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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 13:28
Disparition du pianiste Maurice Vander
Disparition du pianiste Maurice Vander

J'ai découvert Maurice Vander en brillant accompagnateur de Claude Nougaro sur des disques trente-trois tours, comme on disait encore à l' époque. Époque relativement récente pourtant, le début des années quatre-vingt. Si j'écoutais beaucoup de variétés, sans trop de préjugés, les premiers albums de Michel Jonasz,avant "La boite de jazz", et de Claude Nougaro figuraient dans mes références, au même titre que ceux de Charles Trénet ou de Billie Holiday. J'y trouvais sans doute des affinités dans le son, le style, malgré les différences d'époque: cela transpirait le blues,  le jazz, le swing...le rythme quoi! 

Un des disques achetés et écoutés en boucle fut cet Assez! où Nougaro était porté par l’accordéoniste Richard Galliano, sous la direction de Maurice Vander avec l'éblouissant " Voiliers" inaugural, puis  "Clodi clodo", "Faire une chanson qui t'aille". Ou encore "Le coq et la pendule" que des jazzmen ont repris bien des années après. Je savais aussi que le pianiste était le père de Christian Vander dont la renommée allait croissant... grande période de Magma, n'est-ce pas? Mais j'ai parfois préféré la musique des pères à celles de leur fils, aussi doués soient-ils. Ainsi de Maurice Jarre et de Maurice Vander...

Aussi la nouvelle de la disparition du pianiste a-t-elle éveillé, avec une nostalgie obligée, le désir furieux de ressortir les albums du Toulousain et ceux du pianiste jazz, comme ce Du côté du swing, en trio avec Charles "Lolo" Bellonzi et Luigi Trussardi. Mais il y en a tellement d'autres dans une discographie des plus riches, éclectiques, sans barrière de style. C'est en tous les cas celui que j'écoutais  avec Assez!.

En fait, ce texte ne se veut pas une nécro, je n'ai aucun goût ou talent pour cet exercice trop définitif mais plutôt ma "recollection" de ce jazzman qui joua avec les grands de sa génération, partagea avec les Pierre Michelot, Bernard Lubat, Eddy Louiss, Barney Wilen, tout en restant un de ces musiciens de l'ombre, au service de chanteurs inouïs, les Brel, Brassens, Reggiani...  

 

Sophie Chambon

 

 

 

 

 

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 18:19

Serge Adam (trompette, électronique, voix), Tania Pividori (voix), Christelle Séry (guitares, voix) ; textes de Robert Desnos (Corps et biens, 1930)

 

Romainville, avril 2016

Quoi de Neuf Docteur DOC 080/Muséa

 

Bien des écrivains de la mouvance surréaliste eurent des relations privilégiées avec le jazz et ses acteurs. Mais dans ce domaine Robert Desnos occupe une position singulière, voire privilégiée. Si, contrairement à Jean Cocteau ou Pierre Reverdy, il n'enregistra pas ses propres textes sur une musique de jazz, il fut en revanche un critique de disques assidu dans la presse d'avant-guerre (voir les écrits de Yannick Séité dans la revue Europe, «Jazz & littérature», n° 820-821, 1997 ; et dans son livre Le Jazz à la lettre, PUF, 2010).

 

C'est donc un juste retour des choses musicales que ce disque où les compositions et improvisations de ces trois artistes font écho aux textes de Desnos. Dérives oniriques, images inattendues et humanité foncière s'insinuent dans la musique qui, en retour magnifie sa source d'inspiration. Texte parlé, proféré ou déclamé, mis en chanson aussi, vapeurs de Brésil, contrechant de trompette en sourdine, l'objet sonore est musicalement et stylistiquement inclassable, à ceci près que seul l'univers du jazz semble autoriser cette liberté. Le scratch électronique fait bon ménage avec des intervalles distendus ou des chromatismes troublants. Le bruitisme mystérieux fait écho aux assonances hermétiques. Les jeux sonores offerts par la mise en espace acoustique portent haut et loin la fantaisie verbale et la hardiesse prosodique. Bref, de plage en plage, la poésie est amoureusement servie par ce trio hétérodoxe, avec le grain de folie douce qui sied à cette sorte de projet. Réussite donc, à coup sûr.

