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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 06:54

 

Pour la 36 ème édition de Jazz Sous les Pommiers, mon séjour à Coutances fût bref (48h), mais particulièrement intense !

A peine arrivé, sous un ciel clément et une chaleur estivale, j’entrais dans le théâtre pour un voyage tropical au cœur de la Colombie. Il ne manquait rien, la chaleur, les couleurs, les tambours, les danses, et les mélodies typiques, chantées avec beaucoup de ferveur et d’élégance par la grande Toto La Momposina, en très grande forme, malgré son âge (77 ans !).

Difficile de retrouver le sol ferme normand après ce voyage exotique où Toto nous a démontré une fois de plus son talent de chanteuse et de danseuse, se donnant à 100 %, sans montrer aucun signe de fatigue, devant un public conquis qui lui fît une belle ovation. L’air du fameux El Pescador dans la tête, je ne vis aucun poisson à attraper entre le théâtre et la Salle Marcel-Hélie, où un célèbre guitariste américain en pull marin attendait une salle comble et surchauffée. Pat Metheny, après un concert d’anthologie la veille à l’Olympia, avait décidé de faire plaisir au public de Coutances, nous précisant d’entrée qu’il aimait particulièrement jouer à Jazz Sous les Pommiers. Le concert fût immanquablement un des plus beaux et des plus intenses du festival, pendant plus de deux heures, le jeune sexagénaire Pat Metheny (et même sexygénaire, comme le mentionnait ma voisine !), au sommet de son art, nous a donné beaucoup de plaisir et procuré beaucoup d’émotion en revisitant de fond en comble son répertoire. Un « Pat Metheny Song Book » très impressionnant, qui se déploie sur 40 ans de carrière et qui était entièrement revu et corrigé, avec des arrangements spécifiques pour ce nouveau quartette réjouissant qui propose un jazz acoustique, élégant, et sophistiqué. Le pianiste anglais Gwilym Simcock, jouant uniquement du piano acoustique, est une véritable révélation par son jeu subtil et délicat. Il s’intègre parfaitement bien au groupe au sein d’une interaction musicale jamais prise en défaut. La contrebassiste malaisienne Linda Oh, découverte dans la formation de Dave Douglas, est très à l’aise rythmiquement et fort inventive d’un point de vue mélodique. C’est une excellente recrue pour Metheny, et enfin, inutile de vous présenter Mr Antonio « Birdman » Sanchez, le batteur mexicain au physique impressionnant qui joue avec Metheny depuis plus de 15 ans et qui allie avec bonheur une puissance démoniaque avec une délicatesse d’ange ! Au cours du concert, Metheny s’est amusé à intégrer des passages en duo avec chacun de ses musiciens, ce fût des moments particulièrement propices à l’improvisation et à l’interaction. De purs moments de musique intense et jouissive ! Sortant de la Salle Marcel-Hélie sur un nuage, je n’avais plus qu’à me laisser guidé vers le Magic Mirror où le trio du pianiste Rémi Panossian investissait les lieux avec beaucoup d’aisance, comme si les musiciens étaient chez eux. Un concert très agréable avec ce trio « moderne » qui lorgne un peu dans la direction d’E.S.T., mais en développant un univers original tout à fait singulier. Une musique attachante, servie par le talent de trois musiciens en osmose, dont le contrebassiste Maxime Delporte et avec une mention particulière pour le jeu de batterie impressionnant de Frédéric Petitprez !

Douze heures plus tard, dans ce même Magic Mirror, j’ai pu apprécier les trois groupes français programmés avec beaucoup d’intelligence et de clairvoyance  au sein de l’intitulé : « Scène Découverte ».  Le trio Ikui Doki, composé du saxophoniste Hugues Mayot, de la bassoniste Sophie Bernado et de la harpiste Rafaelle Rinaudo, revisite avec bonheur la musique française impressionniste du XX ème siècle (Debussy en tête) dans une logique jazzistique, c’est-à-dire vers une musique ouverte sur l’improvisation. Un très beau moment de poésie musicale chambriste ! Puis ce fût au tour de Post K d’investir les lieux, ce quartette impressionnant (Jean Dousteyer aux clarinettes, Benjamin Dousteyer aux saxophones, Mathieu Naulleau au piano et Elie Duris à la batterie), s’inspire du jazz des années 1920 en le dépoussiérant afin de proposer un jeu ouvert sur l’audace et le free. C’est original, euphorisant et totalement réussi !

Le groupe Awake (Romain Cuoq au sax, Anthony Jambon à la guitare, Leonardo Montana au piano, Florent Nisse à la contrebasse et Nicolas Charlier à la batterie) termine en beauté cette scène découverte avec cinq musiciens talentueux en parfaite harmonie autour d’une musique très bien écrite, lyrique et expressive.
Retour dans le théâtre de Coutances, où les concerts ont toujours une saveur particulière avec un public généreux et enthousiaste pour une création d’Airelle Besson qui achève ainsi sa troisième année de résidence à Coutances. Une création passionnante où la trompettiste s’est entourée de deux musiciens allemands particulièrement doués : le pianiste Sébastien Sternal (ancien élève de John Taylor et d’Hervé Sellin), aussi inventif au piano acoustique qu’au Fender Rhodes et le batteur Jonas Burgwinkel qui a stupéfait le public par la singularité de son jeu très sophistiqué. Des nouvelles compositions écrites spécialement pour ce trio où venait se greffer la comédienne sourde Clémence Colin qui proposait une lecture improvisée, chorégraphique et gestuelle, en langage des signes, en adéquation avec la musique du trio. Une belle leçon de poésie et d’humanité qui me fit prendre des ailes pour filer Salle Marcel-Hélie écouter le nouveau groupe de Youn Sun Nah pour la sortie de son nouvel album : « She Moves On ».  Notre chanteuse coréenne préférée était très émue de présenter ce nouveau répertoire et ce nouveau groupe à Coutances, première date d’une longue tournée qui se terminera le 13 août. Quatre musiciens américains l’entourent avec bonheur pour interpréter les excellentes chansons de ce dernier album (Jamie Saft aux claviers, qui a produit l’album, Clifton Hyde à la guitare, qui remplace Marc Ribot pour la tournée, Brad Jones à la contrebasse, et Daniel Rieser à la batterie). On retiendra l’impressionnante reprise de Jimi Hendrix (Drifting) avec le solo fougueux du guitariste Clifton Hyde, le Teach The Gifted Children de Lou Reed (inspiré du Take Me To The River d’Al Green), le très émouvant Black Is The Color Of My True Love’s Hair, et au final sa reprise de Jockey Full Of Bourbon de Tom Waits, issue de son premier album chez Act (« Voyage ») et réarrangé pour l’occasion avec ce groupe.

