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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 10:43

Quelle soirée, mazette ! Mon garçon, si tu avais réservé ta soirée depuis longtemps pour assister à l'improbable victoire de la France en finale de la coupe du Monde, saches que tu as loupé quelque chose de terrible hier soir.
Cela a d'abord commencé par l'attaque du Fort par une armée en marche, une batucada qui venait prendre la place dans un déluge de tambours hypnotiques. Ca déjà, t'as loupé.
Mais le pire c'est qu'ils furent contraints de battre en retraite par trois généraux : Batiste Trotignon (Enôorme hier soir) et Thomas Bramerie menés à la baguette par le généralissime Aldo Romano. Pendant que tu attendais, devant ta télé un but qui n'arrivait décidément pas, nous assistions quant à nous à l'émergence d'un power trio inspiré, dévalant le bop sous les doigts d'un Batiste Trotignon inspiré ou encore une magnifique valse jazz ( Il Camino) jouée avec la générosité des vainqueurs.
Mais, justement puisque l'on parle de générosité, figures toi que les renforts ne tardèrent pas à arriver. Je dis bien LES renforts puisqu'arriva alors, avec perte et fracas MONICA PASSOS, balayant la scène de toute sa présence et de toute sa liberté. Et Monica envoute Porquerolles, rit avec le public, harangue le peuple de gauche, milite et chante, cite Aristote et St Augustin, fait pleurer l'assistance lorsqu'elle chante du Gismonti. Mon garçon, ton but libérateur tardait encore à venir que Monica elle, délivrait la terre entière, faisait la paix avec les guerriers aux tambours, les faisaient monter sur scène pour faire danser le monde. Alors que toi ce soir tu voyais sur ton écran Angela gagner sa minuscule petite guerre, Monica elle sur la scène de Porquerolles réconciliait le monde de toute son humanité. De toute sa générosité.

Jean-Marc Gelin

 

 

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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 10:41

 

 

Aujourd'hui sous le palmier, hier sous l'eucalyptus, demain sous le bougainvilliers, Simone transforme chaque échantillon de la végétation méditerranéenne de la place d'armes en autant d'arbres à palabre. Chaque midi, elle interpelle, improvise, illumine. Elle slamme, scatte, multiplie les chorus poétiques. A partir des mots que lui confient les passants, elle raconte les histoires les plus insolites, "Cacatoès", "Ouistiti", "Anticonstitutionnellement" : aujourd'hui la barre est haute. Simone tire le fil des mots comme une funambule. Un moment elle hésite, on pense qu'elle ne pourra pas rebondir. Très vite, elle reprend le cours de son inspiration comme si elle était un puits sans fond de phrases. Son verbe est aussi mouvement. Elle se rapproche de son interlocuteur, lui murmure les mots au plus près, comme pour lui inoculer le don des langues. Simone Lagrand se définit comme " paroleuse". Le néologisme lui va comme un gant. Ni Griot au féminin, ni slammeuse, ni crieuse, juste une femme de paroles. Depuis une première rencontre à la Martinique avec Franck Cassenti, elle revient chaque année au festival pour y jouer des rôles différents. Ce qu'elle propose cette année est inédit : il s'agit de créer une zone d'improvisation langagière devant le bureau du festival en impliquant des passants qui tous malheureusement ne s'arrêtent pas. Ceux qui le font découvrent une personnalité hors normes, exubérante, généreuse, soucieuse de provoquer le contact avec chacun. Installée depuis quelque temps à Paris, Simone écrit, beaucoup, une poésie par jour, une pièce de théâtre, des spectacles de sampling de mots. Elle s'est inscrite récemment à une formation universitaire d'écriture créative pour étancher sa soif d'apprendre. La fin de l'après-midi venant, lorsque les ombres s'allongent sur la place d'armes, Simone fait une autre proposition : "La criée". Elle lit, ou plutôt interprète, les mots et les poésies rédigées à son intention par les festivaliers et les habitants et confiées à un petit panier placé devant la mairie. Tous n'ont pas son talent d'écriture, loin s'en faut. Messages de tendresse, dédicaces, poésie naïve, jeux de mots improbables : tout y passe dans un joyeux désordre. Simone s'efforce de faire vivre cette exercice de démocratie participative langagière avec enthousiasme. A ce moment-là on se dit qu'elle fait oeuvre de salut public. La paroleuse accomplit un geste quasi-politique : redonner confiance dans les mots.