Xavier Prévost

 

Le disque a paru en décembre 2016, il est sur les plateformes numériques depuis janvier, mais le concert de sortie a lieu le vendredi 24 février 2017 au Triton, près de la Mairie des Lilas.

 

Un extrait sur scène

https://www.youtube.com/watch?v=tk39fcEGlKM

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 16:36

Anne Quillier (piano, piano électrique, composition), Aurélien Joly (trompette), Pierre Horckmans (clarinettes basse, alto & soprano), Grégory Sallet (saxophones alto & soprano),, Michel Molines (contrebasse), Guillaume Bertrand (batterie).

Bourgoin Jallieu, septembre 2016

Label Pince Oreilles 008/1  / Inouïe Distribution

 

Après un premier disque remarqué (« Daybreak », enregistré en 2014), Anne Quillier confirme son talent de compositrice et de leader. L'écriture est très élaborée, inscrite dans une dramaturgie musicale subtile où les solistes s'insèrent comme par magie. D'une introduction en slap, ou d'un dialogue contrapuntique entre les instruments, naissent un univers et une forme, qui se dévoilent progressivement. Pas d'ostentation, pas d'artifices, rien que le désir d'aller droit au cœur de la musique, dans une pulsation forte, que la surprise et la fantaisie mettent parfois en suspens. Très belle utilisation du piano Fender dans sa sonorité naturelle, et du piano acoustique aussi ; belle présence des solistes (la même équipe que pour le premier disque), inventifs et hyper-nuancés, avec dans l'écriture de très fines combinaisons de timbres qui mettent en évidence le talent de celle qui compose. Les titres donnent à penser qu'il y aurait un sous-texte, narratif, à cette musique : en fait, c'est un trompe-l'oreille, la narration est purement musicale, ce qui nous ramène à la dramaturgie évoquée plus haut. Décidément, Anne Quillier est bien un talent avec lequel il faut compter : puisse ce disque le faire savoir à ceux qui ont rôle, mission et pouvoir de faire entendre les artistes, sur scène et dans les media.

Xavier Prévost

 

Le sextette jouera le 16 février à Lyon au Périscope, le 10 mars à Pau, au festival Tonnerre de Jazz, et le 8 avril au théâtre de Chamalières

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 11:41

Hugues Mayot (saxophone ténor, compositions), Jozef Dumoulin (claviers ), Joachim Florent (guitare basse), Franck Vaillant (batterie)

Villetaneuse, octobre 2015

ONJ Records JF 004 /L'Autre Distribution

 

Un événement que le premier disque sous son nom d'un saxophoniste aux multiples ressources, et aux univers insoupçonnés. Hugues Mayot a parcouru depuis près de qinze ans les rives les plus escarpées du jazz hexagonal : l'ensemble « Le Sens de la Marche » de Marc Ducret, United Colors of Sodom, Radiation 10, le groupe Spring Roll de Sylvaine Hélary.... et aujourd'hui l'Orchestre National de Jazz Olivier Benoit.... Ce qui ne l'a pas empêché d'aller jouer le jazz européen des années 30 avec l'Umlaut Big Band : bref c'est un musicien d'une qualité exceptionnelle qui, comme ses jeunes confrères et consœurs, ose tous les univers, pourvus qu'ils soient de bonne compagnie. Comme le laissait pressentir la diversité de ses multiples collaborations, le disque est résolument inclassable : que se passe-t-il si l'on met en présence ces artistes, ces expériences individuelles, ce goût commun du risque, cette quête résolue de l'inouï ? Eh bien il se produit ce disque, enregistré, mixé et masterisé avec la complicité d'une musicien qui partage cette même quête artistique et musicale : Matthieu Metzger.