Quatre-vingt-dix minutes de bonheur intense et d’émotion à fleur de peau qui ne s’arrêteront pas là, car l’un des plus grands pianistes de jazz américain va investir dans la foulée le théâtre pour un concert mémorable (écoutable sur France Musique dans le podcast du « Jazz Club » d’Yvan Amar). Il s’agit de Fred Hersch, qui avec le contrebassiste John Hébert et le batteur Eric McPherson ont bouleversés le public de Coutances. Impossible de trouver un pianiste aussi habité, élégant, et lyrique, chaque morceau est un véritable joyau ciselé avec finesse et remarquablement sculpté par les trois musiciens, au même diapason et en parfaite cohésion. Les compositions de Fred Hersch sont lumineuses et profondes (Serpentine, Floating) et ses reprises particulièrement réjouissantes et émouvantes (For No One des Beatles ou We See de Monk). Enfin, n’oublions pas de mentionner les deux concerts promenades du vendredi matin dans des lieux idylliques, en plein air : le duo composé du trompettiste italien Luca Aquino et de l’accordéoniste Carmine Ionna, rejoint sur deux titres par Eric Truffaz et le trio magique du vibraphoniste David Patrois avec le saxophoniste Jean-Charles Richard et le batteur Luc Isenmann. Un festival réussi qui a apporté beaucoup de bonheur et d’émotions aux festivaliers, venus comme d’habitude fortement nombreux (la plupart des concerts affichaient complet !).

Vivement l’année prochaine pour une autre aventure où l’on attend avec impatience la résidence d’Anne Paceo !
 

Lionel Eskenazi

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11 mai 2017 4 11 /05 /mai /2017 13:12

Pendant toute la journée s'était rejouée une version très libre de l'Arlésienne façon Daudet. Non qu'il se fût agi d'un amour désespéré pour un personnage que l'on ne voit jamais, dans la nouvelle comme dans la pièce, mais parce que l'héroïne du jour à Jazz in Arles, la pianiste Sylvie Courvoisier, était perdue dans les interconnections aérienne à Francfort pour cause de retard de l'avion qui la menait de New York jusque là. Tout le problème résidait dans ce qu'il fallait qu'elle vînt jusqu'à nous pour la première date (et la seule française) de sa tournée européenne. A trois reprises dans la journée le directeur artistique du festival, Jean-Paul Ricard, a fait l'aller et retour d'Arles à Marignane, pour enfin accueillir la pianiste et son contrebassiste à l'aéroport. C'est vers 19h15 qu'ils sont arrivés pour l'indispensable balance qui permet d'affiner la qualité de la sonorisation. Le batteur, Tomas Fujiwara, était déjà sur place : il remplaçait au pied levé Kenny Wollesen, retenu aux États-Unis au chevet de sa mère mourante. Et vers 21h, avec à peine trente minutes de retard, le concert pouvait commencer.

Le trio pendant la balance

 

SYLVIE COURVOISIER TRIO

Sylvie Courvoisier (piano), Drew Gress (contrebasse), Tomas Fujiwara (batterie)

Jazz in Arles, Chapelle du Méjan, 10 mai 2017, 21h

 

Le répertoire mêle les thèmes du CD «Double Windsor» (Tzadik, 2014, avec Drew Gress et Kenny Wollesen) et de nouvelles compositions. Le concert commence avec La Cigale, thème segmenté, abrupt, dont le développement se résout en escapades cursives, swinguantes et émaillées de surprises, comme le jazz les aime. Puis vient Double Windsor, très représentatif aussi de l'approche spécifique de la pianiste, avec une pluralité de séquences, des changements de rythme, de tempo et d'atmosphère. Le dialogue est intense, tendu, le batteur attise le feu vibrant, et si dans un intermède lent à l'archet Drew Gress offense légèrement la justesse, on lui pardonne : il se réaccordera  avec soin avant la pièce suivante laquelle, d'inspiration sérielle, nous fait aborder d'autres rivages musicaux. On revient ensuite plus explicitement en terre de jazz, mais avec une cascades de ruptures qui n'altèrent nullement la continuité du discours : le tempo est là, sous-jacent, tapi dans l'ombre des écarts. Sylvie Courvoisier gère magnifiquement ce jeu sur le discontinu, enraciné dans le jazz moderne au cours de ses métamorphoses (Monk, Herbie Nichols, Cecil Taylor....). Après une nouvelle composition, Sylvie Courvoisier nous propose Éclats for Ornette, une pièce qu'elle avait enregistrée dans l'album «Crop Circles», en duo avec Mary Halvorson, en août 2016, deux mois après la mort du saxophoniste : un très vif hommage, qui rappelle ce jazz vif qui comblait le regretté Jean-Pierre Moussaron. Le concert se poursuit, près de se conclure, avec une improvisation de la pianiste jouant dans les cordes, et percutant le cadre du piano, avant d'être rejointe par ses partenaires pour une libre escapade qui évoluera vers ce tempo cursif où se rejoignent tous les jazz(s). Et la conclusion viendra, toujours sur des propositions musicales très ouvertes, et ce mouvement d'oscillation si particulier entre les protagonistes : ce n'est pas une oscillation pendulaire, un attracteur externe semble perturber le jeu ; qu'elle se nomme hasard ou désir, ou encore une subtile combinaison des deux, cette étrange force issue du dehors semble détenir l'ultime secret de cette musique, aussi singulière qu'enthousiasmante.

Xavier Prévost

 

Le trio est en tournée : Autriche, Pologne, Allemagne, Suisse et Belgique. Près de nos frontières, il jouera le 16 mai à Gand, et le 19 mai à Lausanne, ville natale de Sylvie Courvoisier.

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13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 20:52

You and the Night and the Music, concert de TSF Jazz
12 décembre Olympia (75009)
Cette soirée du lundi de la mi-décembre à l’Olympia est devenue avec le temps-on célébrait la 14 ème édition- un rendez-vous majeur de la saison parisienne. S’y retrouvent les habitués des clubs et, en plus grand nombre, les amateurs de jazz qui entendent tout simplement prendre du bon temps et mettre à jour leurs connaissances. Le programme mitonné par TSF Jazz tend en effet à l’exhaustivité et n’écarte aucun des genres qui caractérisent le jazz en ce début du 21 ème siècle. Sur la scène du music-hall du Boulevard des Capucines, ce ne sont pas moins de 20 formations qui ont présenté le 12 décembre un panorama aussi divers que contrasté, où les sonorités électroniques alternaient avec les accents d’Europe centrale, les rythmiques sud-américaines, sans oublier- et c’est bien là le cœur du sujet-les tenants d’une modernité créative dans la droite ligne des John Coltrane, Miles Davis et autres Sonny Rollins.
En l’espace de trois heures, le spectateur aura pu déguster le jazz cuvée 2016 sous toutes ses formes actuelles, ou plutôt se mettre en bouche. La règle du jeu fixait la prestation de groupe à un unique morceau (5 à 6 minutes en moyenne), seuls la chanteuse-danseuse de claquettes britannique Lucy Dixon et le guitariste Biréli Lagrène- dont chacun se sera aperçu (enfin !) qu’il ne peut être réduit au rôle du plus brillant des héritiers de Django- ayant droit à deux chansons. C’est dire si l’exercice était astreignant pour chaque formation, sorte de speed dating, où il faut convaincre sans préliminaires.  Face à cette contrainte, stressante à l’évidente pour d’aucuns, certains démontrèrent leur maestria : le saxophoniste Samy Thiebault et son quintet, trois duos (Laurent de Wilde et Ray Lema, Jacky Terrasson et Stéphane Belmondo, Biréli Lagrene eet William Brunard), et, le plus convaincant à nos oreilles, le quartet de Mark Turner (Avishai Cohe, trompette, Joe Martin, basse et Marcus Gilmore, batterie).  Le public, plutôt bon enfant, eut donc droit à un menu riche, voire copieux d’autant que fidèle à sa bonne habitude, TSF Jazz avait convié pour assurer l’ouverture et la clôture, deux grandes formations rutilantes de l’hexagone, The Amazing Keystone big band et le Red Star Orchestra de Johane Myran avec Thomas de Pourquery. Reste maintenant aux spectateurs d’un soir à approfondir leurs connaissances-et leurs coups de cœur- par le disque et le concert.
Programme complet sur www.tsfjazz.com
Jean-Louis Lemarchand
 