Loïc Blondiaux

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13 juillet 2014 7 13 /07 /juillet /2014 11:46

 

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2014-3925.JPGLa soirée d'hier commença en toute intimité par un dialogue entre le trompettiste Christophe Leloil et le guitariste Nicolas Pacini, dans la tradition de ces duos qui font irrésistiblement penser à d'autres rencontre de ce type ( on pense à celle entre Chet Baker et Doug Raney). En revue Monk, Bill Evans ou même Don Cherry dans une belle visitation d'Art Deco en hommage à l'immense Charlie Haden disparu la veille. Les deux musiciens déployaient un tapis de velours dans le ciel étoilé de Porquerolles.

 

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Puis arriva celui qui depuis 13 ans ne manque pas une seule édition du festival. Monsieur Archie Shepp véritable incarnation du jazz et du blues montait sur scène sous les ovations d'un public tout entier acquis à sa cause. Et Archie semblait se sentir si bien, là précisément, avec ces musiciens d'immense talent, qu'il lui arrivait de tutoyer les anges, embarquant son saxophone très haut dans le ciel. Avec Jean-Paul Bourelly, ils déchiraient le ciel de ce blues rapeux qui dit plus que le blues lui même. Et Archie chantait avec cette voix venue des racines du jazz. De cette histoire noire qu'ils semblaient incarner corps et âme. Comme dans cette version magnifiée de Round Midnight avec ce son supplicié, déchiré ou encore avec cet hommage à Bessie Smith, autre reine du blues. Mais hier soir à Porquerolles, le royaume du blues et de la soul appartenait bel et bien à Archie.

Jean-Marc Gelin

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12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 09:31

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La soirée d'hier a commencé d'abord avec les Saltimbanques, sales gosses turbulents et doués, enfants d'Uzeste et "intermiteux" du spectacle comme ils s'intitulent eux-même. Ce septet fait de l' "amusique" en provocateurs loufoques et déjantés. Ils nous ont harangué avec un humour décalé et décapé au vitriol mélangeant dans un gros foutoir la musique et prise de parole suréaliste. Revendiquant une forme de "démagogie participative" ils se mêlent au public et le fait monter sur scène pour faire valser le jazz dans l'esprit libertaire des bandas de Gascogne. Mais il s'agit surtout d'un spectacle de rue qui malheureusement passe difficilement es planches .
Le public exulte pourtant de cette mise en bouche émoustillante avant que finalement ils ne laissent leur place aux Sorciers.

Car ce sont bien trois sorciers sympas qui entrent alors sur scène. Mais aussi trois immenses musiciens. Lubat commenca d'abord au piano, Portal en maître absolu de l'improvisation lui emboita le pas à la clarinette basse ou au soprano dont il tire mille nuances et reliefs. Sa musique, sublime coule de source, inventive et sinueuse, telle une rivière de diamants. Hamid Drake à la batterie se transforme en gourou, habité de tout son corps par cette science de la relance et des polyrythmies insensées dont il invente des chorégraphies magiques. La confluence de ces trois-là livre alors des moments d'une immense musicalité. Puis Lubat et Drake se livrent ensuite à une sorte de battle sous l'oeil amusé d'un Michel Portal qui ce soir, semblait véritablement aux anges.

Les trois sont connivents et heureux d'être là.

Mais le plaisir est de courte durée et Lubat fait alors venir ses protégés d'Uzeste pour finir la soirée en boeuf gascon et termine par un scat de Lubat comme un gigantesque éclat de jazz communicatif.



Jean-Marc Gelin

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11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 10:05

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Ce qu'il y a de magique à Porquerolles, c'est la simple générosité avec laquelle vous vous sentez accueilli. Ici pas de chichi, pas de grosses stars internationales, pas de service de sécurité aux gros bras, pas d'interdits stupides, simplement le sourire joyeux de la passion partagée : des bénévoles aux organisateurs et artistes, ici présents, la même banane aux lèvres et les mêmes lunettes fumées pour cacher les nuits d'after endiablées.