Le résultat est un objet au multiples facettes, dont l'unité serait pulsatoire, avec un goût profond pour le groove, mais construit sur des asymétries, des écarts permanents à la logique étroite du temps fort prévisible. Le batteur Franck Vaillant, et le bassiste Joachim Florent, sont des orfèvres en cette matière. Et la palette de Jozef Dumoulin aux claviers paraît sans limite, du bruitisme foisonnant jusqu'aux harmonies les plus fouillées, énigmatiques mais lisibles, ou à tout le moins perceptibles. Sur cet espace qui conjugue le soyeux et le chaotique , Hugues Mayot évolue avec une insondable liberté, où tous les langages de sa mémoire paraissent s'être donné rendez-vous. Coup d'essai ? Coup de Maître !

Xavier Prévost

 

Le groupe est en concert pour la sortie du disque le mercredi 15 février à la Dynamo de Pantin. En seconde partie, le trio de Fred Frith.

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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 07:54

 

 

 

A l’occasion de la JOURNÉE MONDIALE DE L’EAU,  Jacky TERRASSON et SOLIDARITÉS INTERNATIONAL vous attendent à Bobino le lundi 27 mars à 20h pour un concert exceptionnel destiné à soutenir le combat pour l’accès à l’eau potable pour tous. Jacky TERRASSON, ce pianiste extrêmement talentueux, est généreux dans son art et tout autant dans sa vie. Il s’engage aujourd’hui aux côtés de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL dont les missions principales sont de lutter contre les maladies liées à l’eau insalubre et de faciliter l’accès à l’eau potable.


Une Vague Musicale !

Pour ce concert unique, Jacky nous a concocté un programme inédit : le pianiste franco-américain voguera « Au Fil de l’Eau » de Maurice Ravel à Serge Gainsbourg, du classique au jazz en passant par la chanson française. Il a confié la direction musicale et les arrangements à son ami le saxophoniste Lionel Belmondo, qui a écrit tout spécialement pour le Jacky TERRASSON quintet et le quatuor à Cordes Equinoxe. Le Jacky TERRASSON quintet se compose de Jacky - piano, de Lionel BELMONDO - saxophone et flûte, de Stéphane BELMONDO - trompette, Thomas BRAMERIE - contrebasse et Lukmil PEREZ– batteur. Jacky a d’ores et déjà invité MATHILDE sur scène et nous réserve d’ autres surprises.


Et une déferlante de Dons !

Embarquez pour un concert exceptionnel à Bobino “AU FIL DE L’EAU” !

Cet événement unique a pour objectif de soutenir les actions de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL en faveur de l’accès à l’eau potable pour tous. L’association d’aide humanitaire en profitera pour présenter son engagement dans la vingtaine de pays où elle agit. Depuis plus de 35 ans, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL s’investit sur le terrain des conflits et des catastrophes naturelles. Sa mission : secourir le plus rapidement et le plus efficacement les personnes dont la vie est menacée en couvrant leurs besoins vitaux, boire, manger, s’abriter. Rappelons qu’en 2017, près de la moitié de l’humanité boit encore de l’eau non potable, donc dangereuse pour la santé. Plus d’informations sur solidarites.org.

L’intégralité de la billetterie sera reversée à SOLIDARITÉS INTERNATIONAL.
BILLETTERIE sur le site de Bobino, Fnac, Billetreduc, Ticketmaster.
Billets à partir de 28 euros.