 

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14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 09:25

Avant le concert Portal/Kühn/Humair/Chevillon, le 10 novembre

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Jeudi 10 novembre 2016

J'ai manqué le solo de Joachim Florent au Palais Ducal, mais j'ai pu assister, à l'Auditorium Jean-Jaurès, au concert du quartette de Nils Wogram « Root 70 ». Le groupe du tromboniste allemand existe depuis 15 ans, mais c'est la première fois qu'il vient en France. Musique très élaborée, qui évoque l'esprit des années 50-60 (Mingus, Ornette Coleman, la West Coast....) pulsation et raffinement mêlés ; et esprit contemporain qui construit d'assez grandes formes, sophistiquées. Belle brochette : un formidable saxophoniste néo-zélandais, Hayden Chisholm, formé à Cologne, et qui peut sonner comme Paul Desmond ou Hal McKusick, tout en visant l'horizon de demain ; un contrebassiste britannique, Phil Donkin, qui navigue de l'Allemagne aux USA ; et un batteur allemand de Brooklyn, Jochen Rückert, qui forme avec le précédent un très belle, et subtile, assise rythmique. Vraie découverte !

 

D'JAZZ NEVERS : trois journées conclusives

En début de soirée, dans la grande salle de la Maison de la Culture, « Regards de Breizh », autour des photos de Guy Le Querrec. Le grand orchestre Nautilis accompagne les images du photographe, fils de Bretagne qui portait alors (années 60 à 80) un regard sur son cher territoire. Sur un grand écran, les photos parlent de ce monde authentique, parfois oublié de l'histoire, des personnages singuliers, et de cette vie quotidienne, ou festive, telle qu'elle ne se vit pas ailleurs. On aimerait que les photos soient offertes plus longtemps à notre regard : certaines sont connues, d'autres à découvrir. Cela va trop vite, mais nous gardons intact notre émerveillement, porté par une musique un peu illustrative, que l'on aurait aimée, peut-être, davantage en contrepoint. Mais le plaisir est là.

Puis la scène sera investie par Michel Portal et ses partenaires. Tous quatre étaient là en 1987 pour le premier festival ; c'est le 30ème, 29 ans plus tard. La passion de jouer n'a pas faibli. Joachim Kühn est à la fête avec ses complices, Portal et Daniel Humair, avec qui il a tant partagé. Et le contrebassiste Bruno Chevillon, familier des trois depuis quelques années déjà, est un aiguillon qui fait rebondir, ou qui détourne, la connivence bien établie. Principalement des thèmes de Portal et de Kühn, de facture assez proche : segmentée, anguleuse, sur des unissons rigoureux. Ces compositions sont surtout des tremplins, et ça décolle. Bel instant, très présent, qui caresse aussi nos souvenirs d'auditeurs.

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Vendredi 11 novembre2016

Autour de midi, dans la petite salle de la Maison de la Culture, l'incroyable quartette « La Scala ». Quatre musiciens de la nouvelle génération, qui explorent les chemins de traverse : Bartók, les musiques populaires, le jazz, les musiques répétitives, voire le rock progressif. Roberto Negro au piano, Théo Ceccaldi au violon, Valentin Ceccaldi au violoncelle et Adrien Chennebaut à la batterie sont des virtuoses de la pensée musicale autant que de l'aisance instrumentale. C'est vivant, décapant, enthousiasmant !

 

En fin d'après-midi, à l'écart du centre ville, dans le nouvel Espace Stéphane Hessel, le contrebassiste Claude Tchamitchian présente la nouvelle mouture de son grand ensemble, Acoustic Lousadzak. Deux violons, deux clarinettes, trompette, guitare, piano et batterie, avec des orfèvres du jazz écrit et improvisé, et Géraldine Keller, voix de la musique contemporaine qui s'égare volontiers du côté du jazz et de l'impro. Jazz de chambre, où l'écrit et l'improvisé alternent, parfois se mêlent, avec de grands emportements lyriques. Sur un texte adapté d'Agota Kristof, le grand poème de la vie se déploie dans une forme ambitieuse. Un disque intitulé « Need Eden » est d'ores et déjà enregistré, qui paraîtra en début d'année chez émouvance/Harmonia Mundi.

D'JAZZ NEVERS : trois journées conclusives

En répétition, de gauche à droite, Ramon Lopez, François Raulin, Anne Alvaro et François Corneloup, pour le concert-récit « Restez, je m'en vais »

 

Le soir, dans la grande salle Philippe-Genty de la Maison de la Culture, concert avec récitante. Le pianiste François Raulin a composé une musique inspirée par l'histoire d'Ishi, un Amérindien dernier survivant d'une tribu exterminée au début du XXème siècle par les colons de Californie. Son témoignage, enregistré sur des rouleauxde phonographe avant sa mort en 1916, a été transcrit dans un livre, dont la comédienne Anne Alvaro a choisi des extraits. Elle les profère avec une formidable expression, calant sa diction sur les mouvements la musique. François Corneloup aux saxophones, et Ramon Lopez à la batterie, étaient les partenaires de ce requiem-poing levé pour le dernier vivant d'un peuple anéanti. Beauté intense d'une sorte de poème tragique.

D'JAZZ NEVERS : trois journées conclusives

En seconde partie du même concert,

le quartette du trompettiste Avishai Cohen, avec le répertoire du disque « Into The Silence » , paru en début d'année chez ECM. Musique méditative, belle expression du trompettiste, soutien complice du pianiste Yonathan Avishai. En début de concert leurs partenaires, deux remplaçants, tardent à trouver leurs marques. Puis tout se délie : Yoni Zelnik, à la contrebasse, entre pleinement dans le jeu, et le batteur Jonathan Blake rebondit sur les climats avec un drumming parfois un peu trop appuyé. Mais le public est embarqué, et en rappel Art Deco de Don Cherry donne à entendre un autre climat. Beau concert, en définitive.

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Samedi 12 novembre 2016

Midi et quinze minutes. Le pianiste Stéphan Oliva entame une intro-mystère pour ce duo avec Jean-Marc Foltz. Gershwin est au programme, et c'est The Man I Love qui se révèle, à la clarinette. Développements recueillis, avec des réharmonisations tendues, et coda sur Fascinating Rhythm en version plus que lente, pour rester dans la tonalité du programme. Variations autour de Porgy and Bess et de Rhapsody in Blue, standards inoxydables (I Can't Get Started, Summertime....), nous sommes comblés. Ces versions sont résolument neuves, et c'est magnifique d'intensité.

