leonard (2010) et Bruce Lundvall (2009)- du Prix portant le nom du producteur et actuel président de Blue Note, créé en 2009 lors de la 30e édition du Festival et décerné à une personnalité du milieu des médias ou de la musique qui a contribué au développement du jazz.

Jean-Philippe Allard œuvre dans le milieu de l’industrie musicale depuis plus de 30 ans. Il a notamment créé le département Jazz au sein de Polygram France et dirigé Universal Classique. Au rang des artistes qu’il a signés chez Universal Jazz France, citons notamment les Helen Merrill, Abbey Lincoln, Charlie Haden, Randy Weston, Kenny Barron et Ornette Coleman.

Cette année, Jean-Philippe Allard réactive le mythique label Impulse! dont il assure la direction. La première sortie de cette nouvelle page du label sera un album de Henry Butler et Steven Bernstein. Suivront plusieurs autres nouveaux projets dont celui de Kenny Barron et Dave Holland, Rodney Kendrick, Ran Blake, celui du trio Jean-Luc Ponty, Biréli Lagrène et Stanley Clarke, ainsi qu’un duo Charlie Haden-Jim Hall enregistré au festival de Montréal en 1990.

Jean-Louis Lemarchand

 

 

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