Contact Presse Musique / Jacky Terrasson;
Agnes Thomas : agnes.thomas4@wanadoo.fr
Contact Presse Solidarités International :
Tugdual de Dieuleveult : tdedieuleveult@solidarites.org - 01 76 21 87 11
Sophie Ghaleb : SGhaleb@solidarites.org - 01 76 21 87 03
Contact Réservations :
Fanny Soulet : You for You : fanny@you4you.fr - 06 88 28 03 98

MERCI à nos partenaires : Bobino, Fnac, Batida, Le Bonbon, Infoconcert et Lylo

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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 09:16

Guillaume Bourgogne (direction), Malik Mezzadri (flûte, voix, composition), Amaryllis Billet, Cécile Lagoutière (violons), Manon Ténoudji (alto), Nicolas Cerveau (violoncelle), Frédéric Escoffier (piano), Brice Berrerd (contrebasse), Emmanuel Scarpa (batterie), Julien Reyboz (son)

Romans-sur-Isère, 3 décembre 2015

Onze Heure Onze ONZ022 / Absilone

 

Le projet est d'une ambition mûrie, et à multiples détentes : associer un quatuor à cordes (en lui octroyant des espaces ouverts sur l'aléatoire) et un trio « de jazz », porté sur la transmission orale et l'improvisation (en les canalisant vers une forme d'écriture). Comme toujours chez Magic Malik, tout cela repose sur une pensée où se croisent de multiples systèmes (de rythmes, de cycles, de timbres, d'harmonie assumée ou contrariée), mais en sauvegardant toujours (la touche de magie) la sensualité du chant, du timbre, la dérive du vivant et l'effusion collective. C'est comme un voyage poétique, d'autant plus difficile à décrire que, dès que l'on a cru saisir une clé de compréhension, elle s'efface dans un nouvel événement. C'est cette incertitude et ce jeu labyrinthique que traduit à merveille la poésie du titre, Pavages pour l'aile d'un papillon. La pièce est d'une seule traite, en une seule plage de trente sept minutes et quatre secondes. Le disque était disponible sur les plateformes, et il est désormais édité sur CD. Laissez vous embarquer : si vous avez su vous rendre disponible à l'écoute, vous ne le regretterez pas !

Xavier Prévost

 

Le groupe jouera le mercredi 8 février 2107 à Paris, au studio de l'Ermitage, avec le Workshop de Stéphane Payen

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 15:37

   Lucien, Valsons.... C'est en ces termes d'un humour qu'il affectionne encore aujourd'hui que Martial Solal rendait hommage, en 1963, à Lucien Malson, sur la première plage du disque « Jazz à Gaveau » (en compagnie de Guy Pedersen et Daniel Humair) ; une petite valse sinueuse, vive et complexe, comme le fut toujours la pensée du dédicataire.

   Lucien Malson nous a quittés le 27 janvier 2017, et sa famille a choisi de ne rendre l'information publique qu'après son inhumation, début février. Difficile de tout dire en quelques lignes de cette figure majeure de la réflexion sur le jazz, et de sa diffusion dans notre pays. Je m'en tiendrai donc à mes souvenirs d'auditeur (adolescent j'écoutais Jazz dans la nuit sur Paris Inter) ; et de lecteur, avec les différentes éditions du Que Sais-je sur Les Maîtres du Jazz, Les Cahiers du Jazz de la première époque, de 1959 à 1971, L'Histoire du Jazz et de la musique Afro-Américaine dans sa première édition, en 1976, dans la collection 10/18, et les innombrables articles dans la presse (Jazz Hot, Jazz Magazine, Le Monde) ... Je repense au reproche amical qu'il me faisait d'abuser des points de suspension, qui plus est au nombre de trois, en quoi il voyait une sorte de signe maçonnique (très très éloigné de mes préoccupations je dois le dire !).