D'JAZZ NEVERS : trois journées conclusives

Changement de décor à 18h30 à l'Auditorium Jean-Jaurès

 avec Coronado : musique aux rythmes fracturés, développés en de longs flux asymétriques. Le guitariste Gilles Coronado édifie des dialogues élaborés, et vifs, avec ses partenaires : Matthieu Metzger au saxophone alto, Antonin Rayon à l'orgue (et autres claviers) et Franck Vaillant à la batterie. Ils suivent des cycles rythmiques audacieux, mais ne s'égarent nullement, et n'hésitent pas à se rejoindre sur une énergie très rock. Un son neuf, une musique d'ailleurs : le rêve en quelques sorte.

D'JAZZ NEVERS : trois journées conclusives

Et pour conclure, à 20h30 dans la grande salle de la Maison de la Culture, l'apothéose du festival, avec John Scofield, qui aurait dû jouer le 14 novembre 2015, et s'était trouvé retenu à l'étranger en raison des attentats de la veille. Le voici, heureux de pouvoir enfin honorer le rendez-vous. Il parle avec tact de ces événements douloureux, et nous offre un concert bâti sur le répertoire de son dernier disque, « Country For Old Men » (Impulse/Universal). Musique country certes, mais jouée avec l'âme du blues. Extraordinaire expression à la guitare, qui chante, gronde et pleure. Pas de clichés, toujours des chemins neufs : une merveille ; et un groupe de rêve : Steve Swallow à la guitare basse acoustique, Bill Stewart à la batterie, et Larry Goldings à l'orgue (et au piano). Concert mémorable, où l'on entend une chanson de Dolly Parton devenir le tremplin d'une envolée en 6/8 digne de Coltrane sur Chim Chim Cheree !

Xavier Prévost

 

Liens pour les vidéos de Culture Box

http://culturebox.francetvinfo.fr/musique/jazz-blues/d-jazz-nevers-festival/anne-alvaro-trio-raulincornelouplopez-au-d-jazz-nevers-247977

 

http://culturebox.francetvinfo.fr/musique/jazz-blues/d-jazz-nevers-festival/avishai-cohen-quartet-au-d-jazz-nevers-247979

 

http://culturebox.francetvinfo.fr/musique/jazz-blues/d-jazz-nevers-festival/john-scofield-au-d-jazz-nevers-247981

 

http://culturebox.francetvinfo.fr/musique/jazz-blues/d-jazz-nevers-festival/magnetic-ensemble-feat-francois-corneloup-au-d-jazz-nevers-247983

 

Lien pour le Jazz Club de France Musique

http://www.francemusique.fr/emission/jazz-club/2016-2017/anne-alvaro-le-trio-de-raulin-corneloup-lopez-nevers-11-12-2016-19-00

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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 17:42

Sylvain Kassap, Benjamin Duboc, Hamid Drake, le 9 novembre

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Lundi 7 novembre 2016

Le festival a commencé samedi en fantaisie multiforme : Fanfare orléanaise à fort tempérament hispanique, power trio helvète, Brotherhood Heritage (hommage vivant au regretté Chris Mc Gregor, voir le festival Europa du Mans)  http://www.lesdnj.com/2016/05/europa-jazz-une-journee-mancelle.html  et Truffaz pour conclure. Dimanche après-midi c'était recueillement de rigueur, avec John Surman en solo dans la Cathédrale. Les amis présents m'ont raconté ces deux journées, dont ils étaient plutôt contents. Arrivé dimanche soir sur le tard, je ne pourrai tenter de vous faire revivre, en forme de panorama, que les jours suivants.

Lundi, à l'heure de l'Angélus, dans la petite salle de la Maison de la Culture, c'était « Between », duo improvisé de musique et de danse, avec la danseuse-chorégraphe Héla Fattoumi et le violoncelliste Gaspar Claus. Plusieurs tableaux enchaînés dans une grande fluidité, mais en toute urgence, avec des images fortes, une prise de pouvoir du corps dans l'espace, et une poésie d'une belle expressivité.

Puis, à l'heure des Vêpres, à l'Auditorium Jean Jaurès, voici le Quatuor Ixi, formidable lancer de syncopes dans l'univers des cordes, avec un savant tuilage de l'improvisé dans l'écrit, des compositions inscrites dans des formes inventives (signées par le violoniste Régis Huby, l'altiste Guillaume Roy, et le violoncelliste Atsushi Sakaï), et de fulgurantes interventions du violoniste Théo Ceccaldi. Après 20 ans d'expérience commune des deux fondateurs, Régis et Guillaume, une belle confirmation du fait que, sans négliger l'histoire de cette instrumentation, notamment au vingtième siècle, on peut envisager autrement le son d'ensemble et l'interaction des voix.

Et à Complies, dans la grande salle de ma Maison de la Culture, la soirée commence avec le trio de Gary Peacock, annoncé en seconde partie. Il ouvre le spectacle car un probème d'annulations de vols internationaux affecte l'un des membres du trio qui va suivre. Le contrebassiste joue une longue introduction, et l'on se demande un instant où elle va aboutir. Vient le piano de Marc Copland, qui révèle le standard choisi, Estate. Ce début est un peu hésitant, voire laborieux. Tout s'éclaire ensuite, avec Jade Vision, Footprints et Watch What Happens. Le pianiste excelle dans l'art de poser des harmonies très riches, parfois audacieuses, et cela nourrit le cheminement du trio. Le batteur Mark Ferber montre une certaine subtilité, et une richesse de timbres. On est en vitesse de croisière. On aura ensuite des compositions originales, dont Vignette de Peacock, qui figurait sur le disque « Tales of Another » en 1977, sous le nom du contrebassiste avec pour pianiste un certain.... Keith Jarrett. Et après I Loves You Porgy, le rappel conclura pour de bon avec Doxy, de Sonny Rollins. Un beau moment de trio, avec cependant quelques baisses de régime.

Un trio devait suivre, vers 22h : Sclavis / Courtois / Pifarély. Mais Vincent Cortois, retenu à Sarajevo depuis la veille en soirée par plusieurs annulations successives de vol, pour mauvais temps et avec leurs conséquences en terme de saturation des vols suivants, n'a pas pu rallier Nevers dans les délais. C'est donc en duo que Dominique Pifarély au violon, et Louis Sclavis aux clarinettes, vont jouer une partie du répertoire de ce nouveau trio (qui fera l'objet prochainement d'un disque ECM). Pour avoir entendu ce trio à Paris à l'Atelier du Plateau, je peux témoigner que les versions étaient très différentes, mais pas moins vivantes. Les deux musiciens se sont stimulés, entre soubassement et solos, à tour de rôle, donnant à ce concert une densité mémorable. Quelques compositions d'un autre répertoire sont venues compléter ce programme qui a séduit toute l'assistance, et fait oublier le désagrément de cette défection très involontaire.

