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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 14:18
O N J Olivier Benoît Europa Oslo

 

ORCHESTRE NATIONAL DE JAZZ

OLIVIER BENOIT

EUROPA OSLO

ONJ records

Concert à Jazz or Jazz (Orléans) le 21 avril et à la Dynamo de Pantin (Banlieues Bleues) le 22 avril

 

Dernier volet du tour européen des capitales pour l’ONJ d’Olivier Benoît (http://www.onj.org ) en mettant le cap sur une ville nordique, Oslo la Norvégienne. Le mandat du vaillant guitariste s’achève et après Paris, Rome, Berlin, il conduit son équipage plein Nord, dans le droit fil de son projet, à savoir donner à entendre «la forme d’une ville». Au groupe des dix musiciens chevronnés qui l’accompagnent, il faut ajouter la chanteuse Maria Laura Baccarini qui n’est pas pour rien dans le charme élégiaque de ce dernier album. Tout en maîtrisant parfaitement la technique d’une mezzo lyrique (on se souvient de l'avoir découverte dans la Nuit américaine), elle sait s’adapter à cette musique, différente assurément. Moins de puissance mais une conviction transmise d'une voix magnifique qui porte l’orchestre. Elle interprète les mots d’un poète osloïte Hans Peter Blad, tirés de son corpus de poésies qu’il a lui-même traduits en anglais. Soutenue par un espace mental qui laisse parler la musique, son chant imprime une certaine unité à l’album, dont les pistes alimentées par la sourde angoisse que génère l’état du monde actuel, sont  quand même réchauffées par quelques airs plus fougueux soulignant ou contrebalançant des ballades langoureuses. On vogue ainsi dans cette ville, sans doute douce à vivre, dans une belle dérive, sans bagage.

La musique, zébrée d'éclats d'un rock souvent tellurique, dans une tension constante, avec ruptures de rythme, explose de virtuosité, au service d'un jazz urbain, incarné ici par de jeunes musiciens et d’autres (un peu plus) aguerris. Il faudrait les citer tous tant ils sont capables d’enchaîner ces phrases bien en place avec vigueur et invention mélodique. L' écriture du guitariste ménage, dans un alerte entrelacs, respirations et assauts impatients, soignant les nuances dont chacun s’empare en soliste, le moment venu. Une vision découpée comme une architecture dont l’orchestre souligne les contours précisément, sans que cela ne soit froid ou trop contrasté. Juste baigné de cette lumière septentrionale pâle, sans brutalité excessive, inspirante visiblement.

Il y a un certain effet de sidération qui nous gagne, comme dans le prologue du film Oslo, 31 août de Joachim Trier, sur une série de vues de la capitale, étrangement déserte, à l'image des photos d’Olivier Benoît qui a sillonné longtemps la ville. Tentation sensuelle et distance irrévocable à la fois.

Alors, ne manquez pas le dernier volet de cet Europa, peut-être le plus beau...

Sophie Chambon

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Published by sophie chambon - dans Chroniques CD
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