   Après mon parcours d'amateur, mon cheminement professionnel a souvent croisé celui de Lucien Malson : quand en 1982 René Koering, alors directeur de France Musique, m'a proposé de reprendre la chronique que faisait Lucien le samedi matin dans l'émission de Philippe Caloni, j'ignorais si mon prédécesseur quittait cette séquence de son plein gré (tout en poursuivant son émission hebdomadaire du lundi sur Musique, et Black and Blue le vendredi sur France Culture). J'étais un petit gars de province qui ne connaissait personne dans la jazzosphère parisienne, à l'exception (notable il est vrai), de Martial Solal et Barney Wilen (lequel m'avait recommandé à Philippe Carles qui m'avait ouvert les colonnes de Jazz Magazine). Malgré mon déboulé (involontaire) sur ses plates-bandes, Lucien me fit bon accueil, peut-être parce que ma prose récente dans la presse spécialisée lui avait paru acceptable, et probablement aussi parce qu'une licence de philosophie fut (comme pour lui) la première étape d'un parcours universitaire, demeuré dans mon cas plus que modeste quand le sien fut des plus brillants ; mais cela créait entre nous, me semble-t-il, une espèce de connivence tacite. Lorsqu'en 1994 il relança, aux Presses Universitaires de France, Les Cahiers du Jazz, Lucien m'invita au bureau éditorial. Je pus proposer des sujets, et de nouveaux collaborateurs, et Lucien m'invita à plusieurs reprises à traiter des thèmes sur lesquels nos points de vue étaient extrêmement divergents. Et ce en toute bienveillance.

 

   C'est aussi en 1994 que, lors de la réédition avec mise à jour, au éditions de Seuil, de L'Histoire du Jazz et de la musique Afro-Américaine , Philippe Carles me confia la mission, très diplomatique, d'en faire la recension pour Jazz Magazine. Je me collais donc à la relecture systématique, ligne à ligne, des deux versions, pour cerner les modifications, les repentirs, les ajustements. Et je reçus de Lucien un petit mot amical, mais légèrelent teinté d'ironie, où il notait que, comme de coutume, j'avais travaillé avec beaucoup de soin ... (Une fois de plus, pardon Lucien pour ces ponts de suspension !)

Brochure "Jazz à l'ORTF", 1970. Collection Archives écrites et Musée de Radio France 

 

   Et en 1997, au moment où Lucien quittait de son plein gré France Musique et France Culture pour une retraite plus que méritée, je devenais quant à moi le responsable du Bureau du jazz de Radio France, à la suite d'André Francis qui avait pris cette fonction en 1975 (après en avoir été durant des années l'élément suractif). Je n'oubliais pas alors que cette structure avait été créée au sein de la RTF, en 1961, par Lucien Malson, qui l'avait dirigée jusqu'à la fin de 1974, au moment où l'ORTF allait céder place à Radio France et aux autres sociétés de l'audio-visuel public.

   Bref dans ce microcosme du jazz où j'ai passé la plus grande part de ma vie professionnelle, Lucien Malson fut un jalon majeur, après avoir été un repère dans ma vie d'amateur. Et c'est avec beaucoup d'émotion que j'ai appris sa disparition : l'un de nos derniers contacts téléphoniques remontait à décembre 2011. Je voulais le convier au studio 105 de Radio France à un concert d'hommage à son grand ami André Hodeir. Il ne sortait alors de chez lui que pour faire quelques pas Avenue de Wagram, où il résidait, et il avait décliné, à regret.

   Merci Lucien, merci pour tout : ton esprit vif et caustique, ton exigence intellectuelle et ton humour pince-sans rire. Nous sommes nombreux à nous sentir un peu seuls, depuis que tu as pris congé...

Xavier Prévost

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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 15:24

Le Silence de l'exode

Yom (clarinettes, composition), Farid D. (violoncelle), Claude Tchamitchian (contrebasse), Bijan Chemirani (zarb, daf, bendir). Réalisation Thierry Augé

Festival Banlieues Bleues, Saint Ouen, Espace 1789, 25 avril 2013

Back to the Klezmer

Yom (clarinettes, composition), Dario Izkovic (accordéon), Benoît Giffard (trombone, tuba), Maxime Zampieri (tapan). Réalisation Gilles Le Mao

Festival Banlieues Bleues, Tremblay en France, L'Odéon, 19 mars 2014

1 DVD, deux films (son stéréo et multicanal) La Huit /ESC distribution

 