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Mardi 8 novembre 2016

Départ en impro totale, dès midi et quart, avec le duo Joëlle Léandre / Serge Teyssot-Gay. Ils jouent régulièrement ensemble, et ont aussi enregistré, mais le concert garde la fraîcheur d'un commencement. Le guitariste enfouit d'abord son énergie rock dans de longues tenues, sans attaque, auxquelles la contrebassiste répond à l'archet, en circonvolutions soyeuses. Puis le débat s'anime. Le pizzicato s'installe, l'expression se fait plus vive, les modes de jeu plus hétérodoxes : on entre dans le vif du sujet. Joëlle élabore un groove puissant, sur lequel elle pose, de sa belle voix, des profondeurs venues du gospel et des révoltes afro-américaines. Plus loin elle inventera une langue de fantaisie. Et toujours la force d'expression passe la rampe, soutenue en écho par le guitariste. Et la boucle de l'improvisation se refermera en douceur, quand la connivence des improvisateurs indiquera le terme, naturel et cohérent, d'une nouvelle page d'improvisation.

À 18h30, au Café Charbon, concert de Voodoo, rassemblé par le guitariste lyonnais Philippe Gordiani. Une très belle idée : réveiller l'imaginaire d'une rencontre musicale manquée entre Miles Davis et Jimi Hendrix. Le groupe a enregistré durant plusieurs jours dans le lieu en vue d'un prochain disque, qui sera complété par l'enregistrement du concert. Le trompettiste Antoine Berjeaut ne se réfère pas directement à Miles Davis, et cela participe à la force du projet. Le but est de composer, à partir des thèmes de Miles, période électrique, et de Hendrix, un ensemble qui restitue l'énergie de groupe, le groove, l'engagement des musiciens dans l'unité d'ensemble. Alice Perret aux claviers, Joachim Florent à la guitare basse, et Emmanuel Scarpa à la batterie, ont exactement le profil de la situation. C'est d'une grande effervescence collective, les solos se fondent dans la texture du groupe : belle réussite. On attend le disque avec une certaine impatience.

À 20h30, dans la grande salle de la Maison de la Culture, la soirée commence avec Equal Crossings, le groupe de Régis Huby. Grande suite en trois mouvements (publiée sur le disque éponyme chez Abalone / L'Autre distribution), c'est une œuvre qui traverse les territoires du jazz, de la musique improvisée, et de la musique contemporaine, voire du rock progressif. On glisse en permanence de l'écrit à l'improvisé, avec des interprètes-improvisateurs de haut vol : Marc Ducret, Bruno Angelini, et Michele Rabbia. Les échanges improvisés sont vifs et impressionnants, les parties écrites affichent une densité indéniable, avec des successions de tensions et de détentes qui donnent à la grande forme son armature. Une fois encore (après le quatuor Ixi), Régis Huby impose la qualité de son travail comme une évidence.

Vers 22h15, au même endroit, c'est la conclusion de la journée, avec le duo trompette-piano Paolo FresuUri Caine. C'est un duo régulier, qui s'est produit dans beaucoup de pays, depuis une dizaine d'années. Son matériau musical ? Les standards (de Broadway, et ceux du jazz), et sur l'autre versant la musique classique, et plutôt la période baroque. On va de Bach à Monteverdi et Barbara Strozzi, en passant par Gershwin, Miles Davis, Charlie Haden, Dizzy Gillespie, Sonny Rollins.... Le trompettiste impose son extraordinaire sens mélodique, en douceur, et devient véhément dans l'improvisation, glissant en permanence de la trompette au bugle. Uri Caine affiche un jeu nourri, fébrile mais d'une grande précision, et fait sonner le piano (ou le piano électrique) comme un orchestre. Parfois ils improvisent simultanément, croisant leurs lignes dans un dialogue vertigineux. Parfois un peu chargé côté piano, mais quand même, quelle joute !

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Mercredi 9 novembre 2016

Tout commence autour de midi, dans la salle Lauberty de la Maison de la Culture, avec le duo Busking, qui associe la guitariste Hasse Poulsen à la contrebassiste Hélène Labarrière. Comme ils l'ont fait sur leur disque éponyme (Innacor / L'Autre distribution), ils vont improviser à partir de chansons pop anglaises, danoises... ou francophones. La matière musicale est traitée avec la plus grande liberté d'improvisation, mais en passant souvent par un exposé fidèle, en appuyant si nécessaire sur le côté folky. De Phantom of the Paradise à Starmania en passant par Formidable, tous ces thèmes populaires sont visités avec une liberté confondante. Et sur Lucy In The Sky With Diamonds, le guitariste part dans un délire psychédélique sous acide, lequel atterrira en douceur sur une réexposition sereine par la contrebassiste. Belle pirouette qui révèle l'essence du projet.

Vers18h30, à l'Auditorium Jean-Jaurès, le groupe « Ethics » du contrebassiste Michel Benita fait entendre sa musique de mélanges sans frontières. On part souvent d'une base apaisée, d'un matériau musical d'une simplicité apparente, plutôt folky, et les éléments s'agrègent autour de la contrebasse, qui délivre la pulsation matricielle, et de la batterie de Philippe « Pipon » Garcia, doublée d'effets électro-acoustique qui balisent le terrain. Le bugle de Matthieu Michel trace des lignes claires, avec ce timbre inimitable, souvent en unisson ou en dialogue avec le koto de Mieko Miyazaki. Et la guitare de N'Guyên Lê joue tous les rôles, atmosphérique autant que soliste. On se laisse porter par une sorte d'envoûtement, jusqu'à une tension dans les improvisations qui parfois atteint un paroxysme rock, version fusion, ou encore progressif, attisé par la voix de Mieko Miyazaki. Le tout sur un répertoire où le disque récent, « River Silver » (ECM) ; prend une belle place, mais dans une approche attisée par le contexte de musique vivante.

 

D'JAZZ NEVERS : trois journées panoramiques

©Maxim François

À 20h30 la salle Philippe-Genty de la Maison de la Culture accueille en première partie un concert spectacle, J'ai horreur du printemps, inspiré par la bande dessinée Le Petit Cirque, de Fred. Mélange d'images de la BD, de musique originale (Stéphan Oliva, avec Christophe Monniot, Claude Tchamitchian et Ramon Lopez) et de poésie acrobatique. Conceptrice avec Stéphan Oliva de ce beau projet, Mélissa Von Vépy se présente comme artiste aérienne. Elle surgit de dessus l'écran, sur lequel elle évolue de son agilité acrobate (qui lui vient de sa pratique du trapèze) et le spectacle s'intègre aux images de la BD, mises en mouvement. C'est d'une infinie poésie, comme une parfaite réussite d'un spectacle pluri-disciplinaire qui aurait vraiment trouvé son accomplissement.

Vers 22h30 ce sera un trio d'improvisation, qui rassemble le clarinettiste Sylvain Kassap, le batteur Hamid Drake, et le contrebassiste Benjamin Duboc. Une phrase de clarinette basse installe un espace où la contrebasse, furtive, et la batterie, bruissante, vont s'insérer. Puis le dialogue s'installe, l'échange s'intensifie, et l'effervescence bat son plein. Une autre clarinette, petite, et démontée en deux segments joués simultanément, va introduire un autre climat, et de nouveaux emportements. Et ainsi de suite, dans un concert où le fil de l'improvisation défie le fil du temps, de surprise en égarement, d'incertitude en affirmation fougueuse. Tout le charme de la musique improvisée tient dans ce cheminement, magnifiquement erratique. Son charme, et sa beauté.