 

 


 

 

 

C'est en fanfare que chaque soir, nous montons au Fort St Agathe pour les concerts, une fanfare généreuse et joyeuse qui met en écoute...quand on pense qu'un admnistratif obtus avait proposé que cette fanfare traverse Porquerolles, ce bijou d'ile, en silence afin de ne pas troubler la sérénité des 300 ilotiers! Le festival de Porquerolles c'est aussi Simone que l'on croise chaque jour sous l'arbre à palabres et qui parole à partir de nos mots préférés. Paroleuse slammeuse, déclameuse, danseuse, chanteuse, joueuse, fiévreuse, joyeuse ! Hibiscus, Colibri, Terrasse, Solal, Dauphin, Ornythorinque, Piqûre....de tout elle fait son miel pour réjouir tous nos sens. Il y a aussi cet instant magique du matin au Hameau où petits et grands de 3 à 99 ans se retrouvent pour chanter ensemble sous les pins. L'endroit est idyllique avec ses grands pins centenaires créant des ilots d'ombre délicieux, ses petites agoras, ses recoins. De la polyphonie, de la polyrythmie, de la danse traditionnelle de Noirmoutiers, tout y est osé par de talentueux jeunes musiciens. Oui jeunes, car la jeunesse explose à Porquerolles !

 

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D'Archie Shepp aux jeunes d'Uzeste, de Lubat, Drake, Portal à Brad Mehldau...c'est ce qui fascine immédiatement ici, c'est la jeunesse, la fraicheur, la spontanéité de la musique partagée. Le jazz est ici métissé, coloré, bigarré, le jazz ici est vibrant et dansant. C'est ici un art de vivre, un art d'être à l'autre, ici une révolution silencieuse est en cours sous le signe des dieux. C'est un lieu rare.

Regine Coqueran

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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 21:37

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© Marie Claire DENIS / FIJM

 


Le producteur Jean-Philippe Allard a reçu le Prix Bruce-Lundvall décerné par le Festival International de Jazz de Montréal. Il est le 6e lauréat - Tommy LiPuma (2013), Michael Cuscuna (2012), George Wein (2011), Herman Leonard (2010) et Bruce Lundvall (2009)- du Prix portant le nom du producteur et actuel président de Blue Note, créé en 2009 lors de la 30e édition du Festival et décerné à une personnalité du milieu des médias ou de la musique qui a contribué au développement du jazz.

Jean-Philippe Allard œuvre dans le milieu de l’industrie musicale depuis plus de 30 ans. Il a notamment créé le département Jazz au sein de Polygram France et dirigé Universal Classique. Au rang des artistes qu’il a signés chez Universal Jazz France, citons notamment les Helen Merrill, Abbey Lincoln, Charlie Haden, Randy Weston, Kenny Barron et Ornette Coleman.

Cette année, Jean-Philippe Allard réactive le mythique label Impulse! dont il assure la direction. La première sortie de cette nouvelle page du label sera un album de Henry Butler et Steven Bernstein. Suivront plusieurs autres nouveaux projets dont celui de Kenny Barron et Dave Holland, Rodney Kendrick, Ran Blake, celui du trio Jean-Luc Ponty, Biréli Lagrène et Stanley Clarke, ainsi qu’un duo Charlie Haden-Jim Hall enregistré au festival de Montréal en 1990.

Jean-Louis Lemarchand

 

 

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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 07:48

La direction de la musique de Radio France ne reconduit pas cette programmation de concerts de jazz en octobre

 



Le bureau du jazz, créé par Lucien Malson en 1961, pris en charge en 1975 par André Francis, puis par Xavier Prévost en 1997, produisait des concerts qui ont toujours reflété la vitalité, et la diversité, de la scène hexagonale. Ces concerts ("Jazz vivant" jusqu'en 1998, puis "Jazz sur le vif"), diffusés sur les antennes de la radio publique (principalement ces dernières années France Musique) étaient également offerts en diffusion aux radios membres de l'UER (Union Européenne de Radiotélévision) et aux membres associés (NHK au Japon, NPR aux USA…), assurant ainsi un rayonnement de la scène hexagonale.