Deux films en un seul DVD, lequel est publié dans une série qui comporte un volume consacré à Émile Parisien et Vincent Peirani (déjà chroniqué sur Les DNJ par Sophie Chambon), et un autre consacré à Thomas de Pourquery (chronique à paraître prochainement). Deux aspects du clarinettiste Yom : le tropisme world music, avec une allégeance enthousiaste à la musique Klezmer, et un référence à l'exode, au sens le plus large, avec une musique originale introduite par un texte d'Erri De Luca. Le Silence de l'exode, c'est comme un parcours transversal entre des identités musicales différentes : chaque interprète du quartette vient avec les traces de sa (ses) culture(s). Il en résulte un déroulement d'une intensité dramaturgique qui tutoie la magie. C'est filmé avec un rythme parfait (changements de plan, mais aussi de cadrage) qui confère à l'ensemble une force expressive qui épouse la beauté de la musique. Un moment le violoncelliste nous fait entendre des sonorités de oud, et à cet instant tient son violoncelle comme on le ferait d'un luth ou d'une guitare. Très belle réalisation où la musique et sa captation paraissent nées d'un seul geste.

 

Pour le second film, Yom introduit son propos musical par le récit de son attachement, dès l'enfance, à la musique Klezmer, dont il conte sobrement l'histoire. Puis vient le concert, emblématique de l'effervescence insensée qui sied à ce langage musical. Beau filmage aussi, plus classique, en accord avec une musique faite de pleins et de déliés, de moment paroxystiques et de pauses mélancoliques. Au total, et comme souvent dans les productions de La Huit, un bel objet qui sert la musique, avec amour.

Xavier Prévost

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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 22:08

PAPANOSH  : «  A chicken in a bottle »
Yellowbird - L’Autre Distribution 2017
Sébastien Palis (orgue B3, Wurlitzer, p, Vc), Jérémie Piazza (dms), Quentin Ghomari (tp), Raphaël Quenehen (as, ts, sopranino, vc)

 


On se souvient encore du magnifique album qui précédait celui-ci  ( « Oh yeah Ho ») et qui rendait hommage à Mingus. On s'en régale encore les écoutilles. Du pur bonheur.
Et bien l'on peut vous dire que deux ans après, Papanosh, ce jeune groupe tout droit venu de Rouen.... bande encore !
La flamme est toujours là. L'énergie collective encore plus présente que jamais, encore plus flamboyante dans une sorte de cocktail inventif et (ré)créatif.
C'est superbement écrit. C'est joué terrible.Mazette : ça pétille, ça remue de la queue comme un chien fou, ça groove et ça roule le tempo (Hermanos) sur une tournerie obsédante que n'aurait pas renié Mulatu Astakte. Dans ce grand creuset on trouve de tout : une inspiration très Ornette colemanienne sur 160 pm  faite de rupture et de collages, des virées Ellingtoniennes ou un funk très « Shiffrinien » (Moquette) et toujours l’ombre tutélaire d’un Mingus omniprésent.
On l’a dit ça joue à haut niveau sans jamais se la raconter. Le plaisir est évidemment communicatif. Les solistes sont étincelants. La musique nous laisse toujours en éveil et ouvre des tiroirs, toujours en ruptures, accélère puis ralentit, passe à autre chose et revient au thème sur des nappes électriques tramées par l’orgue B3 de Sébastien Pallis dans les pas d’un Larry Golding.
On pense aussi à l’Art Ensemble of Chicago par ce cotée un peu potache et renverser de tables.
En bref on est fans-fous de Papanosh qui depuis plus de dix ans nous fait vibrer par son intelligence maligne et ses talents virevoltants.
A consommer avec excès !
Jean-Marc Gelin

 

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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 16:42

 

 

 

 

 

Après Aphrodite, Marjolaine Raymond présentera au Sunside son nouveau projet.

 

 

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