Xavier Prévost

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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 13:38

« Dans le prolongement »

Régis Huby (violon, composition), Théo Ceccaldi (violon), Guillaume Roy (alto), Atsushi Sakaï (violoncelle), François Couturier (piano)

Théâtre 71, Malakoff, 3 novembre 2016, 20h30

Le violoniste-compositeur-improvisateur Régis Huby est en résidence artistique pour deux saisons au Théâtre 71 de Malakoff, lequel a eu la bonne idée d'accueillir cette production du Centre culturel de rencontre de l'Abbaye de Noirac. Le Quatuor ixi, piloté depuis 20 ans par le binôme Régis Huby – Guillaume Roy, navigue avec audace entre le jazz, la musique improvisée et l'histoire récente du quatuor à cordes. Et pour l'occasion le quatuor convie un pianiste qui partage avec lui le goût des chemins de traverse, entre les idiomes et les styles.

En guise de bienvenue à l'invité, le quatuor choisit de commencer avec une composition du pianiste, tirée du répertoire de son « Tarkovsky Quartet » : recueillement, ascèse et lyrisme. Puis viennent les compositions de Régis Huby, objet de cette création. Le langage du quatuor porte toutes les traces de son histoire : tropisme jazz, goût de l'improvisation, écriture exigeante, marquée par l'histoire musicale du vingtième siècle. Le mélomane moyen mais attentif que je suis pense parfois à Alban Berg pour l'expressivité, à Bartók pour les intervalles tendus et les réminiscences traditionnelles (ici, un court instant, la musique celtique), pour les rythmes aussi ; et à Stravinski pour les séquences rythmiques lancinantes, les syncopes et l'incantation ; et quelques instants, dans un solo, furtivement, le souvenir de Tzigane de Ravel.. Les compositions sont construites pour accueillir, par tuilage discret, des cadences improvisées de chacun. Les deux violonistes font un instant cadence commune, où leur musicalité et leur énergie font merveille. Régis Huby me confie, à la fin du concert, qu'il ressent chez Théo Ceccaldi la fougue du violoniste qu'il était lui-même voici vingt ans, et me dit que Guillaume Roy éprouve en les écoutant la même sensation. La musique est bâtie sur des contrastes parfois violents, mais les nuances sont palpables, et ce quintette avec piano respire l'harmonie jusque dans les dissonances : au-delà de l'harmonie purement musicale, une adéquation humaine, reflet du rythme qui régit le vivant. Les improvisations de chacun insèrent dans le déroulement cette tension, et cette mise en suspens, nécessaires à toute expression artistique. Vient une composition de Guillaume Roy, qui prolonge la pièce centrale qui donne son titre à cette création : Dans le prolongement. Communauté de langage, même liberté, même densité. Conclusion du concert avec à nouveau une pièce signée Régis Huby, et en rappel un thème du répertoire du Quatuor Ixi, réarrangé pour accueillir l'invité de la soirée, qui a magnifiquement tenu sa place dans ce Quintette à cordes pas tout à fait éphémère puisqu'il revivra, notamment en janvier à la Maison de la Culture de Grenoble, et en mars à Sceaux, aux Gémeaux.

Xavier Prévost

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Le quatuor IXI dans l'émission À l'Improviste d'Anne Montaron sur France Musique le 21 février 2015

http://www.francemusique.fr/player/resource/74633-85783

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 11:07
MARTIAL SOLAL et DAVE LIEBMAN en duo à la Maison de la Radio

    En arrivant vers 18h, pour la fin de la balance, je croise près des coulisses Jean-Jacques Quesada, saxophoniste élève et ami de Dave Liebman. Il m'invite à me faire discret en traversant le plateau, car Martial et Dave sont en train d'enregistrer quelques pièces pour compléter un disque qui pourrait paraître, avec des extraits du concert à venir, et de la seconde soirée de décembre 2015, au Sunside, captée par France Musique pour le Jazz Club. Les deux musiciens sont très concentrés, et leur plaisir de jouer est palpable. Après la balance, retour dans les loges pour un tête-à-tête studieux : les deux compères veulent choisir quelques standards, en privilégiant ceux qu'ils n'ont joués ni en décembre dernier, ni cet été au festival Jazz and Wine, à Sauternes.

   Exceptionnellement, ce Jazz sur le Vif est à 20h, et au grand studio 104. Après Invitation, au ténor, Liebman passe au soprano pour Stella by Starlight. Solal, dans ses intros comme dans ses exposés, batifole au large du thème (il effleure à nouveau Invitation, et il y reviendra plus tard dans le concert....), quand son partenaire choisit souvent un énoncé presque littéral, avant de s'aventurer loin des bases. Retour au ténor pour une composition du pianiste, In and Out. Un peu de mélancolie, des intervalles distendus, l'esquisse d'un autre monde. Puis standard à nouveau, avec Just Friends, que Martial aime beaucoup jouer en duo. Envolée du pianiste, arrêt surprise, et enchaînement de Liebman pour un stop chorus qui tutoie l'horizon. Dave passe au soprano pour Small One, une de ses compositions, qu'il avait jouée avec Elvin Jones. Petite valse sentimentale (et assez noble) qui explose très vite en saillies pyrotechniques. Et pour conclure la première partie, un inoxydable standard du jazz, A Night in Tunisia, que Martial décortique avec science et humour dans l'intro, avant de laisser Dave jouer le thème en toute liberté.

   La reprise, pour le second set, se joue sur une version très cubiste de Night and Day. Les deux complices s'en donnent à cœur joie dans cet espace de liberté que constitue un standard tellement ressassé qu'il est une injonction majeure de liberté. Et ils ne s'en privent pas. Comme sur Satin Doll qui suivra, pour un chassé-croisé du meilleur aloi. Vient le moment où la saxophoniste, délaissant les saxophones, opte pour cette toute petite flûte indienne qu'il adore, et dont il extrait un thème de son cru, Cosmos. Martial Solal procure les accords et les arpèges requis, en ouvrant çà et là des portes secrètes. Retour au soprano pour Summertime : Martial dynamite l'intro, et Dave expose fidèlement, avec une belle expressivité, avant de s'aventurer vers le grand large. Martial posera une coda abrupte, comme pour dire que l'on s'est assez amusé avec cette vieille scie. Car le moment est venu d'une autre composition du pianiste, Coming Yesterday, inaugurée en 1978 pour le disque « Suite for Trio » : thème sinueux, suspendu, qui débouchera sur de torrides envolées de Liebman au soprano. Un standard encore, et quel, avec Body and Soul, traité avec toutes les libertés qu'autorise le talent : un monument si souvent visité vaut bien quelques détours dans les méandres de la mémoire, et les duettistes ne se privent d'aucune audace. Pour le rappel, un bon vieil anatole (mais semble-t-il pas en Si bémol), et What Is This Thing Called Love pour vraiment conclure, par une pirouette qui s'impose sur Hot House. Quel voyage, une fois de plus ! Un voyage organisé par Arnaud Merlin pour la série « Jazz sur le vif », qui donne rendez-vous le samedi 19 novembre à l'horaire coutumier, 17h30, et dans le lieu habituel, le studio 105, pour écouter le quartet du saxophoniste néerlandais Barend Middelhoff, et celui du tromboniste suisse Samuel Blaser. Encore une très belle affiche.