 

Le projet de la direction de la musique est de restructurer ses équipes et de recruter une ou des personnes pour assurer une programmation plus transversales (musiques actuelles, musiques du monde, jazz…). Dans l'état actuel des informations, aucun concert ne serait envisagé avant janvier 2015, au plus tôt. L'un des arguments avancés étant la disponibilité des salles en raison des travaux en cours à Radio France. Mais le studio 105, où se tenaient les concerts "Jazz sur le vif", est encore opérationnel pour la saison 2014-2015, et les services de planification ont d'ores et déjà affecté son usage à des émissions publiques, et à d'autres productions de radio. L'argument de l'indisponibilité ne tient donc pas. Pour mémoire on attendait de la précédente direction, depuis début mars, des informations sur la réalité d'une saison "Jazz sur le vif" 2014-2015, avec le budget afférent, car le budget 2014  s'interrompait en juin, alors qu'auparavant c'était un budget d'année civile, incluant donc le début de la saison suivante. Des dizaines de musiciens et de groupes attendaient depuis mars une réponse à leurs projets et propositions.

 

Voici donc en résumé la situation :

 

- En l'état actuel de nos informations, la grille de France Musique perdra 2h30 de jazz par semaine (suppression de l'émission "Le bleu, la nuit…." De Xavier Prévost -2 h chaque samedi soir-, où étaient principalement diffusés les concerts ; réduction d'horaire pour Arnaud Merlin de 30 minutes, et abandon de la formule du "Matin des musiciens – jazz" dont l'approche didactique était accessible et passionnante). Cela s'ajoute à la suppression l'an dernier d'une heure de programme, celui de Franck Médioni, "Jazzistiques".

 

- Et les concerts "Jazz sur le vif" disparaissent, sans que aucune d'information explicite ni sur ce qui les remplacerait, ni sur le moment où cela prendrait effet.

 

Le rôle du service public de radiodiffusion dans la diffusion du jazz s'en trouve donc gravement altéré.

 

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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 21:12

 

Alto Sax legends

Collection OSD

Label Cristal records

http://www.cristalrecords.com/cristalrecords/fr/662

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 Autre numéro particulièrement recommandé de la collection OSD chez Cristal records, celui consacré à cet instrument  du jazz incontournable, le saxophone alto. Il mérite en effet toute notre attention, s’il est moins spectaculaire que le ténor ou la trompette, il n’en est pas moins « sexy », ce que confirme, dans sa nouvelle sélection, Claude Carrière.

Il a choisi une vingtaine de solistes qu’il présente par ordre chronologique de naissance et non d’enregistrement phonographique, ce qui place Jackie McLean, dont nous venons de rendre compte avec la biographie de Guillaume Belhomme, en avant-dernière position, alors qu’il avait débuté très jeune, bien avant Ornette. D’ailleurs, le grand Charlie Parker l’appréciait au point de lui laisser la place de temps à autre.

La transition est toute faite, puisque, indéniablement, c’est « Bird » qui est le musicien les plus emblématique de l’instrument, lui qui bouleversa l’esthétique du jazz. Néanmoins, l’intérêt de cette compilation est de nous faire entendre ceux qui précédèrent l’Oiseau, de Hilton Jefferson, premier alto recherché « à qui l’on confia le rôle principal le temps d’un morceau entier », à Johnny « le lapin » Hodges, l’un des grands solistes de l’orchestre de Duke Ellington, sans oublier Benny Carter, l’un des éléments novateurs dans la maîtrise de l’improvisation.

Et puis tous ceux qui suivirent Parker, de très près, dans tous les sens du terme (mention particulière à Sonny Stitt, éternel second) ou avec révérence mais originalité dans leur parcours : le très « féminin » Paul Desmond, alter ego de Dave Brubeck, le méconnu Gigi Gryce, le tourmenté Art Pepper... Et puis, il faudrait encore citer les maîtres de l’instrument qui ne furent pas vraiment des épigones, Lee Konitz, Eric Dolphy, Ornette Coleman...