Xavier Prévost

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France Musique n'a pour le moment pas indiqué de date de diffusion pour le très beau concert Solal-Liebman

 

 

 

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 21:26

C'est un événement : un concert de Martial Solal en trio ! Cela fait pas mal de temps que ce n'était pas arrivé. Après avoir cessé de se produire pendant toute une année, Martial avait fait son retour en club, au Sunside, en décembre 2015, pour un duo inédit avec Dave Liebman. Et le voici, pour un trio tout aussi neuf, dans la grande salle de l'Opéra de Lyon. Fidèle auditeur de Martial, au disque comme au concert, et depuis des décennies, je ne voulais pour rien au monde manquer cet événement. Direction Lyon, donc, où je gagnerai l'Opéra par la ligne « A » du métro ; Martial jouera ce soir quelques mesures de Take the « A » Train : clin d'œil.... ou hasard objectif ?

 

 

 

QUELQUES HEURES avec MARTIAL SOLAL à l'Opéra de Lyon

À 17h, je suis dans les coulisses, derrière le grand plateau. Martial arrive, très entouré. Il marche lentement, un peu voûté par la fatigue du voyage : « Je me sentirai mieux quand je serai assis, me dit-il ». Effectivement, une fois installé devant le piano, Martial oublie sa fatigue et pilote les préparatifs. Les régisseurs installent la batterie, que Bernard Lubat va disposer à sa guise. Bernard et Martial sont de vieilles connaissances. Dans sa première vie professionnelle de jazzman presque de stricte obédience, le batteur a parfois apporté son concours au pianiste. Mais leur plus récente rencontre s'est faite à deux pianos, au festival Sons d'hiver en janvier 2104 : un DVD intitulé « In and Out », et signé Thierry Augé, en témoigne. Pendant que Bernard s'affaire sur le réglage de ses toms, Martial dialogue avec le contrebassiste Mads Vinding. Le pianiste l'a rencontré en 1999 à Copenhague lorsque, récipiendaire du prestigieux Jazzpar Prize, il devait donner un concert de création avec des musiciens danois. Martial apprécie ce grand contrebassiste, pilier du célèbre Montmartre Jazzclub de la capitale danoise, où il a accompagné tout le gotha du jazz international durant des lustres. François Postaire, qui programme le jazz à l'Opéra, veille sur le plateau à ce que tout soit fait pour le mieux. Les équipes de son et de lumière s'affairent avec une fluide efficacité. La balance peut commencer. Un tour de chauffe sur un standard, Here's That Rainy Day, avant de passer aux compositions originales de Martial : Coming Yesterday , Aigue Marine... ; Certaines nécessitent une très précise mise en place, ce qui n'est pas un problème pour ces partenaires de haut-vol. On affine le son avec quelques standards, dont On Green Dolphin Street, que Martial affectionne, mais qui ne sera pas joué le soir. Le son du trio est au point : c'est le moment d'accueillir l'invitée : Claudia Solal. Martial a prévu de jouer deux standards, puis une improvisation totale, avec sa fille. Pour les standards (Lush Life et In Walked Bud), ils font un petit galop d'essai, histoire de vérifier que tout fonctionne. On rectifie ici un accord de passage, là une inflexion, et le tour est joué. Mais pour le duo improvisé, pas question de répéter : ces deux intrépides improviseront à vue... et il en ont vues d'autres ! Tout est paré. Sophie Jarjat, l'attachée de presse, s'enquiert de l'accueil des invités des artistes. La peintre Anna Solal, la femme de Martial, s'assure que personne n'a été oublié parmi les amis attendus à concert-événement. En attendant l'ascenseur qui va le conduire aux loges Martial, très détendu, admet qu'une pause lui fera le plus grand bien. Mais, pour me rassurer, ou plutôt pour me taquiner, il me dit « La tête et les doigts fonctionnent parfaitement ! ». Qui pourrait en douter ?

 

QUELQUES HEURES avec MARTIAL SOLAL à l'Opéra de Lyon

Et le concert à 20h30 en administre, s'il en était besoin, la preuve éclatante. En trio d'abord, avec Swing Spring pour se mettre en jambe sur un classique du bop, suivi par deux très belles compositions de Martial : Aigue Marine et Coming Yesterday. Puis, prétextant avec humour que ses partenaires ont besoin de repos, il nous offre en solo un éclatant medley du répertoire de Duke Ellington. Il connaît cette musique, il l'aime, et prend avec elle toutes les libertés qu'autorise l'amour. Puis il accueille Claudia « ma chanteuse préférée, dit-il, et pas seulement parce qu'elle est ma fille ». Ils jouent les deux standards prévus : Claudia fait merveille d'expression dans Lush Life, et introduit In Walked Bud en chantant a cappella, avant d'être rejointe par Martial, en pleine effervescence bebop. Le troisième duo, totalement improvisé, est fascinant : dialogue télépathique, où les audaces de la chanteuse stimulent les réponses inouïes du pianiste. C'est un enchantement, jusqu'à l'instant final où, dans le suspens d'un élan que l'on croirait indécis, Martial pose les notes conclusives. Le public est conquis, et continuera de l'être au retour du trio : standards encore, avec un fabuleux solo de Bernard Lubat, aux balais, sur Here's That Rainy Day. Dans le suivant Mads Vinding aura largement loisir de s'exprimer, avant que le trio ne se lance dans le labyrinthe de Zag-Zig, une composition de Martial pleine de chausse-trapes et de rebondissements. Un Tea For Two d'apparence récréative permettra à chacun de jouer le jeu du jazz : surprises, acuité musicale, liberté d'improviser.... Le public est aux anges, et rappelle à tout-va. Bons princes, les musiciens reviennent pour un Lover Man porteur de mémoire et d'émois ; rappelés encore ils nous offriront What Is This Thing Called Love, et au troisième rappel, après que Claudia, mandée en coulisse par Bernard Lubat, s'est jointe au trio pour recevoir les vivats, c'est en solo que Martial va conclure. D'abord en donnant mille fantaisies, très musicales, et plutôt hardies, sur l'air de Happy Birthday To You. (au prétexte suivant « Il y a bien ce soir dans la salle, dit-il, quelqu'un dont c'est l'anniversaire.... »). Puis, faisant mine de partir encore, il nous donne une version inédite, façon puzzle, de sa partition pour le film À Bout de souffle. Ovation d'un public heureux, bonheur partagé avec un artiste manifestement comblé par cette soirée où chacun a donné le meilleur : un rêve en somme !

Xavier Prévost

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Martial Solal jouera en duo avec Dave Liebman le samedi 29 octobre à 20h, dans le grand studio 104 de la Maison de la Radio, pour un concert « Jazz sur le vif » exceptionnel.

http://www.maisondelaradio.fr/evenement/jazz/jazz-sur-le-vif-20

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6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 15:29
@Claude Dinhut & Marianne Mayen  (TJA)

@Claude Dinhut & Marianne Mayen (TJA)

Mercredi 3 Août : Cloître des Carmes

A la fin de leur concert, le quintet de Kyle Eastwood entonne, après un rappel musclé du « Boogie Stop Shuffle » tiré de Mingus Ah Hum, un « Joyeux anniversaire » et, à la plus grande surprise des deux présidents du Tremplin, Robert Quaglierini et Jean Michel Ambrosino, les nombreux bénévoles, tout de bleu vêtus, entrent en scène avec un énorme roulé de crêpes Suzette ( absolument délicieux, je confirme) soulignant ainsi le final de cette vaillante édition 2016. Il fallait bien ça en ce passage de la nuit symbolique du 4 Août, de l’abolition des privilèges, pour nous faire oublier une année sinistre.

Sinne EEG Quartet : la sirène de Copenhague sinnemusic.com

Sinne EEG (vocal), Jacob Christoffersen (piano), Lennart Ginnman( bass) Zoltan Csörz( drums)

La soirée avait commencé avec le concert de la chanteuse danoise Sinne EEG (prononcez « ig ») une révélation du jazz vocal suédois, bien qu’elle en soit à son septième album, intitulé sobrement Eeg- Fonnesbaek du nom de son contrebassiste virtuose. Elle a remporté en France le prix de jazz vocal de l’Académie du Jazz en 2014. Elle choisit d’interpréter en quartet un panaché de chansons de ses différents albums, dont Face the Music. Très enjouée, vive et gracieuse, la blonde et grande Scandinave présente de bon cœur ses compositions comme « The Best I Ever Had » qui se partagent son programme à égalité avec les standards du Song book qu’elle maîtrise parfaitement. C’est vrai que les Scandinaves ont la tradition chevillée au corps : elle a choisi de reprendre un « It might as well be spring » assez mélancolique (mais « April is the cruellest month » selon T.S ELIOT ) ainsi qu’un débridé « What a little moonlight can do » tout à fait indiqué en ce début août où le ciel se pare d’étoiles. Elle scate et improvise avec aisance d’une voix claire et chaude, se glissant dans le sillon creusé par Sarah Vaughan qui me semble être sa principale influence.

Kyle Eastwood Quintet :

Andrew McCormack (piano), Quentin Collins (trompette), Brandon Allen (saxophones), Chris Higginbottom (batterie)

Entouré de la fine fleur des jazzmen anglais, le contrebassiste californien va nous régaler de compositions de son dernier album, paru en 2015, chez Jazz Village, Time Pieces, dont le titre est parfaitement explicite. Kyle Eastwood joue la musique qu’il aime et qu’il a entendu pendant son enfance, et cela peut remonter à « Bullet train » de Big Noise from Winnetka du batteur Gene Krupa, en passant par le hard bop d’ Horace Silver, pianiste co-leader des Jazz Messengers. Et ce n’est sans doute pas un hasard si Horace Silver écrivit un mémorable Song for my father. Ou encore le caméleon surdoué Herbie Hancock ( « Dolphin Dance » de Maiden voyage). Un jazz historique. Il ne faut sans doute pas lui demander de s’aventurer sur les terres du free. Tout comme Woody Allen qui ne dépasse pas les années quarante dans ses BO ou alors passe à d’autres musiques y compris contemporaines. il mettrait ses pas dans les traces de son père ? Justement c’est le moment d’en parler,de la figure paternelle. Time Pieces, c’est le passage du temps, l’inscription dans une filiation assumée, si ce n’est revendiquée. Si la tentation du cinéma l’a effleuré, on se souvient du blondinet attendrissant, le neveu de Clint dans Honky Tonk Man en 1982, Kyle a choisi de se consacrer à la musique américaine. Et par des chemins qui bifurquent, il revient au cinéma puisqu’il participe aux B.O paternelles avec Michael Stevens. C’est ainsi que l’un des morceaux marquants du concert est une version réarrangée, du thème principal de « Letters from Iwo Jima » d’une douceur poignante, en duo avec le pianiste. C’est la seconde fois que j’entends ce programme en quelques jours, après la soirée du Mucem à Marseille, dans le cadre du festival des Cinq continents. Mais je suis dette fois tout à fait convaincue. Est ce parce qu’il a pris le temps de se (re) poser 3 jours à Avignon pour participer au jury du Tremplin jazz en tant que président? Le concert emporte très vite l’adhésion du public qui remplit le cloître, l’« acme » se situant lors de l’interprétation improvisée, lentement déployée de son « Marrakech » qu’il commence à jouer à l’archet sur sa drôle de contrebasse raccourcie, accompagné du seul sax soprano avant de passer à la basse électrique. Une pratique longue et assidue d’un instrument dont Kyle Eastwood maîtrise les techniques, à l’aise dans le slap, la walkin bass, à l’archet, changeant aussi pour la basse électrique comme Pastorius sur « Dolphin Dance ». Sérieux, réfléchi, il joue comme il est ou semble paraître. Détendu avec son groupe, comme en famille. Un vrai « professionnel », qui a su s’entourer de musiciens attentifs et experts, d’un pianiste brillant, Andrew Mc Cormack, de soufflants précis que j’aurais aimé cependant voir jouer encore plus souvent à l’unisson. Mais le groupe est soudé autour de sa rythmique et joue collectif, une mécanique bien huilée qui sait aussi donner sur le versant caliente, avec un « Capirinha » de circonstance, ou un « Prosecco smile » effervescent ! Pour l’anecdote, dès le lendemain, le groupe reprenait la ( longue) route pour Marciac (concert le vendredi 6 août) en compagnie de Pascal Bussy, en charge des label Jazz village et World Village chez Harmonia mundi pour aller écouter le soir même Ahmad Jamal …dans son unique concert programmé cet été.

Sophie Chambon

@Claude Dinhut & Marianne Mayen

@Claude Dinhut & Marianne Mayen

@Claude Dinhut & Marianne Mayen

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5 août 2016 5 05 /08 /août /2016 21:37
Grand Prix du Jury  Just another Foundry @Claude Dinhut @Marianne Mayen (TJA)

Grand Prix du Jury Just another Foundry @Claude Dinhut @Marianne Mayen (TJA)

Prix de composition Morgan Freeman  @ Claude Dinhut& Marianne Mayen

Prix de composition Morgan Freeman @ Claude Dinhut& Marianne Mayen

Prix du meilleur instrumentiste Amaury Faye @Claude Dinhut & Marianne Mayen

Prix du meilleur instrumentiste Amaury Faye @Claude Dinhut & Marianne Mayen

@Claude Dinhut & Marianne Mayen (TJA)

@Claude Dinhut & Marianne Mayen (TJA)

Merci au public @Claude Dinhut & Marianne Mayen

Merci au public @Claude Dinhut & Marianne Mayen

Airelle Besson Grand Prix 2002...revenait jouer cette année avec son quintet @Claude Dinhut & Marianne Mayen(TJA)

Airelle Besson Grand Prix 2002...revenait jouer cette année avec son quintet @Claude Dinhut & Marianne Mayen(TJA)

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