Si on réentend toujours avec plaisir le « Lonely Woman » de ce dernier, on appréciera le « Take Ten » de Desmond en quartet sans Brubeck, l’ « Araphoe » d’Herb Geller avec sa femme Lorraine au piano et autre curiosité , Lennie Niehaus, qui fut aussi un grand compositeur- arrangeur du jazz West  Coast, ici  avec son octet  (Shelly Manne et Lou Levy entre autres), avant de devenir le collaborateur des B.O de Clint Eastwood. Clint Eastwood... Bird ? La boucle est bouclée.

Sophie Chambon  

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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 21:09

 

Greatest Songs

Label Cristal records/ harmonia mundi

http://www.cristalrecords.com/cristalrecords/fr/661 

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C’est dans la collection OSD (Original Sound De Luxe) du label Cristal que nous suivons fidèlement depuis des années que paraissent les meilleures compilations de jazz. Le concept de «compilation » est d’ailleurs magnifié dans cette collection dont le catalogue est concocté avec amour et érudition par Claude Carrière, l’un des meilleurs spécialistes de cette musique. Lire les notes de pochette de chaque album est d’ailleurs un bonheur à chaque nouvelle parution : précises, érudites et engagées, elles constituent un témoignage précieux sur la mémoire de cette musique aimée.

Dans le numéro dont il est question ici, Claude Carrière s’attaque à l’une des plus grandes figures de la comédie musicale à Broadway, auteur de centaines de standards (paroles et musique !) que nous ne savons pas toujours lui attribuer.

 Cole Porter est incontestablement avec Irving Berlin, l’auteur le plus prolifique, des années vingt jusqu’à la fin des années cinquante. Jugez plutôt: “Love for Sale”, “Night and Day”, “Anything Goes”, “Begin the Beguine”, “Easy to love”, “My Heart Belongs to Daddy”, “Every Time We Say Goodbye”, “All of You”. Notons que toutes ces chansons sont souvent gravées dans les mémoires dans l’interprétation qui les rendit célèbres, à Hollywood. Prenez Marilyn pour « My Heart Belongs to Daddy » dans Let’s Make Love ou Fred Astaire pour « Night and Day » dans l’une de ses séquences les plus «glamour» avec Ginger Rogers dans The Gay Divorcee. Pour Claude Carrière, j’ai cru comprendre qu’une de ses « madeleines » est le « All of me » de Silk Stockings où Fred Astaire a pour partenaire cette fois, la belle Cyd Charisse (aux jambes interminables, d’ailleurs plus grande que lui).

La sélection de Claude Carrière permet également aux amoureux du jazz vocal de retrouver des versions d’anthologie avec la fine fleur des jazzmen de l’époque où interviennent Carmen McRae, Julie London, Ella Fitzgerald, Peggy Lee, Billie Holiday, Anita O’Day, et pour les  «male singers» l’inoxydable Mel Torme, (« Get Out of Town ») ou Ray Charles sans oublier Louis Armstrong dans « Just One of These Things ».

 Vous l’aurez compris, cet album qui comporte 21 titres balaie la grande époque où jazz et comédie musicale étaient intimement liés, de 1934 « Miss Otis Regrets » avec Ethel Waters  et l’orchestre de Tommy Dorsey (la seule chanson de Cole Porter qu’elle ait enregistrée, un portrait de la journaliste-commère Elsa Maxwell) à 1962 avec le « Love for Sale » de Shirley Horn.

 Pour les plus anciens, voilà de quoi réveiller la nostalgie et donner une furieuse envie de réécouter ces merveilles. Avec cet opus, vous aurez de quoi cerner les fulgurances coleportiennes et vous en saurez plus qu’avec une longue biographie. Cet hommage est aussi hautement recommandé pour les plus jeunes qui découvriront ainsi d’où viennent certains airs populaires...

 

Sophie Chambon

En rappel, voir aussi le magnifique hommage, très actuel cette fois :

http://www.lesdnj.com/article-maria-laura-baccarini-furrow---a-cole-porter-tribute-98296140.html

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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 18:21
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